C'est une de ces provocations dont Alain Finkielkraut a le secret. Invité de l'émission Ripostes diffusée sur France 5 dimanche, le philosophe a une nouvelle fois dressé un état des lieux catastrophique de l'école, « un paysage dévasté, bardé de statistiques faramineuses ». Et si ça va si mal, c'est la faute à Internet.
Titillé par Serge Moati, l'animateur du débat, qui lui demande s'il est « réactionnaire », Alain Finkielkraut commence par demander le retour des « analyses grammaticales », avant de se lancer dans une diatribe contre l'utilisation d'Internet dans les classes. « La seule solution : débrancher l'école, la déconnecter. Internet ça ne sert à rien. » (Voir la vidéo.)
En matière de critique radicale du Web, Finkielkraut n'en est pas à son coup d'essai. En 2001, il sort un livre, « Internet, l'inquiétante extase », après avoir passé « un après-midi » à découvrir le réseau, comme il le reconnaît dans un (passionnant) échange avec la journaliste Mona Chollet, publiée par le magazine Transfert. Il expliquait à l'époque :
« On parle d'une révolution de l'information. On dit, vous passez de la rareté à l'abondance. C'est faux. On passe de la surabondance à la sur-surabondance. Internet n'est pas le remède au trop peu : nous sommes déjà dans le trop. »
Sur le plateau, Sandrine Mazetier, députée PS de Paris, s'est chargée de répondre à l'intellectuel :
« C'est un discours magique, Alain Finkielkraut a trouvé le mal, c'est l'ordinateur et c'est l'Internet. Ça part d'une analyse bien connue, celle de l'école sanctuaire, [où] les enfants arriveraient comme de la pâte à modeler, sans détermination de leur environnement, de leur famille. Ça ne marche pas. »
Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, également invité, reprendra-t-il l'idée de Finkielkraut de priver les écoles d'accès à Internet ? On en doute. Mais cette tonitruante sortie a le mérite de soulever de bonnes questions : comment utiliser au mieux les ressources d'Internet avec les élèves ? L'accès aux connaissances infinies de la Toile dessert-il l'apprentissage des « fondamentaux » ? ► Voir la vidéo de l'émission sur le site de France 5

























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De
13H40 | 23/10/2007 |
Interdire Internet à l'école ? Même si c'était le cas, les élèves continueraient à surfer sur la Toile chez eux, dans les web cafés, sur les Hotspots et bientôt via leurs mobiles. Impossible d'arrêter un fleuve en écartant les bras. Finkielkraut rêve la culture, l'éducation, comme un sanctuaire. Après les « barbares » des banlieues qui l'insupportent, et les footballeurs non-blancs qui l'horripilent, Finkielkraut s'avère, une fois de plus, incapable de comprendre le monde qui l'entoure. Un comble pour un philosophe…
De
13H42 | 23/10/2007 |
(Je m'excuse pour mon pauvre Français -- je l'appris seulement à l'école et j'ai pas occasion d'en parler et écrire.)
Finkielkraut est absolument correct. Il y a des travaux scientifiques prouvant que le résultat de l'utilisation des ordinateurs en éducation sont négatives, par exemple Armstrong et Casement (2001), Angrist et Lavy (2001), Fuchs et Woessmann (2004), Sprietma (2007). Voir aussi des résultats pratiques dans l'article du N.Y. Times
http://www.nytimes.com/2007/05/04/education/04laptop.html ? _r=1&pagewante…
où on trouve que quelques écoles Américaines finissent avec l'emploi d'un laptop par étudiant. Voir aussi mes articles dans mon web site.
Bien sûr on a besoin d'évolution dans l'écoles : elles devraient devenir plus humaines, et pas plus technologiques. Tous les adultes vont utiliser de la technologie, que devient plus et plus facile d'employer, et il n'y a pas besoin de la renseigner très trop – le temps propre est dans les derniers années de l'école, pour former une vision critique sûr elle. Si une telle vision est formé dans les enfants, ils ne se comportent plus comme des enfants, mais comme des adultes – c'est la destruction de l'enfance, ce que rappelle a Neil Postman, « The Disappearance of Childhood ». Tous les média électroniques ont cet effet : l'accélération impropre du développent des enfants et adolescents. C'est une absurdité que des appareilles sont plus intéressants aux étudiants que ses maîtres : ça démontre la faillite de l'éducation et sa déshumanisation.
