Plusieurs enquêtes ont mis en évidence des dérives mais leurs comptes sont gardés secrets depuis une loi de 1884.

Autant le préciser d'emblée : personne ne sait exactement comment sont financés les syndicats français. L'affaire de l'UIMM et ses retraits d'argent liquide à la banque (au moins 15 millions d'euros), arrive donc à point nommé pour alimenter les rumeurs.
A l'origine de cette situation, une loi de 1884 qui autorise les syndicats à ne pas publier leurs comptes. Au départ, ce texte visait à protéger les organisations syndicales contre les appétits du patronat, en protégeant l'identité des ouvriers syndiqués. Dans ces conditions, impossible de savoir précisément combien les syndicats ont d'adhérents et comment ils sont financés. Plusieurs estimations évoquent un financement public global de 40 millions d'euros par an, sous la forme de subventions diverses si l'on en croit une proposition de loi de 2003.
La CFDT, qui semble plus ouverte que les autres confédérations, parle de 12 millions de subventions par an. Confession de François Chérèque, ce lundi 8 octobre dans le Figaro : « La CFDT est financée à 30% par des fonds publics, sur un “budget total de 41 millions d'euros”, précise-t-il… après un temps d'hésitation. » La CGT se refuse à communiquer le moindre chiffre pour l'instant. Voilà pour la partie émergée de l'iceberg. Le reste est très flou.
Notes de frais mirbolantes, achat de chevaux de course…
Depuis dix ans, l'Igas et la Cour des comptes ont mis en lumière les nombreuses dérives du système de financement extérieur. Car les syndicats peuvent aussi recourir à des financements privés. En 2000, l'Inspection générale des affaires sociales met les pieds dans la Caisse de retraite interentreprises (CRI), une retraite complémentaire du régime des salariés (Arrco). Le pot aux roses apparaît aux députés UMP qui se penchent sur le sujet :
« Cette enquête effectuée entre février et mai 1999 à mis en lumière “tout un système de financement direct ou indirect des syndicats” et une “gestion opaque” de la caisse de retraite complémentaire : spéculation avec l'argent des retraites, gras salaires et notes de frais mirobolantes pour les dirigeants du groupe, achat de chevaux de concours hippique, gestion de la retraite apparaissant comme une “préoccupation secondaire”, contrôle quasi inexistant de l'Arrco sur l'utilisation des fonds. Selon ce rapport, le CRI aurait versé entre 1995 et 1999, 34,3 millions de francs aux syndicats, en salaires pour certains permanents, présentés dans les comptes comme des “délégués extérieurs” ou en “convention d'assistance technique” prévoyant des honoraires et des remboursements de frais. »
Que se passe-t-il ? Rien. Quatre ans plus tard, l'Igas remet les pieds dans le plat, cette fois-ci sur la délicate question des « mis à disposition ». Des milliers de salariés gracieusement mis au service des syndicats par des entreprises publiques ou des administrations. En termes voilés, cela donne l'analyse suivante des inspecteurs de l'Igas :
« Il est pourtant de notoriété publique que de très nombreux permanents syndicaux sont mis à disposition par l'Etat, les organismes de Sécurité sociale et des entreprises privées ou publiques sans aucune base juridique. Cette situation met en péril non seulement les employeurs, qui financent des emplois fictifs, mais aussi les représentants syndicaux eux-mêmes, alors que leur dévouement à l'activité syndicale est généralement incontestable. Dans ces conditions, la mission de l'Igas souhaite attirer l'attention du ministre sur la nécessité impérieuse d'adapter le cadre juridique très rapidement afin de légaliser ces situations puis, à moyen terme, de réfléchir à l'opportunité de diminuer voire supprimer cette pratique. »
Le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie est alors Nicolas Sarkozy. Mais trop tard : il quitte ses fonctions le 29 novembre 2004. Et lui non plus ne fait rien pour arranger la situation.
D'après les éléments rassemblés l'an dernier par le conseiller d'Etat Raphaël Hadas Lebel, les syndicats ont des budgets très variables. En extrapolant, la revue Société civile parvient aux évaluations suivantes : CGT : 220,6 millions d'euros de budget dont 145 millions hors cotisations.
