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Réponse à Finkielkraut: Internet à l'école, comment ça marche

Parmi les nombreuses réactions à l'article rapportant les déclarations d'Alain Finkielkraut souhaitant la suppression d'Internet à l'école, le témoignage de Nicolas, documentaliste en collège nous a semblé une réponse intéressante .

Je sais depuis déjà quelques années que mon métier est trop peu reconnu dans l'Education nationale [...], donc j'en profite pour expliquer aux internautes ainsi qu'à notre grand philosophe qu'il existe une éducation à l'Internet au sein des écoles (je confirme aussi que nos élèves savent lire ! ).

En effet, je suis professeur-documentaliste (professeur car j'ai passé un Capes et que je forme les élèves à l'utilisation à la documentation et à l'information-tique), et je reçois dans mon CDI toutes les classes de sixième et de quatrième, les Segpa [classes pour les élèves en difficulté, ndlr] et même une classe d'UPI (handicapé) deux fois par mois en groupe durant toute l'année scolaire. Ces formations alternent travaux de recherche sur les documents papiers et sur le Net.

Sachez que les élèves n'ont aucun accès à Internet sans une autorisation, que toute recherche documentaire est avant tout effectuée dans les livres du CDI. Mais Internet vient compléter les manques du fonds documentaire de la bibliothèque du collège. Car, il faut le savoir, le budget d'une bibliothèque d'un collège du 93 est de 1  500 euros par an, tout compris (livres, informatique : 5 ordis pour 500 élèves -Internet est loin d'être partout ! ). Alors faites le calcul : le Net permet de grosses économies.

Enfin toutes les formations qui sont réalisées au CDI sur le Net sont évidemment en rapport avec les disciplines et le programme. Pour exemple, avec mes classes de sixième, nous effectuons actuellement un travail de recherche sur l'Egypte ancienne. La première étape se déroule sur les dicos, puis l'encyclopédie (qui date des années 90), l'atlas, les documentaires et enfin la fin de l'info est trouvée sur le Net : évaluée, vérifiée et confondue.

Voilà, entre autres, à quoi sert mon métier et comment les élèves sont formés à l'Internet. Ils savent AU SEIN de l'école que son utilisation n'est réservée qu'au travail scolaire. Pour le reste, les parents doivent eux aussi jouer un rôle très important en matière de sécurité, de protection et d'éducation à la pratique personnelle de la Toile.

Pour conclure, une fois de plus, les élites sont trop loin (et pourtant si proche, il y a juste un « putain de périph' » à passer) pour se rendre compte de ce qui se passe dans les écoles et, j'en suis certain, aussi dans celles des villes et de province.

Nicolas.

Lire aussi : Pour Finkielkraut, il faut supprimer le Net dans les écoles


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leconcombrevert | entier !
09H22 25/10/2007

Merci à rue89 d’avoir relayé ce temoinage qui serait certainement passé inaperçu dans le flot important des commentaires que votre article a provoqué.

Pour moi il est évident que c’est bien à l’école que les jeunes doivent apprendre à se servir d’internet de façon raisonée. Il faut vrament être de tres mauvaise foi pour imputer à ce fait tout les problèmes actuels du système scolaire français.

On voit une fois de plus que le discours et les préoccupations Finkielkrautiénnes manquent de fondement réel, visent surtout à créer un évenement télégénique et n’ont de toute façon que peu à voir avec la philosophie.

Mais, bon, à une époque, qui a découvert une philosophie du marketing, une philosophie de l’élévage des poules en batterie et une philosophie du ramassage des ordures ménagères, pourquoi se priverait elle d’une philosophie de la posture revoltée style Finkielkraut. Si ça se vend.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
14H53 25/10/2007

Merci pour ce nouvel article. Le précédent article avait fait apparaître un phénomène énorme, bien plus important que les quelques dires de Finkelkraut.
À savoir qu’il est très facile de bavarder sur des fantasmes en ignorant ce qu’est la réalité. Ce que faisait le philosophe de service. Et ce que faisaient, à sa suite, beaucoup de contributeurs, même ceux qui exprimaient un profond désaccord ou désamour pour lui.

Seuls, des enseignants pouvaient mettre sur la table des faits, des représentations de la réalité proches du terrain. Dans cette cacophonie, des enseignants ont eu bien du mal à faire entendre cette voix différente. Je n’avais pas aperçu le message de Nicolas, professeur et documentaliste, (peut-être était-il dans les dernières pages ; c’est dur d’aller au-delà de la troisième !).
Je suppose aussi qu’on ne sait jamais trop bien « qui est qui » et la part de compétence d’un contributeur peut nous échapper ou ne pas s’afficher.

