(De Buenos Aires) Elue dès le premier tour, avec 44,92% des suffrages. Dimanche, les Argentins ont choisi la continuité en donnant une large victoire à Cristina Fernández de Kirchner, 54 ans, qui sera la prochaine présidente de la République argentine. Elle succédera le 10 décembre à son mari, Néstor Kirchner, pour un mandat de quatre ans.
A l'annonce des premières estimations, vers 19 heures, les partisans de Cristina K étaient déjà massés devant le QG de la candidate, à quelques centaines de mètres de la Casa Rosada, le Palais présidentiel. Musique, drapeaux et pingouins gonflables géants, clin d'œil au chef de l'Etat qui se surnomme lui-même » pingüino » , ont accueilli le résultat provisoire. A l'intérieur, des centaines d'invités ont assisté au discours de la présidente élue, qui a lancé un appel à l'unité :
» J'appelle tous les Argentins, quelle que soit leur couleur politique, sans haine ni rancœur, à nous aider à reconstruire le tissu social et institutionnel de ce pays. »
La nouvelle Présidente argentine a mis l'accent sur le rôle des femmes et des jeunes et a rendu hommage à la gestion de son mari. Entourée du chef de l'Etat, de son vice-président, le radical Julio Cobos, elle a salué la foule, accompagnée également de… Ségolène Royal.
Tous les sondages donnaient Cristina Kirchner largement en tête, la seule inconnue était de savoir si elle rassemblerait les 40% de suffrages avec dix points d'avance sur son plus proche adversaire pour l'emporter dès le premier tour, comme le prévoit la loi électorale argentine. Elisa Carrió, donnée deuxième, avait mené une campagne offensive ces dernières semaines pour tenter d'arracher un ballotage. Peine perdue.
Dans une élection presque jouée d'avance, beaucoup d'Argentins ont voté sans conviction au terme de la campagne électorale la moins passionnée depuis le retour de la démocratie, en 1983. Il manquait de nombreux assesseurs dans les bureaux de vote de la capitale, une grande majorité des citoyens convoqués pour assurer le bon déroulement du scrutin s'étant fait porter pâles. Les autorités ont dû réquisitionner des fonctionnaires et prolonger le scrutin jusqu'à 19 heures dans certains bureaux.
Ségolène Royal à Buenos Aires pour soutenir Cristina K
Ségolène Royal, à Buenos Aires pour rencontrer Cristina Kirchner avant le scrutin, vendredi, a évoqué un » moment historique » . » Le monde est en train de bouger, ce changement est symbolisé par ce qui va sans doute se passer : l'Argentine va avoir une femme présidente de la République. » Séduite par la » féminité assumée » de Cristina, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle française n'a pas caché son enthousiasme :
» C'est un événement mondial exceptionnel. Ça ne se réduit pas à l'accès d'une femme au pouvoir, elle a une vision, ce n'est pas une personnalité de substitution. C'est une vraie mutation, dans un pays que l'on disait machiste, en plus. »
En réalité, Cristina Kirchner est une personnalité politique de premier plan depuis de longues années et le thème de l'accès d'une femme à la magistrature suprême n'a pas occupé le centre des débats. D'autant moins que sa principale adversaire est également une femme ; à elles deux, elles ont rassemblé près de 68% des voix des 27 millions d'électeurs. On peut d'ailleurs s'étonner que Ségolène Royal n'ait pas cherché à la rencontrer, puisque Carrió a également la particularité d'être alliée au Parti socialiste, dont le président, Rubén Giustiniani, était candidat à la vice-présidence. » Je ne suis pas rentrée dans ces considérations, a laconiquement expliqué Ségolène Royal. J'ai été invitée par Cristina Kirchner » , qui lui avait rendu visite lors de la campagne pour la présidentielle française, en février.
Une longue carrière politique
Cristina Fernández est née le 19 février 1953 à La Plata, capitale de la province de Buenos Aires. C'est sur les bancs de la faculté de droit qu'elle rencontre Néstor Kirchner. Elle a 23 ans quand la junte militaire prend le pouvoir, en 1976. Les deux jeunes avocats, militants péronistes, se sont mariés l'année précédente et partent s'installer à Río Gallegos, dans la province de Santa Cruz, au sud de la Patagonie, moins exposée à la » guerre sale » que celle de Buenos Aires.
