Au Zimbabwe, l'espoir passe par la frontière

Depuis cet été, le bal des frontaliers partis chercher de quoi nourrir leur famille en Afrique du Sud s'est intensifié.

Des vendeurs de fruits à Beit Bridge (F. Becker et T. Saintourens).

(De Johannesburg) Le naufrage économique du Zimbabwe a poussé près de 3 millions d'habitants à l'exil. Et depuis le mois de juillet, les pénuries alimentaires poussent les habitants à multiplier les allers-retours en Afrique du Sud pour faire vivre leur famille. Au grand profit des frontaliers.

"Que Jésus soit avec toi sur la route, ma soeur, et que les bandits n’attaquent pas ta voiture. Amen. Il est minuit à Sandton, banlieue cossue de Johannesburg. "Celebration Church", une église pentecôtiste que les riches immigrés zimbabwéens fréquentent jour et nuit.

Les fidèles bénissent Salomé, angoissée à l'idée de passer la nuit sur une route réputée dangereuse. Elle rend visite à sa mère, restée au pays. A l'arrière de son pick-up, 300 euros de vivres pour aider sa famille. Les coffres débordants de marchandises attirent l’attention, et les voyageurs sont souvent victimes de "hi-jacks", détournements violents très fréquents en Afrique du Sud. Pour conjurer le sort, les Zimbabwéens fréquentent en nombre ces églises évangélistes.

Dans la petite salle aux murs blancs cassés s’entassent plus d’une vingtaine de fidèles. On devine au fond de la chapelle des pyramides de cartons de supermarché. Le sol est jonché d’emballages et de sacs plastiques. Prêts à être expédiés au Zimbabwe, des dizaines d’ampoules, des rouleaux de papier toilette, du lait en poudre et des céréales.

La production du "grenier à grains" de la région s'est effondrée

Depuis sept ans, le Zimbabwe s’enfonce dans une crise économique sans précédent. A l'origine de cet effondrement, l'expropriation de milliers de fermiers blancs pour redistribuer les terres. L’effondrement de la production agricole de l’ancien "grenier à grains" de la région a entraîné toute l'économie du pays dans son naufrage. Le pays, autrefois l'un des plus prospères de la région, connaît un taux de chômage de 80%. Le président Mugabe rejette la faute sur les sanctions internationales imposées à son régime.

Ces derniers mois, l’inflation a dépassé les 7 000% en rythme annuel dans l'ancienne colonie britannique. L’Etat n’a même plus les moyens d’imprimer de nouveaux billets de banque. Robert Mugabe a imposé aux commerçants de diviser leurs prix par deux. Nombre d'entre eux, incapables de faire face à leurs frais dans ces conditions, ont préféré mettre la clef sous la porte tandis que les usines fermaient.

La répression de l'opposition au président Mugabe s'est intensifiée, alimentant l’exode. L'Institut sud-africain pour la démocratie en Afrique estime que 60% des Zimbabwéens réfugiés en Afrique du Sud le sont pour des raisons politiques. Les élections de 2008 semblent gagnées d'avance pour Mugabe, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle.

"Le mois dernier, je leur ai apporté 50 euros de vivres"

Au milieu des buildings décrépis du centre-ville de Johannesburg, la plupart des Zimbabwéens se retrouvent à la gare routière pour partir en taxi collectif. Ici, personne n'ose parler de politique, un sujet tabou. Plusieurs disent craindre les représailles et la délation.

Dans le vacarme des minibus en partance pour les grandes villes d'Afrique australe, une dizaine de vendeuses zimbabwéennes partagent un pil-pil, bouillie traditionnelle de leur pays.

