A débattre

Rue du prolétaire rouge : l'URSS et nous, trente ans après

Voici une histoire d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître ; un temps où l'on s'empaillait à la télévision française sur les mérites et défauts du système soviétique ; un temps où critiquer l'URSS signifiait s'exclure d'un parti communiste qui comptait ses pourcentages de voix à deux chiffres et tenait la dragée haute à un parti socialiste encore loin du pouvoir.

Pour nous ramener trente ans en arrière, les éditions de l'Aube ont eu l'excellente idée, à l'occasion du 90ème anniversaire de la révolution d'Octobre 1917, de republier un livre qui avait provoqué, à la fin des années 70, une sorte de « bataille d'Hernani » du soviétisme : « Rue du prolétaire rouge », un récit de deux ans en Union soviétique signé par Nina et Jean Kéhayan, alors tous deux membres actifs du PCF et revenus de Moscou sous le choc de la perte des illusions. A la publication de leur livre, ils firent face à un tir de barrage du Parti, toujours sous emprise Brejnevienne.

Point d'orgue de cette confrontation épique, Apostrophe, l'émission phare de la télévision française, animée par Bernard Pivot, qui mit face à face Nina et Jean Kéhayan, et deux intellectuels communistes, co-auteurs du livre « l'URSS et nous » qui résumait le niveau de critique acceptable aux yeux du PCF, Claude Frioux et Alexandre Adler, jeune et frisottant. Et en prime le dissident soviétique Vladimir Boukovski, rescapé du Goulag soviétique, libéré en échange du communiste chilien Luis Corvalan. A voir un extrait de cette émission en cliquant sur l'image ci-dessous.

Dans sa préface à la réédition, le journaliste Jacques Amalric, qui avait connu les Kéhayan alors qu'il était le correspondant du Monde à Moscou et est par la suite devenu leur ami, souligne que « l'intérêt et le mérite du livre de Nina et Jean Kéhayan, s'affirmant communistes et antisoviétiques, sont avant tout d'avoir mis face à ses contradictions l'appareil du parti communiste français, toujours profondément stalinien sans vouloir le reconnaître car il était alors engagé dans un processus d'union de la gauche avec un parti socialiste pour le moins complaisant à l'égard de l'URSS ».

Dans leur propre préface de l'époque, les Kéhayan parlent de « supercherie et duplicité » car si les leaders communistes de l'époque parlaient entre eux des dirigeants soviétiques « avec le plus profond mépris », ils acceptaient cette situation « comme un statu quo inéluctable, (…) un mal nécessaire », qu'il s'agisse du système policier ou de la dépolitisation des soviétiques. « Un peu comme si l'on avait admis une fois pour toutes que le peuple soviétique doit se sacrifier pour notre quiétude, que la légitimité de la Révolution d'Octobre est éternelle et que la voie qu'elle a tracée ne peut sous aucun prétexte être modifiée, même en présence de preuve irréfutables de trahison ».

Près de trente ans après, Jean Kéhayan, qui vit à Marseilles où il président le Club de la Presse, considère que cette polémique historique permet de comprendre ce qui est arrivé au PCF, qui n'est plus que l'ombre de lui-même (pour écouter l'interview cliquez sur l'îcone ci-dessous) :

Avec le regard d'aujourd'hui, on ne peut pas ne pas être frappé par la naïveté de ce jeune couple qui part à Moscou plein d'illusions, alors que, depuis longtemps, l'information sur la réalité soviétique est disponible pour qui veut la trouver. La réponse de Jean Kéhayan aujourd'hui :

L'ancien militant communiste porte un jugement extrêmement sévère sur son ancien parti, même débarrassé du « grand frère » soviétique.

« Rue du prolétaire rouge » est aussi un retour dans l'Union soviétique des années 70, une vision que Jean Kéhayan considère toujours pertinente pour comprendre la Russie d'aujourd'hui :

A lire pour savoir d'où on vient, à Paris comme à Moscou.

► Nina et Jean Kéhayan, Rue du prolétaire rouge. Avant-propos de Jacques Amalric. L'Aube, poche document. 2007. 229 p., 9,50€

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Portrait de Courageux anonyme

De

11H53 | 03/10/2007 | Permalien

Plus qu'une époque que les trentenaires n'ont pu connaitre, il faut surtout dire que c'était « une époque », voilà tout. Le PCF se justifiait presque, le PS lui-même était un alibi.

Mais il faut aussi se reporter aux conditions de vie difficiles de cette époque. Quoiqu'il en soit je ne prendrai jamais la défense du PCF, car comme vous le dites si bien en intro, critiquer c'était s'exclure.

Pour ma part, je me rappelle vaguement Duclos mais surtout Marchais. Quand Marchais a demandé à Giscard de freiner sur l'immigration qui était régulière en ce temps-là, ce qui montre bien la déliquescence de l'état de droite RPR/UMP, quand Marchais a osé dire sur la Une qu'il fallait mettre un terme à l'immigration, boudiou … le froid a glacé le plateau. Personne n'a rien compris. Il a été mis sur la touche par le « Parti ». Revenant s'expliquer plus tard, il a osé dévoiler une chose impensable, c'était que cette demande lui était faite par les ouvriers immigrés eux-mêmes, qui commençaient à avoir des craintes pour leur emploi menacé par une vague d'immigrants sans précédent et continue.

Je vous assure que c'était hallucinant, car ce type a été mis sur la touche pour avoir dit une chose évidente, qui se vérifie encore aujourd'hui. Marchais n'était pas un prophétique, mais un visionnaire. Et c'est parce qu'il était le seul visionnaire au PCF que le PCF est aujourd'hui un parti en voie de disparition.

Une autre anecdote croustillante aussi dont je me rappelle, un jour les Soviets lancent un gros pavé dans la mare médiatique de l'époque, disant que les Français sont un peuple aux origines mixtes donc douteuses. Une délégation de communistes a dû se rendre à la maison mère pour demander des excuses officielles, mais ça leur a pris un temps de réaction, les cocos ne savaient plus comment réagir.