C'est de cette province riche en pétrole qu'ils commencent à construire un projet et le couple politique qu'ils imposeront au début des années 2000. Néstor est élu maire, puis gouverneur, pendant que Cristina démarre sa carrière politique comme députée provinciale, avant de devenir députée nationale puis sénatrice. Complices et complémentaires, ils se soutiennent sans jamais faire de l'ombre à l'autre. Elle assoit sa popularité dans les années 1990, en se faisant remarquer comme redoutable oratrice dans son combat anti-Menem, alors chef de l'Etat.
En 2003, elle devient première dame quand le Patagon, presque inconnu du grand public, est élu président de l'Argentine, face à un Carlos Menem qui jette le gant entre les deux tours. L'Argentine vient de vivre une catastrophe économique, qui a fait plonger plus de la moitié de la population dans la pauvreté.
A partir de 2002, avec le président Eduardo Duhalde, qui prend les premières mesures d'urgence, puis avec Néstor Kirchner, l'Argentine se relève de la crise, affichant un taux de croissance de 8% à 9% depuis cinq ans, du jamais vu. La dette envers le FMI est soldée, le chômage baisse, la pauvreté aussi. La Cour Suprême est réformée, les lois d'impunité sont déclarées inconstitutionnelles, permettant l'ouverture de procès contre les tortionnaires de la dictature.
Un couple politique de choc
Mais Kirchner ne laisse pas qu'un bilan positif et Cristina va faire face à une situation difficile dans les mois à venir : la manipulation des chiffres de l'inflation ne trompe aucun consommateur, le problème de l'approvisionnement en énergie n'a pas été résolu, la dette envers le Club de Paris n'est pas réglée et le Président a pris l'habitude de gouverner par décret, réduisant le rôle du Congrès au minimum. Le couple Kirchner se voit reprocher un exercice autoritaire du pouvoir, quasi monarchique, et peu d'assouplissement est attendu de la part de celle qui est surnommée la » reine Cristina » .
Cristina Kirchner annonce » le changement dans la continuité » . Elle promet une ouverture politique : son vice-président, Julio Cobos, gouverneur de la province de Mendoza, est un radical dissident. Elle appelle aussi à une grande concertation sociale entre entreprises et salariés. En réalisant une grande tournée à l'étranger, Cristina Kirchner a également montré une plus grande volonté d'ouverture au monde que son mari, qui a maintenu l'Argentine dans l'isolement.
En début d'année, Néstor a choisi de ne pas se représenter, malgré une popularité élevée, et de laisser la place à Cristina. Les Kirchner ne sont pas le premier couple politique de l'histoire argentine : Eva Perón a joué un rôle important mais en tant que première dame ; Isabel Perón a succédé à son mari décédé en 1974, mais parce qu'elle était sa vice-présidente.
C'est en revanche un fait sans précédent dans le monde qu'un chef de l'Etat transmette le pouvoir à sa femme au terme d'élections démocratiques. Une nouvelle dynastie pour l'Argentine ?




















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De Ghislaine
13H02 | 29/10/2007 |
Une formidable victoire féminine qui donne au monde un exemple d'égalité dont l'Argentine peut être fière.
Pourquoi n'avons-nous pas su faire cela en France ?
www.lachalouperassemble.com
à Ghislaine
De Ashanti
13H45 | 29/10/2007 |
« Pourquoi n'avons-nous pas su faire cela en France ? »
Parce qu'en France on est « civilisé » !
Non mais, vous nous voyez faire comme ces « sauvages » et puis quoi encore ? Ce serait la fin de notre civilisation si « évoluée » !
à Ghislaine
De
15H26 | 29/10/2007 |
J'ai voté PS au premier tour et au second.
Au premier comme un con par peur de 2002.
Au second par obligation.
Mais franchement, mon choix n'a jamais été lié au sexe du candidat (j'étais même prêt a voter DSK ! ! ! )
Voter pour une femme (ou un homme) pour en faire bénéficier « l'égalité des sexes » n'a pas de sens à mon gout.
