Pour l'ancien ministre, Royal trahit ses engagements en acceptant la ratification du traité européen par le Parlement.

A la veille de la délibération du bureau national du Parti socialiste sur le traité de Lisbonne, Jean-Pierre Chevènement a dit lundi à Rue89 son opposition au texte. Alors que le PS devrait se prononcer ce mardi soir pour le oui ou pour l'abstention, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) « pense qu'il faut voter non pour des raisons de forme et des raisons de fond ».
L'un des plus fervents « nonistes » de 2005, lors du référendum sur le projet de constitution européenne, campe sur ses positions. Et appelle le PS à le rejoindre. Pas forcément sur le traité simplifié lui-même, mais au moins sur la méthode de ratification. Il n'est pas acceptable, selon lui, qu'un texte rejeté par référendum soit de nouveau soumis deux ans plus tard aux parlementaires.
« Je vois avec inquiétude certains dirigeants du Parti socialiste qui ont pris position pour le oui, bafouant ainsi les positions qui étaient les leurs il y a quelques mois », continue-t-il, après avoir rappelé que le projet présidentiel socialiste prévoyait un second référendum. Première visée : Ségolène Royal.
S'il tient à préciser qu'il ne fait plus partie du PS, il n'a pas oublié qu'il avait activement soutenu l'ex-candidate durant la campagne. Mais pour Ségolène Royal, qui prône le oui, Jean-Pierre Chevènement n'a plus que de l'ironie : « J'aime beaucoup Ségolène. Je préférerais simplement qu'elle s'appelle Constance. » (Voir la vidéo.)
Le PS mais aussi Nicolas Sarkozy, les cibles de l'ancien ministre sont multiples. « On parle de mini-traité, d'une petite souris… c'est un mammouth, ça », s'exclame-t-il en montrant les « 286 pages » du Traité de Lisbonne. « On a repris toutes les dispositions du projet de constitution européenne, à part le mot constitution. »
Autant de raisons qui l'incitent à rejeter le texte pour les mêmes motifs qu'en 2005 : le déséquilibre du couple moteur franco-allemand, le principe de la concurrence libre et non faussée, la perte d'autonomie de la France sur la scène internationale… On ressert donc un texte identique, estime Jean-Pierre Chevènement, qui s'emporte : « On prend les Français pour des cons. » (Voir la vidéo.)
Des critiques, il en distribue et il en reçoit. Et elles n'ont pas manqué ces derniers temps de la part du camp socialiste. A Lionel Jospin, qui dans son nouveau livre « L'Impasse » (Flammarion) l'accuse d'avoir contribué à le faire perdre en 2002 en se présentant également à la présidentielle, il rétorque plein de dédain : « Il est évident que Monsieur Jospin est le principal artisan de sa défaite. […] Ce n'est pas très courageux. »
Autre défaite, autre livre, autres attaques. Bernard-Henry Lévy, récent auteur de « Ce grand cadavre à la renverse » (Grasset), le dépeint en épouvantail à électeurs de gauche, avec sa « Marseillaise » et son drapeau tricolore, qu'il a conseillé à Ségolène Royal de mettre en avant. La riposte de Jean-Pierre Chevènement, encore plus sèche, ne se fait pas attendre : « C'est tellement ridicule que ça ne mérite même pas un commentaire. Je m'abaisserais à polémiquer avec cet individu. » Reste qu'il poursuit en envenimant la… polémique, avec celui qu'il nomme « le petit télégraphiste de l'empire ». (Voir la vidéo.)
Candidat malheureux aux dernières législatives dans le Territoire-de-Belfort, puis démissionnaire dans la foulée de son mandat de maire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement entend néanmoins continuer à peser dans les débats.
Dans son bureau de la Fondation Res Publica qu'il préside, l'homme âgé de 68 ans évoque son avenir librement pendant que l'on range notre caméra. A la question de savoir s'il se présentera aux prochaines sénatoriales, il répond, mi-sérieux mi-goguenard : « Plutôt à la prochaine présidentielle, c'est la seule élection qui compte. » Lâche-t-il alors totalement Ségolène Royal ? « Ce n'est pas sûr qu'elle se présentera… »


























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De
12H25 | 06/11/2007 |
Une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec chevenement !
