Dandy et ex-fan de Trust, le porte-parole de l'Elysée tente d'exister entre son amie Cécilia et Nicolas, qui lui offre Neuilly.

La semaine dernière, il a gagné un surnom : Monsieur « pas de commentaire ». Quelques jours plus tôt, à Neuilly-sur-Seine, c'était « Martinon, non, non ! » A 36 ans, celui qui s'honore de l'amitié de Cécilia Sarkozy n'a jamais été aussi exposé. Elle quitte l'Elysée pour « l'ombre ». Lui reste sous les projecteurs pour porter la voix de son patron, en revendiquant une « franchise » apprise de son chef, et qu'il entend faire jouer à plein pour son baptême politique, à Neuilly, où il est candidat à la mairie.
Cette nouvelle marque de faveur du Président nourrit les jalousies et surprend ceux qui l'ont connu plutôt « gris », sur les bancs de Sciences Po. Rencontre avec un jeune Sarko-boy qui semble s'être révélé à lui-même à mesure que son modèle le tirait vers la lumière.
Le point presse du lundi 15 octobre, où cinq questions sur le divorce du couple présidentiel ont suscité la même non-réponse lapidaire du porte-parole, vient de s'achever. Suivi d'une cohorte de collaborateurs, David Martinon a regagné son bureau dans l'aile est du palais, avec vue plongeante sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Les murs sont clairs, décorés d'une toile contemporaine et d'objets d'art plus classiques, qu'on devine attachés à ces lieux. Un rayonnage abrite des livres d'art. Tout en répondant à nos questions, le porte-parole de l'Elysée range ses papiers, zappe de LCI à i-Télé, tapote nerveusement sur son bureau. Un peu plus mobile que pendant ses points presse, où il reste bien droit derrière son pupitre.
Un exercice voulu par Nicolas Sarkozy et inspiré d'une pratique américaine déjà ancienne. Le Président a voulu que David Martinon soit « sa » voix, et que le monde entier le constate, en direct à la télé. Cette voix, Martinon la porte en appelant certains journalistes par leur nom, en apostrophant quelques confrères étrangers dans leur langue, en proposant de multiples variantes à son « no comment », comme : « Vous attendez-vous vraiment à ce que je réponde à cette question ? »
Mais alors que Sarkozy a construit son image sur le franc-parler, Martinon n'échappe pas à une certaine langue de bois. Exemple, cette réponse à une question sur la réforme des régimes de retraite, le 15 octobre : « L'état d'esprit, c'est à la fois une très grande détermination et une très grande volonté d'écoute, l'un n'étant pas exclusif de l'autre. »
« Effacé, un peu gris, on aurait dit un vieil apparatchik avant l'âge »
Outre son adjoint Pierre-Jérôme Hénin, David Martinon a retrouvé à l'Elysée quelques copains de la promo 1992 de Sciences Po : le conseiller Olivier Colom et la directrice de cabinet Emmanuelle Mignon. A ses camarades de la rue Saint-Guillaume, il n'a pas laissé un souvenir impérissable. Discret malgré son loden violet, « il faisait un peu premier de la classe », se souvient une journaliste qui le côtoie encore aujourd'hui. « Il était un peu passe-partout. Pas le plus brillant, mais bon élève, un peu fayot quand même. » Un travers qui se retrouve toujours, selon elle, dans ses rapports avec son patron. Avant de réussir le concours de l'ENA (promo Valmy), il fait ses premières armes dans la communication politique, puis travaille au cabinet de François Léotard pendant les derniers mois du gouvernement Balladur.
Sorti de l'ENA en 1998 avec le rang de conseiller des Affaires étrangères, David Martinon devient l'un des adjoints au porte-parole du Quai d'Orsay. De ceux qui distribuent les documents aux journalistes pendant que le porte-parole s'exprime. Souvenirs d'une journaliste de la presse diplomatique :
« Je l'ai vu pendant des années, mais je n'ai jamais entendu le son de sa voix. Il était totalement effacé, un peu gris, on aurait dit un vieil apparatchik avant l'âge. Je n'imaginais même pas qu'il puisse maîtriser ses dossiers. Je l'ai compris après, quand il s'est révélé. »
Depuis qu'il a envoyé une offre de services à Nicolas Sarkozy, en 2000, David Martinon est devenu un autre homme, « charmant, connaissant une foultitude de choses qu'il prend plaisir à raconter », dit la même journaliste. L'ex-fan de Trust se targue aujourd'hui d'une amitié avec la star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly. « Très dandy », cheveux gominés, le jeune homme a troqué ses costumes Paul Smith à rayures pour de plus discrets, tout de même siglés Prada. A l'instigation de Nicolas Sarkozy, dit-on.
