Des "freins à la croissance"? Non: un moteur qui patine!

La Commission présidée par Jacques Attali a rendu un premier rapport d’étape. Les premières mesures qu’elle préconise sont fondées sur deux logiques: augmenter le pouvoir d’achat par l’intensification de la concurrence dans divers secteurs, et « libérer » du foncier pour faciliter la construction de logements sociaux. Il faut espérer, comme le laisse entendre son Président, que la Commission ira plus loin et même « ailleurs » pour stimuler notre croissance économique.

Nul doute que celle-ci en ait besoin . Elle sera inférieure à 2% en 2007. Sur la période 1996-2005, son rythme n’a été que le onzième sur les 24 pays de l’OCDE, face à des taux de plus de 7% en Irlande, 3% en Espagne, Etats-Unis, Australie, Finlande, 2,5% en Norvège, Suède Royaume uni.

Mais cette faiblesse de notre taux de croissance résulte-t-il vraiment de « blocages » institutionnels? La relance de la consommation par une hausse de pouvoir d’achat, résultant d’une baisse des prix à la consommation, est-elle la solution? On peut fortement en douter. Tout comme on doit douter du fait que la relance l’emploi passe par une flexibilisation du marché du travail, alors même que l’élasticité de l’emploi à la croissance montre que, sur la période 1993-2006, celle propre à l’emploi français (0,6) est égale à celle des Etats-Unis, de l’Allemagne , et de la grande Bretagne, et bien supérieure à celle du Japon. Ou est la rigidité ? Temps partiel et emplois précaires ont tenu leur rôle.

Dans l’économie mondialisée ou nous vivons désormais, ce qui génère la croissance, c’est la capacité d’offrir les bons produits dans les bons endroits du monde. C’est ce que fait , ou plutôt « refait », l’Allemagne dont les parts de marché sont cinq à six fois les nôtres en Europe centrale et en Russie, trois fois les nôtres en Chine, Inde et Indonésie, deux fois et demi au Brésil. C’est ce que l’on déduit du fait que sur les trois dernières années, la croissance de nos exportations a été dix fois moindre que celle de Corée, sept fois moindre que celle du Japon, cinq fois moindre que celle de Suède, trois fois moindre que celles d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, du Danemark, des Pays-Bas, deux fois et demi moindre que celle de Grande Bretagne.

C’est la croissance des exportations, qui génère des emplois, lesquels à leur tour, génèrent du revenu et du pouvoir d’achat. Cette capacité d’offrir les bons produits , en particulier les biens et services d’équipement moins sensibles au prix, donc à la valeur de l’euro, est elle-même générée par des flux soutenus d’investissements, notamment en recherche, et qui, par le jeu bien connu du multiplicateur keynésien, amplifient encore la croissance. Telles sont les bonnes séquences économiques et ce sont les séquences d’une politique de l’offre et non de la demande et de la relance par la consommation.

Pour le dire autrement, la France ne souffre pas de freins à la croissance mais d’une insuffisance de facteurs de croissance. Pas du facteur travail quantitativement disponible, mais de capital , et du troisième facteur, celui des connaissances , aussi bien celles « incluses » dans le facteur travail que celles produite régulièrement par la recherche-développement.

Une insuffisance d’investissement

La France souffre d’une insuffisance du facteur capital, malgré l’abondance de ceux dont disposent les banques, les compagnies d’assurance, et les grandes entreprises, parce que, dans cette abondance de liquidités , les bataillons de grosses PME (250 d’emplois et plus), celles qui assurent un flux régulier d’exportations, au-delà de grands contrats toujours aléatoires, manquent de fonds propres, faute d’une profitabilité suffisante . De plus, dans son ensemble, le système financier alloue plus volontiers, depuis une ou deux décennies, ses capitaux aux opérations en capital, à la Bourse, aux produits de placement sophistiqués, qu’au financement classique des PME. Il est vrai que, jusqu’à la crises des « subprimes », le rapport rendement/risque a pu apparaître plus favorable sur ces usages que sur le financement des PME.

Mais la France souffre surtout d’investissements insuffisants, passés et présents, dans l’économie de la connaissance. Nous n’avons pas assez « produit » d’ingénieurs et de chercheurs. Nous n’avons pas assez produit d’inventions et, surtout, développé d’innovations à partir de nos inventions. Nos entreprises, sauf exceptions, financent d’ailleurs une part bien moindre de la recherche-développement que les entreprises d’autres pays, et la recherche publique n’a pas compensé.

A partir de ce diagnostic, deux « politiques » de l’offre sont possibles. La première est celle que semble vouloir emprunter le Président. Elle consiste, au-delà du motif électoraliste, à baisser les impôts sur les personnes, en espérant que celles-ci, en bons capitalistes, investiront les sommes ainsi épargnées, en capitaux pour les entreprises, lesquelles feront alors l’effort nécessaire de recherche développement et d’investissement, ou que les banques utiliseront les passifs supplémentaires correspondant, en crédits aux mêmes PME. Appelons cette séquence, politique de l’offre de droite.