CFDT : 138 millions d'euros de budget annuel dont 69 millions hors cotisations.
FO : 61 millions d'euros de budget annuel dont 26 millions hors cotisations.
CFTC : 60 millions d'euros de budget annuel dont 48 millions hors cotisations
Les policiers ont-ils mis la main sur la caisse noire des patrons ?
Officiellement, personne n'a l'air concerné par l'affaire de l'Union des industries métallurgiques et minières. En maintenant sa confiance à Denis Gautier-Sauvaignac, Laurence Parisot tente de calmer le jeu. Pourtant, l'UIMM, héritière du Comité des forges, gère 23% des recettes du Medef. Son patron, « DGS », est l'interlocuteur principal des syndicats dans les négociations en cours sur le dialogue social. Or, d'après une enquête bien informée du magazine Challenges, une caisse noire patronale alimente depuis des décennies les grandes confédérations. « 'Nous allons peut-être définitivement enterrer des pratiques des années 1950 », se réjouit presque un membre du conseil exécutif du Medef. » D'autres acteurs -anonymes- confirment l'existence de la « caisse noire ».
Si l'affaire de l'UIMM pose le problème du financement des syndicats français, elle gêne tous les protagonistes du système. Ainsi, tout en assurant que Force ouvrière ne se sent « pas concerné » par ce dossier, son secrétaire général a reconnu sur France Inter l'existence de « problèmes ». « Dans le secteur privé, précise Jean-Claude Mailly, sur des salariés qui sont détachés auprès des organisations. » Car les centrales syndicales connaissent mieux que quiconque les faiblesses du système français : peu de cotisants, peu de ressources financières et un éparpillement des forces.
Plusieurs études comparatives -de l'IGAS encore une fois- ont mis en évidence ces faiblesses chroniques :
« Il apparaît que les financements des syndicats sont fortement liés aux taux de syndicalisation : il est de l'ordre de 83% en Suède, de 65% en Belgique, de 50% en Italie, de 29% au Royaume-Uni et en Allemagne. Outre le nombre d'adhérents et donc de cotisants, l'attractivité des syndicats tient à d'autres facteurs tels que l'existence d'un paysage syndical ramassé sur un nombre réduit de structures. »
Et de citer l'exemple de l'Allemagne -modèle européen en matière de dialogue social- où la principale confédération regroupe plus de 80% des personnes syndiquées…

























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De
19H55 | 08/10/2007 |
« Il apparaît que les financements des syndicats sont fortement liés aux taux de syndicalisation : … »
Tout est dit, non ?
De carnac
17H26 | 09/10/2007 |
Les syndicats patronaux comme salariaux vivent de cotisations , de subventions et de mise à disposition
La question à se poser : pourquoi cette attaque en ce moment ?
Un représentant du MEDEF , syndicat patronal, est mis en cause et sur qui jette-t-on le discrédit sur les syndicats de salariés … Extraordinaire : on voudrait faire un peu oublier EADS qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Regarder un peu les site internet des syndicats de salariés permet d'avancer sur le sujet : Pour la CFDT les choses sont clairement exposées :
Les comptes sont publiés sur leur site internet à cette adresse : http://www.cfdt.fr/cfdt_a_z/connaitre/nos_comptes.htm
Outre des cotisations de ses adhérents , la CFDT bénéficie de subventions.
Ainsi, l'union régionale CFDT Rhône-Alpes assume des fonctions de formation et d'encadrement du travail des sections syndicales sur des thématiques spécifiques qui sont financés par l'Europe , les services de l'Etat concernés ou la Région :
Exemples : formation des sections à la lutte contre l'illétrisme - formation au maintien dans l'emploi des handicapés - formations à la lutte contre toutes les formes de discrimination par l'âge , le sexe etc … tous sujets et résultats d'actions que vous retrouverez sur le site
http://cfdt-rhone-alpes.com/
Dire dans ce contexte que le subventionnement est indû est de l'antisyndicalisme primaire.
