
(De Milan) Faut-il règlementer les blogs ? Pour avoir répondu par l'affirmative, le gouvernement de Romano Prodi a droit, depuis vendredi, à une légitime volée de bois vert de la part des bloggeurs italiens.
Dans le projet de loi sur l'édition avalisé lors des conseils des ministres des 3 août et 12 octobre, le gouvernement de gauche avait en effet prévu un article obligeant « les sujets ayant une activité éditoriale sur Internet à l'inscription au Registre des opérateurs de communication », c'est-à-dire auprès de l'Autorité italienne de la communication.
En l'absence d'une claire définition du terme « activité éditoriale », les bloggeurs ont immédiatement vu dans ce projet de loi le risque d'être soumis à autorisation. Inquiétude démultipliée lorsque la nouvelle du projet de régulation a atterri sur le blog le plus populaire du pays, celui du comique Beppe Grillo.
Jeudi et vendredi, Grillo pronostiquait que cette loi entraînerait rien moins que « la fin du réseau ». « La Chine est proche », renchérissait-il le lendemain, accusant Ricardo Franco Levi, sous-secrétaire d'Etat et auteur du projet de loi, de « vouloir faire taire Internet ».
« Transfert des blogs italiens vers des sites étrangers »
Face à la pression générale, ce proche de Prodi a déjà dû faire marche arrière. Renoncement qu'il devait officialiser ce mercredi à 15 heures, lors d'une audition à la Chambre des députés sur son projet de loi. Niant toute volonté de « museler Internet », Ricardo Franco Levi a toutefois déclaré n'en avoir « ni le pouvoir, ni l'intention ». En effet, comme le rappelle un des responsables de l'Autorité de la communication, toute volonté de brider Internet « ne peut finir qu'avec le transfert des blogs italiens sur des sites étrangers », soit une régulation en trompe-l'œil.
Le ministre des Télécommunications, Paolo Gentiloni, a d'ailleurs aussitôt estimé, sur son blog justement, que l'alarme lancée par Beppe Grillo était « justifiée ». Avant de préciser :
« Le projet de loi sur l'édition approuvé il y a une semaine en conseil des ministres sera corrigé car la règle sur l'enregistrement des sites Internet n'est pas claire et donne lieu à des interprétations absurdes et restrictives. »
Les commentaires à son message rassurant sont mitigés. Certains croient à la bonne foi du ministre. « Errare humanum est », conclut ainsi Rosa. Mais d'autres, comme Olbruzio, pensent qu'il ne s'agissait pas « d'une erreur » mais « d'une tentative en pur style staliniste pour faire taire ceux qui disent la vérité ».
L'Italie en queue de peloton sur le haut-débit
L'idée de contrôler la production des blogs paraît en tout cas singulière, particulièrement dans le contexte italien actuel. Le projet de loi est pour le moins « contre-productif », comme le regrette Vicenzo Vita, membre de la majorité, « au moment où le problème le plus important est de doter tout le monde de l'Internet haut-débit ». En la matière, l'Italie est en effet lanterne rouge des grands pays européens. Dans son rapport annuel, paru en juillet dernier, l'Autorité de la communication note :
« Malgré un taux de croissance soutenu ces dernières années, l'Italie n'est pas parvenue à combler le fossé -en termes de diffusion du haut-débit par rapport à la population- qui la sépare des principaux pays européens. »
Dans la Péninsule, 14,5% de la population a accès au haut-débit (données de 2006) contre 20,4% des Français, 18,1% des Allemands et 22,9% des Britanniques.
Enfin cette polémique illustre le peu de sens politique du cabinet Prodi, qui aurait dû anticiper que des bloggeurs comme Beppe Grillo ne manqueraient pas de saisir cette occasion pour amplifier leur vive critique des politiques en général et du pouvoir actuel en particulier.

