à Ghislaine
De Arthur Richer
Etudiant à Sciences Po | 17H43 | 29/10/2007 |
L'exemple d'égalité c'est que les Argentins n'en ont strictement rien à foutre que ce soit une femme, et qu'ils ne font aucune différence. Alors qu'en France la victoire d'une femme aurait donné lieu à tout un pataquès d'arrogance mal placée.
à Ghislaine
De Sacha777
04H42 | 30/10/2007 |
Très bn site à recommander
De
13H07 | 29/10/2007 |
On peut vraiment se demander si madame Royal est bien consciente de l'incongruité de sa présence lors d'un événement qui regarde les Argentins et eux seuls.
Une nouvelle démonstration de désir (d'avenir)mimétique ?
Ou un petit coup de nostalgie ?
Alviano
De Ghislaine
13H32 | 29/10/2007 |
@ Alviano.
Vous préferez p-être les victoires au Fouquet's et les vacances qui suivirent sur un Yacht à Malte ?
Madame Royal était conviée par Cristina Kirchner, elle se sont entretenue vendredi am…
Je ne vois pas d'incongruité là-dedans…
Expliquez vos propos…
www.lachalouperassemble.com
à Ghislaine
De
13H54 | 29/10/2007 |
1)Ne mélangez pas tout…
2)Je trouve que le bon goût et l'élégance aurait consisté précisement à ne pas se rendre à cette invitation - on y va avant ou on y va après -. Mais la présence d'une personnalité étrangère le soir d'une élection présidentielle me semble par trop entachèe d'arrières pensées et d'un manque de respect vis à vis du vote des Argentins.
Qu'auriez vous dit si le chef du parti conservateur Britannique ou du parti d'opposition Espagnol avait été invité à ce diner du Fouquet's qui vous semble exhorbitant ?
Alviano
De Ghislaine
14H10 | 29/10/2007 |
Un conservateur Britannique ou un opposant à Zapaterro aurait, à mon sens, été moins choquant que « la Jet 7 et consort » qui se pavanaient dans le luxe… aux yeux de Tous… pendant que d'autres crèvent la faim dans l'indifférence.
A vous lire, j ai l'impression que le sujet de cet article concerne Ségolène Royal.
Je me permets de vous rappeler qu'il s'agit de l'élection d« une Femme en Argentine - Cristina Kirchner.
Bonne suite,
www.lachalouperassemble.com
à Ghislaine
De
14H51 | 29/10/2007 |
On a les amis qu'on veut, en la matière je n'ai pas l'impression que la gauche ait des leçons à donner.
Le Fouquet's n'est pas et de loin le restaurant le plus cher de Paris.
J'ai eu l'occasion de déjeuner ou diner dans les restaurants que fréquentaient monsieur Mitterand ils n'avaient rien à envier.
Une bonne fois pour toutes, l'ouvriérisme qui consiste à expliquer que le Président de la République doit passer ses vacances dans un VVF et diner chez MacDo ressort du moralisme petit-bourgeois.
Pour l'élection de madame Kirchner et bien il me semble prématuré d'avoir une opinion sur sa Présidence.
On verra bien… C'est une femme, bon et alors ?
Je suis de droite j'attends les résultats de l'action avant de juger, je sais bien que sur Rue89 le lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy des zozos expliquaient qu'on était au bord du fascisme mais c'est la gauche.
Alviano
De ElDesdichado
Citoyen | 23H27 | 29/10/2007 |
Hé hé.
La gauche, la droite (« je suis de droite »…).
L'ouvriérisme, le moralisme petit-bourgeois…
Des « leçons à donner »
Hé bé, quelle vision étriquée du monde et de la politique, mon bon monsieur…
Vous êtes un beau dinosaure, on dirait, un beau fossile… (allez, je vous taquine ; -)
à ElDesdichado
De
05H40 | 30/10/2007 |
Pas tout à fait dinosaure, mais à 61 ans je suis en passe de le devenir ! ! !
