L'université de Lyon, qui compte plus de 100000 étudiants, a décidé de passer à une mesure de grande ampleur en matière de lutte contre le plagiat : pour empêcher les copier-coller à outrance à partir du Net dans les copies des étudiants, les enseignants de Lyon 2 disposent désormais d'un logiciel antiplagiat, Compilatio.
Alexandre Bonucci, professeur de linguistique et vice-président de Lyon 2 chargé des nouvelles technologies, défend depuis longtemps l'usage d'un tel logiciel :
« Depuis quelques années, le niveau d'écriture et même d'orthographe de mes élèves avait étrangement augmenté dans les copies qu'ils me rendaient pour le contrôle continu. Or, bizarrement, le moins que l'on puisse dire, c'est que ces progrès ne se faisaient pas vraiment sentir dans les devoirs sur table lorsque les étudiants planchaient à la fac. »
Les facs ont-elles pourtant intérêt à lutter contre l'usage d'Internet ? Pas forcément : depuis la généralisation du web (auquel 80% des étudiants ont accès lorsqu'ils arrivent en première année de fac, selon Lyon2), on constate aussi que les étudiants ont accès à davantage de documents. De plus, la plupart des examens de validation ont encore lieu sur table.
« Ce que je demande surtout à mes élèves, ce n'est pas d'utiliser moins internet, ni même de ne pas faire de copier-coller, poursuit Alexandre Bonucci, mais d'avoir l'honnêteté intellectuelle de citer leurs références. Le but, c'est de les initier à la déontologie universitaire, d'initier avec eux une réflexion sur l'originalité du propos. Ce n'est pas du flicage mais une réflexon éducative ».
Autre souci : la fiabilité des données qui circulent sur le Net. Un site comme Wikipedia, très prisé des étudiants, constitue à la fois une mine de documents susceptibles d'être répliqués à moindres frais dans un devoir… mais aussi un piège car les infos qui y sont mis en ligne demeurent faillibles. L'université lyonnaise fait d'ailleurs valoir qu'en début d'année, tous ses étudiants ont été formés à l'usage des sources en ligne.
Fiabilité des sources
Mais de plus en plus de professeurs se plaignaient de ne pas disposer d'assez d'outils pour contrer la montée en puissance des copier-collér du Net. Comme d'autres facs, Lyon 2 a donc décidé de doter les universitaires du logiciel Compilatio. « Sur près de 800 enseignants, 260 en sont dotés depuis cette rentrée », précise le vice-président. Concrètement, l'enseignant peut charger cet outil, qui fonctionne comme un scanner et compare, phrase par phrase, les éléments se trouvant, à l'identique, entre internet et la copie. Le logiciel détermine dans un deuxième temps un pourcentage de plagiat, compris entre 10 et 90%, pour chaque document.
Evidemment, le système est faillible : un étudiant qui remplacerait méthodiquement un verbe ou un adjectif de chaque phrase par un synonyme déjouerait le dispositif. Le logiciel ne sera donc qu'une étape dans une réflexion plus vaste des enseignants sur « la révolution internet ».
Téléchargeable sur internet, Compilatio représente enfin un coût non négligeable : pour 50 analyses de document, il en coûte à un particulier 43 euros, à quoi il faut ajouter 149 euros pour l'achat du logiciel.




















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De Francois Toulouse
16H24 | 14/10/2007 |
Si je comprends bien, l'Université va verser de l'argent à chaque comparaison ? Je trouve cela effarant, pour un simple procédé de scannage et de requête envoyée automatiquement sur Google avec affichage du taux de ressemblance, techniquement cela ne va pas chercher très loin, et ça aurait très bien pu être réalisé par un service public.
Il est vrai que le site a une bonne présentation marketing, mais j'espère que l'argent public, à l'heure où les Universités s'appauvrissent pourra être investi autrement, par exemple en faisant réaliser ce type d'outil par un labo d'informatique, et en le plaçant ensuite en licence libre plutôt qu'en versant continuellement de l'argent à cette société.
à Francois Toulouse
De
17H54 | 14/10/2007 |
Je ne vois pas en quoi il est douteux de payer pour l'utilisation d'un service.
Il faut cependant souligner qu'il existe des applications gratuites qui réalisent le même type d'analyse.
Enfin 100.000 etudiants à Lyon 2, cela me paraît un peu gonflé !
De MaxD
médecin, humoriste maxd.blog.lemond... | 18H47 | 14/10/2007 |
Gonflé le nombre d'étudiants lyonnais ? Il n'y a pas 100.000 étudiants à Lyon en efte mais… 130.000. Eh oui !
