Sur le terrain

Sur le tournage de « Paranoid Park » : la méthode Gus Van Sant

Originaire de Portland (Oregon), dans le nord-ouest des Etats-Unis, Gus Van Sant a choisi cette région pour tourner son dernier film. « Paranoid Park » est sorti ce mercredi sur les écrans français. En apparence, le metteur en scène renoue avec le cadre et le thème d'« Elephant », le film qui avait assis sa notoriété grâce à la Palme d'or au Festival de Cannes en 2003 : un lycée américain, le quotidien d'adolescents. « Elephant » était marqué par une histoire exceptionnelle, inspirée du massacre de Columbine. « Paranoid Park », au-delà de l'histoire tragique autour de laquelle le film est nappé, renvoie à des thèmes universels : la culpabilité (celle d'un homicide involontaire), le délitement familial, les premières relations amoureuses…

Correspondant de Libération aux Etats-Unis, j'avais eu la chance, voici un an, de passer une journée sur le tournage du film produit par MK2 (qui assure la régie publicitaire de Rue89). C'était un jour d'automne froid et pluvieux. Gus Van Sant et son directeur de la photo Chris Doyle s'étaient montrés particulièrement disponibles et attentifs.

Avec un journaliste des Inrockuptibles venu de Paris, nous avions pu nous entretenir longuement avec eux, et chercher à comprendre comment on pouvait transformer en acteurs de jeunes skateboaders. Merci à Libération, qui a publié mercredi matin une critique du film, et à son directeur général Denis Pierrard de nous autoriser à reprendre sur Rue89 ce reportage, paru le 29 novembre 2006.

Christopher Doyle, le directeur de la photographie, avec Gus Van Sant sur le tournage (MK2 Diffusion).

(De Portland) Qui dirige le film ? Sans connaître le visage de Gus Van Sant, il serait difficile de déceler le metteur en scène sur le tournage. Calme et effacé, immobile, peu loquace, il semble en retrait, tandis que d'autres redoublent d'activité.

Autour de lui, son premier assistant court d'une personne à l'autre en donnant des instructions. Et le directeur de la photo, l'Australien Chris Doyle, qui a travaillé sur les derniers films de Wong-kar Wai, déambule entre les prises, en prenant des photos et en faisant des blagues. « Il y a des mots que j'adore en français », répète-t-il, « pouffiasse et Marie-couche-toi-là. »

Ce 10 novembre, Gus Van Sant termine le tournage de son prochain film, « Paranoid Park », dans un lycée de la banlieue de Portland. Il renoue avec un décor qui rappelle « Elephant » : les mêmes longs couloirs, le réfectoire, le terrain de sport.

Pourtant, il se défend de toute similitude entre les deux films : « C'est un même cadre, mais des situations différentes. » Paranoid Park raconte l'histoire d'un lycéen passionné de skateboard qui provoque la mort d'un contrôleur en le poussant accidentellement sur les rails au moment où un train arrive.

L'histoire ? « Un “Crime et châtiment” sur skateboard »

Le film est directement adapté d'un roman portant le même titre, sorti en septembre aux Etats-Unis. L'auteur, Blake Nelson, 42 ans, se trouve ce jour-là sur le tournage « pour voir les choses et rencontrer les gosses ». Il décrit son roman comme un « 'Crime et châtiment » sur skateboard ». Le héros se sent « terriblement coupable et opprimé dans son cerveau », dit-il. « Il doit composer avec cet horrible secret. »

Dès le début de la matinée, 120 élèves affluent dans le lycée. Ce sont tous des figurants, profitant de l'absence de cours en cette Journée des vétérans. Hope Rubinkowski, 16 ans, est venue avec sa mère de Seattle. Elle dit « adorer Gus Van Sant », et espère comprendre un peu mieux « comment se font les films ». C'est par la radio qu'elle appris que le tournage avait lieu ici. D'autres ont été choisis par Gus Van Sant lui-même, lorsqu'il est venu faire des repérages, comme un groupe de danseurs de hip-hop qui s'entraînaient dans le couloir.