Enfin la mise à disposition de personnels résulte du choix d'un certain nombre d'entreprises de ne pas inclure dans leurs organigrammes fonctionnels des salariés mais aussi des représentants patronaux dont le temps de travail est occupé par des fonctions syndicales nécessitant leur présence en dehors de l'entreprise :
les salariés comme les représentants patronaux par l'intermédiaire de leurs syndicats respectifs (MEDEF, CFPME par exemple pour les patrons) sont en effet présents dans des organismes paritaires très variés : CAF , CNAM , CPAM , tribunal des affaires de la sécurité sociale et conseils de prud'hommes où ils font partie des bureaux de jugement en première instance, ANPE , ASSEDIC , organismes de formation etc …
Il est relativement rationnel de la part des entreprises de détacher tant leurs représentants patronaux que les salariés élus ou nommés par leurs centrales syndicales salariales dans ces instances. Dénier ce droit aux entreprises c'est tenter de mettre fin au paritarisme de la gestion d'une large partie de la protection sociale et de la gestion des conflits du travail par exemple
Dès lors la véritable question à se poser c'est : Pourquoi ce procès en ce moment ?
Peut-être parceque le gouvernement a une forte envie de légiférer au détriment des salariés au lieu de laisser les partenaires sociaux négocier ;
Peut-être parce que la tribune dont dispose actuellement les syndicats de salariés via les négociations en cours l'indispose et qu'il faut faire oublier EADS.
Peut-être parceque outre la modification de la carte judiciaire en cours , ne plus autoriser les entreprises à désigner leurs représentants patronaux et à accepter les délégations des représentants des salariés dans les conseils de prud'hommes permettrait de tirer un trait sur le droit du travail.
à carnac
De
18H31 | 09/10/2007 |
Je suis désolé.. ! Rien ne peut justifier de tels comportements.il n'y a aucune raison que les syndicats ne soient pas contrôlés par un organisme extérieur. Croyez-vous qu'un adhérent payant une cotisation imagine ne serait-ce que le centième des malversations dénoncés. lorsqu'un « SMICARD » se syndicalise pensez-vous que se soit pour que les membres dirigeants fassent la « dolce-vita »….Tous les organismes ayant a percevoir ou manipuler des fonds sont soumis à tutelle. Celà évite toutes dérives deléctueuses dont malheureusement et nous n'avons rien à envier à certains pays ou la corruption est la règle.La Mutuelle des étudiants, l'ARC, et bien d'autres ont largement contribué au septicisme quand à la l'intégrité des directions… Caisses noires, fausses factures..Alors oui contrôle et sanctions si besoin réelle et forte si besoin est….Bien à vous
à carnac
De
19H38 | 09/10/2007 |
Et je voudrais ajouter, après lecture des différents commentaires, que ce ne sont pas « les patrons qui paient » mais les entrepises et la nuance est de taille. Même s'il arrive que certains patrons confondent leurs comptes en banque et les caisses de l'entreprise, l'entreprise n'appartient pas au patron au sens strict du terme ! Elle appartient également aux salariés qui la constituent. Et en ce sens, il ne paraît pas « incestieux » que les syndicats reçoivent des aides de la part d'entreprise afin de défendre les salariés.
De Terence
01H36 | 10/10/2007 |
L'entreprise appartient à ses actionnaires ; et le patron représente les actionnaires et il est leur élu. Et entre les actionnaires et les salariés il y a un enjeu, ce qu'on appelle la plus value. Ce qui ne va pas dans la poche des salariés va dans celle des actionnaires sous forme d'une plus-value qui est la différence entre le prix des matières premières et le prix du travail et le prix de vente.
Si c'est l'actionnaire qui paie la personne censée défendre les droits des salariés et leurs salaires, ben excusez-moi, mais je ne donne pas cher de votre salaire. Alors dire que c'est normal que le syndicat reçoive de l'argent de la partie d'en face, mais je trouve cela délirant. Ceci dit, c'est parler d'une réalité : mais un syndicat financé par les actionnaires, défendra les actionnaires, pas les salariés.