Si on nous demande notre avis (referendum sur la constitution), il me semble que c'est pour en tenir compte ! en fait NON, ils en auraient tenu compte si nous avions voté comme ils le voulaient.
Par rapport a Segolene Royal, il voudrait qu'elle s'appelle contance, moi je voudrais qu'elle (de meme pour le PS) soit de GAUCHE…on peut toujours rever !
De ART MONIKA
13H22 | 06/11/2007 |
Déclaration faite par S. Royal le 3 Novembre sur le site de Désirs d'avenir :
« Vous m'interrogez sur le référendum et me demandez pourquoi je ne réclame plus un référendum. Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum, c'est une sorte de règlement intérieur qui permet de fonctionner notamment en prévoyant des décisions à la majorité (je vous invite à vous reporter à l'interview que j'ai donnée dans Libération), cela ne mérite pas un référendum. Tous les autres socialistes européens et notamment le président de l'union, M. Socrates, y sont favorables. Il y a aujourd'hui en France de très graves problèmes de pouvoir d'achat qui diminue, d'injustice fiscale, de recul de la couverture maladie, de ralentissement de la croissance et par contraste, une telle consultation serait perçue comme décalée. Enfin ce que j'avais prévu c'est un référendum sur la réforme des institutions avec un volet sur les institutions européennes ».
Depuis ces élections, de l'eau a coulé sous les ponts, cher Mr Chevènement… et la « Constance » dans une telle situation serait, hélas, une rigidité bien obsolète.
à ART MONIKA
De
13H59 | 06/11/2007 |
La candidate PS qui aime tant se comparer à Jeanne d'Arc (on se demande pourquoi) devrait s'interroger sur ce que Jeanne d'Arc aurait fait face au Traité de Lisbonne.
Tout-à-fait d'accord avec JP Chevènement.
Les télés nous montrent aujourd'hui des marins-pêcheurs satisfaits des annonces de Nicolas Sarkozy.
Mais ils oublient que l'accord de principe donné par le Président (sur un mécanisme de compensation du prix du gazoil) est soumis au diktat de Bruxelles.
La France et les marins disposaient il y a peu encore d'un tel mécanisme, que la France a été obligé de stopper à cause du refus de Bruxelles.
Comment croire que Bruxelles va changer d'avis ? Comment croire que Nicolas Sarkozy ne le sait pas lui-même ?
La TVA à 5,5% vous l'avez-vue, vous ? Non, bien sûr, Nicolas Sarkozy était d'accord mais Bruxelles ne veut pas.
Charles.
http://charles.hautetfort.com
De
14H15 | 06/11/2007 |
il est constant depuis Valmy !
Mais voilà : le monde et la gauche ont changé.
De
17H14 | 06/11/2007 |
Mais pas encore les règles de la démocratie cher Internaute !
De
20H46 | 06/11/2007 |
Mais qu'est-ce qu ça veut dire réllement
LA CONCURRENCE LIBRE ET NON FAUSSÉE ! ! !
!
De
21H11 | 06/11/2007 |
Sur le sujet de la concurrence, qui reste encore aujourd'hui l'ultime argument des nonistes de gauche non repentis, voici le compromis . Dans le traité actuel (Maastricht-Nice), il est écrit « L'Union européenne offre un espace de marché intérieur où la concurrence est libre et ouverte ».
Dans le TCE, le mot ouverte était remplacé par non faussée (c'est à dire non faussée par les monopoles ou par le dumping environnemental, social et fiscal). Dans le compromis Merkel, nous avons : « L'Union européenne offre un espace de marché intérieur. » Point !
Le doit à la concurrence faussée …… c'est exactement ce que demandent les libéraux et les conservateurs au Parlement européen : faire reconnaître que la non-harmonisation fiscale d'un pays à l'autre (qui, aux yeux des économistes et de la gauche, « fausse » la concurrence) soit reconnue comme une forme légitime de « concurrence fiscale ». En attendant que les différences de salaires soient considérées comme une forme légitime de concurrence sociale, et de même pour les différents niveaux nationaux de protection de l'environnement…
CP
De
21H23 | 06/11/2007 |
Cela veut dire aussi non faussée par les Etats au nom de la protection sociale.