Anna, une Zimbabwéenne réfugiée en Afrique du Sud (Angie O). Anna a 41 ans. Mère de famille souriante, elle a quitté les siens et vend maintenant des pièces d'artisanat à la gare routière. Elle vit avec vingt autres personnes dans un appartement des quartiers mal famés du centre-ville qu'elle loue moins de cinq euros par semaine. Neuf personnes de sa famille restées au Zimbabwe dépendent entièrement de ses revenus. "Le mois dernier, je leur ai apporté 50 euros de vivres, j'ai même acheté de la viande", explique-t-elle.

Avant la crise, Anna était secrétaire au Zimbabwe, ce qui lui permettait de faire vivre son foyer. Elle a quitté son emploi car elle ne pouvait plus s'offrir de quoi manger. Comme beaucoup de ses compatriotes, Anna n'a pu obtenir qu'un visa de touriste. Elle doit chaque mois repasser la frontière pour renouveler son permis.

A la frontière, les affaires sont florissantes

Musina est la dernière ville sud-africaine avant la frontière. Depuis quelques mois, l'activité est dopée par l'afflux de ces nouveaux "réfugies économiques". Les fast-food restent ouverts toute la nuit car le flot des voyageurs ne s'arrête jamais. Le long de la route, les petits supermarchés se sont multipliés.

"Tous les clients qui viennent ici sont zimbabwéens", affirme Lucky, venu de Durban pour travailler dans l’une de ces boutiques. Les denrées se vendent par cartons entiers, comme chez un marchand de gros. Les bidons de dix litres d’huile de cuisine et les pains de savon d’un kilo sont les produits les plus vendus.

Les stations-service aussi font de bonnes affaires. "Ils ne savent jamais s'ils trouveront du carburant au Zimbabwe", explique une femme qui vend des jerricans sur le bas-côté.

De l'autre côté du pont métallique qui enjambe le fleuve Limpopo, une route fatiguée mène à la douane zimbabwéenne. Ici, c'est le calme plat. Sous le portrait du président Mugabe, l’affichage électronique du bureau de change n’a pas résisté à l’effondrement de la monnaie. C’est à la main que le taux de change est désormais indiqué. Des journées entières passent sans clients. Pour un euro, on offre ici 3 500 dollars zimbabwéens. Dehors, des changeurs à la sauvette en proposent 200 000...

"Tu n’as pas de papiers, tu veux traverser?"

Beit Bridge, première bourgade en territoire zimbabwéen, compte plusieurs stations-service à court de carburant, un hôtel Holiday Inn désert et quelques supérettes. Les produits importés ont disparu des rayons. Ne restent que des cahiers jaunis et quelques paquets de sel. Il fait 35°C à l’ombre. Les réfrigérateurs fonctionnent, mais sont vides.

Des camions à Beit Bridge, à la frontière avec l'Afrique du Sud (F. Becker et T. Saintourens).

Certains en ont profité pour fonder un commerce juteux autour de la frontière. Un groupe de jeunes hommes attend un camion pour Harare. Ils font l'aller-retour deux à trois fois chaque semaine. A leurs pieds, des cageots de fruits qu'ils revendront à l'unité sur les marchés de la capitale.

En face, les passeurs accostent les voyageurs sans hésiter. "Tu n’as pas de papiers, tu veux traverser?" lance Peter. Il est venu à Beit Bridge en laissant sa famille à Harare, alléché par les 300 euros que lui rapportent chaque traversée clandestine d’un Zimbabwéen. "Avec moi, aucun risque de se faire prendre", assure-t-il.

"Les policiers zimbabwéens, tu peux toujours les payer, le problème ce sont les Sud-Africains." La nuit tombée, Peter conduit les candidats à l’émigration jusqu’à une brèche dans la clôture de la frontière, avant de leur faire traverser le lit du fleuve Limpopo. Chaque mois, la police sud-africaine, aidée par des milices de fermiers blancs, expulse 20 000 sans-papiers zimbabwéens.

