(De Buenos Aires) A quelques jours de l'élection présidentielle argentine, dimanche 28 octobre, une seule question se pose : Cristina Kirchner sera-t-elle élue dès le premier tour ? L'épouse de l'actuel président Kirchner, en tête de tous les sondages depuis le début de l'année, a enfin mis l'accent, ces dernières semaines, sur la campagne électorale en Argentine. Jusqu'alors, elle s'était plutôt concentrée sur une tournée de séduction à l'étranger, en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil… où elle a rencontré chefs d'Etat et investisseurs potentiels.
La stratégie des Kirchner était claire : anesthésier la campagne électorale en imposant l'idée que Cristina Fernández de Kirchner sera de toutes façons élue, refuser tout débat électoral comme toute interview des médias et, surtout, éviter de parler des sujets qui préoccupent le plus les Argentins : l'inflation et l'insécurité. Selon un sondage publié lundi par le quotidien La Nación, 37% des personnes interrogées ont déclaré n'avoir que peu d'intérêt à la campagne et 36,5% pas du tout. Il faut aller chercher des militants pour sortir de l'apathie généralisée à la veille des élections. Même la performance des Pumas, dans un pays peu passionné pour le rugby, alimente plus les conversations que le prochain locataire de la Casa Rosada. L'affaire de la tomate qui s'est faite plus grosse que le bœuf, en atteignant des prix vertigineux, a bien failli tourner vinaigre pour le gouvernement en ramenant un peu trop l'inflation au-devant de la scène, mais, finalement, un boycott des associations de consommateurs a dégonflé le sujet.
Pour s'assurer une élection dès le premier tour, Cristina Kirchner s'est concentrée sur la capitale et la province de Buenos Aires, celles qui pèsent le plus lourd en termes de voix. Elle s'est aussi assurée du soutien de quelques célébrités comme l'animateur de télévision Marcelo Tinelli, le top en termes d'audience, le joueur de tennis David Nalbandian et l'idole entre toutes, Diego Maradona. Elle tiendra son dernier meeting de campagne jeudi à La Matanza, ville populaire de la banlieue de la capitale et bastion historique du péronisme.
Elisa Carrió tente d'arracher un ballotage
Les sondages publiés ces derniers jours par les quotidiens Clarín, La Nación ou Página 12 donnent tous une victoire au premier tour : elle dépasserait les 40% et dix points d'avance sur le deuxième. Les autres candidats tentent d'arracher un ballotage, surtout Elisa Carrió, donnée deuxième avec 14 à 18% des suffrages. Si second tour il y a, il verra très probablement s'affronter deux femmes, à moins que Roberto Lavagna ne réussisse à réduire l'écart. L'ancien ministre de l'Economie de Kirchner, qui a créé pour l'occasion l'UNA (Une nation avancée), a reçu ces derniers jours le soutien de l'ancien président radical Raúl Alfonsín, qui a traité Elisa Carrió de » traître et hypocrite » … Objectif : attirer les suffrages des radicaux sur le nom de Lavagna. Il est vrai que les partisans de l'Union civique radicale, l'un des deux grands partis argentins avec le Parti justicialiste (péroniste), ont de quoi être perturbés : la direction de l'UCR soutient Lavagna, mais les radicaux dissidents suivent Carrió, qui a débuté sa carrière politique à l'UCR, tandis qu'une troisième tendance, les radicaux K, se sont rangés derrière le couple présidentiel.
Ce n'est guère plus clair du côté péroniste. Certains soutiennent le ménémiste Alberto Rodríguez Saá (donné quatrième), la majorité suit les Kirchner. Et on peut continuer avec les socialistes, en majorité derrière Carrió, mais aussi avec Kirchner… Ni l'UCR ni le Parti justicialiste n'ont organisé de primaires pour choisir un candidat du parti. Cristina Kirchner a simplement été désignée par son mari et a bénéficié, pour son Frente para la Victoria, des largesses de la présidence comme de son rôle de première dame pour s'imposer comme la future présidente de l'Argentine. » Pour la première fois en plus de cinquante ans, on ne trouvera pas dans les bureaux de vote de bulletins du Parti justicialiste et de l'Union civique radicale » , relevait dimanche le sociologue Eduardo Fidanza dans La Nación. Pourtant, analyse-t-il, si le péronisme est en total déclin en tant que parti, il est bien vivant dans les valeurs qu'il incarne, dans l'identification aux propositions se rapprochant le plus de l'essence du péronisme : la justice sociale. Et en la matière, c'est bien Kirchner qui ramasse la mise, comme le soulignaient de vieux militants lors d'un meeting à La Matanza la semaine dernière.
L'opposition à » l'officialisme » est restée divisée et n'a pas su se rassembler pour une plate-forme commune. Quant à Mauricio Macri, qui a émergé comme grande figure de l'opposition en remportant la mairie de Buenos Aires en juin, il s'est tout simplement abstenu de soutenir son » associé politique » , Ricardo López Murphy, qui n'a pas décollé dans les intentions de vote. Cristina Kirchner a donc eu beau jeu de défendre le bilan de son mari et de promettre le » changement dans la continuité » . Le bilan en positif : une croissance autour de 8% par an après la terrifiante crise de 2001, moins de chômage, moins de pauvreté, moins de dette. Et même si l'inflation devient préoccupante, de même que l'insécurité, Cristina Kirchner rassure, sans enthousiasmer.

