à MaxD
De
19H30 | 14/10/2007 |
130.000 étudiants rien qu'à Lyon ? Ca va en faire des candidats à bac + 5 pour la voirie et la police municipale !
De
07H25 | 15/10/2007 |
Quel mépris pour nos jeunes ! ! ! !
De
08H58 | 15/10/2007 |
Vos jeunes ? 15 plombes aux Bat » d'Af, ça les formera !
De
09H15 | 15/10/2007 |
Et pour les gonzesses, 15 ans au B.M.C. !
De
10H08 | 15/10/2007 |
T'as rien compris : la gauche va revenir au pouvoir et va créer des emplois. Ils deviendront tous directeurs de recherche au CNRS ou bien chargés de mission au Conseil régional !
De
16H12 | 15/10/2007 |
Bah en fait maintenant ils ont plutot tendance à grossir les effectifs de la recherche américaine anglaise et scandinave.
Je parle avec expérience. Tous les bacs plus 5 ne sont pas des fainéants destinés au fonctinnariat. Certains poussent leurs ambitions non reconnues dans d'autres contrées. Avec une telle vision, la France grossira bientôt les effectifs des pays les moins avancés ! ! ! !
De
16H28 | 15/10/2007 |
Toi tu n'as pas l'air très avancé en tout cas !
Si tu veux du respect commence par respecter les autres au lieu de considérer que se diriger vers le fonctionnariat c'est être faignant !
De
21H59 | 15/10/2007 |
Je partage votre avis car je suis dans ce cas (Canada) et que je connais moult français de niveau bac +5 qui ont choisi de s'exiler pour trouver l'eldorado.
Je ne vous cache pas qu'il y a beaucoup de déçus dans l'affaire toutefois beaucoup trouvent des postes de chercheurs au sein d'universités voire même dans la fonction publique où on valorise leurs diplômes mais également et surtout leur expérience et leur esprit d'analyse.
Ceci revient à l'intention véritable de l'université de Lyon : encourager les élèves à former leur propre pensée, quelle qu'elle soit. Les pontes de la faculté veulent des têtes pensantes et non des émules de Wikipedia incapables de penser par eux-mêmes sur des questions parfois fort simples. Ces mêmes élèves font dans la facilité et oublient que les disparités énormes entre un texte plagié de haute tenue et le devoir typique rendu à un prof sont accusatrices…
Un de mes instits appelait ça « la science infuse »…
Faites travailler votre tête… et si ce devoir est jugé mauvais… il reflète peut-être votre niveau à un moment x mais cela n'est pas éliminatoire et devrait vous encourager à travailler plus fort et aussi à vous poser d'autres questions, à pousser votre réflexion dans d'autres directions.
Et ça c'est du bon sens !
De Pierrotlalune
20H28 | 14/10/2007 |
Pour apporter une petite précision, il y a 130.000 étudiants sur l'agglomération lyonnaise (si ces chiffres ne sont pas gonflés artificiellement par la municipalité), ce qui comprend l'ensemble des écoles (ENS, ENSA, Centrale…), des IUT, des IUFM, des 3 universités…
130.000 étudiants à Lyon certes, mais pas 100.000 à Lyon 2.
PS : étudiant à Lyon 2, j'ai intérêt à faire gaffe !
à Pierrotlalune
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 23H04 | 14/10/2007 |
Il suffit d'un article comme celui-ci pour trouver la parade.
La frange ( ? ) d'étudiants indélicats aura vite fait de récrire les passages non personnels à coup de synonymes et en … [je ne vous en dirais pas plus]. COMPILATIO = LIGNE MAGINOT
Je n'aimerais pas être celui ou ceux qui ont pris cette décision « peu réfléchie ». Le comble pour un universitaire ! Ou disons belle application du Principe de Peters. Je préfère penser qu'il s'agit de la décision d'un pauvre solitaire compétent dans sa discipline et particulièrement livré à ses impulsions, humeurs en dehors d'elle.
à Claude PELLETIER
De Redab
05H05 | 15/10/2007 |
Pour sortir de l'esprit 1940
Les informaticiens brutaux, transformant notre espace humain en champs pour robots ont encore sévi. Ils ont encore de nombreuses années devant eux pour prospérer et bétonner complètement notre intelligence humaine à moins de résister.
Pour obtenir des budgets MAGINOT, c'est simple :
prendre une situation « précise », pragmatique » que le bon sens trouve condamnable et le plus souvent engendrée par l'informatique elle-même ;
la transformer en un Problème bien localisé pour toute l'institution ;
L'institution est alors prête à payer surtout si on lui a montré qu'elle serait la Première… !
Bien sûr, dès le départ, on connaissait la Solution informatique sous la forme d'un produit.
Ensuite toute la collectivité humaine devra s'y adapter et les récalcitrants seront définitivement considérés comme des déviants.