à Terence
De geubeul1
edité sur fils2prof.over-blog.com | 09H16 | 10/10/2007 |
la question est pourquoi une campagne de « diffamation » aujourd hui ? ? ? ?
ha oui c'est vraie le 18 octobre il y a une manifestation générale de la fonction publique a l'appel de de la CGT.
pourquoi déjà ?
ha oui la defense du service public mis en pièce.
pourquoi quelle raison ?
les normes europèennes …
bon voilà tout est dit.
l'arrivée des médias sur internet a pour but d'occuper le terrain et de deverser la propagande patronal… .
http://fils2prof.over-blog.com/article-12962882.html
De
14H44 | 17/10/2007 |
D'accord mais au bout du compte qui paie vraiment ? LE CONSOMMATEUR
De
17H22 | 17/10/2007 |
Le problème à mon avis n'est pas que les syndicats de salariés reçoivent, de façon transparente, des financement des entreprises. Il y aurait là une équité avec le financent les syndicats d'employeurs par l'entreprise. Je partage avec l'auteur que les richesses de l'entreprise sont le fruit des salariés -travailleurs qui quelque soit leur statut, travaillent et vivent du fruit de LEUR travail ; Ce qui exclue ceux dont la transpiration vaut plusieurs fois le salaire médian-.
Mais, il m'apparaitrait inquiétant, pour leur autonomie, que des syndicats de salariés soient subventionnés par le bon vouloir occulte d'employeurs.
à carnac
De
19H39 | 09/10/2007 |
Et je voudrais ajouter, après lecture des différents commentaires, que ce ne sont pas « les patrons qui paient » mais les entrepises et la nuance est de taille. Même s'il arrive que certains patrons confondent leurs comptes en banque et les caisses de l'entreprise, l'entreprise n'appartient pas au patron au sens strict du terme ! Elle appartient également aux salariés qui la constituent. Et en ce sens, il ne paraît pas « incestieux » que les syndicats reçoivent des aides de la part d'entreprise afin de défendre les salariés.
JL
à carnac
De
08H04 | 10/10/2007 |
Bien vu yapadebug. La rue89, défend habituellement la contestation sociale, ce n'est malheureusement pas le cas ici. Les réactions négatives apparaissent en nombre et n'incitent nullement à l'engagement syndical. Alors on roule de quel côté ? S'il y a une seule possibilité de réaction à l'état d'apathie actuelle elle est forcément sociale et elle prend sa source sur les lieux de travail. Et la « une » d'hier ne va pas dans le bon sens ! !
De vintage
09H20 | 10/10/2007 |
Je ne vois pas comment vous pouvez opposer contestation sociale et probité des organisations syndicales.La transparence des syndicats est au contraire nécessaire pour que nous puissions y adherer.Dans ce sens cet article va dans « le bon sens »,mème si ce n'est pas le votre. Faire le ménage chez soi est la moindre des choses avant de s'occuper de la crasse des autres.
De
16H11 | 10/10/2007 |
Il existe un syndicat qui n'a pas de permanents la CNT, syndicat anarcho-syndicaliste, syndicaliste révolutionnaire, descendant de ses glorieux ancêtres espagnols.Je précise que je ne suis pas syndicaliste étant libraire retraité
JAMES
De
18H37 | 10/10/2007 |
financement des syndicats ? ?
une jolie polèmique pour petits bourgeois tendance sarko , pour une petite jouissance
oui c'est vraie certains syndincats sonts payés par les patrons pour fermer la gueule aux salariès
relire Zola
qui trahit , qui téte la tétine patronale ,
ou celle de saint nicolas
cela n'est pas un secret défense
pour cela il suffit d'écouter les prises de positions sur l'arret de la contre réforme
sur ce qui était considérer « no passaran “
l'elbre des républicains espagnols face aux fasciste , aujourdhuit en France cela s'appelle
NON aux 40 annuités , retourt aux 37.5
et si part hazars certains syndicats sont timoré ( gréve saut moutons ,l'histoire de dire ,et de dire quoi ? , ) ou bien plus clair cela est indispensable
et bien camarades , vous les connaisez
qui va chercher sa valise de billet au gichet du Medef pour créer son entreprise sur les valeurs solidaires et durables des entreprises, à l'ouvertures prochaines aux voracittés du CAC 40 ?
qui reclame le financement public , dans le style sovietique
pourquoi défoncer des portes ouvertes , à croire qu'ils sont aveugles les salariés Français
De
18H26 | 11/10/2007 |
réponse à Courageux anonyme 19H37 10/10/2007
les salariés français ne sont pas aveugles
ils comptent les jours avant la retraite
à force de compter ils finiront par la retraite de russie , dans la rue, mais pas pour manifester , non pour la soupe celle « des sdf »
à trop baisser son froc ?
