Habituellement, le terme de filiation est polysémique et recouvre bon an mal an plusieurs significations : les liens de sang, les liens institués de parenté, les liens du quotidien, liens affectifs noués entre les enfants et ceux qui les accompagnent le long du chemin qui les mène à l'âge adulte.
La volonté du législateur a toujours été de confondre ces trois aspects pour faire comme si être fils ou fille de était synonyme d'être né/e de. Cela permettaient de protéger les enfants dits légitimes et, par la même, la paix des ménages.
Aujourd'hui, alors que 45% des mariages finissent par un divorce et une recomposition familiale, alors que deux enfants sur cinq naissent hors mariage, ces trois volets de la filiation, » être né/e de » , » être fils/fille de » , » être élevé/e par » ne s'incarnent pas toujours dans les mêmes personnes. Malgré cela, le primat du biologique continue de régner.
C'est parce que le biologique est si important qu'on préfère qu'un enfant n'ait qu'un seul parent plutôt que deux prêts à s'engager mais dont l'union sexuelle ne saurait être procréatrice. C'est parce que le biologique est si important que les lois de bioéthique ont imposé l'anonymat des donneurs de gamètes. Si la filiation n'était pas confondue dans la tête des gens avec l'engendrement et la procréation, aurait-on besoin de dissimuler ainsi les géniteurs qui ne sont pas engagés dans la parenté ?
Lorsqu'un enfant est adopté, on continue de laisser ses camarades répéter, comme les adultes qu'ils ont probablement entendu : » C'est qui tes vrais parents ? » Tant la vérité est encore dans les gènes. Ces représentations qui accordent tant d'importance au biologique, ce n'est pas parce qu'elles sont partagées par un grand nombre, qu'elles sont sensées.
Un être humain se fabrique de chair et de la volonté d'adultes qui le précédaient d'en être ses parents. Petit à petit, malgré tout, se fait jour l'idée que ce qui compte c'est ce qui se construit au jour le jour dans le relationnel avec l'enfant, l'idée que les gamètes et même la grossesse n'ont à voir que de loin avec la parenté et qu'enfin mêmes nos enfants les plus biologiques sont aussi nos enfants adoptifs car pour qu'il y ait parenté, il faut y mettre de la parole plus que de la chair.
Conséquence ou cause de cette évolution des idées, les formes familiales contemporaines se sont multipliées. Les familles recomposées, les familles homoparentales, les familles adoptives, sans oublier celles ayant eu recours à une procréation médicalement assistée avec tiers donneur, sont des configurations où les parents ne pourraient pas passer l'épreuve du test d'ADN.
Notre président de la République, lui-même beau-père, reconnait et soutient cette diversité. Il a même missionné son ministre de la Solidarité, Xavier Bertrand, et la garde des Sceaux, Rachida Dati, pour concocter un statut du beau-parent dont l'objectif est, entre autres, de protéger juridiquement les liens affectifs incontestables qui se nouent entre ces enfants et ces adultes qui ne sont pas des parents biologiques.
» Nous voulons soutenir et aider toutes les familles, sans exclusion » , dit la lettre de mission. C'est alors paradoxal qu'on propose à ceux qui ont la chance de vivre légitimement en France de reconnaître des liens parentaux non fondés sur le biologique et qu'aux étrangers, on ne reconnaisse que la filiation des gènes. Dans quel mépris tient-on ceux qui veulent accéder à notre beau pays pour que le faire famille se décline autrement pour eux que pour nous ?





















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De Alexad
12H33 | 10/10/2007 |
« Dans quel mépris tient-on ceux qui veulent accéder à notre beau pays pour que le faire famille se décline autrement pour eux que pour nous ? »
Dans le mépris du racisme et de la discrimination contraire à la loi.
à Alexad
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 00H41 | 13/10/2007 |
Polysémique, c'est comme si je vous disais que Sarkozy est procustéen.
J'en ai marre d'aller chercher mon dictionnaire (il est en six volumes).
Je n'ai qu'un BAC+2 et ça date de 1963.
Pitié pour les lecteurs de Rue 89.
Mais je vous félicite pour votre trés bon article, j'ai aussi écouté sur France 24 Axel Kahn hier soir, et je pense que ceux qui sont pour les tests ADN, manquent de culture ? manquent de neurones pour stocker cette culture ? sont payés (vendus) pour dire ces anneries ?
De Suzanna
12H39 | 10/10/2007 |
Enfin une réflexion humaine dans ce débat nauséabond où nous a plongé le sarkozisme ! Merci Madame.
De
13H43 | 10/10/2007 |
Merci pour cet article.
Néanmoins, je dois relever que lorsque vous affirmez que lorsque vous affirmez que « la volonté du législateur a toujours été de confondre ces trois aspects pour faire comme si être fils ou fille de était synonyme d'être né/e de », vous oubliez que l'adoption existe en France depuis Napoléon, de même que la possession d'état qui permet de faire d'un enfant un fils ou une fille indépendamment de ses liens biologiques avec ceux qui s'affirment être ses parents.