Proposition : une réflexion profonde de comment enseigner dans les Universités sachant qu'il y a Internet et que les étudiants sont de ce monde (avec « la télévision, les dvd, les play-station, les téléphones portables, les forums, les blogs, le p2p, etc… » (Courageux anonyme 19H41 14/10/2007) et non d'un autre. Ensuite on verra.
Malheureusement il ne s'agit pas seulement de « la seule l'intelligence des professeurs, une bonne information et prévention sur l'outil informatique » (Courageux anonyme 19H35 14/10/2007).
Pratiquement, l'enseignement avec son évaluation des connaissances doit être repensé en fonction d'Internet et en particulier de cette situation des copier-coller abusifs des étudiants tricheurs. Il existe alors des moyens simples à inventer pour empêcher ces situations abusives et qui sont spécifiques aux différentes disciplines universitaires et aux différents modes d'évaluation.
Bien sûr il faut travailler, imaginer et non pas simplement consommer de l'Internet. Mais actuellement les plus paresseux fassent aux enjeux d'Internet ne sont pas forcément les étudiants tricheurs mais la bande de bétonneurs complices, ceux qui informatisent sans scrupule et retenue, et ceux qui se pavanent dans leur irresponsabilité complice.
Pourtant il y a un énorme enjeu : les enseignants deviendront plus en phase avec le monde de leurs étudiants et leurs enseignements seront encore plus consistants. Il y aura des dépenses informatiques abusives évitées. Ce sera un bon moyen de défendre le service public !
à Redab
De
12H17 | 15/10/2007 |
Condamner l'informatique pour l'apparition de ce problème n'a pas de sens, pas plus que rendre responsable la chimie de l'invention des gaz de combat.
à Redab
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 12H48 | 15/10/2007 |
Pardon de vous avoir embrouillé, mais je ne parlais pas d'informatique.
Je ciblais un phénomène humain qui sévit dans les lieux où la lumière de la connaissance luit mais où l'on manque parfois singulièrement de méthode pour ne pas évoquer ce « Doyen immortalisé par Michel Colucci » quand on a enjambé les frontières de ses compétences et qu'on ne le sait même pas !
Il y a toujours eu des tricheurs et le copier coller existait bien avant Internet et même avant l'informatique. Le plagiat, les nègres littéraires, les secrétaires spécialisées en thèses et blagues diverses. Avec une nuance, cela devient plus démocratique, cela coûte moins cher …… Dieux !
De
20H52 | 14/10/2007 |
C'est pas 100 000 étudiants à Lyon 2, c'est 100 000 étudiants à Lyon
à Francois Toulouse
De Intellectuel de Gauche
18H05 | 14/10/2007 |
Encore une mesure répressive de Vichy visant à réduire nos libertés ! Résistons !
à Intellectuel de Gauche
De
18H41 | 14/10/2007 |
Vous donnez une image totalement déplorable des intellectuels de gauche… il n'y a rien de Vichy dans cette histoire… il s'agit juste d'apprendre aux étudiants à être moins CONS… malheureusement, c'est toujours par la répression que cela doit se faire… car il faut bien le dire si la société était moins CONNE il n'y aurait pas besoin de mesures de répression.
à Francois Toulouse
De
21H41 | 14/10/2007 |
Cher pour pas grand chose puisqu'il ne faut pas douter que la plupart des petits malins se donnera la peine de changer un mot par phrase… Il suffit de copier coller le texte , ou le patchword de textes, dans un doc word, puis d'aller dans outils + synonymes. Quand je pense qu'il suffit de réserver les courtes interrogations pratiques aux TD (genre 10 minutes pour les connaissances de la séance genre questionnaire pratique à l'américaine) et la vérification des capacités à réfléchir et composer aux épreuves sur place. Evidemment multiplier les épreuves sur place implique de payer des surveillants, des profs pour les corriger, y compris recruter du personnel non encore enseignant (genre doctorants) spécialement pour corriger les copies… mais n'est-ce pas plus efficace que de payer des logiciels demain dépassés pour un flicage aléatoire ? … Franchement, on se demande qui peut avoir intérêt à mettre en place une mesure aussi stupide. Un truqueur mettra toujours un point d'honneur à déjouer les pièges qu'on lui tend. Ristournes consenties ou pas, quelle entreprise, quel intéressements officiels ou occultes sont ici en jeu ? Qui recevra l'enveloppe pour un si gros marché d'argent public et un si petit résultat.