L'Afrique du Sud s'inquiète de cet afflux de population rendue coupable de l’augmentation de la criminalité. Le gouvernement refuse pour l’instant d’ouvrir des camps pour accueillir ces migrants, comme le demande l’opposition. En attendant, passeurs, commerçants ou encore religieux se frottent les mains. Georges conduit l’un des bus qui relient les deux pays. "Avec l’aide de Dieu, le Zimbabwe s’en sortira", prédit-il tout en empochant une épaisse liasse de billets.

Lire aussi: Robert Mugabe, libérateur du Zimbabwe devenu oppresseur

Des camions en attente à la frontière avec l'Afrique du Sud (F. Becker et T. Saintourens).


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20H48 14/10/2007

Merci pour cet article, cette partie de l'Afrique est tellement occultée par les médias, alors qu'il y a tant de problèmes... Si l'opinion internationale n'est pas au courant, la situation ne changera pas.

Rappelez vous la Somalie et les sacs de riz, nombreux sont ceux qui ont aidé. j'étais encore en maternelle, mais déjà touché par la situation...

Après Mugabe c'est un autre problème, mais rien qu'à lire ces histoires on a envie d'agir..

F. Becker et T. Saintourens, vous etiez au Zimbawe à quelle occasion? (si ce n'est pas trop indiscret)

 
Courageux anonyme
22H04 14/10/2007

N'oublions pas cependant que Robert Mugabe est l'une des grandes figures de l'histoire de la décolonisation en Afrique. C'est un leader progressiste proche de Fidel Castro, d'Hugo Chavez et des Iraniens. Une raison suffisante pour que les impérialistes américains et leurs valets fassent tout pour ruiner l'économie du Zimbabwe. Bien évidemment, cet aspect de la situation est totalement occulté dans votre reportage.

 
Pierre Haski | Rue89
23H15 14/10/2007

C'est pavlovien! Je croyais qu'on était un peu revenus de l'époque où les ennemis de mes ennemis étaient nécessairement mes amis. Je suis entièrement d'accord avec vous, Robert Mugabe est l'une des grandes figures de la décolonisation. J'étais présent à Harare lorsqu'il a gagné les élections en 1980, et j'ai couvert la naissance du Zimbabwe. Il avait tout pour réussir, mais a été ivre de son propre pouvoir. Son premier geste a été de massacrer les Matabele de Nkomo, son rival avec lequel il était allié pendant toute la guerre de libération, puis de mettre en place un système népotique qui a ruiné son pays. Les "impéralistes américains" n'y sont pas pour grand chose, hélas.

 
Courageux anonyme
23H53 14/10/2007

Il a été prouvé que Joshua Nkomo n'était qu'un fantoche manipulé par Ian Smith et financé par la CIA et les services sud-africains. Lisez Geoff Hill, The Battle for Zimbabwe: The Final Countdown.

 
Courageux anonyme
09H50 15/10/2007

Robert Mugabe est peut-être " et proche de Castro, Chavez et des Iraniens". Ces derniers sont loin d´être des démocrates. Il n´est que de constater leur homophobie commune.
Cela dit, ils sont, tout compte fait, le produit indirect de l´impérialisme occidental qui n´hésite pas, lui, à soutenir des dictateurs de droite, qui meurent généralement dans leur lit. Sans être marxiste, je demeure admiratif devant l´éthique de figures comme Thomas Sankara, assassiné par un de ses compagnons d´arme. Thomas Sankara, qui se méfiait de la naissance d´une caste de révolutionnaires privilégiés, ne voulait cependant pas que la révolution burkinabée finisse dans la Terreur.

 
Pierre Haski | Rue89
12H23 15/10/2007

Entièrement d'accord pour Sankara.

 
22H32 14/10/2007

Bonjour,

Merci pour votre lecture attentive.
Nous étions en Afrique du Sud pour des reportages (nous sommes étudiants en journalisme), et je suis allé au Zimbabwe avec un photographe du pays...

