A debattre 11/10/2007 à 14h46

Le coût des guerres en Afrique : 284 milliards de dollars !

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

C’est un chiffre choquant : 284 milliards de dollars. C’est le coût cumulé des guerres qui se sont déroulées sur le continent africain entre 1990 et 2005, et qui correspond plus ou moins à l’ensemble des sommes de l’aide au développement pendant la même période.

L’organisation Oxfam International a fait ce macabre calcul, et y ajoute ce commentaire : « Cette somme aurait pu résoudre la crise du sida, empêcher le développement de la tuberculose et du paludisme, fournir de l’eau potable, la santé et l’éducation », s’insurge Irungu Houghton, conseiller de Oxfam.

Le calcul prend en compte le coût des violences et des destructions qui ont ravagé plusieurs pays du continent pendant cette période, les dépenses suplémentaires d’armement, le développement perdu, les dépenses médicales provoquées par les guerres... Ainsi, le Burundi, qui avait projeté une croissance de 5% par an, a vu son économie se réduire en moyenne de 1,1% pendant son long conflit. Le Libéria, pour sa part, a connu une guerre civile qui a fait 250000 morts et ravagé une région riche du pays. C’est d’ailleurs la présidente du Libéria, élue après la fin de cette guerre cruelle, Ellen Johnson-Sirleaf, qui a rédigé la préface de ce rapport.

Ce sont des estimations arbitraires, évidemment, mais qui sont destinée à frapper les opinions, et d’abord en Afrique, victime et acteur de ses propres drames, même si elle n’est évidemment pas seule en cause, loin de là. Mais le rapport dOxfam International ne rentre pas dans la question de l’origine ou de la responsabilité de ces conflits, ce n’est ni l’objet de cette étude, ni la vocation de cette organisation d’aide au développement.

Ce rapport entend surtout frapper les esprits, en appui de la campagne internationale lancée contre le commerce des armes légères, les plus utilisées dans les guerres civiles africaines. 153 pays ont voté l’an dernier à l’ONU pour commencer à négocier un traité international pour réglementer le commerce de ces armes, mais quelques pays ont bloqué tout progrès : Cuba, Inde, Iran, Israël, Pakistan, États-Unis... Le rapport d’Oxfam vient leur rappeler quelques faits dérangeants -sans grande illusion, hélas, sur les chances de leur faire changer d’avis.

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  • 44 réactions
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  • Anonyme

    C’est d’une tristesse pour le peuple africain...

    • Anonyme

      Le peuple africain ? ça existe ? Je ne savais pas que l’Afrique était un pays ! !

      • Anonyme

        Tu pensais peut etre à une boîte de sardines ?

      • Anonyme

        ah ? et depuis quand la notion de peuple et la notion de pays sont-elles indisossiables ?

    • Anonyme

      LES peuples africains

  • Anonyme

    Cette somme aurait pu résoudre la crise du sida, empêcher le développement de la tuberculose et du paludisme, fournir de l’eau potable, la santé et l’éducation »

    ==========================================

    Savez-vous que certaines multinationales regarde ceci comme un simple investissement ; 284 milliards de dollars, c’est le prix de beaucoup de chose en AFRIQUE...(OR, DIAMANTS, URANIUM, PETROLE, GAZ...etc).

    C’est le prix a payer pour pouvoir parfois matter, deplacer, nettoyer une regions de sa population si il le faut pour parvenir a leurs fins...

    Kawaayi

    • Anonyme

      ça me coûte de dire cela, mais accuser inlassablement les multinationales est un argument qui commence à devenir aveuglant.

      Toutes les nations, sur tous les continents, y compris en Afrique, réclament des investissements étrangers. Des états draguent les multinationales pour quelles s’installent chez eux : conditions de financement, baisse ou suppression d’impôts, entorses négociées au code du travail...les états font des sacrifices, car cela apporte de l’argent et du savoir faire.

      Mais bon je ne suis pas un spécialiste. Alors que se passe t’il en Afrique ?

      • Anonyme

        Va leur dire cela au Darfour.....

      • Anonyme

        une première approche de « spécialistes », sinon naviguer sur le site de Survie est très instructif
        Fran

        Lien

      • Anonyme

        CAde 16h06

        je vous lis : « les états font des sacrifices, car cela apporte de l’argent et du savoir faire. » (sic)

        NO COMMENT !

