Dans le Nord, des étrangers marqués d'un chiffre sur la main

Peut-on barder au feutre vert le dos de la main d’une demi-douzaine de sans-papiers ? C’est la question que pose le Mrap dans la région de Dunkerque, après avoir photographié plusieurs étrangers, un chiffre inscrit sur la peau.
Le 24 octobre, Aissa Zaibet, du Mrap local, raconte avoir rencontré « dans un bosquet », une cinquantaine d’étrangers en transit qui arrivaient de Lille et à qui il destinait « de la nourriture et des couvertures ». Sur le poignet de l’un d’entre eux, il découvre en lui serrant la main un chiffre au marqueur vert. Il raconte :
« En apercevant cela, je l’ai prié en arabe de relever la manche de son blouson, et c’est alors que j’ai compris que c’était un chiffre. J’ai demandé combien étaient dans ce cas-là : ils étaient six ou sept. Ils disent avoir été arrêtés quelques heures puis relâchés à Lille, avant de gagner le littoral dunkerquois. »
Depuis le milieu de la semaine dernière, le militant du Mrap alerte peu à peu son réseau associatif et dénonce « des pratiques inhumaines ». Il a également adressé un courrier à Rama Yade, Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie (respectivement secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale et ministre de l’Intérieur) « parce qu’on ne peut pas marquer les gens comme des bêtes ».
Au Mrap, on précise ignorer encore qui, du centre de rétention ou d’un commissariat de l’agglomération lilloise, a marqué la main des migrants. Mais, sur son blog, l’an dernier, Aissa Zaibet racontait déjà, photo à l’appui, un précédent identique, en janvier 2006.
Chez Emmaüs Dunkerque, Jean-Pierre Masclet confirme que ce n’est pas la première fois que de telles pratiques se font jour :
« Avec l’été, les choses s’étaient calmées. Mais depuis plusieurs années et la fermeture de Sangatte, j’ai constaté régulièrement des chiffres au marqueur sur la main de migrants. C’est la Police de l’air et des frontières qui procède ainsi, notamment l’hiver, pour aiguiller les gens vers des bus dans le cadre du plan ’grand froid’ et les envoyer dans des centres d’hébergement, par exemple des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada). Rouge pour un centre, bleu pour un autre. C’est scandaleux ! “
Sollicitée lundi soir, la PAF, à Dunkerque comme à Lille, ne donnait pas suite aux questions de Rue89.
Mise à jour mercredi 31 octobre, à 18h46 : La Préfecture du Nord a démenti dans un communiqué les informations rapportées par le MRAP et confirmées par d’autres associations de la région de Dunkerque, arguant d’‘allégations infondées’.
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C’est énervant ces bien pensant à la fin.
Autrefois, et ça doit se faire encore, on avait un tampon sur la main pour sortir du baloche du samedi soir et re-rentrer.
Les fonctionnaires se démerdent le plus souvent avec du rien. Un coup de feutre n’est pas tatouage faut pas déconner.
A moins que notre valeureuse Administration soit en mesure, d’un claquement de doigt, de sortir des badges, casquettes de couleurs, chasubles et autres signes de reconnaissance rapide, un coup de feutre est un procédé simple et rapide pour demander aux gens de se regrouper par ceci cela. Et que ce soit pour monter dans un bus ou réguler des files d’attentes.
Un coup de feutre n’a rien d’un tatouage !




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