Il ne reste plus qu’à savoir si le témoignage de Nicolas est totalement représentatif de l’école aujourd’hui. Il me le semble. Pourquoi cette réserve ?
En effet, Nicolas pourrait témoigner d’une situation qu’il connaît bien mais qui serait exceptionnelle.

Ce pourrait être un établissement ou une zone scolaire, où sévit de façon anormale le manque de « moyens matériels ».
On évoque déjà une pauvre BCI ou BCD : 1500 € par an, ce n’est pas un niveau bas. On est proche du zéro. Environ une centaine d’ouvrages ! Une étagère quoi ! C’est très, très peu pour un collège de cette taille.

[………]

Le nombre réduit d’ordinateurs (à associer avec le nombre d’élèves pouvant postuler) et le faible ratio par individu, une machine pour 100 élèves, pourraient aussi être anormalement bas en 2007.

Dans le temps, je connaissais des enseignants de plusieurs écoles primaires qui, à titre purement individuel, « faisaient les poubelles », et récupéraient, récupéraient pour constituer (notamment) des petits parcs informatiques …

Ceci dit, tous les citoyens ont le droit d’apprécier, critiquer ce qui se passe en milieu scolaire ; il faudrait un peu plus de modestie à certains, ceux qjui oublient de retirer leurs bottes crottées et de regarder ce qui se passe réellement.
Et le jour (lointain) où Internet sera un élément de la vie quotidienne dans les écoles, à côté de bien d’autres (BCD de taille honorable, matériels pédagogiques divers……), on pourra se poser alors certaines questions…… 

Dernière remarque sur les propos de Nicolas. L’informatique scolaire ne se limite pas aux recherches documentaires. L’ordinateur est un un outil polyvalent. D’autres usages méritent d’être pris en compte. Peut-être existent-ils un réseau sur l’établissement avec des postes dans les classes. Non ??

Enfin, M. Finkelkraut ayant parlé de pré-requis, de formation préalable à l’uage d’Internet, une autre question mériterait des développements.

Faut-il être formé avant d’utiliser l’outil informatique et Internet ?

Sans oublier de l’associer à ceci :

Comment se forme-t-on ? Comment apprend-on ?

 
Mila Saint Anne | internaute
00H20 26/10/2007

Que ce soit dans les IUFM pour la formation initiale des enseignants, ou au niveau des plans académiques de formation pour leur formation continue, les TICE sont très présents (les plans de formation sont généralement en ligne et consultables par qui veut). Les stages n’intégrant pas de TICE sont de plus en plus rares.
Pour ma part, à la fin de l’année scolaire en cours, j’aurais assuré auprès de 150 de mes collègues un total de 120 heures de formation pour leur montrer en quoi les TICE peuvent apporter un plus à leur enseignement de l’histoire géographie (et éducation civique).
Je pense qu’on peut parler de formation sérieuse, non ?

Mila.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
20H04 25/10/2007

Merci d’apporter votre point de vue. Beaucoup aimeraient sûrement en savoir plus.

Pour que l’on comprenne mieux ce que vous avancez
pourriez-vous avoir l’amabilité d’en dire plus ?
Que se passe-t-il dans votre établissement ?

Et comment comprenez-vous la contribution de Nicolas professeur et documentaliste ?

Dans l’attente de votre réponse .

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H50 25/10/2007

On peut imaginer que vous avez voulu répondre à l’auteur(e) d’un message mais que vous n’avez pas eu l’idée de cliquer au bon endroit.

Dans ce cas, il fallait viser sur « Répondez-lui » en grisé, tout au bas et à l’intérieur du cadre contenant son message.

Bonsoir.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H44 25/10/2007

AGACÉ par un truc technique tout bête. Les quatre derniers messages sont signés seulement par la mention « Courageux Anonyme ». C’est vraiment contraire aux conditions d’une discussion entre gens de bonne compagnie de ne pas connaître (ou plutôt reconnaître) ses interlocuteurs, d’autant plus que deux messages ont pu être écrits par la même personne et qu’il/elle semble croire qu’on peut s’en rendre compte. Je passe……… mais on pourrait faire de l’identification par un pseudo la règle !

LA PROLIFÉRATION DE MOYENS dont vous parlez n’est qu’apparente. Beaucoup d’enseignants utilisent les ressources pédagogiques précisées par vous … c’est donc un plus pour l’enseignement. Mais on s’éloigne. Et à trop s’éloigner …

Dans l’Éducation Nationale, les financements sont complexes. L’État paie les salaires des enseignants de tous niveaux mais le financement des bâtiments, et des moyens suit des chemins variés selon le niveau concerné.