 
02H32 15/10/2007

Les américains remuent peut-être le couteau dans la plaie, mais je n'en sais rien. Avez-vous des preuves ? Car là ce sont des accusations gratuites. En tout cas voilà ce que c'est que d'expulser et d'exproprier des blancs. Avec les blancs c'est pas super, mais sans les blancs c'est encore pire. L'Afrique du Sud a su mettre un terme d'une certaine manière à l'apartheid, sans expulser les blancs, et sans les exproprier, même s'il existe encore des problèmes de racisme (tant du côté des blancs que du côté des noirs, et je sais de quoi je parle), et globalement, l'Afrique du Sud est une puissance économique locale et ça pourrait être pire (ex: Son voisin le Zimbabwe).

 
Courageux anonyme
20H59 14/10/2007

Peut-on en savoir plus sur les deux étudiants ? Cela me paraît indispensable d'en savoir plus et ce afin pouvoir de juger de la fiabilité des informations livrées ici...

 
ZYXXYO | Nanterre
21H36 14/10/2007

En ce moment passe un très bon reportage sur France 3 mais dont la teneur montre l'écart pays riches/pays pauvre : un fermier américain dans l'Iowa avec son tracteur à 200 000 $ guidé par GPS moissonne un champ pour fabriquer du biocarburant...

Pendant que d'un côté on cultive des terre pour alimenter des moteurs de voitures, d'autres par manque de terre meurent de faim.
Sans blamer spécialement les américains (le pb est très complexe), la comparaison est terrible.

 
22H39 14/10/2007

Personnelement je trouve ça un peu génant de produire de "la bouffe" puis la brûler dans nos voitures...

Les biocaburants sont présentés comme la solution idéale pour le futur proche, mais ils ont de nombreux défauts : les prix de la "vraie bouffe" augmentent (cf les tortillas de maïs au Mexique); le prix / à la distance parcourue ne baisse pas réellement : le prix au litre baisse, mais la consommation augmente; et j'ai lu que la combustion des biocarburants émet de nouveaux polluants assez nocifs sur la santé(qui ne sont pas là avec du sans plomb par exemple).

Il y a eu une enquête un peu critique de l'UFC que choisir, mais il faut s'inscrire sur le site pour y accéder.

 
21H56 14/10/2007

"Les élections de 2008 semblent gagnées d'avance pour Mugabe, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle."

Il faudrait que les zimbabwéens retournent chez eux , juste pour voter .

http://www.flickr.com/photos/sokwanele/1536181877/

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
22H16 14/10/2007

@ galactic cluster: Croire qu'il existe un rapport étroit entre les votes déposés et les résultats annoncés est d'une grande complaisance et une excuse pour ne rien faire. L'Occident a une responsabilité en Afrique, dont il ne s'acquittera que par un intervention de gérance. Ce sont les termes de cette intervention qu'il faut négocier avec réalisme, dans la perspective d'aider vraiment les pays africains et non pas de les exploiter davantage ou d'en tirer un capital politique. Personne ne le fait.

http://nouvellesociete.org/414.html

Pierre JC Allard

 
00H45 15/10/2007

"@ galactic cluster: Croire qu'il existe un rapport étroit entre les votes déposés et les résultats annoncés est d'une grande complaisance"

Tu connais mieux la situation que les gens de la région ?

"De son côté, M. Mbeki s'est montré optimiste quant à la tenue en 2008 d'élections présidentielle et législatives équitables dans le pays voisin. Il a affirmé que les parties en conflit, dont il arbitre les négociations, s'étaient montrées prêtes à coopérer en ce sens."

http://afp.google.com/article/ALeqM5gFFkBMz7dSifN9px1b7agNZF86Ww

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
19H36 15/10/2007

@galactic cluster. Pour répondre à votre question : Oui. Voyez mon CV. Si vous la connaissez aussi, parlons plutôt de l'article que je vous ai mis en lien.