De
17H06 | 12/10/2007 |
Non…
De
12H33 | 17/10/2007 |
En Belgique, le problème ne se pose pas car le taux de syndicalisation est de l'ordre de 65% (plus de 3 millions d'adhérents dans un pays de 10 millions d'âmes) avec une rentrée annuelle de cotisations de l'orde de 400 millions d'euros. La « mise sous tutelle » est plus perverse via notamment la promotion de délègués dans le cadre alors qu'ils ne prestent plus la moindre heure de travail au sein de l'entreprise.
Francois Collette
http://francoisquinqua.blog.lemonde.fr
De yapadebug
20H02 | 08/10/2007 |
C'est curieux qu'une histoire de malversation d'un cadre du MEDEF se transforme en tribunal de la CGT, FO et CFDT ? (mais pas le MEDEF)
C'est curieux que M. Demoran sur France-Inter attaque M. Mahi, de FO, sur cette histoire. Pourquoi n'a t-il pas invité Mme Parizot, alors ?
Sur quoi on se base pour dire que le MEDEF finance les syndicats ? Des rumeurs, non ? Si on en croit les rumeurs, Nico et Sissilia sont séparés non ? Et le 11 septembre c'est la CIA qui l'a organisé aussi.
C'est quoi cette campagne médiatiques contre les syndicats, justement au moment où des mouvements sociaux sont annoncés ?
On nous prend pour des blaireaux ou quoi ?
Et EADS ça a financé le PC aussi ?
Et la marmotte…
à yapadebug
De Terence
23H27 | 08/10/2007 |
C'est un tribunal pour les syndicats parce que ce sont les syndicats de salariés qui signent et qui décident pour tout le monde le niveau des salaires. Les accords ont force de loi.
Le MEDEF de toute façon ce sera toujours à la baisse c'est son intérêt, mais si les syndicats français ne sont pas capables d'avoir des adhérents qui cotisent et de vivre de leur cotisation comme c'est le cas aujourd'hui, effectivement on peut se mettre à les soupçonner, sans doute à tort, de ne pas signer ce qui arrange les salariés parce que ce ne sont pas eux qui les paie.
Alors si c'est la partie adverse, celle qui a avantage à la baisse, vous comprenez bien qu'il y a un problème.
Que le patronat cherche à contourner la négociation, c'est une chose, que la partie représentant les salariés puisse être soupçonnée d'avoir accepté ce contournement parce qu'il n'y a pas assez de cotisations pour garantir l'indépendance du syndicat, c'en est une autre…
C'est un secret de polichinelle que dans certains secteurs de l'économie, certains parmi les syndicats de salariés sont devenus des coquilles vides. Il fallait voir les défilés lors du CPE, il n'y aurait pas eu les étudiants, on ne voyait plus que les permanents des syndicats et plus rien derrière eux. Ce n'est pas ce scandale qui fait la faiblesse des syndicats, c'est la faiblesse des syndicats qui permet ce scandale.
à Terence
De
00H08 | 09/10/2007 |
L'indépendance des syndicats garantiée par les versements occultes de spatrons ? J'espère que vous n'avez pas une fonction dans les achats !
De Terence
01H03 | 09/10/2007 |
L'indépendance des syndicats ne peut être garantie que par les cotisations de leurs membres.
à Terence
De
12H32 | 16/10/2007 |
Ce serait la bonne solution et, pour encourager les salariés à cotiser : il suffirait que cette cotisation soit déductible du revenu imposable .
De
21H49 | 17/10/2007 |
Pourquoi toujours inventer des usines à gaz ?
Les salariés ne sont pas stupides, au point qu'il faille leur indiquer quel est leur intérêt, et les inciter à agir selon leur intérêt.
Si les syndicats leur sont de quelque utilité, ils les financent eux-mêmes.