En fait, tous ces faits qui semblent mineurs mis bout à bout, on retrouve toutes les raisons qui ont mené le PCF à la quasi non-existence. Les communistes étaient loin d'être des anges et des culs-bénis, il se trouvait dans ce parti beaucoup de racistes, des gens qui vous disaient les yeux dans les yeux et sans honte « un tel est moins qu'un arabe » « en bas de l'échelle sociale des migrants il y a les noirs » ils disaient ensuite la même chose des asiatiques.

Ils ont contribué à leur disparition, ceux qui ont survécu sont au FN et maintenant à l'UMP.

Je ne soutiens que les députés communistes des régions car eux sont du terrain et souvent des gens de la terre. Buffet est une brave femme, elle a été ministre et un bon ministre, mais elle n'a pas compris que son score est essentiellement dû à ce que les électeurs d'origine immigrée sont allés voter UMP.

Les PCF parisiens sont bien trop loin des réalités. Ils pensent qu'il leur suffit de lever le poing et parler des ouvriers pour récolter des voix, sauf que des ouvriers il n'y en a plus en France, sauf en province.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H46 | 03/10/2007 | Permalien

Très beau témoignage, merci !

Portrait de Courageux anonyme

De

16H31 | 03/10/2007 | Permalien

J » ai travaillé en URSS il y 27 ans . J'y suis allé après avoir lu ce livre : c'est très en dessous de la vérité que j'y ai vécu. La lecture de ce livre m'a permis de prendre du recul sur ce que je vivais.

Lorsque Georges MARCHAIS ( secrétaire du parti communiste français) à dit que l'URSS c'était « globalement positif », j'ai voulu jeter le poste de télé par la fenêtre…mais il faisait -30°C.
Mon premier contact avec un travailleur « d'élite“(il avait sa photo de 2m x 3m à l'entrée de l'usine) : nièt dingui , nièt rabote (en FRENCH pas d'argent, pas de travail…- ça aurait plu a notre président).
Mon premier défilé protestataire (avec pancarte), je l'ai fait dans l'usine où je bossais ( pas de viande,..)
J'en passe, et des meilleurs…

Les gens qui n'ont pas fait la ‘campagne de russie’ ne peuvent imaginer la vie de misère intellectuelle et matérielle de la très grande majorité des soviétiques.
Le racisme lattant et l'immense mépris entre les gens de différentes conditions sociales ( paysans, ouvriers , caucasiens,russe, non russe,…)explique leurs problèmes d'aujourd'hui.
Ceux qui ne l'ont pas remarqué étaient trop ivre ou entre des mains douces et expertes. Moi c'était les deux, mais j'avais toujours un oeil ouvert…

Ce système de mensonge et de violence institutionnel a créé une nouvelle race d'humanoïde.
Nombreux viennent ce faire bronzer à St Tropez.

Nina et Jean : GROSSES BISES….