http://nouvellesociete.org/auteur.html

Pierre JC Allard

 
Courageux anonyme
23H03 14/10/2007

je ne laisse pas passer l'histoire sur l'imperialisme américain vis a vis de Mugabe.Certes c'est le grand libérateur mais c'est aussi un dictateur totalement assoifé d'argent et de pouvoir.Mes neuveux sont métis de pére zimbabwéen,décéde maintenant.Ma soeur est parti avec son mari au momebnt de l'indépendance en 1981 et y a vécu 15 ans jusqu'au moment du début de la crise qui couvait déja car ce mec est un fou furieux point a la ligne.Sa femme de 4O ans sa cadette dépense tout le fric de l'état en shopping à Londre et etc etc.
Ce pays est magnifique,il y a tout les climats ,tout peut y pousser si on s'en occupe,ce pourrait étre et c'était un des pays qui pouvait s'en sortir.Ma soeur s'organise pour essayer d'envoyer des viivres aux membres de la famille mais on n'est sur de rien au niveau de l'arrivée sur place.
bref c'est une vrai catastrophe et cela me rends bien triste pour mes neuveux.

 
Bakima Baliele | Enseignant/freelance journalist
01H38 15/10/2007

A bien des egards, si Robert Mugabe, n'avait pas ete ivre de son pouvoir, il serait apres Nelson Mandele, la fugure de proue de la lutte de la liberation de l'Afrique australe, de l'Afrique simplement.
Comment un homme adule par tout un peuple est-il devenu le bourreau de ce meme peuple? C'est vrai que l'histoire nous enseigne que l'excercice d'un pouvoir abosolu, finit par vous corrompre, absolument. Helas, Mugabe n'a pas echapper a ce constat.

Mais, sans vouloir chercher des excuses au pouvoir dictatorial du "camarade" Mugabe, il me faut au moins reconnaitre, que les malheurs de ce dernier commencent le jour ou il s'en prend aux terres agricoles dans les mains de la minorite blanche, descendant de la couronne britanique. Un peu omme par hasard! S'il n'avait pas entrepris les reformes (mauvaises) agraires, je pense que la situation econmique de ce pays ne serait peut-etre pas ce qu'elle est aujourd'hui.

A mon avis, la plus grande erreur de Mugabe et de ses conseillers, c'est d'avoir depouille les fernmiers blancs sans une strategie court et long terme. En plus, ceder les exploitations agricoles a des fermiers noirs, non prepeares a gerer des grosses structures, etait une faute grave. Si on ajoute le fait que certains barrons du pouvoir avaient rachetes des expolitations agricoles appartenant aux fermiers depuilles, on nr peut que econnaitre que Mugabe est victime de son amateurisme sur les questions economiques.

Cet acte qui me semble avoir ete motive non pas par la logique, la raison econmique du profit pour le pays, mais par l'emotion, que cachait son (Mugabe)racisme a l'egard des blancs, ce que d'autres appllent du contre-racisme... Alors que quand on est president elu d'un pays, comme l'etait Mugabe, on ne devrait plus agir comme le ferait un militant anti-colonialiste, que jadis il fut. Apres l'indepdance, beaucoup de ces fermiers blancs avaient choisi de rester sur le sol qui les avait naitre. De ce fait, ils sont devenus des citoyens zimbabweens.

Un seul constat s'impose: il a manque a Mugabe la sagesse d'un Mandela, en Arique du Sud. Enfin, on ne peut pas analyser la situation du Zibambwe, l'ex grenier de la region, sans se rendre d'une evidence que sur le plan economique: l'Afrique du Sud tire profit de la banqueroute de son voisin. Meme si sur le plan social, des vagues des zimbabwens qui arrivent chaque jour en Afrique Sud sont un probleme pour le pays hote.

Il arrive que je me pose des questions sur le silence, du moins, la reserve du president sud africains, Tabou Mbeke sur la question zimbabwenne. Pourtant, Mbeki a pese de tout son poids dans les crises en RD Congo et en Cote d'Ivoir. Mais pas assez chez son voisin. Etrange tout de meme.
Bakima Baliele, Washington, DC.