D´où le démantellement de la protection sociale déjà en cours en France…
C´est le marché roi, tout ouvert aux multinationales (incontrôlables) !
Oubliez l´Etat, et pour se faire commencez dors et déjà à oublier la démocratie…
De
22H52 | 06/11/2007 |
Soyez plus clair si possible. Merci.
De
21H16 | 06/11/2007 |
Vous avez raison, c´est du chinois suisse…
De
21H19 | 06/11/2007 |
Vous avez raison, c´est du chinois suisse…
De
17H59 | 06/11/2007 |
Depuis Valmy, il y a des principes qui ne changent pas : la souveraineté du peuple français face à ses élites qui préfèrent à nouveau s´appuyer sur les dirigeants étrangers pour abolir la République.
La gauche a changé ? Non, elle est simplement redevenue ce qu´elle était il y a 40 ans.
De
19H02 | 06/11/2007 |
vous êtes sérieux ?
C'est quoi l'abolition de la République, svp ?
De
19H50 | 06/11/2007 |
Mélanger la nature des scrutins pour finalement faire passer au parlement ce que les francais ont rejeté en referendum.
La république est en danger, oui Monsieur !
De
20H58 | 06/11/2007 |
Encore un coup du roi des Belges sans doute ?
De
21H11 | 06/11/2007 |
Mr Sarkozy n´est pas encore le Roi des Belges !
De
19H50 | 06/11/2007 |
Il y aura toujours des va-nu- pieds prêts à défendre la REPUBLIQUE.
Ca s'appelle tout simplement des citoyens…
Ou plus simplement encore, des hommes.
J'ai sous les yeux, en permanence, près de l'ordinateur ce petit tract distibué en sept 42 :
PARISIENS
Le 20 sept 1942, 150ème anniversaire de la Victoire de Valmy sur les prussiens.
Rassemblement 18h30
Place de la République.
Cher anonyme de 16h59.
Gare à l'oubli.
De
20H50 | 06/11/2007 |
Le peuple français et les élites !
De
21H03 | 06/11/2007 |
- Le peuple ! Le peuple !
- Ah il n'y en aurait qu » un seul !
De
21H14 | 06/11/2007 |
En politique, non,
Dans les livres d´Histoire, si.
De
22H57 | 06/11/2007 |
Le Peuple au pouvoir !
(et toi ne te précipite pas,
le Peuple c'est tous ceux qui sont d'accord avec moi……
et peut-être pas toi ! )
De
19H53 | 06/11/2007 |
Il y aura toujours des va-nu- pieds prêts à défendre la REPUBLIQUE.
Ca s'appelle tout simplement des citoyens…
Ou plus simplement encore, des hommes.
J'ai sous les yeux, en permanence, près de l'ordinateur ce petit tract distibué en sept 42 :
PARISIENS
Le 20 sept 1942, 150ème anniversaire de la Victoire de Valmy sur les prussiens.
Rassemblement 18h30
Place de la République.
Cher anonyme de 16h59.
Gare à l'oubli.
De
23H13 | 06/11/2007 |
diktat ?
De
23H53 | 06/11/2007 |
Héroisme !
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 01H36 | 07/11/2007 |
…… qu'un sang impuuuur abreeeeuve nos sillons !
à ART MONIKA
De
14H13 | 06/11/2007 |
Il faut regarder c'est exactement le même texte l'annexe 3 en moins.
Ségo raconte n'importe quoi…
De
14H56 | 06/11/2007 |
il faut rappeler que Giscard lui-même a admis que tout avait été repris, mais réparti dans les anciens traités.
Donc Sarkozy a dit : vous avez dit non donc nous ne vous demanderons plus votre avis….
De
17H16 | 06/11/2007 |
Pour le coup, c´est une gaffe vraiment sérieuse et nous en payerons tous le prix, de droite comme de gauche !
De
21H14 | 06/11/2007 |
L'annexe 3 n'avait RIEN de nouveau… c'était la photocopie des traités existants et donc totalement valides, opérationnels.
à ART MONIKA
De JP_JP
14H20 | 06/11/2007 |
@ ART MONIKA,
Un « règlement intérieur » de 286 pages …
Visiblement, vous êtes adepte de la méthode Coué !