Que voulez vous c'est ainsi…
Alviano
De
13H19 | 29/10/2007 |
Mais qu'est qu'elle est mignonne ! Elle ressemble comme une goûte d'eau à l'une de ces fameuses « Desesperates Housewifes », je ne sais plus laquelle, mais je sais qu'elle a épousé dans sa vie civile le basqueteur Tony Parker.
J'espère que dans la vie politique, elle saura mieux faire.
De Ashanti
13H47 | 29/10/2007 |
Une bien belle ambassadrice pour le botox !
à Ashanti
De
16H07 | 29/10/2007 |
c'est bien mon avis et je ne suis pas certaine que les enfants du CHE y trouvent leur compte, affaire à suivre /CORONICO
De
14H31 | 29/10/2007 |
« Pourquoi n'avons-nous pas su faire cela en France ? »
C'est vrai qu'on s'attache pas mal à l'apparence, et à l'image de ce que ca peut representer et beaucoup ont été seduit à l'idée de mettre au pouvoir une femme dans notre pays … mais peut etre a t il été plus judicieux d'attendre d'avoir une femme pas seulement pour avoir une femme mais aussi pour ses capacités à etre un chef du gouvernement. c'est du moins mon point de vue …
De
17H08 | 29/10/2007 |
L'Argentine n'a rien à voir avec la France et c'est pas parce qu'une femme est élue quelque part dans le
monde ,qu'il faut avoir une attitude de béatitude
http://www.tvargentine.com
De
17H22 | 29/10/2007 |
« On peut d'ailleurs s'étonner que Ségolène Royal n'ait pas cherché à la rencontrer, puisque Carrió a également la particularité d'être alliée au Parti socialiste ».
C'est pourtant simple, Christina K fait partie de la gauche populiste, tout comme la ligne politique développée par Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle.
De
18H54 | 29/10/2007 |
Les Argentins n'ont pas hésité à élire un clone de Royal, belle, intelligente, innovatrice mais ce sont des ploucs nous avons préféré un agité caractériel qui crée un problème dilomatique chaque fois qu'il va à l'étranger ce qui ne nous empêchera pas de donner des leçons à la planète entière
De
20H02 | 29/10/2007 |
Dommage que vous n'ayez pas mis la photo de Cristina K avec Ségolène Royal sous les confettis qui tombent du plafond, c'était l'Euromillion ; -)
Cristina K de gauche ? ça reste à prouver comme pour Ségolène, ses conférences à 128 dollars l'entrée et ses démentis mensongers
De
21H41 | 29/10/2007 |
Mystérieux accouchements que ceux du suffrage universel ? Pas tant que ça ! Un utérus pas trop près du cerveau et une muqueuse sensible à quelques promesses spéculatives et itératives sont souvent suffisants pour la gestation d'un ou d'une présidente !
De Madiran
(Business Analyst) | 01H43 | 30/10/2007 |
Si Ségolène est de gauche… ? Ha ! ! Première nouvelle.
Dans tous les cas la présidente d'Argentine n'à rien de Ségolène (et tant mieux) elle est au moins réaliste quand à, par exemple, savoir ce qu'elle peut attendre du FMI.. ! ! C'est à dire rien. Et là, je pense que nous pouvons tirer un grand coup de chapeau aux argentins.
En effet ! Qui d'entre-nous nous a levé le petit doigt quand l'argentine était dans le marasme le plus total en fin d'année 2000… ? Personne.
De
20H00 | 30/10/2007 |
bravo l'argentine, et a Cristina Kirchner pour sa formidable vistoire présidentiele en agentine. En france nous somme tros conservateur pour mettre une femme au pouvoir.
les Etat unis vont prendre eu aussi la vois d'une femme présidente, je veux bien sur parler Hillary Clinton future présitende des USA. l'Amérique tout en tière va fait preuve de grande tolérence.
De
23H36 | 30/10/2007 |
C'est bizarre. Je croyais que cette femme etait un pur desastre et là on dit le contraire. Moi, je pense que c'est une parvenue, elle va finir comme future femme de Nicolas Sarkozy et elle va aller habiter en France.
Voila le site qui dit que la femme va partir retrouver mR sarko : http://www.surftheinfo.com/spip.php ? page=article&article=202&lang=fr