 
Courageux anonyme
21H10 15/10/2007

Merci pour cet éclairage complémentaire, extrêmement bienvenu, et mesuré, sur la situation au Zimbabwe. Dans les accusations trop simplistes des uns (Mugabe le dictateur) et des autres (impérialisme des ex-puissances coloniales), c'est l'analyse la plus claire que j'aie lue.
Iris, Paris

 
Courageux anonyme
21H07 15/10/2007

(mon commentaire s'adresse au post de Bakima Baliele)
Iris

 
02H21 15/10/2007

Bakima Baliele , c'est pas Tabou Mbeke mais Thabo Mbeki ...

"Mbeki a pesé de tout son poids dans les crises en RD Congo et en Cote d'Ivoire . Mais pas assez chez son voisin. Etrange tout de meme."

Pour Mbeki , ancien militant de l'ANC , Mugabe reste un militant de la libération de l'Afrique ... Les sentiments tiennent une grande place chez l'homme , plus que la raison parfois .

Il faut voir le temps que ça a pris, en France , pour que les militants communistes finissent pas reconnaître que l'URSS était une dictature .

 
Bakima Baliele | Enseignant/freelance journalist
03H21 15/10/2007

Merci Galactic_cluster pour l'ortographe du nom du president sud africains. C'est vrai que les raisons tiennent une grande place chez l'homme, mais lorsqu'en tant que leader on a les destinees d'un pays entre ses mains, on un devoir de verite en vers soi-meme et en vers les camarades qui croient en vous. Sinon c'est la cata, comme c'est le cas maintenant. Mais bon, c'est un sujet complexe. Encore merci.

 
Courageux anonyme
05H03 15/10/2007

Je ne vois guère de choses à rajouter, aux différents posts sauf trois remarques :
- Les naïfs qui pensent que l'Afrique du Sud de Nelson Mandela observe ce qui se passe à sa frontière avec une indifférence affligée se trompent lourdement.
Mandela est un grand homme d'Etat, l'Afrique du Sud une puissance régionale, et les deux attendent leur heure pour placer ce qui restera du Zimbabwé sous tutelle avec l'assentiment de la communauté internationale.
Un Grand Pays n'a pas d'amis, il a des Intérets.
- Il est enfantin de penser que ce type de régime ressort uniquement de la responsabilité individuelle du dirigeant. Ce qui se passe n'est possible que parce que le tyran s'appuie sur des forces locales, il faut s'interroger sur ces forces: pourquoi une telle situation a t'elle été possible ?
Par ailleurs je voudrais terminer par une remarque concernant le lectorat de Rue89: il est révélateur de voir des gugusses trouver sur tout sujet internationaux l'action des USA, celà donne une idée du sérieux de la réflexion, du sectarisme et de l'anti-américanisme primaire qui sévit sur ce journal.
Alviano

 
Courageux anonyme
08H40 15/10/2007

Je te signale que Nelson Mandela a quitté le pouvoir il y a 10 ans ! Le "nouveau" président sud-africain s'appelle Thabo Mbeki !
T'as raison, nous les gauchistes franchouillards on n'aime pas les Amerloques, vu qu'ils ont cocufié nos paternels en juin 44!

(un gugusse)