Gabriel Nevins dans 'Paranoid Park' (MK2 Diffusion).

« Vous croyez qu'on va aller à Cannes ? “, demande Gabriel Nevins, l'air gourmand. A 15 ans, il a hérité du rôle principal, celui d'Alex. Comme son comparse, Jake Miller, 16 ans, qui joue son meilleur ami, il s'est fait repérer dans un casting de skateboarders où il s'était présenté pour être figurant.

Gus Van Sant a immédiatement flashé sur Gabriel et son visage angélique. ‘Il m'a vu entrer et il m'a immédiatement pris à part pour me poser des questions sur ma vie, sur le lycée’, dit le lycéen. Plus tard, il lui dira la raison de son choix, ‘parce que j'étais le plus innocent et parce que je n'avais joué avant. Il voulait un personnage innocent’. Le futur acteur hésite d'abord : ‘Je voulais être figurant. J'avais peur. Puis je me suis dit que c'était un truc à expérimenter.’

‘Je suis tellement en retard, ça va être dur de revenir au lycée’

S'ils profitent du film pour pratiquer leur activité favorite, les trois acteurs principaux ont aussi une ‘maîtresse’ sur le tournage. Le travail de Shayna Goldstein, 26 ans, est ‘d'être sûre que les enfants restent au point’ avec leur scolarité. ‘Je veille aussi à leur bien-être, qu'ils prennent leurs repas, qu'ils ne soient pas fatigués.’ Enseignante en art à l'origine, elle a dû partir à la recherche d'autres soutiens pour les maths et le latin. ‘Je suis tellement en retard, ça va être dur de revenir au lycée’, s'inquiète Jake Miller.

Un peu plus tard dans la journée, on retrouve Gus Van Sant dans un bar près d'un deuxième lieu de tournage, une voie de chemin de fer où sera filmé le corps déchiqueté du contrôleur. Il commande un martini. Si le scénario, dont il est l'auteur, constitue une base plus solide que pour ses précédents films, il se contente d'y voir ‘une suggestion’, une ‘idée préconçue’ qu'il ne faut pas hésiter à bousculer. ‘Très souvent, au moment de filmer, vous vous ajustez, vous inventez des choses. Les acteurs sont différents de ce que vous pensiez quand vous avez écrit le scénario.’

Taylor Momsen dans 'Paranoid Park' (MK2 Diffusion).

Il oppose sa méthode à celle des metteurs en scène qui veulent coller à ce qu'ils ont écrit. ‘C'est si insaisissable. Vous jouez constamment avec la chance. Parfois, d'autres choses marchent que celles que vous avez imaginées.’ Il se compare alors à un pêcheur cherchant à prendre un bar et qui attrape un saumon. ‘Vous ne le remettez pas à l'eau. Le saumon est aussi un poisson formidable. Attendre un bar risque de vous conduire à l'échec.’ De ces renoncements calculés naissent ‘d'autres moments plus puissants, plus intéressants’.

Entre chaque prise, Gus Van Sant s'assied à côté de ses jeunes acteurs et leur parle avec douceur. ‘Il nous dit des petites choses, pour qu'on fasse mieux la fois suivante, explique Jake Miller. Il est toujours très détendu, très relax.’ Pour les jeunes acteurs, le scénario n'est qu'un ‘guide’. ‘On n'y pense même pas, explique Winfield Jackson, 14 ans, qui joue un autre skateboarder. C'est une base informelle. On joue de manière naturelle, comme s'il n'y avait pas de caméra.’

‘Parfois, les acteurs ne sentent pas les choses comme moi’

Le réalisateur laisse toute latitude aux acteurs pour créer ou modifier les dialogues. ‘Parfois, ils ne sentent pas les choses comme moi’, dit-il au milieu des bruits de machines à sous. ‘Je ne les force pas, je veux que ça soit naturel.’ C'est d'autant plus nécessaire avec des débutants, tandis qu'un acteur professionnel ‘réussit à s'approprier n'importe quel texte’.