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De Gargamel
02H24 | 24/10/2007 |
> elle dépasserait les 40% et dix points d'avance sur le deuxième. […] Elisa Carrió, donnée deuxième avec 14 à 18% des suffrages.
Ça ne fait pas plus de 20 points d'avance, ça ?
à Gargamel
De Laurence Rizet
(auteur)
Journaliste | 23H36 | 24/10/2007 |
En effet, vous comptez bien, cela fait 22 points d'avance, donc largement au-delà des 10 points pour être élue. Précisons : la loi électorale argentine prévoit une élection au premier tour du candidat atteignant 45% des suffrages ou 40% et 10 points d'avance sur son plus proche adversaire. En d'autres termes, si Cristina Kirchner rassemble 40% des voix et Elisa Carrió 18%, elle passe au premier tour ; en revanche si Kirchner fait 39,5% et Carrió 18%, les deux femmes se retrouveront pour un second tour, fin novembre.
à Laurence Rizet
De Gargamel
23H07 | 28/10/2007 |
Compris.
Ça ne me semblait pas évident, mais il me faut admettre que j'avais tous les éléments dans le texte de base pour comprendre. ; )
De
04H57 | 24/10/2007 |
Vivant actuellement à Buenos Aires, je me permets quelques observations.
Sur l'inflation d'abord. Aux alentours de 15% par an, elle semble avoir été largement ralentie ces derniers mois par le gouvernement, afin d'éviter tout mécontentement populaire. Après l'élection, on risque par contre de voir des taux d'inflation très inquiétants. Généralement les salaires suivent ici, mais certains pensent que ceux-ci vont désormais augmenter moins vite que l'inflation, ce qui serait difficile à encaisser par la population. Et pour la tomate, je suis le boycott ! Les légumes sont presque plus chers que la viande…
Sur le couple Kirchner, vous oubliez de mentionner les nombreux scandales de ces derniers mois : l'argent trouvé dans les toilettes de la ministre des finances Micelli, l'affaire de la valise vénézuélienne, etc. Ceux-ci ont permi notamment à Lilita Carrio de se mettre sur le devant de la scène, en jouant sur sa probité.
Enfin sur le péronisme. Ici tous ou presque s'en réclament. Les pubs télé de Cristina Kirchner mêlaient extraits de meetings de campagne et images de grands discours de Peron et de sa femme Evita. Cristina joue sur le parallèle fait entre elle et celle qui reste adulée par l'ensemble des Argentins (quelques rares exceptions certainement), et qui est aussi aimée que Maradona (livres et pièces de théâtres lui sont consacrées).
« El cambio recién empieza », le changement commence à peine, son slogan de campagne, laisse toutefois entrevoir une certaine austérité dans sa politique économique, du moins dans un premier temps. Et cela peut paraître inquiétant.
Moins important, il semble que Ségolène Royal soit à Buenos Aires ce week-end…
Arthur Richer (Etudiant à Sciences Po)
De Julien Dodeler
08H33 | 24/10/2007 |
Nestor Kirchner, arrivé au pouvoir par le désistement de Menem certain d'être battu au second tour des élections présidentielles de 2003, au sortir d'une des pires crises économiques que l'Argentine a connues, a plutôt réussi son mandat.
Il a renégocié la dette Argentine, et ce, d'une manière volontariste et efficace (diminution de 70% du quantum, étalement du remboursement sur une quarantaine d'année) ; il s'est rendu populaire en soutenant le boycott de compagnies pétrolières trop avides et en s'opposant (avec un succès relatif) aux nostalgiques des années noires de la dictature des généraux. Le chômage et la pauvreté ont reculé, la croissance est revenue.
Il incarne en Amérique latine, une voix moyenne entre populisme étatiste (Moralès et Chavez), formule politique intéressante mais favorisant une personnalisation excessive du pouvoir, et néo-libéralisme classique (Calderon succédant à Fox au Mexique), dont les limites sont désormais connues, promouvant aux côtés de Lula (Brésil, largement réélu en 2006) ou Bachelet (Chili, en difficulté), l'édification d'un contre-modèle à l'ALENA qui a cours en Amérique du Nord.
Que son épouse lui succède n'est pas un gage de réussite future, mais, malgré les scandales récents qui entachent un peu la fin de mandat de NK, cela permettra de tenir éloigné du pouvoir le clan ménemiste, qui a, rappelons-le, organisé le pillage de l'Argentine à son profit dans les années 90.
A ce propos, voir les films documentaires de Solanas
http://www.republique-des-lettres.fr/10092-fernando-solanas.php
http://www.pinosolanas.com
De
09H41 | 24/10/2007 |
A en juger par son lifting, elle doit avoir le même chirurgien esthétique que Carlos Menem !