Pendant ces sept années d'ascension éclaire -successivement sherpa à Beauvau puis à Bercy, puis chef de cabinet de la campagne-, David Martinon a beaucoup appris, même s'il n'est pas le self-made-man de bon ton dans la galaxie sarkozyste. Libéral pur sucre, ancien admirateur d'Alain Madelin, il se dit désormais dépendant de Sarkozy, « une drogue dure à accoutumance immédiate ». Un chef, un modèle, qui est aussi un drogué de l'image, très proche de certains propriétaires de médias :
Mais quelle est donc la recette de l'animal médiatique pour lequel il travaille, celui qu'on accuse de monopoliser l'espace médiatique, voire de contrôler l'agenda médiatique ? Selon David Martinon, qui évoque lui-même la série américaine The West Wing -où l'attachée de presse a un des rôles principaux auprès du Président-, rien à voir avec le spin doctoring et les méthodes d'Alastair Campbell, le très controversé conseiller de Tony Blair. (Voir la vidéo.)
Cette franchise qu'il revendique, David Martinon s'efforcera aussi d'en user pour se rapprocher de l'électeur neuilléen, qu'il commence à apprivoiser « le soir et le week-end ». Neuilly (Hauts-de-Seine) vote à 90% à droite. « Il suffirait de coller un autocollant UMP sur le front d'un hamster pour qu'il soit élu », s'amuse Christophe Grébert, éditeur du blog Monneuilly.com.
Mais cette fois, les militants de base de l'UMP ont très fraîchement accueilli le parachutage. Arnaud Teullé, autre conseiller à la présidence de la République, enfant du cru et fils d'un des principaux soutiens de Sarkozy lorsqu'il a ravi la mairie au nez et à la barbe de Charles Pasqua en 1983, a fini par se résigner : aux dernières nouvelles, le Président lui aurait promis un siège de conseiller général en 2008. Jean-Christophe Fromentin, un divers droite très installé dans la commune la plus riche de France, essayera en revanche de faire échec au duo élyséen.
Pour sa carrière politique, David Martinon n'entend surtout pas jouer la carte de la peoplisation, contrairement au couple Sarkozy. Logiquement, il appelle au respect de sa vie privée quand on l'interroge sur son mariage avec la jeune magistrate Adélaïde Camier-Weber, diplômée de Sciences Po comme lui et agrégée d'anglais. Prévu le 22 septembre à Arcachon, il aurait été « reporté », la sécurité de la témoin du marié -Cécilia Sarkozy- redoutant une manifestation altermondialiste. David Martinon a déjà reconnu, en « off », qu'il n'était « plus question de mariage ». Mais aux questions de Rue89, il répond… « pas de commentaire ». Il devient en revanche un peu plus prolixe sur les accusations de favoritisme de l'ex-première dame. (Voir la vidéo.)
En alternant la langue de bois, la sincérité et le « no comment », David Martinon ne révolutionne pas la fonction de porte-parole, mais modernise un poste désormais ultra-médiatisé. Ce que nous lui disons au moment de partir et à quoi il répond : « Jusqu'à ce que je me plante. »
Avec Julien Martin (Rue89)

























116
(Pour réagir, connectez-vous)
De zorglub
insulaire en exil | 16H00 | 24/10/2007 |
Ex fan de Trust dit il ! ! !