Ca me semble être une première erreur de fait.
Par ailleurs vous affirmez que « c'est parce que le biologique est si important qu'on préfère qu'un enfant n'ait qu'un seul parent plutôt que deux prêts à s'engager mais dont l'union sexuelle ne saurait être procréatrice ».
Là votre avis me semble un peu subjectif car si l'on refuse la possibilité de parenté à deux personnes du même sexe souhaitant être parents, c'est effectivement parce qu'elles ne peuvent toutes deux être parents d'un enfant biologique mais surtout parce que le législateur n'a pas encore souhaité s'attaquer aux demandes de modification des textes et notamment du Code civil qui supposent que les parents sont de sexes différents.
En vous remerciant encore,
VICKING
De Martine Gross (auteur)
Sociologue | 15H36 | 10/10/2007 |
Je n'ignore pas que l'adoption existe, mais l'adoption plénière est conçue en droit pour remplacer une filiation de naissance et respecter le « un père, une mère pas un de plus ».
Quant à l'anonymat des donneurs, il s'assortit pour le père social d'un engagement à ne pas contester sa paternité biologique. Ce qui signifie que le biologique est tellement important qu'il pourrait à lui seul défaire une filiation.. c'était l'idée.
Quant à la possession d'état, oui, vous avez raison, elle existe mais elle est de moins en moins utilisée pour établir une filiation.
Enfin la question que je pose c'est pourquoi donc le législateur n'a pas encore voulu se pencher sur une modification du code civil pour permettre à des parents d'être de même sexe ? et la réponse réside encore probablement dans l'importance accordée à la vraisemblance d'une procréation biologique
De
13H59 | 10/10/2007 |
J'ajouterai que lorsque vous dites « C'est parce que le biologique est si important que les lois de bioéthique ont imposé l'anonymat des donneurs de gamètes », c'est une erreur.
En effet, l'anonymat du don de gamètes (ou de sperm) n'a pas pour objet de protéger le « bilologique », bien au contraire. La mère biologique (la donneuse de gamète) est anonyme pour qu'elle ne puisse pas se revendiquer comme mère de l'enfant qui va être porté et mis au monde par une autre.
Et, à l'inverse, c'est pour que cette femme qui va porter et donner naissance à l'enfant qui n'est pas issu de ses gamètes, ne puisse se voir remettre en cause dans son identité de mère (et dans ses droits surtout) que le législateur a imposé l'anonymat.
Pour le coup ce n'est pas le biologique qui prime puisque la mère biologique (donneuse de gamètes) n'a aucun droit.
Pour le reste, je suis entièrement d'accord avec vous, il est inacceptable d'imposer aux étrangers des tests visant à remettre en cause tout ce qui n'est pas biologique alors que la législation applicable à des nationaux va dans le sens d'une moindre importance biologique.
Ca s'appelle de la xénophobie.
Je suis donc d'accord avec votre postulat de départ mais pas avec vos « motifs ».
Cordialement,
VICKING
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 01H44 | 11/10/2007 |
@ CA 14 h 59
C'est ce qu'on dit (je suis pas d'accord) quand on a rien compris.
à Servais-Jean
De
14H25 | 11/10/2007 |
Faut dormir papy, 2h44 c'est pas raisonnable, merci pour la pertinence de ton commentaire percutant, il te reste de la tisane ?
De Mr Cromagnon Abel
14H32 | 10/10/2007 |
C'est un article qui démontre l'incohérence et le manque de vision de toute la politique d'immigration de Sarko et ses amis.
Mais là n'est pas le principal.
Pourra t-on empecher que dans quelques décennies,les notions de famille et de parents soient bouleversée ?
Tout indique que non…
Ceux qui sont en avance sur leur temps n'ont de choix que de souffrir et de se battre pour dépoussierer un code de la famille en décalage avec le progrès fulgurant…
De
17H31 | 10/10/2007 |
Il faut ajouter ici les détails pratiques concernant les enfants adoptés, d'où il ressort qu'ils n'ont pas exactement atteint le même rang que les enfants naturels et légitimes. Les enfants en adoption simple payent des droits de succession très élevés, en adoption plénière ils payent des droits de succession comme les enfants naturels et légitimes.
En fait, plutôt que s'arc-bouter sur le débat de la biologie, il faut envelopper tous les aspects du droit de la famille pour comprendre qu'en effet, les liens du sang et de la reconnaissance priment tous les autres.
Mais cela n'explique absolument pas l'amendement Mariani si ce n'est par la légende urbaine qui veut que les immigrés régularisés fassent venir en France des enfants qui ne sont pas d'eux dans le but de les utiliser (jeunes filles à marier ou esclaves de maison).
Cet amendement n'explique absolument pas non plus en quoi il pourrait faciliter la régularisation des familles de migrants et par là-même lutter contre l'abus. Car c'est l'immigration clandestine qui est 10 fois supérieure en nombre à la migration régulière.