Baisser l’impôt sur les sociétés

Alternativement, il est possible de baisser fortement le taux de l’impôt sur les sociétés (Pourquoi ne pas se fixer comme objectif le niveau irlandais de 12,5%?) sous réserve d’emplois porteurs d’avenir et de renforcer les financements publics directs ou indirects de recherche développement. A condition, bien sûr, de remettre, au niveau antérieur, les divers impôts sur les personnes afin de ne pas creuser le déficit budgétaire.
Il faut aussi parallèlement favoriser le mouvement SCOP, qui, par nature même, parce que les salariés–coopérateurs sont par essence même soucieux de l’avenir de leur entreprise, donc de son positionnement sur le marché, « vont chercher » les sources de croissance. Qualifions « de gauche » cette autre politique d’offre!

Telle est bien la seule alternative. Tels sont bien les deux chemins pour stimuler les facteurs de croissance. On espère que la Commission Attali va plutôt désormais s’orienter vers l’une ou l’autre plutôt que se focaliser sur les freins alors que c’est le moteur lui-même qui patine.


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Courageux anonyme
16H24 29/10/2007

Faudrait expliquer ( http://www.scop.coop/P193_FR.htm voir aussi l’article wiki) mais de manière générale c’est assez stimulant comme tribune. Quelques liens bien sentis (données statistiques, articles de fond) permettraient d’appuyer le propos, en tirant profit des ressources du web même 1.0 !

 
Courageux anonyme
16H27 29/10/2007

Nos coûts sont trop élevés par rapport aux pays émergents.

Diminuons les.

Baissons les salaires des dirigeants.

Virons les hommes politiques. Ils se trompent depuis 30 ans. Ils coûtent chers et n’ont jamais prouvé leur efficacité. S’ils devaient être payés au mérite, ils nous donneraient de l’argent.

 
17H06 29/10/2007

Le principal frein à la croissance, c’est la frilosité de nos capitalistes. Il est impossible de se faire financer par les banques. On n’a pas la culture du risque en France, le patronat est encore plus frileux que les fonctionnaires et se borne à couiner pour que l’état lui donne du fric. Il ne veut surtout pas jouer le jeu du capitalisme, il préfère gagner petit et se faire subventionner par l’état.
Le problème c’est que « qui ne risque rien, n’a rien ». Tant qu’on aura le patronat le plus con du monde, on n’arrivera à rien dans ce pays.

 
Courageux anonyme
18H43 29/10/2007

C’est très juste, nos patrons sont des cons : la patronne de nos patrons, cette conne qui prétend qu’à l’instar de la santé et de l’amour, le travail devrait être précaire, n’est qu’une héritière, comme la majorité des patrons. N’ont pas d’idée, ont seulement peur de perdre ce qu’on leur a transmis, et ne se fréquentent qu’entre eux, histoire d’éviter les déperditions, et de se garder de toute nouveauté… Ils prônent le struggle for life et sont protégés comme des nourrissons, ôter leur leur carte gold, larguez les chez les pauvres : ils ne sont plus rien.

 
Courageux anonyme
19H20 30/10/2007

Voila, le problème est bien là, ce n’est pas notre pays qui va mal, mais le patronat qui est nul.
La plupart des patrons français sont les fils de ceux qui ont réussit après guerre et qui se retrouve à la tête de l’entreprise familiale sans compétence. Je les connais j’étais en classe avec eux.

Sauf que le monde a changé et que l’entreprise de papa ne se dirige plus comme il y a 30 ans.

Virons les patrons….

 
17H29 29/10/2007

c’est quoi la course à la croissance dans un monde fini (on peut toujours croire que l’on va aller vivre sur la lune ou mars)?
la croissance pour un capitaliste, c’est supprimer l’entretiens des routes qui est un service publique (économie d’impôt pour les riches), ce qui fait que les voitures s’abiment plus vite et donc plus d’entretiens et de ventes de voitures (croissance). Au final, on a effectivement besoin de plus de pouvoir d’achat pour entretenir sa voiture (création d’un besoin).
c’est ça la rationnalité des économistes!

 
Courageux anonyme
18H50 29/10/2007

« Dans l’économie mondialisée ou nous vivons désormais, ce qui génère la croissance, c’est la capacité d’offrir les bons produits dans les bons endroits du monde »

OUI.

Et au bon prix.

Or les charges sont tellement pesantes…
L’euro fort tellement pesant…
La concurrence tellement forte…

Certains prix d’alimentation première sont en hausse permanente.
Le pouvoir d’achat baisse. Faut être débile pour ne pas le voir.
Je viens également d’entendre sur France Inter que les entreprises françaises avaient de plus en plus de mal à rembourser leurs emprunts…

Cela fait beaucoup de choses à gérer ENME TEMPS.
Mais tout est lié.

De plus, il faut que l’Etat, les collectivités, les banques et les grands groupes, poussent les petites entreprises.
On demande aux jeunes de faire des efforts.
Mais les efforts c’est pour tout le monde, à commencer par l’Elysée et le gouvernement et la haute finance française.