        ..mais j’ai compris l’origine de vos pensées profondes :

        « Mais bon je ne suis pas un spécialiste » (re-sic)

        Quand on ne sait pas, on ne cause pas, me disait ma grand-mère.

        ça évite de dire des bêtises. Spécialiste ou pas.

        CAndide

      • pierrejcallard
        pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 03h53 le 12/10/2007
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Dumont a vite dit qu’elle était mal partie. Elle est mal arrivée. Largement de la faute des Occidentaux... mais pas entièrement. Il y a une solution. UNE.

        Lien

        Pierre JC allard

    • Anonyme

      Si je comprends bien : Vive la guerre !

  • Anonyme

    Choquant ? qui fabriquent et vendent des armes ?
    Qui va équiper d’une centrale nucléaire un pays, reconnu dans un passé TRÈS récent, comme un État terroriste ?

    Quelques soient les régimes, quelques soient les pays, le plus choquant est la façon dont les dirigeants utilisent l’argent de leur pays. Le plus choquant c’est de voir comment certains -élus « démocratiquement » ou non- privilégient d’abord leurs intérêts.

    En France, le « paquet-(cadeau) fiscal » de sarko destiné aux plus riches aurait pu boucher le fameux trou de la sécu.

    Alors, l’Afrique...

    Voilà ce qui est « choquant “ pour moi .

    Question : quel journaliste français ose en parler ?

    CAndide

    • Anonyme

      « ... qui fabriquent et vendent des armes ? “

      vous voulez dire les machettes ? les kalachnikov ?
      mais tout le monde, même les africains.

      connaissez vous la composition des matériels de chaque état africain (nombre et type de matériel ?) sûrement non car vous verriez le dénuement des armées en matériel lourd.

      • Anonyme

        CA de 16h40

        vous qui semblez connaître si bien « la composition des matériels de chaque état africain “ (sic) et le dénuement des armées (re-sic),

        dites-moi... 200 milliards d’euros, cela représente combien de machettes ?

        ça doit être des machettes de luxe (lame en or massif, manche incrusté de diamants et autre pierres précieuses - c’est banal là-bas) !

        CA de 16h40, vous en êtes resté au lamentable discours de sarko aux Africains ?

        CA de 16h40, seriez-vous alviano ?

        CAndide

    • Anonyme

      Au début de votre mail, je croyais que vous parliez de Jean Christophe Mitterand, qui s’est fait 40 millions de francs (+/- 6 millions d’Euros) de commissions en fournissant des armes à l’Angola (et qui a négligé de payer les impôts correspondant).

  • Anonyme

    293 milliards de depenses dans la guerre en afrique mais sait on combien les societes europeennes, Total et ses consoeurs, font de chiffres d affaires dans ce continent que nous avons pillé depuis des annees voire des siecles....

    • Anonyme

      refiler 300 milliards d’aides publiques en seulement 15 ans, ce n’est pas ce que j’appelle piller.

      • Anonyme

        C’est parce qu’il faudrait comparer avec le chiffre de ce qu’a rapporté l’exploitation des ressources naturels et autres (sans oublier les ventes d’armes) à nos entreprises. Mon petit doigt me dit que ça doit être plus, même en mettant la part qui revient au état africain (surtout si on enlève ce qui va directement dans la poche des dictateurs)...

  • wangpi
    • Posté à 16h01 le 11/10/2007
    • Internaute 12588

    oui, cela fait cinquante ans que je suis choqué, et je pense mourir en état de choc.

    que faire ?

    arrêter de consommer tout ce qui n’est pas STRICTEMENT nécessaire à la vie.

    c’est la seule solution, il n’y en a pas d’autres.

    tant que l’argent sera la valeur du monde, on tuera pour lui.

    l’argent, le plus petit dénominateur commun de la brute qui sommeille en chacun de nous.

    l’argent, cancer du monde depuis les grecs. nietsczche l’avait bien compris, qui plaçait le début de la décadance à socrate.

