Imaginez un pays où 3,5 millions de personnes participent à l’élection du leader d’un nouveau parti unifié de la gauche… Ne rêvez pas, ce n’est pas la France, c’est l’Italie, où s’est déroulée samedi l’Assemblée constituante du Parti démocrate (PD), aliance des ex-communistes et du centre gauche, et l’intronisation de son principal dirigeant, le maire de Rome, Walter Veltroni. Le nouveau parti constitue la principale formation de la coalition au pouvoir, avec à sa tête l’ancien Président de la Commission européenne, Romano Prodi.
En apparence, donc, tout va bien pour la gauche italienne (voir la vidéo ci-dessus de Repubblica.it à la clôture du meeting de samedi), surtout par contraste avec la gauche française, défaite et déboussolée. La réalité est moins brillante. La coalition gouvernementale, passée de justesse lors des élections législatives l’an dernier, malgré un Berlusconi discrédité et affaibli, se débat de crise en crise. Ne bénéficiant que d’une minuscule majorité au Sénat, elle est à la merci du moindre caprice de ses membres, comme l’a montré un vote sur la fiscalité vendredi dernier. Le gouvernement de coalition doit également faire face au désenchantement d’une partie de l’opinion, illustré par la manifestation de dizaines de milliers de salariés, à l’appel de la "gauche de la gauche" italienne.
Loin d’être un moment triomphal, la naissance du Parti démocrate est au contraire une réaction d’une gauche sur la défensive et sans concept vraiment nouveau. Si Romano Prodi en est le Président, chacun sait qu’il n’en sera pas le leader et que, de fait, c’est de sa succession qu’il s’agit. Walter Veltroni, le subtil et populaire maire de Rome, a été élu Secrétaire du PD avec 75% des voix lors des primaires à gauche, auxquelles ont donc participé 3,5 millions d’électeurs représentant un spectre très large, allant de l’ancien PCI à la gauche démocrate-chrétienne. Comme si en France, on réunissait d’un PCF débarrassé de ses "durs", jusqu’au Modem de François Bayrou débarrassé de ceux qui sont encore tenté par une alliance à droite, en passant par un PS en piteux état. Impensable actuellement.
Ce "miracle à l’italienne" sera-t-il suffisant pour donner un nouveau souffle à la gauche transalpine face à la résurrection de Silvio Berlusconi ? C’est toute la question car, pour l’heure, les atermoiements de la coalition dirigée par Prodi, les désenchantements et les désertions profitent surtout au leader de la droite, dont le retour sur les décombres de ses rivaux serait sans pitié. Rude tache sur les épaules de Walter Veltroni, qui, pour avoir réussi à Rome, doit désormais "assurer" au plan national.










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Bonjour à toutes et tous,
C’est la même chose, le même choix, la même soupe…
La bipolarisation qui est proposée aux citoyens.
C’est terrible, ce manque de créativité et d’imagination!
Vous avez Pierre ce n’est pas en France que nous verrons cela…
Car, nous en France , nous avons déjà mieux, nous avons la pipolisation…
Bésitos.
Eric Bloggeur Mulhousien
http://monmulhouse.canalblog.com/
Je ne rêve pas du tout, je connais si bien l’Italie et pour cause, et je me gausse. Parce que ce que tente Voltroni nous l’avons déjà tenté avec la gauche plurielle qui à l’époque était en bien meilleur état qu’aujourd’hui. On a vu le résultat, la gauche ne reposait que sur les épaules de Mitterrand au point qu’on l’avait surnommé « Dieu ». Aucun leader n’a existé après lui. Pour soutenir un parti unique fait d’une mosaïque de partis aux aspirations aussi disparates et divergentes que celles du PCI et des sociaux-démocrates, bonjour. D’ailleurs Prodi vient de s’y casser les dents. Je ne crois pas qu’un parti change grand chose mais les italiens ont le mérite d’essayer un peu de tout pour sortir de l’impasse et s’éviter le retour des mafieux berlusconiens.
D’un autre côté, avec l’exemple que nous donne l’Allemagne, ça ne donne guère envie tout ça.
Enfin bref, le mauvais état du PS est la résultante du mauvais choix de ses leaders, car le message et les valeurs restent valables. Seulement, il reste le marchepied d’opportunistes prêts à tout pour arriver. Alors merci, mon vote désormais vaudra cher, très cher.
Bayrou n’avait pas osé adopter le sigle P.D.
La gauche italienne l’a fait.
Et à nous il reste quoi?