--
Valdemar W. Setzer - Dept. of Computer Science, University of São Paulo
vwsetzer@ime.usp.br - http://www.ime.usp.br/~vwsetzer
De elbobo
14H12 | 23/10/2007 |
Le propos de finky est ridicule, pas argumenté et loin de la réalité.
Les commentaires sont passionnants, étayés, argumentés, et permettent de distinguer les différents aspects du problème.
C'est ça qui énerve finky.
à elbobo
De vintage
14H50 | 23/10/2007 |
J'adore votre 3° degré .
De
16H48 | 23/10/2007 |
Je me demande ce qu'on va faire quand Finky sera mort : qui viendra sempiternellement nous rappeler qu'on a tout faux que tout est ridicule que rien ne va plus que c'était mieux avant que nos enfants sont des crétins avec leur téléphone portable que les enfants des autres sont des bandits ethniques qui menacent la démocratie et la culture françaises avec leur rapp que nous sommes laxistes et qu'il est dangereux d'élever nos gosses dans cette idéologie antiraciste fascisante
Qui ?
Y avait pas Internet à l'école pourtant le monde a été mis terriblement à mal au XXième siècle ; Bush n'avait pas Internet à l'école et voyez. Ah oui je sais ce n'est pas comme ça qu'on raisonne.
Je préfère quand c'est Morin qui parle, il me fait me sentir bien, il a quelque chose qui est étranger à Finky : un truc dans l'oeil qui s'appelle… la bonté ? La tolérance ? Une certaine sérénité acquise ?
Michel Serres a un truc à lui aussi que j'aime bien : le regard qui pétille, un sourire… L'absence de haine ça se remarque à partir d'un certain âge.
Pour revenir au sujet : ben quoi ? Internet à l'école, mes gosses savent lire et écrire, jouer et composer de la musique,exprimer (parfois) des opinions intéressantes, ils n'ont pas l'air beaucoup plus idiots que moi : allons, tout n'est pas perdu même si hier était mieux et que demain sera pire. Cool, Alain, cool : lol
De
17H00 | 23/10/2007 |
Bravo à Alain Finkielkraut, surtout quand ça fait sursauter les nouveaux conservateurs !
http://fragilite.wordpress.com
De Citizen lambda
enseignant | 19H00 | 23/10/2007 |
image détournée sur : http://citizenlambda.canalblog.com/
Etonnant de la part d'un penseur de confondre l'outil et l'usage qu'on en fait.
Surprenant aussi, que Finkelkraut ne conçoive pas, qu'au contraire, Internet doit être utilisé et même enseigné dans les classes pour permettre aux élèves de se repérer dans cette sur-abondance médiatique et leur proposer autre chose que MSN ou YouTube. Mais, peut-être victime lui aussi de l'effet « Choristes », le philosophe a des idées très arrêtées sur l'Ecole. Finkielkraut fait surtout peu confiance aux enseignants pour former les élèves au monde d'aujourd'hui.
Peut-être estime-t-il qu'apparaître comme le dernier des mohicans en s'enorgueillissant d'utiliser ni ordinateur, ni portable est un signe d'appartenance à une élite éclairée ? Celle qui considère qu'hors les livres il n'y a point de culture et qu'envahi par les écrans le Monde court à sa perte. Crier au Grand Satan est certes défendable dans une logique éditoriale, d'autres penseurs comme P. Rabanne en ont fait leur fond de commerce. D'un point de vue philosophique ou sociologique, ce raisonnement est réducteur, voire carrément simpliste.
En tous cas, une chose est sûre, les intellos ne sont plus ce qu'ils étaient. On pensait beaucoup mieux avant les pixels et les mégabits.