    « dès que je sens les doigts avides de l’épicier, je n’ai plus qu’une seule envie : abandonner la partie. »

    • Anonyme répond à wangpi

      c’est bien les paroles d’un promeneur parisien : D

      on est pas prêt de gagner les élections !

    • Anonyme répond à wangpi

      L’épicier, de plus en plus souvent d’origine nord-africaine, ouvre son magasin 6 jours par semaines de 9 heures du matin à 11 heures du soir. Le 7me jour, il en passe souvent une partie à ranger ses rayons, faire son inventaire et passer ses commandes, ou aller les chercher lui-même à Metro.

      Rangez Nietsche et allez voir dehors

  • Anonyme

    Même si on laisse de coté les modes de calcul, c’est stupide de dire que les guerres coûtent 300 milliards en 10ans sans essayer de voir combien elles ont rapporté et à qui dans la même période.

    Par exemple : il n’y a pas vraiment de grande guerre au Niger mais Areva y achète le kilo d’uranium 41 euros alors que le cours en est à 186 euros. Ils sont cons les nigériens ? Non, le premier président qui essaiera sérieusement de rééquilibrer les choses en faveur de son peuple se fera descendre et remplacer par un potentat bien docile ou verra se déclncher une mystérieuse guerre civile entre ethnies qui jusque là vivaient en bonne entente.

    Alors si Oxfam veut vraiment faire des calculs sophistiqués, je pense qu’il y a là largement matière à donner des leçons et à expliquer.

    By the way, 300 milliards d’APD en 15ans me paraissent ridicules quand on sait que le chiffre d’affaire annuel d’Areva en 2005 était de 10,125 milliards d’euros.

    Bien évidemment, ce qui marche pour Areva marcherait tout autant pour Total ou Elf

    • Anonyme

      Et les Nigériens, combien ont-il investi en recherche et en équipement pour extraire cet uranium ?

      Si Areva n’y était pas allé, ce serait quelqu’un d’autres, ou bien les gens de la région seraient toujours assis dessus sans savoir que le minerai est là et sans que ça les démange (et pourtant...)

      Que le gouvernement du Niger utilise la possibilité de faire monter ce prix s’il le peut, c’est tout aussi naturel. La vie est ainsi faite que chacun qui a un tant soit peu de pouvoir l’utilise.

      • Anonyme

        A priori ça ne me gène pas qu’Areva et ses semblables commercent en Afrique ; je serais plutôt un capitaliste qu’autre chose. Le problème c’est quand après avoir mis l’Afrique en coupe réglée via des dictateurs choisis pour leur docilité et leur indifférence au sort de leur peuple et après avoir étouffé dans l’oeuf toute velléité de révolte, on revient reprocher au peuple d’être décidément crétin parce qu’il choisit mal ses dirigeants ! Donner hypocritement des chiffres sans les contextualiser correctement n’a absolument aucune pertinence. 300 millions, 300 000 ou 300 milliards, ç’aurait paru tout aussi effrayant pris hors contexte.

        Il est évident que le Niger n’a pas beaucoup investit en RD mais ça ne risque pas d’arriver si les revenus qui aurait du lui servir à investir dans l’éducation sont confisqués par d’autres.

        Quant à votre « La vie est ainsi faite que chacun qui a un tant soit peu de pouvoir l’utilise. » je ne m’abaisserait pas à commenter ce pseudo-Darwinisme de bas étage !

        Signé :
        le courageux anonyme de 17h34.....

      • pierrejcallard
        pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 05h37 le 13/10/2007
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Au point où l’on en est, l’Afrique ne peut s’en sortit que par des partenariats avec l’Occident. L’éthique est dans les termes du partenariat, pas ailleurs.

        Lien

        Pierre JC Allard

  • Anonyme

    Je suis assez d accord avec le courageux anonyme de 17h34.....
    Comment peut se targuer d avoir « depenser » 300 Milliards d euros dans les aides publiques verses aux etats africains qui soit dit en passant ne sert que des interets prives et des interets personnels alors que la majorité des societes etablis en afriques sont francaises
    La domination politique, économique et militaire
    incontestée de la France sur ses anciennes colonies
    d’Afrique Noire est enracinée dans une devise, le
    franc CFA. Créée en 1948 pour permettre à la France de
    contrôler le destin de ses colonies, quatorze pays (le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la Guinée Bissau et le Tchad) ont
    maintenu la zone franc même après qu’ils aient obtenu
    leur indépendance des décennies auparavant.