Portrait de Courageux anonyme

De

23H21 | 03/10/2007 | Permalien

1. Ca flingue sur les retraites des députés
Après que Fillon, Ségolène et quelques autres plutôt nerveux entre eux se sont joué « Ok Coral à l'Assemblée » sur les retraites des députés, le journal Le Monde n'a pas pu faire moins que de nous expliquer avec sobriété comment ça marchait. Le Monde sait en effet évoquer ces choses, le faire avec doigté, presque à l'étouffée.
Vous pouvez, vite fait, lire en ligne l'article de référence cité pendant qu'il y est encore provisoirement disponible :
Cf. Le fonctionnement des régimes de retraite des parlementaires (Le Monde 17 09 06)
http://www.lemonde.fr/web/article/0
Vous saurez comment le député double-cotise obligatoirement les premières années. Vous saurez qu'il ne peut toucher sa retraite qu'à partir de 60 ans et non plus 55 ans comme avant (ce qui doit susciter votre admiration).et vous saurez que la « retraite moyenne » des députés est de 3 294,71 € par mois (ce qui doit vous faire pleurer). C'est bien sûr aussi une manière pour finir de se payer votre fiole, car ce n'est pas la « retraite moyenne » qui est bien sûr pertinente, mais la retraite pleine obtenue après 40 annuités normales de cotisations lesquelles peuvent être acquittées sur 20 ans si vous souhaitez.
L'indemnité parlementaire se montant à 6 891,96 euros bruts (« petits cadeaux compris », cf. infra), vous avez au détail près -comme dirait l'autre- l'approximative hauteur de la pension du pro ayant fait sa carrière complète dans la maison.
2. Ca schlingue sur leurs indemnités
En fait, les plumitifs des journaux ne sont jamais très salauds avec les hommes politiques. C'est une règle traditionnelle : d'une part ils doivent avoir de plutôt bonnes manières, d'autre part ce n'est pas à eux de penser et agiter l'avenir.
Un sale con reprocherait ici à l'article du Monde de resucer le site officiel de l'Assemblée nationale de façon peu malicieuse et de ne pas s'étendre sur les aspects financiers exacts du métier de député (la gratte, le job de la maîtresse, du gamin pas doué, les séances de nuit, etc. etc..
En fait, le député est un ognon, un gros ognon, qui se décline en plusieurs couches (nous vous en avions donné un aperçu synoptique il y a quelques mois déjà et vous pourrez suivre aussi avec nous le décompte précis des choses sur le site Assemblée :
http://ocsena.ouvaton.org/article.p
http://www.assemblee-nationale.fr/c
Le député 1ère pelure. Indemnité parlementaire
Depuis le 1er juillet 2006, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes : Indemnité de base 5352, 97 € + indemnité de résidence 160, 59 € + indemnité de fonction 1378, 39 € = total brut mensuel 6891, 96 €
2e pelure. Frais de mandat
Pour faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat qui ne sont pas directement pris en charge ou remboursés par l'Assemblée, les députés bénéficient d'une « indemnité représentative de frais de mandat dont le montant est revalorisé comme les traitements de la fonction publique. Depuis le 1er juillet 2006, le montant mensuel de cette indemnité est de 6.223 € brut.
……………………….
Ajouter l'une à l'autre les deux premières pelures (6891,96 + 6223), ça fait déjà bonbon. Mais rassurez-vous ce n'est pas terminé.
……………………….
3e pelure Exercice d » un mandat local.
Aux termes de la loi organique n° 92-175 du 25 février 1992, le député titulaire de mandats ou fonctions électorales locales ne peut cumuler les indemnités afférentes à ces mandats ou fonctions avec son indemnité parlementaire de base que dans la limite d'une fois et demie cette dernière. De telles indemnités sont actuellement ainsi plafonnées pour un député à 2.676,49 € par mois.
4e pelure. Collaborateurs
Les députés disposent en outre d'un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs. Calculé en principe pour trois, il peut toutefois, au gré du député, être versé au profit d'un nombre de personnes variant de un à cinq. Le député a la qualité d'employeur : il recrute, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel. Le crédit ouvert pour chaque député est revalorisé comme les traitements de la fonction publique. A partir du 1er juillet 2006, le montant mensuel du crédit est de 8.859 €. En cas de non emploi de la totalité du crédit, la part disponible demeure acquise au budget de l'Assemblée nationale ou peut être cédée par le député à son groupe politique pour la rémunération d'employés de ce groupe.
5e pelure . Facilités
Les facilités de circulation Déplacements sur l'ensemble du territoire national par voie ferroviaire L'Assemblée nationale délivre à tous les députés une carte nominative qui permet l'accès gratuit :
à l'ensemble du réseau S.N.C.F. en 1ère classe,
aux prestations de couchage (couchettes et voitures-lits), liées aux déplacements à l'intérieur des frontières de la métropole.
Déplacements à Paris et dans la région parisienne L'Assemblée dispose d'un parc d'une vingtaine de voitures affectées en priorité aux déplacements des délégations officielles ainsi qu'aux déplacements imposés par les travaux législatifs. Il répond, dans la mesure du possible, aux déplacements des députés liés à leurs autres obligations et effectués à partir du Palais Bourbon dans Paris ou à destination des aéroports. En outre, l'Assemblée nationale fait appel aux taxis parisiens lorsque le parc n'est pas en mesure de répondre à toutes les demandes.
Déplacements aériens L'Assemblée nationale prend en charge chaque année
s'agissant des députés métropolitains :
quarante voyages aller et retour entre Paris et la circonscription lorsqu'elle est desservie par une ligne aérienne régulière (quatre-vingts passages « circonscription »),
six voyages aller et retour en France métropolitaine, hors circonscription ;
s'agissant des députés d'outre-mer :
un crédit annuel égal, pour les députés des départements, au coût de vingt-six passages en classe club-affaires entre Paris et la circonscription et, pour les députés des territoires et collectivités territoriales, au coût de seize passages en première classe entre Paris et la circonscription ;
quatre voyages aller et retour en France métropolitaine.
Logement. L'Assemblée dispose d'un droit de réservation pour quelques appartements I.L.N. à louer à Paris.
Elle attribue des prêts pour l'acquisition d'un logement ou d'un local à usage de bureau ou de permanence, soit à Paris, soit dans la circonscription. Le montant moyen des prêts consentis aux députés, d'une durée de 10 ans à 2 %, s'élève à 76.225 € .
Elle possède à proximité du Palais Bourbon un immeuble à usage hôtelier où les parlementaires peuvent réserver des chambres à leurs frais.
Les dépenses de téléphone, courrier, télécopieur. Les communications, à destination de l'ensemble du réseau métropolitain, passées à partir du poste téléphonique installé dans le bureau des députés, au Palais Bourbon, sont prises en charge par l'Assemblée nationale. Les messages transmis par les télécopieurs mis à la disposition des députés sont également pris en charge. Les députés peuvent aussi bénéficier, sur demande, d'un forfait global de communication qui permet de prendre en charge, dans la limite du forfait téléphonique parlementaire, les frais relatifs à cinq lignes téléphoniques (fixes ou mobiles) et un abonnement d'accès à Internet, ou à quatre lignes téléphoniques et deux abonnements d'accès à Internet
Courrier. Les correspondances de nature parlementaire c'est-à-dire écrites par un député pour l'accomplissement de son mandat législatif, sont affranchies aux frais de l'Assemblée nationale. Ne bénéficient pas de cet affranchissement :
les correspondances d'ordre privé,
les correspondances présentant un caractère général ou collectif (invitations, faire-part, cartes de visites, imprimés, tracts, appels à des souscriptions, journaux).
3. Conclusion
On n'arrivera sans doute jamais en France à mettre vraiment à plat démocratiquement cette question des indemnités, avantages, retraites des députés et autres parlementaires.
Les députés, tout comme les journalistes qui semblent s'employer à taire les choses connues, se sentiront suspectés, pris pour des pourris.
En retour, les citoyens se sentiront excédentaires dans la démocratie faite pour eux. L'idéal nouveau, c'est sans doute la démocratie mais sans les citoyens.
*****************
Ce que gagne chaque parlementaire

- 80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels, soit 577 députés nationaux, 78 députés européens et 346 sénateurs (ils étaient 321 jusqu'à l'année dernière…) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois, voire davantage !

En tant que député, il perçoit 21.434 € par mois (140.609 francs) :

- à titre personnel, le député empoche au moins 12.881,39 € ( 84.501 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.112 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 8.553 €

En tant que sénateur, il perçoit 21.420 € par mois (140.518 francs) :

- à titre personnel, le sénateur empoche au moins 13.219,65 € (86.720 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.450,26 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 6.894,51 €
- subvention mensuelle groupe politique : 1.306,36 €

(1) Crédits « collaborateurs » : un parlementaire peut recruter y compris des membres de sa famille (épouse, enfants, proches parents, etc…). Une bonne partie d'entre eux ne s'en privent pas !
A ces montants s'ajoutent de nombreux autres avantages ou « facilités » :

- frais de transport gratuit,
- téléphone et courrier gratuits,
- internet gratuit,
- frais d'hôtel remboursés 100 € (656 francs) par jour, etc…

=> Le sénateur bénéficie d'emprunts immobiliers jusqu'à 152.000 € (1 million de francs) au taux ridiculement bas de 3% sur 18 ans.