à Citizen lambda
De vintage
19H48 | 23/10/2007 |
Vous n'avez au mieux pas vu l'émission au pire pas bien entendu.Méfiez- vous des articles tendancieux.
De
20H21 | 23/10/2007 |
Du paysage médiatique ! ! !
Cet homme occupe de façon disporportionnée l'espace du débat public pour sortir des aneries. c'est peut-être tout ce qui lui reste pour attirer l'attention sur lui…
De
22H21 | 23/10/2007 |
Interdire Internet à l'école ? Même si c'était le cas, les élèves continueraient à surfer sur la Toile chez eux, dans les web cafés, sur les Hotspots et bientôt via leurs mobiles. Impossible d'arrêter un fleuve en écartant les bras. Finkielkraut rêve la culture, l'éducation, comme un sanctuaire. Après les « barbares » des banlieues qui l'insupportent, et les footballeurs non-blancs qui l'horripilent, Finkielkraut s'avère, une fois de plus, incapable de comprendre le monde qui l'entoure. Un comble pour un philosophe…
De
23H20 | 23/10/2007 |
j'ai déjà lu ce commentaire ici :
Par Courageux anonyme 20H12 22/10/2007
Allons bon, un automate intelligent capable de répondre à un calcul ou un anti-finkie paresseux ?
De
23H29 | 23/10/2007 |
et moi, je l'ai lu à 14H37 le 23/10/2007 et en doublon 3 minutes après à 14h40
De
23H10 | 23/10/2007 |
Je viens d'écouter cet extrait et je ne suis pas du tout choqué. J'ai 2 enfants en bas âge et à part imprimer des coloriages ou faire mumuse avec Adibou, je ne vois vraiment ce qu'internet a à leur apporter en terme d'enseignements fondamentaux pour le moment (lecture, écriture, compréhension du monde) .
Plus tard et pour des ados qui savent à peine aligner 3 mots en mauvais français, Internet ne peut en effet qu'aggraver les choses en les dispersant dans toutes les directions.
Un usage à but pédagogique d'internet suppose une capacité de discernement et d'analyse qui ne s'acquiert que par le calme, la réfléxion, voire la lecture (oh ! )… Mettez un chimpanzé dans une bibliothèque, à part grimper sur les rayons et bouffer les livres, il y a peu de chance qu'il se mette à lire du Aristote (au hasard…)
En clair, avant d'aller sur internet, ce serait bien de se cultiver et de lire un peu.
Pfouuu, quel réac celui-là ! ! : -))
De
08H02 | 24/10/2007 |
ce qui me derange énormément chez les Français ,c'est qu'il peuvent pas faire un seul débat sans couper la parole aux autres .cet irrespect rend inintéressant toute confrontation d'idée .
De
10H12 | 24/10/2007 |
la compréhension et la maîtrise du langage sont essentiels pour la République. Le language, et bien entendu la culture qui va avec (toute la culture, de Laurie à Perec) sont un ciment sur lequel construire.
Bien plus que les maths, la physique, et les langues étrangères.
Finkelkraut se bat depuis des années contre l'abandon de ce ciment commun au pretexte qu'il s'opposerait à la reconnaissance des autres cultures.
L'informatique est un outil formidable au service de ce ciment, elle n'est en aucun cas un substitut à l'apprentissage.
Finkelkraut a raison de dire qe l'informatique profite à ceux qui ont déjà acquis les bases, et pénalise les autres.
De
11H12 | 24/10/2007 |
Je travaille dans une école primaire. Et avec l'un des professeurs de CM1, nous avons mis en place cet espace d'apprentissage :
http://serveurmonz.teria.org/ElevesLeo/indexElevesLeonard.php
(en vous connectant en « guest », vous pouvez l'essayer, il concourt en ce moment pour les elearning awards).
Sans internet, cela n'aurait pas été possible. Mais comme vous le noterez, nous nous sommes attachés à des exercices de base : conjugaisons, tables de multiplications, etc.
De toute façon, les élèves d'aujourd'hui vivront dans un monde où il y a internet. Et pour certains, l'école est encore le seul endroit où ils y ont accès.