    En échange de la garantie française de la
    convertibilité du franc CFA, ces pays ont consenti à
    déposer 65 % de leurs réserves de devises étrangères
    sur un compte spécial du ministère des Finances
    français et ont accordé à la France un droit de veto
    sur la politique monétaire de la zone franc chaque
    fois que ce compte spécial serait trop à découvert.
    Ces décisions ont eu des conséquences dévastatrices
    pendant quarante ans.

    La majeure partie de la réserve de francs CFA provient
    du commerce entre la France et ses alliés africains.
    Par conséquent, la zone franc a toujours eu peu
    d’argent à sa disposition et des taux d’intérêt
    élevés. D’un autre côté, conformément aux programmes
    d’ajustement structurel du FMI et de la Banque
    mondiale, une discipline budgétaire rigoureuse a
    permis de conserver une inflation faible, comme si se
    serrer davantage la ceinture au nom de la stabilité
    des prix constituait la priorité à adopter en matière
    de politique dans des pays désespérément pauvres
    touchés par des décennies d’une demande en baisse.

    Résultat, une combinaison redoutable de convertibilité
    des devises, de taux d’intérêt qui grimpent en flèche,
    d’inflation faible et de mouvement des capitaux sans
    entraves, qui ne fait qu’alimenter la spéculation et
    la fuite des capitaux. Les spéculateurs transfèrent
    des sommes d’argent énormes de la France vers des
    comptes de dépôts locaux portant des intérêts élevés,
    collectent leurs gains exonérés d’impôt tous les trois
    mois et font de nouveau le plongeon de garantie du
    découvert.

    Les banques commerciales sont inondées de ces fonds de
    spéculation à court terme instables qu’elles prêtent
    aux gouvernements selon les conditions les plus
    draconiennes possibles. Les banques et les
    spéculateurs récoltent une coquette somme, les
    gouvernements sont criblés de dettes commerciales
    insoutenables, le secteur national de production est
    privé de financement sur le moyen et le long terme, et
    la majorité des individus restent empêtrés dans une
    pauvreté écoeurante.

    Entre-temps, le transfert libre des profits, le
    remboursement des dettes et la propension de l’élite à
    expatrier leurs biens entraîne une fuite des capitaux.
    Cette hémorragie massive de la devise étrangère est
    dirigée exclusivement vers la France grâce au contrôle
    des capitaux qu’elle a mis en place en 1993. Par
    conséquent, certains des pays les plus pauvres du
    monde financent une partie du déficit budgétaire
    français.

    La seule raison logique de l’existence du franc CFA
    est la connivence qui existe entre la France et les
    élites qui gouvernent ses anciennes colonies dans le
    but de piller les états de la zone franc. Même les
    effets bénéfiques de la devise commune sur le commerce
    entre les pays membres ont été neutralisés par la
    décision paradoxale prise par les anciennes colonies
    françaises d’Afrique noire en vue de démanteler la
    structure gouvernementale fédérale et le marché unique
    de l’époque coloniale et d’édifier des barrières
    commerciales à la place.
    Comme si tout cela ne suffisait pas, le taux de change
    du franc CFA, qui était demeuré inchangé depuis 1948,
    a été dévalué de 50 % en 1994. Y avait-il un meilleur
    moment (du point de vue des investisseurs étrangers,
    cela va sans dire) pour entreprendre une vaste
    privatisation des biens de l’Etat ? Sous les auspices
    du FMI et de la Banque mondiale, des secteurs
    lucratifs tels que l’énergie, les télécommunications,
    l’eau et les banques ont été liquidés aux entreprises
    occidentales à des prix défiant toute concurrence.