=> Le député bénéficie de prêts immobiliers, jusqu'à 76.225 € (500.000 francs) à des taux dérisoires : 2% sur 10 ans.

=> Une allocation mensuelle d'aide au retour à l'emploi : 5.257,78 € ! ! !

A l'instar du système prévu pour les anciens ministres, les anciens députés non réélus aux élections générales peuvent prétendre jusqu'à l'expiration du sixième mois qui suit la fin de la législature à une allocation d'aide au retour à l'emploi qui leur assure, compte tenu des rémunérations d'activité ou de retraites qu'ils perçoivent par ailleurs, un revenu brut mensuel égal à l'indemnité parlementaire de base. Cette allocation est ensuite réduite progressivement.
=> Une retraite à taux plein après 20 ans de cotisations seulement. Un député peut prendre sa retraite à 55 ans. Cette pension est cumulable avec les autres retraites.

=> 50% des revenus des parlementaires échappent à l'impôt.

Les autres sources de revenus des parlementaires

- L'indemnité mensuelle de conseiller général ou régional, de 1.435 à 2.511 € (9.411 à 16.470 francs), suivant les régions ou départements. Un fauteuil de vice-président donne droit à une majoration de 40%…

- L'indemnité mensuelle de maire, ou adjoint (40% du montant) : 610 € (4.000 francs) pour une commune de moins de 500 habitants, 2.500 € (16.400 francs) pour une ville de 5.000 à 10.000 habitants, 3.228 € (21.176 francs) pour une ville de 20.000 habitants, 5.201 € (34.117 francs) pour une ville de 100.000 habitants ou plus…

- L'indemnité mensuelle de président de conseil régional ou général : 5.165 € (33.880 francs), avec, en plus, un appartement de fonction luxueux, une voiture de forte cylindrée et chauffeur de maître…

- L'indemnité mensuelle de président de communauté de communes : 75% de l'indemnité de maire ou adjoint…

Cumul des mandats, une affaire juteuse !

Bien que la loi du 25 février 1992 limite le cumul des indemnités à une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire de base, ce qui porte le maximum perçu en cas de cumul à 7.886,67 € nets (51.736 francs), celle-ci ne représente qu'une partie des émoluments. Le cumulard reste largement gagnant en dépassant très souvent les 15.000 euros (100.000 francs) mensuels avec les indemnités complémentaires diverses (indemnité de résidence, de fonctions, de secrétariat, de collaborateurs, sans compter les multiples avantages en nature et autres facilités (courrier, téléphone, transports, etc…).
Utilisation scandaleuse des sommes excédant le plafond des cumulards

Contrairement à ce que la logique voudrait, au lieu de rester dans les fonds publics, le surplus, au delà du plafond de 7.886,67 €, est redistribué par le cumulard lui-même, à sa discrétion, à ses copains élus du même parti ou de la même assemblée.

Les parlementaires contournent ainsi, le plus « légalement » du monde, la limitation des revenus qu'est censée imposer la loi sur le cumul des mandats. Députés et sénateurs confondus auraient fait encaisser à leur parti, grâce à ce système de financement occulte, plus de 50 millions d'euros en 2004.

Il est loin, très, très loin, le temps où les parlementaires français, désintéressés, faisaient de la politique mûs par la seule passion de servir leur pays et leurs concitoyens.
Aujourd'hui, être élu député ou sénateur est une affaire juteuse. D'autant plus lucrative qu'elle n'empêche pas (ou presque) de cumuler d'autres revenus provenant de divers mandats locaux ou fonctions exécutives.
Une nouvelle caste de privilégiés ponctionne donc la République sans vergogne, pendant que 10 millions de Français tirent le diable par la queue et que des millions d'autres peinent à joindre les deux bouts.

300 millions d'euros (2,6 milliards de francs) : c'est l'économie annuelle que l'Etat pourrait réaliser en supprimant le Sénat. De Gaulle, en 1969, avait contesté son utilité…

4.000 conseillers généraux inutiles. 2.500 structures intercommunales qui font double-emploi avec les 31.424 communes regroupées (sur 36.600)

Au niveau local, il existe des structures inutiles qui font également double emploi. C'est le cas des Conseils généraux avec les Conseils régionaux. Un conseiller général coûte en moyenne plus de 3.000 euros par mois, sans compter les frais de fonctionnement du Conseil général. Pourquoi entretenir près de 4.000 conseillers généraux, très peu « accaparés » par la gestion de leur département, alors que les 1.880 conseillers régionaux (peu occupés par leur mandat) pourraient parfaitement se charger de cette tâche ?

Depuis 2000, 2.461 groupements de communes et autres EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) se sont superposés aux communes en s'attribuant certaines de leurs compétences. Les élus cumulards y ont trouvé une source de revenus supplémentaires. Les quelque 10.000 présidents et vice-présidents de ces EPCI étant désormais rémunérés à hauteur de 75% des indemnités de maire ou d'adjoint, ils se font une gratte de 2.000 à 3.000 euros par mois… sans aucun effort !

Les élus : une caste de profiteurs inefficaces

Les mêmes, qui prétendent imposer des sacrifices aux plus faibles, n'ont cessé au cours des dernières années d'augmenter leurs indemnités :
+ 70% pour les ministres en 2002
+ 60 % pour les députés et sénateurs depuis 1994
+ 40% pour les maires et maires adjoints depuis 2000

Autre aberration spécifiquement française : le cumul des mandats et des fonctions

80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels (577 députés, 78 députés européens, 346 sénateurs) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois !

1. Ca flingue sur les retraites des députés
Après que Fillon, Ségolène et quelques autres plutôt nerveux entre eux se sont joué « Ok Coral à l'Assemblée » sur les retraites des députés, le journal Le Monde n'a pas pu faire moins que de nous expliquer avec sobriété comment ça marchait. Le Monde sait en effet évoquer ces choses, le faire avec doigté, presque à l'étouffée.
Vous pouvez, vite fait, lire en ligne l'article de référence cité pendant qu'il y est encore provisoirement disponible :
Cf. Le fonctionnement des régimes de retraite des parlementaires (Le Monde 17 09 06)
http://www.lemonde.fr/web/article/0
Vous saurez comment le député double-cotise obligatoirement les premières années. Vous saurez qu'il ne peut toucher sa retraite qu'à partir de 60 ans et non plus 55 ans comme avant (ce qui doit susciter votre admiration).et vous saurez que la « retraite moyenne » des députés est de 3 294,71 € par mois (ce qui doit vous faire pleurer). C'est bien sûr aussi une manière pour finir de se payer votre fiole, car ce n'est pas la « retraite moyenne » qui est bien sûr pertinente, mais la retraite pleine obtenue après 40 annuités normales de cotisations lesquelles peuvent être acquittées sur 20 ans si vous souhaitez.
L'indemnité parlementaire se montant à 6 891,96 euros bruts (« petits cadeaux compris », cf. infra), vous avez au détail près -comme dirait l'autre- l'approximative hauteur de la pension du pro ayant fait sa carrière complète dans la maison.
2. Ca schlingue sur leurs indemnités
En fait, les plumitifs des journaux ne sont jamais très salauds avec les hommes politiques. C'est une règle traditionnelle : d'une part ils doivent avoir de plutôt bonnes manières, d'autre part ce n'est pas à eux de penser et agiter l'avenir.
Un sale con reprocherait ici à l'article du Monde de resucer le site officiel de l'Assemblée nationale de façon peu malicieuse et de ne pas s'étendre sur les aspects financiers exacts du métier de député (la gratte, le job de la maîtresse, du gamin pas doué, les séances de nuit, etc. etc..
En fait, le député est un ognon, un gros ognon, qui se décline en plusieurs couches (nous vous en avions donné un aperçu synoptique il y a quelques mois déjà et vous pourrez suivre aussi avec nous le décompte précis des choses sur le site Assemblée :
http://ocsena.ouvaton.org/article.p
http://www.assemblee-nationale.fr/c
Le député 1ère pelure. Indemnité parlementaire
Depuis le 1er juillet 2006, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes : Indemnité de base 5352, 97 € + indemnité de résidence 160, 59 € + indemnité de fonction 1378, 39 € = total brut mensuel 6891, 96 €
2e pelure. Frais de mandat
Pour faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat qui ne sont pas directement pris en charge ou remboursés par l'Assemblée, les députés bénéficient d'une « indemnité représentative de frais de mandat dont le montant est revalorisé comme les traitements de la fonction publique. Depuis le 1er juillet 2006, le montant mensuel de cette indemnité est de 6.223 € brut.
……………………….
Ajouter l'une à l'autre les deux premières pelures (6891,96 + 6223), ça fait déjà bonbon. Mais rassurez-vous ce n'est pas terminé.
……………………….
3e pelure Exercice d » un mandat local.
Aux termes de la loi organique n° 92-175 du 25 février 1992, le député titulaire de mandats ou fonctions électorales locales ne peut cumuler les indemnités afférentes à ces mandats ou fonctions avec son indemnité parlementaire de base que dans la limite d'une fois et demie cette dernière. De telles indemnités sont actuellement ainsi plafonnées pour un député à 2.676,49 € par mois.
4e pelure. Collaborateurs
Les députés disposent en outre d'un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs. Calculé en principe pour trois, il peut toutefois, au gré du député, être versé au profit d'un nombre de personnes variant de un à cinq. Le député a la qualité d'employeur : il recrute, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel. Le crédit ouvert pour chaque député est revalorisé comme les traitements de la fonction publique. A partir du 1er juillet 2006, le montant mensuel du crédit est de 8.859 €. En cas de non emploi de la totalité du crédit, la part disponible demeure acquise au budget de l'Assemblée nationale ou peut être cédée par le député à son groupe politique pour la rémunération d'employés de ce groupe.
5e pelure . Facilités
Les facilités de circulation Déplacements sur l'ensemble du territoire national par voie ferroviaire L'Assemblée nationale délivre à tous les députés une carte nominative qui permet l'accès gratuit :
à l'ensemble du réseau S.N.C.F. en 1ère classe,
aux prestations de couchage (couchettes et voitures-lits), liées aux déplacements à l'intérieur des frontières de la métropole.
Déplacements à Paris et dans la région parisienne L'Assemblée dispose d'un parc d'une vingtaine de voitures affectées en priorité aux déplacements des délégations officielles ainsi qu'aux déplacements imposés par les travaux législatifs. Il répond, dans la mesure du possible, aux déplacements des députés liés à leurs autres obligations et effectués à partir du Palais Bourbon dans Paris ou à destination des aéroports. En outre, l'Assemblée nationale fait appel aux taxis parisiens lorsque le parc n'est pas en mesure de répondre à toutes les demandes.
Déplacements aériens L'Assemblée nationale prend en charge chaque année
s'agissant des députés métropolitains :
quarante voyages aller et retour entre Paris et la circonscription lorsqu'elle est desservie par une ligne aérienne régulière (quatre-vingts passages « circonscription »),
six voyages aller et retour en France métropolitaine, hors circonscription ;
s'agissant des députés d'outre-mer :
un crédit annuel égal, pour les députés des départements, au coût de vingt-six passages en classe club-affaires entre Paris et la circonscription et, pour les députés des territoires et collectivités territoriales, au coût de seize passages en première classe entre Paris et la circonscription ;
quatre voyages aller et retour en France métropolitaine.
Logement. L'Assemblée dispose d'un droit de réservation pour quelques appartements I.L.N. à louer à Paris.
Elle attribue des prêts pour l'acquisition d'un logement ou d'un local à usage de bureau ou de permanence, soit à Paris, soit dans la circonscription. Le montant moyen des prêts consentis aux députés, d'une durée de 10 ans à 2 %, s'élève à 76.225 € .
Elle possède à proximité du Palais Bourbon un immeuble à usage hôtelier où les parlementaires peuvent réserver des chambres à leurs frais.
Les dépenses de téléphone, courrier, télécopieur. Les communications, à destination de l'ensemble du réseau métropolitain, passées à partir du poste téléphonique installé dans le bureau des députés, au Palais Bourbon, sont prises en charge par l'Assemblée nationale. Les messages transmis par les télécopieurs mis à la disposition des députés sont également pris en charge. Les députés peuvent aussi bénéficier, sur demande, d'un forfait global de communication qui permet de prendre en charge, dans la limite du forfait téléphonique parlementaire, les frais relatifs à cinq lignes téléphoniques (fixes ou mobiles) et un abonnement d'accès à Internet, ou à quatre lignes téléphoniques et deux abonnements d'accès à Internet
Courrier. Les correspondances de nature parlementaire c'est-à-dire écrites par un député pour l'accomplissement de son mandat législatif, sont affranchies aux frais de l'Assemblée nationale. Ne bénéficient pas de cet affranchissement :
les correspondances d'ordre privé,
les correspondances présentant un caractère général ou collectif (invitations, faire-part, cartes de visites, imprimés, tracts, appels à des souscriptions, journaux).
3. Conclusion
On n'arrivera sans doute jamais en France à mettre vraiment à plat démocratiquement cette question des indemnités, avantages, retraites des députés et autres parlementaires.
Les députés, tout comme les journalistes qui semblent s'employer à taire les choses connues, se sentiront suspectés, pris pour des pourris.
En retour, les citoyens se sentiront excédentaires dans la démocratie faite pour eux. L'idéal nouveau, c'est sans doute la démocratie mais sans les citoyens.
*****************
Ce que gagne chaque parlementaire