S'il leur semble que les syndicats ne font pas leur boulot, ou pire, sont vendus, ils évitent soigneusement de leur apporter la moindre cotisation.
Il me semble aussi que les syndicats devraient publier leurs comptes et les faire contrôler par une autorité indépendante, même si ce n'est pas une obligation légale. Ce serait la première chose à faire pour restaurer leur crédibilité, comme l'on fait les organisations faisant appel à la générosité publique, Arc et autres.
De
22H00 | 17/10/2007 |
« Ce serait la bonne solution et, pour encourager les salariés à cotiser : il suffirait que cette cotisation soit déductible du revenu imposable . »
c'est déjà le cas.
Amicalement
à Terence
De
16H06 | 09/10/2007 |
les commentaires sur les syndicats français sont toujours très faciles en parlant de leur faible nombre d'adhérents comparé aux autres pays. Mais on oublie la construction historique de ces syndicalismes autour de lois de paix sociales qui donnent bien des avantages aux syndicats nordiques. Dans de nombreux pays le syndicat peut gérer des avantages sociaux en direct pour ces adhérents comme par exemple les allocations chomage. En Suède un syndicat peut faire une campagne télévisée pour offrir à ses futurs adhérents tel niveau d'allocation en cas de chômage. On retrouve le même type de fonctionnement dans beaucoup de pays. En France, il est interdit de réserver aux adhérents le bénéfice d'un accord. Les droits créés par l'action syndicale deviennent des droits communs à tous comme les allocations chômage, les conventions collectives, les accords d'entreprise…
Alors pourquoi payer une cotisation ?
Le travail de syndicalisation est donc une tache difficile où il faut convaincre chaque salarié un par un, et entretenir la relation pour ne pas le perdre. Peu d'adhérents a pour conséquence peu de moyens pour travailler, préparer les dossiers…
En face les fédérations patronales reçoivent une cotisation établie sur la masse salariale de toute l'entreprise qui adhère. Il y a une disproportion énorme de moyens quand il faut, du côté des syndicats renseigner des salariés qui n'ont de formation sur leurs droits, du côté patronal renseigner des DRH qui sont déjà payer pour cela.
Effectivement il faut donner beaucoup plus de moyens aux syndicats de salariés français et aussi être incitatif pour leur regroupement pour que les moyens soient moins éparpillés et plus efficace pour les salariés
De RH60
17H27 | 09/10/2007 |
en effet les syndicats d'autres pays ont beaucoup plus de moyens par l'organisation politique, sociale. En France la répression anti-syndicale a été un fait moins avéré mais qui a marqué notre histoire. Les patronats ont entretenu les divisions, l'émiettement syndical. Pourquoi ne veulent-ils pas de grands syndicats ? Les règles de la négociation comme des droits concourrent à l'affaiblissement par la concurrence. Chaque syndicat a son service juridique, ses avocats pour quelle efficacité ?
En face les fédérations patronales et les grandes entreprises peuvent se payer tous les conseils. Les salariés subissent alors qu'ils devraient adhérer à l'organisation syndicla de leur choix. Etre adhérent à un syndicat devrait être un acte naturel de chaque salarié
à RH60
De Alain Colbert
18H26 | 09/10/2007 |
Brillant analyse !
J'ajouterai qu'historiquement, il a eu autrafois un syndicat unique, la confédération générale du travail contre lequel le patronat et les gouvernements de droite ont fait front dès 1881, après que le gouvernement à majorité radicale eut permis sa création, en suscitant des syndicats « jaunes » qui n'eurent aucun succès populaire, puis, dans les régions pratiquantes, des syndicats chrétiens qui se regrouperont dans la CFTC (qui fut laïcisée tardivement en CFDT).
Evidemment les patrons donnèrent aux non-syndiqués les mêmes avantages conquis par la grève des syndiqués pour décourager l'adhésion syndicale et cela réussit : il n'y a pas de petites économies quand on gagne à peine sa vie !
Après 1945, pour lutter contre la CGT, jugée pro-communiste, les Etats-Unis financèrent clandestinement, par la CIA, un syndicat qu'ils espéraient voir devenir un bastion anticommuniste, la CGT-FO.