à Francois Toulouse
De
23H14 | 14/10/2007 |
Il y a par exemple la version gratuite (et e ligne) de copyscape qui permet déjà pas mal de faire le tri !
www.lyonenfrance.blogspot.com
à Francois Toulouse
De Servais-Jean
4591
Hi-Han | 01H13 | 15/10/2007 |
Et si cet article avait été écrit dans le seul but de faire savoir aux étudiants lyonnais que leur travail est vérifié, alors qu'en fait on ne vérifie rien du tout parceque c'est trop cher, trop long et pas marrant à faire ? Du bluf quoi !
à Francois Toulouse
De
06H49 | 15/10/2007 |
100.000 c'est le nombre d'étudiant à lyon, 28.000 c'est celui de lyon 2. Il y a donc une erreur, ceci étant, tous les étudiants de l'université de lyon (100.000) sont potentiellement concernés car cet outil est disponible dans toutes les universités lyonnaise. Ensuite pour corriger l'article, on ne verse pas de l'argent à chaque scan de document, c'est un prix forfaitaire compris pour une année et permettant aux enseignants d'utiliser l'outil qui est intégré à leur Bureau virtuel (pas celui de la région rhône-alpes, il ne marche pas mais celui de lyon 2 ; -) ). Enfin, je ne sais pas si vous vous êtes amusé un jour à faire du copier/coller phrase par phrase dans google pour voir si elle existe sur le web mais quand il y a 200 copies de 3 ou 4 pages à faire ca ressemble vite à un travail des plus aliénant ! ce service numérique est appréciable pour l'automatisation de la tâche et la fiabilité des sources parcourues qui vont des fois plus loin que celle de l'internet public (base documentaire protégée, …). Pour terminer sur la gratuité des services, il y a pire que de payer pour un service rendu accessible à toute une communauté, il y a croire en la gratuité d'une service qui se paye dans les ressources humaines que l'on consomme à leur faire fonctionner (dans le meilleur des cas car dans la plupart le service est gratuit mais n'existe jamais ou n'est pas utilisé).
à Francois Toulouse
De
18H31 | 15/10/2007 |
merci
De
16H25 | 14/10/2007 |
Une génération d'ânes bâtés prétentieux et d'analphabètes arrogants dont nous avons sur ce blog une éprouvette représentative…
Bravo l'Education nationale !
De Dominique MAMERE
Professeur d'Histoire-Géographie) (... | 18H09 | 14/10/2007 |
On sans fous de l'ortographe !
à Dominique MAMERE
De
18H37 | 14/10/2007 |
Envoie vite ton chauffeur avec la limousine rue 89. Il faut ramener d'urgence ton frangin à l'asile !
De Dominique MAMERE
Professeur d'Histoire-Géographie) (... | 19H44 | 14/10/2007 |
Noël ne comprend que quand on bègle.
Mais où est donc passé le vélo du père Noël ?
Karl Zéro piege Noël Mamère
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à Dominique MAMERE
De
19H47 | 14/10/2007 |
Quoi ? La limousine n'est pas encore arrivée et le frangin est toujours en liberté !
De
18H41 | 14/10/2007 |
« Bravo l'Education nationale ! ».
Question, monsieur : qui avez-appris à lire et à écrire ? Votre maman, peut-être ? Non, l'école. Alors n'accusez pas notre Éducation Nationale de fabriquer une « génération d'analphabètes », elle fait correctement son boulot, merci. Qu'elle soit perfectible, je n'en doute pas, mais comparé à bien d'autres pays et surtout d'autres époques, l'école se porte bien.
Si on veut trouver un coupable, regardons ce qui se passe hors de l'école. La génération de mes grands-parents avaient en dehors de l'école, pour seule distraction les journées en plein air et la lecture. Celle de mes parents la même chose, plus les balbutiements de la télévision. La mienne avait la télé, à laquelle il faut ajouter le magnétoscope, la console de jeux, la radio, les cassettes et parfois même les cds. Celle d'aujourd'hui à la télévision, les dvd, les play-station, les téléphones portables, les forums, les blogs, le p2p, etc… Comment voulez-vous qu'ils accordent du temps à leurs études, à la lecture, les chers enfants ?
Du reste, n'est-ce pas ce que beaucoup veulent aujourd'hui ? Les enfants ont besoin de cartes de crédits, de téléphones portables, de vêtements de marques… Il faut les faire entrer le plus tôt possible dans le moule de la société de consommation dont rêvent tant les gouvernement de droite. A une époque où tout doit être en accord avec le rentabilisme, à quoi bon faire perdre du temps à enseigner des matières comme le français, l'histoire, le dessin, etc… ? Est-ce qu'un élève qui se destine à travailler dans l'optique (car aujourd'hui, un élève de 12 ans doit savoir ce qu'il va faire plus tard) a-t-il besoin de cours de sciences-naturelles ?
L'école de demain aura pour mission non plus de former l'esprit, mais de fabriquer au choix de bons petits consommateurs ou des travailleurs spécialisés.