Alors la comission pour la croissance, faut légèrement qu’elle se mette au boulot…
parce que le casse-pipe, on y va en ligne droite et pied au plancher.

…et ça commence à me prendre la tête sérieusement.

 
Courageux anonyme
12H26 30/10/2007

…refiler une commission à ATTALI,c ‘est faire un « acte » pour s’allier les bonnes graces de l’ouverture et endormir la méfiance de la gauche,et c’est aussi foutre l’argent par les fenêtres…Il est malin SARKOZY,il joue sur les vanités des anciens conseillers du « mage de Solutré » - comprends qui pourra…

 
14H24 30/10/2007

en effet les scop sont plus capitalisées et solides que les autres pme parce qu’elles ont l’obligation de réserver dans les fonds propres un pourcentage du bénéfice.
un autre frein au développement des PME est dans l’habitude française des delais de paiement. en création, les deux tiers des fonds investis , y compris les emprunts, servent à compenser les délais de paiements accordés de façon obligée, aux clients. en cas de croissance rapide du Chiffre d’affaires, ce besoin de financement s’acccroit en proportion, la PME qui ne peut se refinancer auprès de sa banque meurt ou arrete son expansion. et quand elle trouve une solution( factoring, billets, emprunts) le cout pénalise son profit et la fragilise. il faut un jour s’attaquer à cette mauvaise habitude qui ne sert à rien

 
16H04 30/10/2007

C’est très juste, et les délais de paiement du secteur public sont les pires. C’est une mauvaise habitude qui pénalise l’ensemble de l’économie.

 
19H52 30/10/2007

C’est vrai que seule l’innovation peut nous permettre d’exporter pour financer nos importations.
Mais cette innovation sera rapidement pillée par les concurrents étrangers à bas coût de main d’oeuvre et ne nous apportera à rien si elle n’est pas protégée par le secret industriel ou des brevets solides.
Pour protéger le secret industriel, il faudrait aider nos entreprises -surtout les petites et moyennes- à cultiver un esprit de confidentialité (utilisation de cryptages informatiques, de protection contre les écoutes etc.)
Pour déposer des brevets, il faudrait que notre législation commence à ne pas considérer le déposant « faible » (qu’est un particulier, un organisme de recherche plus ou moins universitaire éventuellement une PME) comme une vache à lait qu’on peut assommer de taxes mais au contraire différer les prélèvements pour frais de dépôt (essentiellement juridiques, de traduction etc.) jusqu’au moment, souvent tardif (plusieurs années), où le brevet RAPPORTE au déposant.
Il faudrait aider le déposant faible à construire un prototype de qualité industrielle sans lui demander de vendre sa maison ou risquer la faillite de son entreprise pour rendre crédible la fabrication en série de son produit.
Il faut cesser de croire que quelq’un qui a eu une idée technique est un juriste international de premier plan, doublé d’un manager brillant et ami intime d’un gros banquier …
Il faut admettre que seul un brevet sur 5 se rembourse tout juste par les royalties et que seul celui qui gagne beaucoup peut payer beaucoup (pour les autres ?) !
Seuls les Japonais ont une politique d’aide actives aux brevets, aux « petits » brevets comme aux « gros ». On connaît les résultats de cette politique, même si elle s’essouffle un peu maintenant !
Mais j’arrête-là car je sais que je prêche dans le désert!

 
Courageux anonyme
11H49 31/10/2007

« De plus, dans son ensemble, le système financier alloue plus volontiers, depuis une ou deux décennies, ses capitaux aux opérations en capital, à la Bourse, aux produits de placementsophistiqués, qu’au financement classique des PME. Il est vrai que, jusqu’à la crises des « subprimes », le rapport rendement/risque a pu apparaître plus favorable sur ces usages que sur le financement des PME »

Bonjour je suis eleve de terminale Es et je ne conprends pas tout :

« De plus, dans son ensemble, le système financier alloue plus volontiers, depuis une ou deux décennies, ses capitaux aux opérations en capital, à la Bourse, aux produits de placement sophistiqués, qu’au financement classique des PME »

qu’est-ce qu’il entend par « operations en capital » ou  » placements sophistiqués  »

et je ne comprends pas la deuxieme phrase ds son ensemble :

« Il est vrai que, jusqu’à la crises des « subprimes », le rapport rendement/risque a pu apparaître plus favorable sur ces usages que sur le financement des PME »

voila merci de votre aide .

 
Courageux anonyme
12H34 03/11/2007

« la croissance patine » quel abruti elle patine tellement qu’on se retrouve onziéme de l’UE faut virer ces dirigeants d’entreprises qui ne font rien et qui encaisse quand même le fric que leur donne sarko qui croit encore au pére noel en pensant que ce pognon sera réinvesti il le sera surement mais dans des villas de luxe ,des palais,des yachts de milliardaires pour inviter et promener ses potes