Par exemple, le primaire s’inscrit dans un échelon communal. Ce sont les communes qui paient la construction, l’entretien des bâtiments et règlent en général chichement les autres frais d’équipement et de fonctionnement.

[……]

En tout cas ce n’est pas votre démonstration qui nous permettra de déceler un gaspillage répréhensible.

Quelles sont vos compétences ?
et d’où parlez-vous pour pouvoir définir ce que vous prenez pour un scandale ?

 
Mila Saint Anne | internaute
00H04 26/10/2007

Pour répondre à Courageux anonyme de 01H15 le 25/10/2007 et faire avancer le débat…

Tous les CDI sont animés et gérés par des professeurs documentalistes comme Nicolas et TOUS les documentalistes font de la formation aux techniques documentaires. Plus ou moins bien sans doute (les profs sont des êtres humain, et comme tous les humains plus ou moins bons dans leurs activités), mais ils en font tous.

J’avais déjà réagi à l’article sur Finkielkraut en expliquant comment internet était entré dans les pratiques des classes et en parlant de mon expérience, à la fois en tant qu’utilisatrice et en tant que formatrice.
On me répond souvent que je suis une exception et que l’Éducation Nationale ne faisant pas d’études à propos des TICE, on ne peut pas avoir de vue réelle des usages.

Je vous donne donc ce lien :

http://www.educnet.education.fr/chrgt/Etude_Usages_TICE2006.pdf

Je crois que la lecture de ce rapport vous en dira plus long que tous les témoignages de terrains.

Il suffit également, dans votre moteur de recherche préféré, de taper les mots clé « enseignement »+ »TICE » (ou de remplacer le mot « enseignement » par la matière de votre choix) pour avoir une idée de l’importance que les TICE ont pris dans le monde de l’école.

Enfin, pour répondre à ceux qui s’inquiètent du manque de contrôle des sites accessibles aux élèves, baladez vous sur les sites académiques, vous y trouverez une abondante documentation sur les barrières de sécurités mises en place, des anti-pub aux black-list …

Mila
(qui va se coucher pour assurer demain dans l’établissement où elle va former des collègues à l’usage des TICE)

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
12H19 26/10/2007

Merci Mila, pour ce lien qui vaut bien un chapelet de témoignages sur l’état des lieux à un moment donné. Il faudrait que l’on soit nombreux à l’avoir épluché. Surtout ceux qui imaginent l’école en ignorant royalement ses configurations réelles. J’espère que l’effort pour s’approprier la réalité l’emportera sur les a priori et les inepties du Café du Commerce.

Cela fait, un autre débat nous attend. Plus central. Comment l’élève apprend-il et comment l’utilisation d’Internet et de l’informatique participe-t-elle à ses apprentissages ? Je vais essayer de commencer……

Pour Kinkelkrault, les pré-requis sont indispensables. En effet il avance qu’ Internet c’est pour les gens formés.

Pensez à l’apprentissage de la langue orale par les bébés. Les tout-petits sont plongés dans un bain de langue dès leur naissance. Quelle formation préalable, les bébés ont-ils reçue pour être en mesure de profiter de ce bain de langue ? Aucune. Et même pas question d’enseigner des sons [phonèmes] pour ensuite prononcer de petites phrases ! Bonzou maman !

Cet exemple, qui a l’avantage d’être flagrant, pourrait nous amener à comprendre qu’en matière d’apprentissage, les choses sont bien plus complexes que M. Finkelkrault le croit.

L’apprentissage de la lecture commence bien avant la classe qui lui est dédiée. La rencontre d’écrits divers, autour de lui et en tous lieux favorise une sensibilisation de l’enfant. Les réactions des siens avec ces écrits amènent quelques prises de conscience. Enfin les efforts de proches pour établir des passerelles entre l’enfant et l’écrit autorisent ou renforcent deux choses : l’envie d’apprendre, et un réel début d’apprentissage. Certains enfants ne bénéficient pas de ces premiers pas et cela gênera leur parcours scolaire, et quelques-uns, très rares, apprendront tout seuls et seront en mesure de sauter la première classe.

Les TICE. Je ne développerai pas mais il ne faut pas connaître beaucoup de choses avant d’utiliser un ordinateur. Tout comme il ne faut pas avoir compris tous les secrets de la matière pour utiliser des matériaux…… Et pas de cours d »équilibre avant de monter à vélo pour la première fois.

Par contre utiliser l’informatique alors qu’on sait peu de choses, permet d’avancer, de progresser souvent dans plusieurs domaines de front…… Pour moi, cela aussi est une réalité !

[J’ file. À vous lire.]