 
Courageux anonyme
17H55 15/10/2007

A vrai dire le "départ" du pouvoir de Nelson Mandela ne m'avait pas échappé...
Le problème n'est pas l'apparence mais la réalité dans l'exercice du pouvoir, dans ses grandes options en tout cas, ce fut le cas pour Senghor en son temps.
Ne serait-ce que pour des raisons historiques, Nelson Mandela est le dirigeant réel de l'Afrique du Sud.
Un grand homme d'Etat ce Mandela, pragmatique, subtil, charismatique, prudent mais tenace, avec une ampleur de vue remarquable.
Puisque vous avez la lucidité de vous définir comme un gauchiste franchouillard, je suppose que vous n'aimez pas beaucoup la politique de Mandela, ouvertement pro-Tutsi et pro-américaine en Afrique de l'Est et centrale.
Eh oui..."Les grands pays n'ont pas d'amis, ils ont des intérets".
Que produit l'Afrique du Sud ? A qui vends t'elle ? A qui achète t'elle ? Ou se situe t'elle géographiquement ? Quelle idéologie descend vers le sud du continent ? Avec quels soutiens ?
Répondez à ces questions et vous aurez sa politique.
Mais peut être ne savez vous pas ce qu'est un Zoulou, un Xhosas ? Quelle est l'histoire du pays ?
C'est loin et noir l'Afrique, c'est vrai, pour un franchouillard.
Alviano

 
Courageux anonyme
09H48 15/10/2007

Ce qui gave le plus sur ce forum c est quand meme les petits points rouge chaque fois qu on émet un avis contraire...
Enfin je te rejoins sur l histoire du spectre CIA/USA qui est vu dans chaque conflit. C est ressorti sur chaque conflit, j en arrive a me dire que ce sont eux les victimes..

 
Courageux anonyme
08H46 15/10/2007

les fermiers blancs devenus pourtant citoyens du zimbabwe ont été dépouillés et expulsés. cela ne devrait pas rassurer les immigrés africains installés en europe et qui voudraient y rester pour l'éternité.Le meme sort pourrait leur arriver. le mauvais exemple ayant été donné par l'afrique,elle meme.Dieu ,merci,l'effondrement de l'économie n'a pas causé de guerres tribale comme au Kivu. il reste de l'espoir. Mais il faut souligner l'ingratitude du voisin sud africain: expulser 20 000 réfugiés par mois.!!.exposée au meme problème,la france envisage 25 000 reconduites à la frontiére mais par an!

 
Courageux anonyme
09H23 15/10/2007

Je tremble de peur face à l'éventualité de telles représailles!

(un fermier africain qui fait pousser du petit mil dans la Beauce)

 
Courageux anonyme
10H52 15/10/2007

il est à parier que le planteur africain qui fait son mil ou son manioc à la campagne ne sera jamais inqiuété
Par cotre l'opinion peut se retourner facilement contre 'les urban black' de paris ou de marseille: crise de logements,émeutes,chomage y aideront,je le crains!

 
Courageux anonyme
11H21 16/10/2007

Bonjour,

je me demande bien ce qui vous permet de faire un parallèle entre la situation actuelle de la France face à l'immigration et celle de l'Afrique du Sud !

Si nous avons vécu une situation telle, je pense que ç'est plutôt avec l'Italie, l'Espagne et le Portugal il y a quelques temps, lors des crises économiques et DICTATORIALES de ces pays...

Cela ç'est plutôt bien terminé, souhaitons la même chose pour nos amis de ces deux pays d'Afrique !

 
09H45 15/10/2007

tres interessant et motivant car sujet peu ou pas abordé ailleurs surtout quand la plupart de la presse ne parle que rugby !

 
Courageux anonyme
13H15 15/10/2007

dernières élections truquées, opposants harcelés, emprisonnés, battus, assassinés, si monsieur Mugabe a été un libérateur de son pays, il est maintenant un dictateur.
Non seulement ce pays magnifique est dans un marasme économique terrible, mais également dans une situation sanitaire catastrophique:
chiffres évidemment contestés par un gouvernement des plus cynique, l'espérance de vie pour les femmes au zimbabwé est de 34 ans, les hommes 37 ans.
Le sida fait des millions de morts, dans ce pays et ailleurs, dans un espèce de silence général.
Que cela soit la faute des americains, des russes ou des anglais...l'urgence est de sortir ce pays du fénoir(de l'ombre, en créole) et d'aider les populations étrillées par la dictature.
noemie
http://tibazar.blogspot.com/2007/05/zimbabw-la-mort-dun-pays.html