Il ajoute que s'il cherche à forcer les situations, il s'aperçoit par la suite qu'il n'obtient pas ce qu'il souhaitait. ‘Je perds un temps que j'aurais pu consacrer à faire marcher autre chose.’ La scène tournée le matin a même été modifiée en fonction des remarques de Jake Miller. ‘Il devait jouer au football. Mais il ne sentait pas les choses comme ça. Finalement, la scène n'a plus rien à voir avec le football.’ Elle est devenue un dialogue entre les deux adolescents.

Gus Van Sant essaie souvent différentes formules. Ainsi, dans cette scène, il teste un premier dialogue, entre les deux personnages principaux, sur la politique. ‘Quand Jake a passé les premiers entretiens, il parlait de politique. C'est un garçon très futé. Nous voulions qu'il dise dans le film ce qu'on avait entendu’, en l'occurrence une critique du fonctionnement de la justice. ‘Le résultat n'était pas aussi réussi. On est revenu à un dialogue sur lui et la fille qu'il avait rencontrée dans l'histoire.’

Gus Van Sant, Gabriel Nevins et Jake Miller (MK2 Diffusion).

Sur le tournage, chacun loue la méthode de Gus Van Sant, un mélange de tranquillité et de maîtrise, de préparation et d'improvisation, de détermination et de tâtonnements. Il observe, il écoute. Puis, avec peu de mots, il donne des instructions précises. ‘Il est simple de travailler avec lui’, ‘il est rapide’, racontent les membres de son équipe. ‘Il ne met pas tellement à l'épreuve vos compétences, va jusqu'à dire David Cress, l'un des deux producteurs exécutifs. Il rend tout très facile. Il est en avance sur le planning, il sait ce qu'il veut.’

La scène suivante, qui se déroule au réfectoire, illustre cette efficacité. Le ballet des figurants a été parfaitement réglé par les assistants. Comme à chaque fois, trois ou quatre prises suffisent.

‘Avec un bon scénario et du financement, le cinéma, ça peut aller très vite’

L'ensemble du projet a été mené avec la même rapidité. C'est seulement en juin que Gus Van Sant, à la recherche d'une idée, a lu le roman. ‘Il se passe à Portland, dans la communauté du skateboard. La culpabilité du personnage m'a intéressé’, dit-il. Il envoie alors un courrier électronique à la société MK2, qui a distribué ses derniers films en France et écrit son scénario pendant l'été.

‘Le budget nous semblait raisonnable, explique Nathanael Karmitz, producteur du film. Avec un réalisateur de cette notoriété, vous pouvez miser sur les ventes internationales.’ MK2 a pris en charge la totalité des 5,5 millions de dollars que le fil a coûté. ‘Quand on a un bon scénario et pas de problème de financement, le cinéma, ça peut aller très vite’, dit le producteur.

Gabriel Nevins dans 'Paranoid Park' (MK2 Diffusion).

La place du skateboard a aussi suscité l'intérêt de Gus Van Sant :

‘J'étais moi-même un skateboarder quand j'étais jeune. Cette activité a transcendé toutes les décennies. C'est une culture qui a pour moi une signification. C'est une partie ma vie, comme la musique, qui a traversé les années.’

Il y voit une activité en marge de la société. ‘Vous faites du skate sur du ciment. Vous êtes un outsider, vous n'êtes autorisés nulle part.’ Les membres de l'équipe évoquent cette idée de ‘rébellion’ associée au skateboard, par opposition au football américain, sport collectif symbolisant l'intégration dans la société.

Les deux acteurs, passionnés de skate, en parlent plutôt comme d'un hobby. Julie Sandberg, la mère de Gabriel, l'acteur principal, y voit un sport créatif, ‘dans lequel on imprime son propre style, qui vous pousse à essayer des choses. C'est un sport sans règles établies. C'est peut-être pour ça qu'ils y voient une attitude rebelle’.