La chanson « Saumur » lui va comme un gant .
http://www.seeklyrics.com/lyrics/Trust/Saumur.html
à zorglub
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 16H34 | 24/10/2007 |
Un Peuple, un Chef, une Voix. Le medium est en transe, vite un Message… J'avoue que j'aurais mis cette info aux faits-divers, mais bonne chance, là, hein, bonne chance. Ils sont où, les Bulgares ? http://nouvellesociete.org/5127.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De celine_auriolles
18H35 | 24/10/2007 |
http://www.martinon2012.com
à zorglub
De brogilo
in angulo | 16H38 | 24/10/2007 |
Martinon, c'est le type même de l'antisocial qui perd jamais son sang-froid.
à brogilo
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 17H11 | 24/10/2007 |
ça….c'est fait ….. ! ! !
Salut brogilo !
Pas mieux !
à Charles Mouloud
De brogilo
in angulo | 19H30 | 24/10/2007 |
Merci Charles, mais je serais bien incapable de les pondre au rythme où tu les ponds. Pour être franc, j'ai pensé à toi en l'écrivant.
Hommage au maître, donc.
Un déjà vieux fan (même si, sur Rue, on compte en semaines) depuis l'époque de « ça casse pas un 4x4 à un connard ».
à brogilo
De zorglub
insulaire en exil | 17H26 | 24/10/2007 |
… et ce « Monsieur comédie » veut faire partie de « L'élite ».
à brogilo
De
19H45 | 24/10/2007 |
Effet de la consanguinité ?
à brogilo
De cooper59
pour la decroissance ! | 22H16 | 24/10/2007 |
ça c'est parfait ! c'est exactement sa definition , a mourir de rire !
à brogilo
De
22H25 | 24/10/2007 |
Très bon !
MartiNon-Non-Non c'est comme Laurent Tupperware Wauquiez un énarque interchangeable, avec une voix d'éphèbe.
Charles.
http://charles.hautetfort.com
à zorglub
De
16H42 | 24/10/2007 |
David Martinon fait partie des « chouchous » de Cécilia, de ceux dont elle a appuyé la montée en puissance auprès du chef de l'Etat.
Le porte-parole de l'Elysée, qui a été choisi comme candidat UMP aux municipales de Neuilly-sur-Seine, lui avait demandé d'être le témoin de son mariage finalement reporté.
Souvent accusé d'être un petit protégé, il rétorque dans les pages du Figaro : « Je ne vois pas pourquoi j'aurais honte d'avoir Cécilia comme amie . » Cette amitié résistera-t-elle à sa fonction du porte-parole de la présidence ? « Il n'y a pas d'amis, il n'y a que des moments d'amitiés », écrivait Jules Renard.
http://www.lepoint.fr/slideshow/france/view_slide.html ? id=625&pageroffse…
à zorglub
De
19H02 | 24/10/2007 |
Que des gens comme lui se retrouvent au sommet de l'Etat me dépasse totalement. C'est « sans commentaire » resteront. Pour le reste…
De celine_auriolles
19H39 | 24/10/2007 |
Il fera un bon Sinistre de l'Intérieur.
Sur la première photo en haut, il fait bien bourgeois.
à celine_auriolles
De
11H28 | 25/10/2007 |
Chère Céline,
Il n'y a donc pas de bourgeois au FN ?
Merci de nous éclairer.
à zorglub
De
19H10 | 24/10/2007 |
Ministe Milice
tout est factice
ministre milice
tout est factice
anti social
anti social
à zorglub
De Le marchand de sable
20H06 | 24/10/2007 |
moi je lui conseille plutôt d'aller chanter la grande illusion à son nabot
http://www.seeklyrics.com/lyrics/Trust/La-Grande-Illusion.html
à Le marchand de sable
De
22H58 | 24/10/2007 |
Il me semble qu'appeler « nabot » le chef de l'état est irrespecteux et permettez moi de vous dire que vous abaissez le débat à un niveau abyssale : son nom est Mr Sarkozy même si vous n'êtes pas de son bord politique !
De
06H47 | 25/10/2007 |
Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa : de ce patronyme complet l'intéressé se targuait en sa jeunesse…
Guic
De
06H52 | 25/10/2007 |
Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa : de ce patronyme complet l'intéressé se targuait en sa jeunesse…
Guic
à Le marchand de sable
De
14H57 | 25/10/2007 |
Bonjour .