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De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 16H29 | 24/10/2007 |
Tout ce qui protège les blogs, les médias citoyens et l'internet est bon. Ce qui les attaque est mauvais. Je préfère ce manichéisme rédempteur aux arguties. On ne comprend pas encore assez à quel point toute nos libertés et le peu de démocratie qui nous reste reposent sur cet unique pilier que les USA qui le contrôle essaient déjà d'abattre.
http://nouvellesociete.org/5153.html
Pierre JC allard
De Marc
17H44 | 24/10/2007 |
Ca nous pend au nez également en France… Joffrin a commencé il y a quelques semaines à vomir sur les blogs… il maintenant relayé par Finkelkraut, Seguela… ce n'est que le début…
il serait bon que les bloggeurs commencent à réagir
http://marc.vasseur.over-blog.com/
De
20H29 | 24/10/2007 |
L'ancien ministre des lobbys musicaux et de la Culture, voulait s'occuper des blogs et autres sites de journalisme citoyen aussi.
La tactique était simple et bien efficace sur le long terme pour « obscurcir » tout ce qui n'est pas dans l'air du temps (= sous obedience sarkoziste) : il s'agissait « pour limiter les abus » de faire vendre une sorte de label qualité, une sorte de « label rouge » de l'information prémachée, prete à penser, pour qu'on se retrouve avec pratiquement tout le web sur le meme diapason que notre Grand Journaliste JP Pernault. Avec un soutien mediatique puissant, des moyens publicitaires adequats… bref du matraquage en bonne et due forme, ce label se serait progressivement transformé en une sorte de licence de journalisme correct, une deuxieme carte de presse à l'attribution encore plus arbitraire.
Par exemple, une plateforme de blogs aurait ete obligée de controler d'autant plus severement ses blogs, de censurer tout ce qui n'est pas « correct » pour pouvoir garder son label, bref sa licence.
Avec le depart de cet incompetent notoire (RDDV, Albanel va pas tarder à sauter aussi), cette idée est partie au placard… Mais avec une droite aussi decomplexée (pour etre gentil, Mariani est un produit du GRECE, l'ex-think tank d'extreme droite), ça risque d'en ressortir un de ces quatres.
Esperons une reaction au moins aussi violente qu'en italie. : |
De
13H52 | 25/10/2007 |
Moi, j'suis pour un label « Sarkompatible » : comme ça on saura à qui ne pas faire confiance… ; -)
De
14H28 | 25/10/2007 |
pour surenchérir sur ton dernier paragraphe, c'est la présence de plus en plus décomplexé de l'exrème droite qui pose problème.
On voit très clairement qu'elle emboite le pas de la droite. Elle campe dans les forums (libé, rue89 etc…) le discours n'est jamais illicite mais « historique » : Pétain, histoire du nazisme etc… sans oublier les immigrés, nouveaux bouc émissaires de tous les maux de ce pays qui n'a jamais été aussi riche.
De
22H07 | 24/10/2007 |
Communiqué de la ligue ODEBI du 02 octobre et premières réactions
Le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à l'instauration du filtrage par les moteurs de recherche ou les FAI en Europe.
Ce premier octobre, le Vice-président de la Commission Européenne chargé des affaires relevant du domaine de la « Liberté, Sécurité et Justice » a fait des propositions destinées à renforcer la lutte anti-terroriste aux ministres européens de la justice et de l'intérieur.
Il serait proposé de « fermer » des sites pouvant contenir par exemple des
instructions permettant la réalisation de bombes. [1]
Michèle Alliot-Marie s'est déclarée personnellement favorable à ces mesures. Pour la Ligue Odebi, cette politique est irréaliste, et dangereuse pour les libertés individuelles : cela mènerait nécessairement à imposer aux FAI européens de filtrer le net aux frontières de l'Union Européenne.
Le Vice-président Frattini avait par ailleurs déclaré [2] le 10 septembre dernier qu'il avait « la ferme intention d'entreprendre une étude avec le secteur privé (…) sur les moyens technologiques d'empêcher des gens d'utiliser et de chercher des mots dangereux comme “bombe”, “tuer”, “génocide” ou “terrorisme” » : Si demander aux moteurs de recherche de filtrer certaines expressions est techniquement possible, on voit assez mal comment Franco Frattini peut espérer -techniquement- empêcher les internautes (voire les journalistes) d'utiliser certains mots. Sur le fond, au-delà de l'aspect technique- la volonté de prohiber l'usage de certains mots relève d'un obscurantisme d'un autre âge.