Un réalisateur mutique, un directeur de la photo intarissable

La dernière scène est tournée sous une pluie diluvienne. Une tente blanche a été dressée au-dessus des rails pour protéger le tournage. Toute l'équipe se retrouve ensuite dans le bar. Gus Van Sant fait venir à la table Christopher Doyle, son directeur de la photo, qui évoque son amitié avec le cinéaste. ‘L'un parle trop, l'autre pas assez’, dit-il. ‘Je ne me tais jamais.’

Le dialogue qui s'instaure entre les deux hommes illustre ce déséquilibre. Christopher Doyle se lance dans des grandes démonstrations. ‘Nous en sommes arrivés à partager la même approche : être rapide et simple, aussi minimaliste que possible’, finit-il par conclure. Gus Van Sant semble davantage absorbé par son martini.

Il insiste sur son évolution, plus personnelle :

‘C'est un âge étrange, 54 ans. Pas un âge pour une ambition aveugle. Plutôt un âge pour la réflexion. Les choses sur lesquelles je travaille maintenant n'ont pas la gravité ou l'importance de ce que je faisais à 30 ou 35 ans.’

Paranoid Park de Gus Van Sant - avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu - Etats-Unis, France - 1h25 - bande-annonce.

Gabriel Nevins dans 'Paranoid Park' (MK2 Diffusion).

26 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

16H20 | 25/10/2007 | Permalien

Ah ! Il y a une coquille ; Portland (Oregon), c'est la cote Ouest et on y tient.

Portrait de Julien Martin

De Julien Martin

Rue89 | 16H32 | 25/10/2007 | Permalien

C'est corrigé. Désolé pour l'erreur.

Portrait de Courageux anonyme

De

16H39 | 25/10/2007 | Permalien

« meurtre accidentel »
non. un meurtre est toujours volontaire.

Portrait de pikasso02

De pikasso02

17H30 | 25/10/2007 | Permalien

Les courageux anonymes qui passent leur temps à corriger les fautes de ceux qui consacrent leur temps à essayer de nous offrir un peu de leurs émotions, sont plus que génants. Ils feraient mieux d'apporter des remarques sur le contenu de l'article que sur des fautes certes justes, mais remarques qui n'apportent rien.

http://pikasso02.skyrock.com/

Portrait de Yann Guégan

à pikasso02 Portrait de pikasso02 De Yann Guégan

Rue89 | 17H41 | 25/10/2007 | Permalien

Je ne suis pas d'accord. On est plutôt content lorsqu'on nous signale une erreur : ça nous permet de la corriger rapidement, et c'est ça de gagné pour les visites ultérieures

Portrait de Courageux anonyme

à pikasso02 Portrait de pikasso02 De

18H44 | 25/10/2007 | Permalien

pikasso02.

attirer le regard sur une erreur signale l'intérêt du lecteur et sa lecture très attentive. Ce geste n'est pas négatif, mais au contraire se veut participatif.

Portrait de Laurent Mauriac

De Laurent Mauriac (auteur)

Rue89 | 19H48 | 25/10/2007 | Permalien

Et les auteurs vous en félicitent !

Portrait de Courageux anonyme

à pikasso02 Portrait de pikasso02 De

05H33 | 26/10/2007 | Permalien

INROCKUPTIBLES,LIBE,VAN-MACHIN c'est d'un mauvais ! …Aprés avoir trahi Kurt COBAIN dans THE LAST DAYS,je me suis juré que je n'irai plus voir un films de ce gros naze…tout juste bon à remporter une palme gauche et centre-gauche dans ce faux-journal les INROCKS,et LIBE,n'en parlons-pas.POUAH ! ..faux rockers,faux cinéastes,vivement qu'on vous foute à la r'traite ! …redneck forever.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H47 | 26/10/2007 | Permalien

t'as pas ecole toi mon petiot ?

Portrait de Courageux anonyme

De

10H22 | 26/10/2007 | Permalien

…pas couché,pépé,à c'te heure-là…

Portrait de Laurent Mauriac

De Laurent Mauriac (auteur)

Rue89 | 17H43 | 25/10/2007 | Permalien

C'est remplacé par « homicide involontaire ». Merci pour votre vigilance.