Si nous n'oublions pas les enseignants qui créèrent leur propre fédération pour protester contre la désunion syndicale (sic) et les syndicats autonomes de professionnels très qualifiés se jugeant mal représentés par les fédérations généralistes, nous avons les syndicats d'aujourd'hui. Heureusement leur esprit n'est plus celui qu'avait voulu leur imposer leurs créateurs.
Cependant c'est l'histoire, le souvenir du passé qui les empêchent encore de fusionner en une super-confédération.
à Alain Colbert
De
23H15 | 09/10/2007 |
Ce dont vous parlez, c'est l'ordre institué à la libération par le Conseil National de la Résistance qui confie le monopole syndical à la CGT - mais De Gaulle dit, pas qu'à vous quand même ! - et à la CFTC.
Ils ont une présomption irréfragable de représentativité. Cela veut dire qu'ils n'ont pas à réunir les 5 critères prévus par la loi :
- expérience
- effectifs
- cotisations
- indépendance
- attitude patriotique pendant l'occupation, ils sont présumés représenter les salariés, qu'ils aient ou non des adhérents.
Autrement dit, même s'ils ne représentent personne, même s'il s'avérait qu'ils n'étaient pas indépendants, même s'ils ne réunissent plus de cotisation, même s'ils se coupent de leurs adhérents potentiels et perdent leur expérience, ils ont la capacité juridique de signer des accords et donc de légiférer pour tout le monde.
Alors évidemment, puisqu'ils n'ont pas besoin de réunir des adhérents et qu'on leur propose d'autres moyens d'existence, peu à peu ils se vident, ils deviennent des syndicats qui n'en sont plus, ils n'ont plus de compte à rendre à personne, parfois l'organisation devient une véritable coquille vide.
Alors la musique se règle automatiquement, il y a une organisation qui fait de l'agitation, qui appelle à la revendication, mais bon pas plus qu'il ne faut et puis…
On voit une personne seule débarquer de l'autre syndicat, elle signe l'accord et ce sera votre salaire de demain, vos conditions de travail, en bref votre niveau de vie.
C'est l'ordre social de la libération, et il est tellement pratique pour l'ordre établi, qu'il n'est pas prêt de changer.
à RH60
De
22H06 | 17/10/2007 |
« Les patronats ont entretenu les divisions, l'émiettement syndical. »
Très franchement, vous croyez qu'il y a besoin de l'intervention du patronat pour créer de l'émiettement syndical. Selon mon expérience, un syndicaliste passe l'essentiel de son temps à tirer dans les pattes des autres syndicats.
« Etre adhérent à un syndicat devrait être un acte naturel, de chaque salarié »
Eh bien, pour moi, ce sera non. Je n'adhèrerai pas à un syndicat, tant que les cotisations serviront à payer des permanents tire-au-flan, radotant des discours convenus.
De
23H21 | 09/10/2007 |
Quand vous avez de par la loi une présomption irréfragable de représentativité, vous n'avez même plus besoin de convaincre les gens de venir adhérer et de faire de leur organisation, l'organisation qui les représente et qui les défend. Même si vous n'avez personne, la loi accorde aux 5 centrales la capacité de signer les accords.
Et en plus vous n'avez pas de compte à rendre à des adhérents que vous n'avez pas. Vous signez un accord, il est désavantageux pour les salariés, il fait baisser les droits, les conditions de travail, qu'importe…
C'est vrai qu'il faut expliquer que tout le monde profite de ce que gagne le syndicat, donc du fait que les gens qui se sont organisés et qui se sont rassemblés pour défendre la valeur de leur travail.
Et certaines branches d'activité ont su le préserver, mais si peu…
Et si le syndicat ne gagne plus rien, il est évident que les gens n'ont plus envie d'adhérer, c'est là le cercle vicieux.
De
18H09 | 16/10/2007 |
» En France, il est interdit de réserver aux adhérents le bénéfice d'un accord. Les droits créés par l'action syndicale deviennent des droits communs à tous comme les allocations chômage, les conventions
collectives, les accords d'entreprise… »
tu as tout a fait raison et de la vient la faiblesse des syndicats,pourquoi cotiser si tu as les memes avantages que les non cotisant il ne viendrait pas a l'esprit d'une mutuelle de proteger les non adhérents