De
11H59 | 24/10/2007 |
M. Finkelkraut pourrait commencer par reflechir à l'impact de la télé sur les élèves, qui en font une grande consommation dès le plus jeune âge, le matin avant d'aller à l'école (idéal pour la concentration), le soir au lieu d'aller se coucher (idéal pur une bonne nuit de sommeil), le week end au lieu de faire des activités physique ou intellectuelles avec leurs parents, ou tout simplement passer un moment de communication et d'affection avec eux.
Télé où l'écrit n'est absolument pas présent, à la différence du net.
Mais Finkelkraut, il y passe souvent, à la télé, lui, pour vendre ses bouquins…
De
12H27 | 24/10/2007 |
Il ne faut pas tirer à boulet rouge sur ce monsieur ! Il est certes un peu extrême dans ses propos mais je pense qu'il y a malheureusement un fond de vérité ! Il suffit de voir à quel point le niveau d'orthographe a chuté depuis l'apparition du langage sms et des chats sur le web, la consultation de pages qui n'ont aucun sens dans l'éducation d'un enfant ou d'un jeune (voir même nuisible parfois à son épanouissement)
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il faut « débrancher » les écoles mais qu'internet soit utilisé plus intelligemment et sous contrôle des enseignants, ça me parait être indispensable.
De
13H38 | 24/10/2007 |
Il ne faut pas exagerer non plus !
Internet est loin d'être si présent que ça dans les écoles.
J'ai effectué ma scolarité dans 3 lycées différents, dans des régions completement différentes (même lycée français à l'étranger), et je n'ai absolument jamais travaillé sur internet en étant au lycée.
Très peu d'écoles, très peu de professeurs se servent d'internet aujourd'hui en France. Si l'on compare avec les Lycées allemands, anglais ou américains, la france est très très loin derriere.
Alors, je pense que M.Finkielkraut, se trompe complétement lorsqu'il dit que la situation catastrophique de l'école est du à Internet.
De
14H01 | 24/10/2007 |
excusez-moi, mais si vous répondez au texte, c'est que vous ne l'avez pas lu. Peut être vous contentez-vous de répondre à quelques commentaires ?
Finkielkraut n'a pas dit « que la situation catastrophique de l'école est du à Internet. »
De
15H38 | 24/10/2007 |
Bonjour ,
J'aime bien Finkielkraut le philosophe, mais je n'aprécie pas le politique que sévit sur France Culture et à chaque apparition à la télévision.
Il parait subjugé par la politique pratiquée depuis quelques mois .Domage
Ferrari Philippe.
De
16H43 | 24/10/2007 |
Oui, Internet sert à des gens déjà formés donc un des rôles de l'école aujourd'hui devrait être de former beaucoup plus les élèves à un usage critique de l'Internet (par le biais de blogs, de participation à des encyclopédies en lignes, etc.).
Beaucoup de profs comme moi utilisent Internet avec leurs élèves, mais malheureusement pas en classe.
Combien de classes sont connectées à Internet ? Bien peu.
Combien de profs sont formés et se forment pour utiliser Internet dans leurs cours ? Encore moins, mais ils y sont dynamiques.
Combien de formations aux usages d'Internet dans les IUFM ? Trop peu, hélas.
C'est la formation des profs et les capacités techniques des établissements qui posent problèmes, et aucunement l'usage d'Internet, qui est un outil parmi d'autres.
Aidons l'école à utiliser Internet avec les élèves, parce que les élèves s'en servent déjà abondamment, et que si nous n'aidons pas les élèves à utiliser intelligemment le net, seuls ceux qui ont ordinateurs et matériels chez eux sauront s'en servir. Enseigner à se servir d'internet est un des rôles de l'école pour préserver l'égalité des chances.
Hugo Billard - prof d'histoire-géo
Blog Le Jardin des Retours
http://www.lewebpedagogique.com/histoire
De Cavin
20H55 | 25/10/2007 |
Depuis combien de temps il n'est pas rentré dans une école le pseudo-philosophe ?