La politique européenne en matière de lutte anti-terroriste prend une tournure inquiétante : des déclarations particulièrement décompléxées font même ouvertement référence à la Chine. Ainsi, dès juillet dernier un porte-parole de la commission, interpellé sur le filtrage aux frontières de l'Union Européenne, déclarait : « You always need a provider here that gives you access to websites. They can decide technically which websites to allow. *Otherwise, how would China block internet sites ? There are no technological obstacles, only legal ones.* » [3]
Odebi s'oppose totalement à toute mesure législative imposant aux FAI ou aux moteurs de recherche de filtrer des contenus : La mise en oeuvre technique de tels procédés -par ailleurs contournables- constitue à terme une menace pour la démocratie.
[1] http://uk.reuters.com/article/internetNews/idUKL0190331320071001
[2] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-953619,0.html ? xtor=R…
[3] [3] The European Commission (EC) has announced plans to frustrate terrorism by suppressing online guides on bomb-making. « It should simply not be possible to leave people free to instruct other people on the internet on how to make a bomb – that has nothing to do with freedom of expression, » EC vice president Franco Frattini said yesterday. Mr Frattini is « responsible for Freedom, Security and Justice. » When asked how the EC planned to suppress web bomb manufacture instructions hosted outside EU borders, it appeared that officials planned to act at the level of ISPs in Europe.
The Times quoted a commission spokesman as saying : « You always need a provider here that gives you access to websites. They can decide technically which websites to allow. Otherwise, how would China block internet sites ? There are no technological obstacles, only legal ones. »
http://www.theregister.co.uk/2007/07/04/ec_frattini_web_terror_dunce_cap…
http://www.odebi.org/new2/ ? p=443#more-443
De
23H18 | 24/10/2007 |
Je suis italien et je vous dis que Ricardo Franco Levi, auteur du projet de loi, en réalité, n'est rien et le pire est qu'il n'a pas été elu par personne. Le gouverenment italien est simplement ridicule : non seulement il ne fait pas les lois qu'il a promis, mais aussi il se moque de nous italiens… Monsieur Levi a dit qu » il a consulté tous les protagonistes du secteur pour pour rédiger cette loi ; dommage qu'il ait oublié de parler avec les bloggers et les opérateur d'Internet et c'est dommage que Levi n'a pas illustré le projet de loi au ministre des Télécommunications qui a candidement admis de ne meme pas l'avoir lu. C'est incroyable, n'est-ce pas ? Mais ça, c'est l'Italie …
Esperons que ce gouvernement finisse bientot !
Fabrizio Sirmioni, Milan
De
14H31 | 25/10/2007 |
tu sais chez nous on en a un qui divorce le jour d'une grève nationale et fait passer un traité européen rejeté par les français dans la nuit, le même jour !
De
10H42 | 25/10/2007 |
En Italie, il est obligatoire d'être identifié par un document d'identité pour pouvoir se connecter à internet.
Ainsi, dans les cafés internet, on doit faire enregistrer sa carte d'identité avant de pouvoir accéder à un ordinateur.
Comme contrôle de l'Etat sur les communications, c'est champion !
=> Legge 31 Luglio 2005 n.155.
http://www.parlamento.it/leggi/05155l.htm
De
14H45 | 25/10/2007 |
peut être à rapprocher du mail anonyme reçu par 100 hauts responsables de la police pendant la campagne présidentielle, logotypé DGSE, cherchant à démontrer que Sarkozy est un ancien agent du mossad !
lancé depuis un cybercafé, mais sans caméra de surveillance, la dst est sur le coup.
z'êtes au courant de l'histoire ?
http://www.lefigaro.fr/france/20071012.FIG000000291_les_etranges_accusat…
hum. le nom des coupables commencerait par « extreme » et finiraient par « droite ».
De
10H41 | 26/10/2007 |
Partout, la liberté d'internet derange les pouvoirs, même ceux réputés démocratiques. C'est pourquoi , il est si important de la défendre, car c'est un des rares moyens d'expression des citoyens aujourd'hui.
Pretendre instaurer une charte qualité sur l'information sur Internet, quand on sait à quel point les grands medias produisent une information conforme aux intérêts en place, quelle dérision…