De
06H54 | 15/10/2007 |
Je ne connais pas cette légende urbaine, mais ayant eu l'occasion d'étudier les problèmes dee ressortissants français en pays Soninké(frontière Mauritanie Sénégal Mali) je peux confirmer que payer pour qu'un immigré régulier membre du village fasse venir en france le fils d'un ami en le faisant passer pour son propre fils se pratique occasionnellement. Et cela pas pour faire des esclaves mais simplement pour le faire bénéficier du Paradis (etudes, santé, etc). Il n'y a pas d'état civil fiable en pays Soninké. Au demeurant, j'ai discuté avec un chef de village qui n'était pas très sûr lui même du nombre de ses femmes et surtoutpas de ses enfants qui gambadaient autour de nous(« celui-là, je crois qu'il est à moi »).L'estimation globale du truandage à la nationalité par cette pratique,sur les 5 années à venir était d'environ 5000. Une goutte d'eau dans l'immigration clandestine, mais ce n'était que pour la région du Fleuve. Peut-être peu, mais de grace, un peu moins d'angélisme dans les arguments, et un peu plus de technicité dans le débat !
De
17H33 | 10/10/2007 |
et donc ? la solution c'est quoi concrètement ?
De
20H17 | 10/10/2007 |
Donc, on retiendra que la description d'un problème collectif, ou l'analyse d'un état de fait où la société toute entière est impliquée, ne consiste pas à vendre des « packs » tout-en-un : « En vérité, je vous le dis, voici LA solution ! » Ce prêt à penser est bon pour le café du commerce (que, par ailleurs, j'aime beaucoup ; -).
Concrètement : avez-vous déjà entendu parler du mariage homosexuel ? (Je ne parle pas de baise, je parle bien de deux femmes, deux hommes, vivant sous le même toit ; ne couchant pas forcément l'un sur l'autre, pas forcément non plus dans le même lit - et qui ont, sous leur toit, une relation parentale avec un enfant, que ce soit un enfant de salaud ou un enfant de la bonne société, un enfant avec des gènes de chez Gènes, ou avec d'autres Gènes, plein d'autres gènes - bref un enfant.)
Croyez-vous qu'un bébé éprouvette soit une bonne idée, quand nous sommes de milliards sur cette terre, et que des milliers, des millions mêmes d'enfants meurent de n'avoir pas de parents ? Les géniteurs sont accessoires. Les génitrices aussi. La chair née de la chair abonde de partout. La filiation, c'est autre chose que du sperme et du sang.
Voyez-vous un seul argument valide contre le mariage par adoption d'enfants ? Et le mariage de personnes du même sexe, - même si elles ne sont plus « en âge de procréer » ?
De
08H24 | 11/10/2007 |
quel charabia ! ce n'est pas une réponse à la question.
De
15H02 | 11/10/2007 |
C'est clair, quelle bouillabaisse ce post, à n'y rien comprendre !
De
17H33 | 11/10/2007 |
Quel quoi ? Charabia ? Mais qu'esseque ça veeueueueut dire ça charabia ?
De
19H09 | 10/10/2007 |
Si ce débat avait eu lieu il y a plus de cinquante ans, nous n'assisterions pas aujourd'hui à la mise à sac de notre pays par une partie des cons qui nous gouvernent et qui n'ont pas une goutte de sang français dans les veines.
De
20H10 | 10/10/2007 |
Sang français ? ? ? ? ? ?
De
20H25 | 10/10/2007 |
Oui oui mais ce qui compte c'est la liberté et en particulier celle de disposer de son ADN. Pour le reste c'est un outil qui peut se réveler être le seul. S'il n'est pas imposé, ce qui est la cas, pour ceux qui ne disposent pas de papier dans leur pays d'origine on fait quoi ? ? ? Le fait d'imposer un niveau de pratique de notre langue est un véritable barrage et là peu de réaction pourquoi ? Votre défense est celle de vos idées un peu éloignées de la vie réelle de ces peuples.
De Donia
08H47 | 12/10/2007 |
bien bien bien ! !
beau pays dites vous ? ? ? ?
aujourd'hui j'ai honte de mon « beau » pays et de toutes les couleuvres ou plutôt boas que l'on doit avaler en disant merci ! ! !
c'est tout simplement intolérable qu'on puisse une seconde demander une chose pareille ! ! !
Maintenant on nous dit mais c'est pour eux c'est pour leur bien qu'on demande les test ADN bien sûr madame et c'est aussi pour leur bien qu'on arrête les gens à la sortie de l'école et c'est pour leur bien qu'on stigmatise toute une partie de la population ! !
Bientôt les noirs et arabes et les autres chinois devront porter une petite pièce de tissu bien en évidence « attention pour leur bien ! ! ! » Pour ne plus avoir à sortir leurs papiers ! ! et cela sera juste un détail bien sûr ! ! !
Ce gouvernement est un hymne à l'intolérance et au racisme primaire
Je pèse mes mots ! ! je suis en colère et atteinte dans ma dignité ! !
Donia