- 80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels, soit 577 députés nationaux, 78 députés européens et 346 sénateurs (ils étaient 321 jusqu'à l'année dernière…) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois, voire davantage !

En tant que député, il perçoit 21.434 € par mois (140.609 francs) :

- à titre personnel, le député empoche au moins 12.881,39 € ( 84.501 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.112 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 8.553 €

En tant que sénateur, il perçoit 21.420 € par mois (140.518 francs) :

- à titre personnel, le sénateur empoche au moins 13.219,65 € (86.720 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.450,26 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 6.894,51 €
- subvention mensuelle groupe politique : 1.306,36 €

(1) Crédits « collaborateurs » : un parlementaire peut recruter y compris des membres de sa famille (épouse, enfants, proches parents, etc…). Une bonne partie d'entre eux ne s'en privent pas !
A ces montants s'ajoutent de nombreux autres avantages ou « facilités » :

- frais de transport gratuit,
- téléphone et courrier gratuits,
- internet gratuit,
- frais d'hôtel remboursés 100 € (656 francs) par jour, etc…

=> Le sénateur bénéficie d'emprunts immobiliers jusqu'à 152.000 € (1 million de francs) au taux ridiculement bas de 3% sur 18 ans.

=> Le député bénéficie de prêts immobiliers, jusqu'à 76.225 € (500.000 francs) à des taux dérisoires : 2% sur 10 ans.

=> Une allocation mensuelle d'aide au retour à l'emploi : 5.257,78 € ! ! !

A l'instar du système prévu pour les anciens ministres, les anciens députés non réélus aux élections générales peuvent prétendre jusqu'à l'expiration du sixième mois qui suit la fin de la législature à une allocation d'aide au retour à l'emploi qui leur assure, compte tenu des rémunérations d'activité ou de retraites qu'ils perçoivent par ailleurs, un revenu brut mensuel égal à l'indemnité parlementaire de base. Cette allocation est ensuite réduite progressivement.
=> Une retraite à taux plein après 20 ans de cotisations seulement. Un député peut prendre sa retraite à 55 ans. Cette pension est cumulable avec les autres retraites.

=> 50% des revenus des parlementaires échappent à l'impôt.

Les autres sources de revenus des parlementaires

- L'indemnité mensuelle de conseiller général ou régional, de 1.435 à 2.511 € (9.411 à 16.470 francs), suivant les régions ou départements. Un fauteuil de vice-président donne droit à une majoration de 40%…

- L'indemnité mensuelle de maire, ou adjoint (40% du montant) : 610 € (4.000 francs) pour une commune de moins de 500 habitants, 2.500 € (16.400 francs) pour une ville de 5.000 à 10.000 habitants, 3.228 € (21.176 francs) pour une ville de 20.000 habitants, 5.201 € (34.117 francs) pour une ville de 100.000 habitants ou plus…

- L'indemnité mensuelle de président de conseil régional ou général : 5.165 € (33.880 francs), avec, en plus, un appartement de fonction luxueux, une voiture de forte cylindrée et chauffeur de maître…

- L'indemnité mensuelle de président de communauté de communes : 75% de l'indemnité de maire ou adjoint…

Cumul des mandats, une affaire juteuse !

Bien que la loi du 25 février 1992 limite le cumul des indemnités à une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire de base, ce qui porte le maximum perçu en cas de cumul à 7.886,67 € nets (51.736 francs), celle-ci ne représente qu'une partie des émoluments. Le cumulard reste largement gagnant en dépassant très souvent les 15.000 euros (100.000 francs) mensuels avec les indemnités complémentaires diverses (indemnité de résidence, de fonctions, de secrétariat, de collaborateurs, sans compter les multiples avantages en nature et autres facilités (courrier, téléphone, transports, etc…).
Utilisation scandaleuse des sommes excédant le plafond des cumulards

Contrairement à ce que la logique voudrait, au lieu de rester dans les fonds publics, le surplus, au delà du plafond de 7.886,67 €, est redistribué par le cumulard lui-même, à sa discrétion, à ses copains élus du même parti ou de la même assemblée.

Les parlementaires contournent ainsi, le plus « légalement » du monde, la limitation des revenus qu'est censée imposer la loi sur le cumul des mandats. Députés et sénateurs confondus auraient fait encaisser à leur parti, grâce à ce système de financement occulte, plus de 50 millions d'euros en 2004.