    Ainsi, le partenariat conclu entre la France et ses
    anciennes colonies africaines s’est finalement soldé
    par un déséquilibre spectaculaire. La France a obtenu
    un vaste marché pour ses produits, une réserve
    constante de matières premières à bon marché, le
    rapatriement de la part du lion qu’elle s’est taillée
    sur les économies locales, une influence politique
    incomparable, une présence stratégique importante avec
    des bases militaires occupées à titre gracieux, et la
    certitude qu’elle peut compter sur le soutien
    diplomatique de ses alliés africains. Mais pour les
    Africains, le partenariat a signifié une performance
    commerciale faible, une somme d’argent restreinte, des
    taux d’intérêt élevés, une fuite massive des capitaux
    et des montagnes de dettes dont le remboursement
    empêche tout investissement supplémentaire dans les
    domaines de l’éducation, de la formation, de la santé,
    de la production alimentaire, du logement et de
    l’industrie.

    Les effets négatifs de cet accord s’étendent en outre
    au continent africain dans son ensemble. Au niveau
    politique, la France et ses alliés sont opposés au
    concept d’un gouvernement continental prôné à la fin
    des années 1950 et au début des années 1960 par des
    individus comme Nasser et Nkrumah. Ils ont contribué à
    faire obstruction au projet et à fonder le club
    africain notoirement inefficace composé de chefs
    d’Etat, l’Organisation de l’unité africaine (OUA),
    ramenant ainsi l’intégration africaine des décennies
    en arrière.

    Lorsque l’OUA a mandaté la Communauté économique des
    Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) afin de promouvoir
    l’union monétaire et économique régionale, la France
    et ses alliés ont agi rapidement pour y faire obstacle
    en menant la création de l’Union économique et
    monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté
    économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).
    Ils ont ainsi empêché en partie la CEDEAO d’imiter les
    performances économiques de ses organisations soeurs,
    la Communauté de développement de l’Afrique australe
    (CDAA) et le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de
    l’Afrique australe (COMESA).
    Mais pour les alliés africains de la France, la greffe
    d’un programme d’intégration économique sur une union
    monétaire artificielle préexistante est illusoire et
    impraticable. En effet, cette greffe a séparé la
    structure de ces sociétés depuis la soi-disant
    indépendance de 1960. Il n’est pas étonnant qu’à
    l’heure actuelle, la majorité de ces pays soient
    confrontés à des troubles civils, des rébellions et un
    risque d’implosion.

    Pour que l’Afrique française puisse se développer, la
    zone franc doit être démantelée. La naissance de
    l’euro a offert à ces anciennes colonies une chance de
    se libérer de l’étreinte étouffante de la France. Ils
    ne l’ont pas saisie. Au lieu de cela, ils ont fixé
    leur devise sur l’euro et non plus sur le franc CFA,
    tout en gardant les mêmes règles, les mêmes
    institutions et le même mode de fonctionnement. Cette
    décision aura certainement des conséquences tragiques
    pour les citoyens de l’Afrique francophone.

    Voici l’extrait du solde du compte courant extérieur
    pour quelques pays d’afrique de l’ouest visible par
    tous sur le site de la banque de france :

    Solde du compte courant extérieur auprès de la banque
    de france pour l’année 2004 en franc cfa

    benin 733 milliards fcfa = 1,11 milliards d’euro
    burkina faso 659 milliards fcf= 1 milliard d’euro
    cote d’ivoire 4563 milliards = 7 milliards d’euo
    guinée bissau 97 milliards = 147 million d’euro
    mali 984 milliards = 1,5 milliard d’euo
    niger 445 milliards = 678 millions d’euro
    senegal 2336 milliards = 3,5 milliards d’euro
    togo 823 milliards = 1,25 milliard d’eruo

    A titre exemple pour comprendre le mécanisme,
    lorsqu’un pays comme la cote d’ivoire vend du cacao
    pour un million de dollards aux etats unis, les etats
    unis donne 1 million de dollars au tresor français et
    celui-ci garde 65 % (la part de la banque de france)
    et donne 35 % à la bceao.

    Anachronix cedric Cadoret

    • destribat
      destribat
      anti-corruption
      • Posté à 00h04 le 12/10/2007
      • Internaute 18954
        anti-corruption

      Et celui qui veut quitter la zone CFA se prend un coup d’Etat dans la gueule, une petite rébellion bien organisée. Demandez à Gbagbo il en sait quelque chose.

    • Anonyme

      Remarquable exposé. La France a joué ce qu’elle croyait être son jeu, et qui était probablement le bon au début.