Portrait de Courageux anonyme

De

17H47 | 25/10/2007 | Permalien

Elephant était un film subtil et sans jugement ! pas un film bavard, ni théorique, ni subjectif ! il racontait sans juger, les « phénomènes » que crée nos sociétés.
La condamnation,le pardon ? Gus van Sant s'adresse à nous comme à des gens intelligents et je l'en remercie !
Il nous offre cette liberté de pensée que rares de réalisateurs sont capables et intentionnés de faire !
Cet homme est magique, il transforme le monde en ce qu'il est vraiment !

Portrait de Courageux anonyme

De

17H55 | 25/10/2007 | Permalien

Super article, merci : -)
Très bien de l'avoir axé sur cette méthode souple de gestion des acteurs

Portrait de organe_dhonneur

De organe_dhonneur

01H01 | 26/10/2007 | Permalien

Promenade réussie autour d'une petite pépite de film.

Bravo & merci.

Portrait de Courageux anonyme

De

04H24 | 26/10/2007 | Permalien

Elephant était un film subtil et sans jugement ! pas un film bavard, ni théorique, ni subjectif ! il racontait sans juger, les « phénomènes » que créent nos sociétés.
La condamnation,le pardon ? Gus van Sant s'adresse à nous comme à des gens intelligents et je l'en remercie !
Il nous offre cette rare liberté de pensée que peu de réalisateurs sont capables et intentionnés de faire !
Cet homme est magique, il transforme le monde en ce qu'il est vraiment !

Voilà j'ai corrigé mes fautes ! je me suis levé à 4 h du mat », j'ai pas mangé de la journée, un travail prenant de réflexion et de recherche, m'accordez-vous quelques excuses ?

Portrait de Courageux anonyme

De

05H23 | 26/10/2007 | Permalien

…THE LAST DAYS ? …Un très,très mauvais film sur Curt - j'ai lu ses mémoires,incomparables avec le film…

Portrait de Courageux anonyme

De

10H16 | 26/10/2007 | Permalien

C'est vrai, il vaut mieux avoir l'esprit souple, ouvert et curieux, pour apprécier l'oeuvre d'un cinéaste magifique quand vous avez le sentiment que le sujet de son film vous appartient un peu et que vous avez créé vos propres images mentales. J'ai hâte de voir votre LAST DAYS à partir des mêmes mémoires, puisque vous avez le livre …. sur YouTube ? Prévenez-nous …

Portrait de Courageux anonyme

De

07H52 | 27/10/2007 | Permalien

..j'ai le bouquin,connard,et je sais de quoi je parle.kess ke t'as contre U-TUBE ? …C'est quoi cet esprit condescendant ? …Ce n'est certes pas un « univers mental qui m'appartient »,mais quand on trahit un artiste comme COBAIN,dont le discours essentiel était posé ailleurs,et pour épater la galerie de bobos de ton espèce,et bienj'appelle ça de la putaserie…(t'as fait une coquille à « magifique »,monsieur je-sais-tout…)

Portrait de Courageux anonyme

De

07H57 | 27/10/2007 | Permalien

…esprit de gonzesses…

Portrait de Courageux anonyme

De

11H32 | 26/10/2007 | Permalien

Déjà pour commencer, on ne peut pas dire que Last Days est un film sur Kurt…
Plutôt que de comparer, sentez le film, imprégniez-vous en sans a priori !

Pour revenir à Van Sant, je trouve que l'on se sent « vivants », avec lui, aussi bien dans sa façon d'aborder les sujets que dans sa manière de filmer l'être.
Il garde définitivement son indépendance, sa liberté de ton, son coeur. Un grand bravo à lui.

Quand à la photo de Christopher Doyle, elle est absolument sublime, mes yeux en prennent à chaque fois plein les mirettes !