Il est loin, très, très loin, le temps où les parlementaires français, désintéressés, faisaient de la politique mûs par la seule passion de servir leur pays et leurs concitoyens.
Aujourd'hui, être élu député ou sénateur est une affaire juteuse. D'autant plus lucrative qu'elle n'empêche pas (ou presque) de cumuler d'autres revenus provenant de divers mandats locaux ou fonctions exécutives.
Une nouvelle caste de privilégiés ponctionne donc la République sans vergogne, pendant que 10 millions de Français tirent le diable par la queue et que des millions d'autres peinent à joindre les deux bouts.

300 millions d'euros (2,6 milliards de francs) : c'est l'économie annuelle que l'Etat pourrait réaliser en supprimant le Sénat. De Gaulle, en 1969, avait contesté son utilité…

4.000 conseillers généraux inutiles. 2.500 structures intercommunales qui font double-emploi avec les 31.424 communes regroupées (sur 36.600)

Au niveau local, il existe des structures inutiles qui font également double emploi. C'est le cas des Conseils généraux avec les Conseils régionaux. Un conseiller général coûte en moyenne plus de 3.000 euros par mois, sans compter les frais de fonctionnement du Conseil général. Pourquoi entretenir près de 4.000 conseillers généraux, très peu « accaparés » par la gestion de leur département, alors que les 1.880 conseillers régionaux (peu occupés par leur mandat) pourraient parfaitement se charger de cette tâche ?

Depuis 2000, 2.461 groupements de communes et autres EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) se sont superposés aux communes en s'attribuant certaines de leurs compétences. Les élus cumulards y ont trouvé une source de revenus supplémentaires. Les quelque 10.000 présidents et vice-présidents de ces EPCI étant désormais rémunérés à hauteur de 75% des indemnités de maire ou d'adjoint, ils se font une gratte de 2.000 à 3.000 euros par mois… sans aucun effort !

Les élus : une caste de profiteurs inefficaces

Les mêmes, qui prétendent imposer des sacrifices aux plus faibles, n'ont cessé au cours des dernières années d'augmenter leurs indemnités :
+ 70% pour les ministres en 2002
+ 60 % pour les députés et sénateurs depuis 1994
+ 40% pour les maires et maires adjoints depuis 2000

Autre aberration spécifiquement française : le cumul des mandats et des fonctions

80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels (577 députés, 78 députés européens, 346 sénateurs) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois !

Portrait de Courageux anonyme

De

09H20 | 04/10/2007 | Permalien

surement intéressant, mais je ne lirais pas.

Portrait de Courageux anonyme

De

07H23 | 04/10/2007 | Permalien

C'était l'époque ou des « poètes », dont des rues portent aujourd'hui le nom, en poussaient d'autres au suicide…

Portrait de Courageux anonyme

De

09H55 | 04/10/2007 | Permalien

pourriez en dire plus, svp ?

Portrait de pierrejcallard

De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 08H15 | 04/10/2007 | Permalien

Sans doute pas tres folichonne la vie en URSS durant la guerre froide. Mais il faudrait se souvenir que c'est la presence d'une force militaire crédible à l'Est qui empêchait le dérapage à Droite qui donne aujourd'hui l'Irak et quelques autres bavures de politique interne.

http://nouvellesociete.org/405.html

Pierre JC Allard

Portrait de Courageux anonyme

à pierrejcallard Portrait de pierrejcallard De

09H54 | 04/10/2007 | Permalien

le viet nam c'etait pas mal non plus…

Portrait de Courageux anonyme

De

09H16 | 04/10/2007 | Permalien

MG Buffet n'a t elle pas été à la formation des cadres du parti sous Marchais ? quelqu'un a des infos la dessus ?

Portrait de Courageux anonyme

De

12H18 | 04/10/2007 | Permalien

Je n'ai pas d'information sur la formation des cadres.
Par contre, j'en ai sur la création des tableaux.
Ainsi, par son adhésion au PCF, Picasso a donné une connotation à ce parti autre que le stalinisme bas du front.

léo

Portrait de Courageux anonyme

De

12H14 | 03/10/2007 | Permalien

un temps où l'on s'empaillait à la télévision française sur les mérites et défauts du système soviétique…

s'empaillait ? ?

je ne comprends pas l'expression. « S'empoignait » peut être ?

Portrait de Succédané

De Succédané

Qui n'est pas mais pourrait l'être | 13H01 | 03/10/2007 | Permalien

Ou alors il faut comprendre qu'à cette époque il y avait beaucoup d'empaillés à la télé ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

19H16 | 03/10/2007 | Permalien

je suggère

« s'empalait » (barbare mais spectacle TV garanti)
« s'empilait » (style faites l'amour pas la guerre)
« s'épilait » me semble hors sujet
« s'épaulait » donnerait un sens contradictoire
« s'épouillait » en référence à la grande ménagerie ?
« s'époumonnait »
« s'épiait »

un temps où l'on sent piailler à la télévision ?

Portrait de Courageux anonyme

De

08H18 | 04/10/2007 | Permalien

« s'empailler » est pourtant un mot bien français et souvent employé (faites en la requête sur google et vous verrez) qui signifie se disputer.

Voir ici : http://fr.answers.com/topic/empailler-1

Portrait de Courageux anonyme

De

12H44 | 03/10/2007 | Permalien

Quelle est la différence entre « communiste » et « stalinien » ?
30 ans après, je n'en vois toujours pas.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H10 | 03/10/2007 | Permalien

Cet argument, comme le clou sur lequel on tape, est depuis longtemps bien enfoncé.
A persister ainsi vous risquez immanquablement vous taper sur vos doigts.