      Mais cela fait déjà quelques dizaines d’années qu’elle se fait sortir par les Asiatiques, Jjaponais, Coréens et maintenant Chinois (sans parler des Américains en embuscade).

    • zorbeck
      • Posté à 10h38 le 13/10/2007
      • Internaute 9110

      Bravo pour votre intervention ! Bravo aussi à Rue89 d’avoir publié votre article qui est diamétralement opposé à toutes les idées recues sur la question, pour qui veut bien faire l’effort de le comprendre.
      Je n’avais jamais soupconné que la Francafrique était une arnaque d’une telle ampleur...et je comprends mieux maintenant le succès des investisseurs chinois sur ce continent. Je comprends un peu mieux aussi la perversité de nos responsables politiques toutes tendences confondues quand ils agitent le spectre de la mondialisation libérale comme un danger pour la France et les Africains : c’est effectivement leur fond de commerce qui est mis directement en danger par la concurence chinoise. On peut d’ailleurs dire la même chose de la PAC : derrière l’alibi d’une « justesse sociale » autoproclamée (les paysans du tiers-monde ont un avis différent sur la question), on enrichit nos paysans riches, au détriment des pauvres de la planète, et aux frais du contribuable européen...

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 23h22 le 11/10/2007
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Il y a plusieurs choses de choquantes.

    Loin de la bataille de chiffre n’oublions pas que des humains meurent en Afrique par millions.

    N’oublions pas les mutilés !

    N’oublions que l’Afrique est aux mains des prédateurs , les anciens et le nouveaux.

    Choquant, oui !

    Et nous, pendant ce temps que faisons nous pour que cela cesse ?

    Avons nous encore un peu d’humanité ?

    Car les guerres de l’Afrique sont aussi les nôtres !

    Ne l’oublions pas .

    Eric bloggeur Citoyen - Résistant

    Lien

    PS : Merci Rue 89

    • Anonyme répond à Eric citoyen

      Pendant le guerre d’Espagne, des Français passaient la frontière et allaient s’engager chez les Républicains (cf Malraux).

      Les vols pour l’Afrique ne sont pas si chers : qu’attendez-vous ?

      • Eric citoyen
        Eric citoyen
        « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
        • Posté à 08h32 le 12/10/2007
        • Internaute 5352
          « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

        Bonjour à toi, Anonyme d’1 h 37,

        C’est la classe citer Malraux ?

        A un chouilla près... il n’a certainement pas écrit « le guerre d’Espagne » !

        Pour certains, les vols pour l’Afrique sont « même » gratuits et la porte d’embarquement se situe au niveau de la fenêtre.

        Je préfère rester ici pour lutter contre les courageux de votre sorte !

        Un vrai bon conseil « Courageux Anonyme d’1 H 37 du Mat » la prochaine fois... à 20 H une bonne tisane et hop au dodo.

        Courage... ça va aller !

        Bésitos.

        Eric Bloggeur Citoyen - Résistant

        Lien

    • Anonyme répond à Eric citoyen

      Les « résistants » sur internet commencent à nous gonfler le poireau. Ces petits peigne-culs se feraient mieux comprendre en allant à Lambaréné soigner les lépreux ou dans les bidonvilles de Calcutta. Mais c’est sûr qu’alors ils se prendraient pour autre chose que des résistants.

  • Anonyme

    Tiens, un lien qui peut vous intéresser et vous éclairer sur certaines ONG
    Lien

  • destribat
    destribat
    anti-corruption
    • Posté à 00h43 le 12/10/2007
    • Internaute 18954
      anti-corruption

    Il n’y a pas d’accusations gratuites, mais des dossiers entiers que la presse occidentale n’aime pas mettre à la une de ses journaux. D’excellents dossiers nous expliquent l’origine des coups d’état en Afrique dont le premier fut l’assassinat de Patrice Lumumba par la CIA pour la mettre la main sur les ressources naturelles de l’ancienne colonie Belge.