Un Dandy , même pas un copain ,oui ,de l'ancienne star , partie .
en plus , « même “ pas beau .
Moi , Femme ou jeune femme ? même pas pour la présence .
Et le fils à Pierre Peret , même pas mieux .
du bagout et du bla bla .
à zorglub
De
20H18 | 24/10/2007 |
Je sens dans votre article une fascination pour cet homme que je je partage pas. je l'ai trouvé parfaitement ridicule la semaine dernière…
à zorglub
De
14H26 | 25/10/2007 |
Vous êtes sûr qu'il se fait ou DEFAIT un nom ?
Je dis ça juste parce qu'il y a une BOMBE qui se prépare à l'horizon !
L'affaire du faux diplôme de Rachida Dati.
On va donc résumer :
la garde des Sceaux a certainement été choisie à ce poste, pour avoir été magistrate. Or, elle a intégré l'ENM sur la base d'un dossier dont un des principaux éléments se révèle faux. Comme dirait la ministre, elle-même : « Quand on veut, on peut ». NO et L'express
De machinchose
17H34 | 25/10/2007 |
? ? ? ?
De Hadès
16H02 | 24/10/2007 |
Etrange, on dirait que la dernière video bug.
Censure ou défaillance technique ?
à Hadès
De Julien Martin
Rue89 | 16H06 | 24/10/2007 |
En quoi bugue-t-elle ?
à Julien Martin
De Hadès
16H28 | 24/10/2007 |
Ah, c'est passé. Visiblement ça venait de chez moi navré. ^^
à Hadès
De guillaumekh
04H27 | 27/10/2007 |
Ah ah ! Toujours la censure ! : p
Sans vouloir faire le naïf de service, y'en a quand même qui démarre au quart de tour..
De abas50
parisdailleurs.canalblog.com | 16H06 | 24/10/2007 |
Je suis pas sur que ce genre de personne participe à la modernisation de la classe politique. Il aurait été parfait à la cour du roi soleil.
http://parisdailleurs.canalblog.com/
à abas50
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H19 | 24/10/2007 |
Le chef d'orchestre français J Martinon est apparu pour la dernière fois à un pupitre parisien en août 1975, à la tête de l'orchestre international des Jeunesses musicales de France. Assez étrangement, c'est ce jour-là seulement que sa qualité de très grand chef fut reconnue par tous ceux - et ils étaient nombreux - qui, malgré une carrière internationale qu'ils ne pouvaient ignorer, faisaient preuve d'une certaine réticence à son égard et ne le citaient jamais dans le même souffle que Karajan, Klemperer, et même Münch.(…)
à abas50
De
17H28 | 24/10/2007 |
Bonjour.
J'ai encore l'impression de voir un mec arriver d'un autre monde et qui va nous dire comment bien faire marcher le notre. Apparemment, même à l'ENA, il était à l'écart de la vie collective (« premier de promo » […] « totalement effacé »…). Sur quelle expérience de la vie s'appui t'il alors, pour se lancer dans un engagement politique (non intéressé, bien entendu) ? Ces gens n'ont pas du tout les mêmes réalités et problèmes que le peuple, n'ont pas eu à les affronter, alors comment peuvent ils avoir la prétention de pouvoir les régler (des notre, les siens sont tout autre) ?
Toujours de plus en plus d'écart entre les représentants politiques et ceux qu'ils représentent, ces gens paraissent prédestinés à nous guider vers le bon chemin (droit du sang et du niveau social ? ). Ils ont appris à gérer les humains tel un troupeau, mais n'ont aucunes idées de la réalité des vies de ces humains. C'est une gestion industrielle de ce qu'ils considèrent comme une marchandise : l'humanité.
Je comprends que les gens doués puissent espérer une ascension, mais pour le cas martinon, c'est une propulsion. A cette vitesse, il a du sauter beaucoup d'étapes, c'est pourquoi je doute sincèrement de la globalité de ses compétences. Les grands orateurs (car il est efficace dans le rôle de fusible) me font toujours aussi peur quand ils s'engagent dans un combat politique. Qu'ils restent dans le spectale, c'est opportunistes !
Stouve