Portrait de zorbec

De zorbec

retraité | 16H17 | 03/10/2007 | Permalien

si vous ne voyez pas la difference entre communiste et stalinien vous devez vous renseigner aupres des historiens du PCF,mais à titre indicatif je peux vous assurer qu'il y en à beaucoup plus qu'entre sarkosiste et front national ! ! ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

16H53 | 03/10/2007 | Permalien

UN exemple

Vous entendez beaucoup, en ce moment parler de la sécurité sociale, des franchises…

tout ça tout ça

donc venons en à votre question qui demande réponse :
*
Ambroise Croizat est un homme politique français né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) il est mort le 11 février 1951 à Suresnes.Il fut également secrétaire Général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.

Son père, Antoine Croizat était ouvrier et sa mère employée dans un tissage de velours. Ambroise Croizat est député communiste de la Seine de 1936 à 1940. Après avoir purgé une peine de prison pour son appartenance au PC, interdit sous le gouvernement de Vichy, il est transféré en Algérie. Libéré, il devient membre de l'Assemblée consultative d'Alger dans laquelle il représente la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes puis de l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).

Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale (Mise en place de celle-ci,organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

Il a siégé au Comité central du Parti communiste français.

Portrait de Courageux anonyme

De

19H23 | 03/10/2007 | Permalien

Quelle est la différence entre « communiste » et « stalinien » ?
30 ans après, je n'en vois toujours pas.
---------------
j'en ai d'autres ! ! !

entre trotskysme et communisme
entre marxisme et communisme

Portrait de Courageux anonyme

De

15H57 | 04/10/2007 | Permalien

Evidemment :

communiste = trotskiste = marxiste = stalinien…

La seule différence est chronologique mais, sous les déguisements, même logique : régner par la terreur.

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 07H18 | 04/10/2007 | Permalien

Pas doué pour les études , le gars ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

09H54 | 04/10/2007 | Permalien

Alors il serait temps que tu te mettes à réfléchir ! ! !

Portrait de JP_JP

De JP_JP

09H55 | 04/10/2007 | Permalien

change de lunettes alors, ou plus exactement enlève tes oeilléres. Guy Mocquet dont on parle beaucoup en ce moment (le pauvre, récupéré par Sarkozy) et Staline même combat certainement ?

Portrait de Courageux anonyme

à JP_JP Portrait de JP_JP De

12H27 | 04/10/2007 | Permalien

Que je sache, Guy Mocquet était parfaitement dans la ligne du parti (à son âge, et étant donné son milieu familial, ça n'a rien de choquant) et les tracts qu'il distribuait ne protestaient pas contre le nazisme mais contre la guerre capitaliste. Jusqu'à ce que le pacte germano-soviétique tombe, le PCF français n'est pas monté au créneau pour dénoncer les nazis. Et avant guerre, le PCF était contre la guerre à l'Allemagne !

Portrait de Courageux anonyme

De

12H50 | 03/10/2007 | Permalien

Effectivement, j'ai eu a subire les foudres de mes camarades du parti, en proposant a certains d'entre eux la lecture du prolétaire rouge.J'ai ete surpris par le réaction,c'est a ce moment la qu'ils ont commencé a se mefier de moi.

Portrait de raffu

De raffu

13H17 | 03/10/2007 | Permalien

J'ai moins de 30 ans…

La reflexion qui me traverse l'esprit quand on évoque le communisme est : les électeurs du PCF étaient ils des ignorants ou des idéalistes ? Car à y regarder de plus près, notamment en lisant certains livres (très critiqués au moment de leur parution) commne « le livre noir du communisme » on peut s'interoger sur les bienfaits du communisme… ! Bien sûr certains pourront critiquer ce point de vue en arguant de la dérive totalitaire et de l'instrumentalisation qui a été faite de l'idéologie communiste. Cependant, il n'en demeure pas moins que cette belle idéologie a vite montré sa limite : la nature humaine, toujours avide de pouvoir sur les autres.
Malgré ces considérations personnelles je reste très intéressé par toutes les réponses qui pourront m'être apporté sur ma question initiale ! Merci.

Portrait de Courageux anonyme

à raffu Portrait de raffu De

14H19 | 03/10/2007 | Permalien

Ignorants ou idéalistes.
Pourquoi ce choix binaire ?
Il y a pour sûr, d'autres entrées.
Ainsi à propos du thème ô combien d'actualité sur la « fonction publique » il convient de lire le texte fondateur écrit par Thorez alors ministre.

On peut en le lisant, s'apercevoir qu'ils se voulaient avant tout SOLIDAIRES.

Ne vous en faites pas, je ne suis pas membre du PCF.

Mais, souvent, je lis. Et vois aussi ce que furent leurs points aveugles.

Portrait de Courageux anonyme

à raffu Portrait de raffu De

08H52 | 04/10/2007 | Permalien

Salut Raffu
Vous dites « la nature humaine, toujours avide de pouvoir sur les autres » et vous avez raison.
Mais, si cette nature a fait toucher ses limites au communisme, elle n'en est pas moins existante dans d'autres systèmes politiques, le nôtre y compris. Où elle trouve à s'exercer de manière au moins aussi prégnante.
L'idée du communisme (assurer un minimum d'égalité et tirer tout le monde vers le HAUT ! ) a été pervertie par la « nature humaine ». Le problème de ce que nous vivons aujourd'hui, c'est que ce « système » n'a même pas besoin d'être perverti, il l'est par essence…

Bon, ben si je suis pas traité de « coco » après ça… : -)

Otto Naumme

Portrait de Courageux anonyme

De

13H38 | 03/10/2007 | Permalien

Le plus pitoresque c'est ce qu'est devenu Adler….

PS vous parlez de deux auteurs de « l'URSS et nous » si mes souvenir sont bons ils étaient 4 dont Francis Cohen, organisateur à Paris en 1940 de la première manifestation anti-nazie sous l'occupation allemande.
L'histoire n'est pas simple et la résumer en quelques formules à l'emporte-pièce c'est toujours une supercherie. Ainsi je livre à la sagacité des auteurs de cet article une question : comment se fait-il que c'est la chambre des députés du Front populaire qui a donné les pleins pouvoirs à Pétain en cette même année 40 ? et qui vota ces pleins pouvoirs ?

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