    Une rébellion Touareg a pris les armes depuis février 2007 au Niger. Les éléments déclencheurs, l’organisation de cette révolte sont à tous les points identiques au coup d’état qui a porté le Général Seni Kounché au pouvoir. Hier c’était la COGEMA qui tirait les ficelles, aujourd’hui c’est AREVA qui joue le chef d’orchestre.
    Je vous invite à lire l’article de Théophile Kouamouo publié sur son blog à propos du deal entre Sarkozy et Khadafi. (Kouamouo est ancien correspondant du Monde à Abidjan) :

    Depuis quelques mois, le Niger, un des plus pauvres pays du monde - qui est pourtant le troisième producteur mondial d’uranium - est aux prises avec une rébellion régionaliste touarègue. Le gouvernement de Mamadou Tandja accuse Kadhafi et la firme française Areva d’instrumentaliser les insurgés. Plongée dans une crise bien plus stratégique qu’il n’y paraît à première vue.
    La suite de l’article sur Agoravox : Lien

    « AREVA impliqué dans les événements au Nord du Niger Les virements bancaires qui accablent »
    Lien

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à destribat
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 00h52 le 12/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je vous invite aussi à lire les articles de Rue89 sur le sujet, en cliquant ici

  • chroma
    • Posté à 01h53 le 12/10/2007
    • Internaute 19051

    Les Américains avec la dernière rallonge demandée par bush jr totalisent 600 milliards de dollars pour l’Irak.

    C’est beaucoup !
    Certes mais ca rapportera beaucoup plus encore, considérez cela comme un investissement....

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 09h02 le 12/10/2007
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Choquant ?

    Pour être provocant on peut rajouter : pas tant que ça !

    A débattre cette article ?

    Pas sûr !

    Je me souviens de l’émotion suscitée par le tsunami en Asie des 250 000 Morts et des milliards d € d’aides.

    250 000 c’est le chiffre de morts par mois en Afrique.

    Nous avons une capacité d’indignation à géométrie variable.

    Nos centres d’intérêts sont extrêmement volatils

    En lisant les commentaires cela est flagrant.

    A l’arrivée nous avons un résultat : Un chef d’Etat Français qui va en Afrique et qui tient un discours honteux sans presque aucune « très peu » polémique en France !

    Imaginons un chef d’Etat Africain faisant la même chose en France ?

    Une dernière chose à cette heure « 8 H 57 » une trentaine de commentaires, sur un article aussi important... c’est choquant ! moi cela me choque , pour être précis.

    Mais, tout cela n’est qu’un question de priorité.

    « + de 80 com sur la dernière stupidité aux USA ? »

    Qu’en pensez vous ... Pierre Haski ?

    En tout cas merci, pour cette information.

    Cordialement

    Eric Bloggeur Mulhousien

    Lien

    « Mon cerveau saturé s’obstrue devant tant d’irrespect des valeurs républicaines »

    Calixthe Beyala, écrivain.

  • zorbeck
    • Posté à 21h20 le 12/10/2007
    • Internaute 9110

    Ce qui est certain, c’est que si une partie des financements qu’on octroie aux pays africains revient à des subsides à nos propres usines d’armement, il n’en reste pas moins que la demande est forte...
    Et je ne crois pas qu’on rende un grand service aux Africains en mettant en avant notre propre culpabilité. J’ai vu récemment un film/reportage époustoufflant (« Congo River »). Bien que ce ne soit qu’une interprétation (la mienne) et probablement pas celle du metteur en scène, ce film montre clairement que les Congolais - puisqu’il s’agit d’eux dans ce film - sont aussi responsables de leur propre décrépitude. Même s’il est clair que Mobutu, « ami » des Occidentaux contrant les communistes sur un fond de guerre froide, n’a fait que dilapider les fonds publics au seul profit de son clan, aucune multinationale ni aucun héritage colonial ne justifie les massacres des populations civiles ni les viols d’enfants par lesquels la soldatesque se distingue, tous clans confondus...Une histoire entre mille : lors d’une razzia dans un village, un mari assiste, impuissant, au viol de sa femme par des soldats (rebelles ou pas, peu importe), jusqu’à ce qu’il fasse remarquer, atterré, que si ca continue son épouse va passer de vie à trépas. La seule réponse a été une rafale en pleine poitrine...et comme conséquence le banissement de la femme et des enfants survivant, par sa propre famille, pour avoir été compromise. Dans la même veine, le témoignage d’un médecin sur les sévices sexuels à l’encontre d’enfants devenus muets est absolument terrifiant. Ca aussi c’est l’Afrique...