Encore un grand moment de cinéma et de plaisir, ce Paranoid Park.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H29 | 26/10/2007 | Permalien

j'aurais aimé voir un parralèlle
avec whasup rockers et ken park de larry clark
entres autres pour le sujet mais aussi pour la façon de filmer
les ados et le cinéma en général…
il y a quelquechose qui me gène dans cette récup par un réalisateur
très « mainstream »

Portrait de machinchose

De machinchose

12H51 | 26/10/2007 | Permalien

gerry (qui est une merveille) n'est pas exactement ce que j'appellerais un film mainstream…

Portrait de Stéphane Cohen

De Stéphane Cohen

19H22 | 26/10/2007 | Permalien

Je viens de découvrir l'oeuvre de Gus van Sant tout récemment avec « Elephant », film qui m'a beaucoup impressionné et donné envie de voir les autres oeuvres de ce cinéaste. Je trouve que « Elephant » est un film singulier, que son auteur a une écriture, un univers originaux, que ce film nous propose un regard étonnant, bouleversant, inquiétant sur
notre société , plus précisément sur la société américaine ( l » Éléphant, c'est à la fois la beauté sauvage et la sauvagerie qui sourd sous le vernis d'une société riche, vide à force d'être « clean », aseptisée ) - a fortiori parce qu'il s'insprire directement de la tragédie de Columbine. J'ai eu le sentiment que ce film me donnait à voir le « nouveau monde » dans lequel nous sommes entrés ( n'oublions pas le récent drame de la tuerie collective dans un campus américain ), un monde de la « banalité du mal », pour reprendre l'expression de Hannah Arendt à propos de Eichmann, le bourreau nazi bureaucrate qui organisait des déportations de Juifs ou autres victimes de l'idéologie hitlérienne froidement, sans état d'âme, en maillon ordinaire de la chaîne du crime, comme n'importe quel fonctionnaire se rendant quotidiennement à son travail. D'ailleurs, dans « Elephant », les deux jeunes assassins visionnent un document sur les nazis avant de perpétrer leur crime froidement prémédité, et l'un d'eux joue la » Lettre à Élise » de Beethoven ( il paraît que certains chefs nazis se délectaient des oeuvres du musicien allemand ). Cependant, ces deux jeunes ne sont pas des militants nazis : ce sont deux adolescents « normaux », si j'ose dire. Leur violence, par sa froideur métallique, semble, à leurs yeux, être quelque chose de normal, de banal - au même titre, peut-être, que pour le terroriste, ou que pour le militaire qui appuie sur un bouton et assassine cliniquement, fût-ce en créant des « dégâts collatéraux ». Film saisissant et d'une étrange beauté ( je trouve d'ailleurs que la vision du monde de G. Van Sant, dans ce film, n'est pas sans lien avec celle d'un
S. Kubrick, dans « Shining », « Orange mécanique » et « Full metal jacket » par exemple ). Bref, je vais aller voir « Paranoid park ».
S. Cohen

Portrait de Courageux anonyme

De

11H01 | 27/10/2007 | Permalien

Je ne vais chercher à incendier personne, ni les vieux jeunes, ni les jeunes vieux, j'aimerais juste savoir de qui sont ces remarquables photographies illustrées par un texte pas si mal et signé, lui, de Laurent Mauriac. Ou l'internet incarnera t-il le lieu de non-droits des photographes, droits pour lesquels ils se sont battus durant des decennies dans la presse papier ?
Bien à vous,
Richard

Portrait de Courageux anonyme

De

11H10 | 27/10/2007 | Permalien

Ceux qui reprochent à Van Sant de trahir Cobain, sont les éternels personnes qui réitèrent à l'infini l'erreur de comparer le film inspiré du livre et le livre, et qui vous balance avec l'air le plus inspiré et intelligent du monde : J'ai lu le livre moi aussi et ça a rien à voir, c'est vachement mieux ! Evidemment ducon que ça n'a rien à voir, sinon pourquoi faire le film ? Hein !

Portrait de Courageux anonyme

De

15H32 | 27/10/2007 | Permalien

On se le demande,effectivement…si c'est pour faire une autre histoire,pourquoi prendre(naïvement) COBAIN ? - succés assuré,non ? …Quand tu parles d'intelligence et d'inspiration,n'oublie pas deux « l » à « éternels »,merci…

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