De
10H27 | 24/10/2007 |
C'est son mari qui fait la tronche à droite de la photo ? ? ?
Il a l'air enchanté en tout cas de la popularité de Mme Kirchner ! ! !
De
11H18 | 24/10/2007 |
Non, le futur ex-président Nestor (« Totor » pour les intimes) Kirchner ne figure pas sur la photo. Son portrait :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/country_profiles/1192478.stm
De
12H34 | 24/10/2007 |
c'est Marcello Loffreda, l'ex sélectionneur argentin de rugby et désormais coach de Leicester en Angleterre
De
12H55 | 24/10/2007 |
Les Kirchners ont gouverné la province de Santa Cruz comme une grande propriété foncière : corruption et clientelisme. Cela n'a pas changé depuis que Mr Kirchner est devenu président. L'Argentine a payé la dette exterieur. Comment a-t-elle fait ? La France n'y arrive pas ! ! Et bien, c'est Mr Chavez, président du Venezuela qui lui a donné les dollars pour la payer ! en échange de quoi ? de contrats pétroliers ! ! ! Les entreprises gerés par la famille Kirchner gagnent TOUS les appels d'offre en Patagonie où se trouvent les puits de pétrole : 12 appels d'offres sur 15 gagnés seulement en quelques mois. Cela a été dénoncé par l'opposition. Voilà l'Argentine de Kirchner. C'est de la corruption au même titre qu'à l'époque de Menem.
De
13H38 | 24/10/2007 |
Les K ne sont pas des anges et sont corrompu mais les comparer à Carlos Mennen est absolument excessif.
Les K ont plusieurs points très important en leur faveur, un effort non négligeable pour remettre l'éducation dans le pays sur des rails, la loi de régionalisation de l'éducation à l'époque de Mennen à littéralement détruit le système éducatif Argentins.
Ils ont stabilisé l'état argentin apr`s la crise de décembre 2001.
La restructuration de la PAMI, la sécurité sociale des retraités, qui aujourd'hui offre une assistance médicale décente, ce qui n'était pas le cas.
Il y a eu un effort de contrôle des retraites privés et le rétablissement d'une système de retraire par répartition.
Il y a eu un effort de contrôle des obras sociales (la sécurité sociale est multiple et privée, c'est un bordel sans nom) et le renforcement du PMO, la couverture santée que toute Obra sociale doit fournir à toute personne touchant le salaire minimum.
La récupération de certaines sociétés comme l'eau (ex suez), je ne comprendrai jamais comment un service aussi fondamental peut-être confié à des entreprises privées qui plus est étrangère et ce sans contrôle ou presque de l'état.
La mise à mort de la loi de puto final (point final) qui donnait l'immunité aux militaires et à ceux qui avait travailler avec eux et l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité a été écrite dans la loi.
Résultat certains bourreaux de la dernière dictature sont enfin jugés. N'oublions pas que la dictature de 1976 à 1983 est responsable de l'assassinat de plus de 30 000 personnes, ses crimes restaient impunies depuis 30 ans.
La justice semble elle aussi (d'après un ami avocat et une amie juge) prendre des distances avec le pouvoir.
bien sur tout est loin d'être rose, la criminalité est un important problème d'autant que la Police est incroyablement corrompue et impliquée dans cette criminalité. La pauvreté à un mal fou à reculer. Le gouvernement trafique sans vergogne les indices de INDEC (INSEE argentin). L'amitié entre les Kirchner et Chavez est inquiétante. Mais franchement en dehors de Cario qui de toute façon ne pourrai pas gouverner car non Péroniste (il suffit de regarder l'accueil des syndicats ont offert à Alfonsin pour le retour de la démocratie), tous les autres candidats sont soit d'ex suppôts de la dictature, soit d'ex suppôts de Mennen, soit des proches des Kirchner ou d'une gauche qui elle se présente en ordre plus que dispersé, l'extrême gauche française parait unis comparé à la gauche Argentine.
De
13H44 | 24/10/2007 |
la femme à Kirchner, le fils Bush, les frères Kaczynski, la femme à Clinton, la femme à Hollande, la fille à Butho…
ces pays ne sont pas capable de fournir d'autres candidats qu celui de la famille ? voila ce qui se passe quand la com remplace la politique. des Republiques bananières.
De
15H45 | 24/10/2007 |
à courageux de 14h44 :
ce de bananière…je serais plus prudent parce que N. sarkosy semble répeter la recette neolibéral de Menem…pas à pas
et en parlant de banaières..la suize avec son gouvernement anti moutons noirs…
Bref… je vois pas trop la différence …sauf que ces pays de l'Europe sont bien malins pour allez faire des affaires de gains blancs là bas..dans des pays dites bananiers.
ah il y a autre chose pour laquelle ces pays européens sont très bons aussi..c'est pour pratiquer l'apartheid chez eux sans aucune honte, pour cela si si ils sont bons, si si
Pablo