  • Anonyme

    « Dans la même veine, le témoignage d’un médecin sur les sévices sexuels à l’encontre d’enfants devenus muets est absolument terrifiant. Ca aussi c’est l’Afrique... »

    Peut être est-ce simplement ça l’humanité.

    C’est comme si je disais de Srébrénica : « C’est aussi ça l’Europe » ou de Guantanamo ou Abou Ghraïb : « C’est aussi ça l’Amérique ! »

    Ce serait vrai mais déplacé : des humains, placés dans une telle situation, quel que soit le continent où ils vivent se comportent malheureusement de cette manière monstrueuse.

    Je ne crois pas que quiconque vous demande de « mettre en avant votre culpabilité » ni même de rendre service aux africains. Ce que les africains veulent, c’est juste que des règles d’équité minimales comme le contrôle effectif des prix des matières premières ou la cessation des subvention aux agriculteurs européens s’appliquent.

    Si par la même occasion, on pouvait cesser de soutenir des dictateurs, ce serait gentil comme tout...

    • zorbeck
      • Posté à 21h00 le 13/10/2007
      • Internaute 9110

      « Peut être est-ce simplement ça l’humanité », sic.

      Vous avez raison sur le fond. Je me suis laissé emporter par l’horreur que m’a inspirée ce reportage que j’ai tenté de décrire. Mais si je pense qu’effectivement l’Amerique ne se resume pas à Abou Ghraib, ni l’Europe à Srebrenica, ni l’Allemagne à Auschwitz, ni la Russie à Grosny, je crois cependant que dans chacun de ces exemples une part de responsabilité, aussi bien collective qu’individuelle (chez ceux qui en sont les acteurs), existe. Quel que soit le continent. Et peut-être chacun à sa manière...

  • Anonyme

    L’histoire a eu toujours ses foux qui ont gouverné des nations et ont porté des entiéres populations dans la ruine. L’histoire se repete encore aujourd’hui avec ces guerres oubliées d’Afrique.
    Il y en a beaucoup et en divers endroits. Elles ont des origines très divers : parfois ethniques, parfois provoquées, parfois pilotées du dehors. Je vous parle des guerres en RDCongo, qui depuis 1994 sevissent toute la Région des Grands Lacs. Des guerres voulues et strategiquement étudiées avec l’appui de puissances étrangéres. L’Europe, les Etats-Unis, la Chine en sont terriblement melées et sont les complices de tous les malheurs que les populations de la Région des Grands Lacs vivent actuellement.
    Tous savent bien que le sous-sol de la RDCongo est très riche en minereux de tout genre. Et tous veulent en etre les exploitants et les bénéficiaires, en mettant sur le marché les armes plus sophistiqués qui peuvent se trouver et qui par contre sont payées avec les diamants, l’uranium, le coltan, l’or, etc. Et aussi avec des millions de vies humaines, mais cela n’importe rien, car la vie de l’homme n’a pas de valeur. Dès 1998 à 2007 en RDC sont morts, à cause de la guerre, plus de 5 millions de personnes.
    Je pense que l’Oxfam doit ajouter dans son rapport le prix aussi de toutes ses vies humaines perdues.
    CE CHIFFRE C’EST UNE HONTE, UNE CONNERIE, UNE INJUSTICE.
    Les guerres ont mis le Congo à terre et ont crée des blessures enormes en ces structures, ses rues, ses institutions, ses peuples. La RDC est plus malade que jamais. Elle est continuellemt pillée par ses propres fils, mais aussi par tout ceux qui, du dehors, manoeuvrent les choses et veulent maintenir la situation telle qu’elle est aujourd’hui. C’EST TRISTE, MAIS C’EST VRAI…
    Je reviens sur les hommes de rue que je rencontre chaque matin : malades, mal habillés, sans travail, sans maisons, sans instruction, affamés… Parfois des cadavres ambulants qui sont poussés par un espoir sans limites. On aurait pu depenser cet argent pour rendre la vie des congolais plus digniteuse, et moin pénible.
    L’HISTOIRE CONTINUERA A FAIRE CES CONNERIES. MAIS EST-CE QUE NOUS NE POUVONS RIEN FAIRE ?
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