Grenelle de l’environnement: ni naïfs, ni rêveurs, responsables!

A un mois de l’évènement final, ça et là, la discussion se poursuit sur la dénomination de ce Grenelle de l’environnement et son sens en fonction de l’évènement historique sur lequel on s’appuie.

Mais Grenelle de l’environnement ou "machin de l’environnement" ou "bidule de l’environnement", se contenter d’entretenir encore le débat sur ce point comme sur celui d’y aller ou ne pas y aller, organiser des "Grenelles parallèles", des "contre-Grenelles"… c’est aujourd’hui l’arbre qui cache la forêt, le refus de prendre le train en marche et se contenter de le regarder passer. Un piège, une prise de conscience, une négociation, une opération de communication… qui peut le dire aujourd’hui ? Et si on se faisait confiance ! L’évènement attendu fin octobre peut être décisif pour l’avenir de notre système démocratique et pour l’écologie. Parlerions-nous autant d’écologie aujourd’hui sans le travail des associations environnementales, qui témoignent, depuis des décennies, de la prise en main par les citoyens de l’intérêt général sur l’ensemble du territoire ? Ce processus est le résultat de cette mobilisation citoyenne et associative.

A ce stade du Grenelle, rien n’est gagné, rien n’est perdu ! Si le cadre est la négociation, notons que pour la première fois nous sommes invités à la table. C’est une expérience majeure pour le dialogue environnemental, comme cela a été le cas pour le dialogue social en 1968. Il nous appartient donc de convaincre, de peser et de poser les premières pierres d’une démocratie, plus participative, plus écologique. Ce qui se joue c’est l’avenir de la protection de la nature et de l’environnement en France, la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de diversité biologique, notre santé, etc. Il nous appartient donc bien aujourd’hui, d’établir pour l’avenir, un état des "rapports de forces" entre les partenaires pour faire une place aux intérêts environnementaux depuis toujours marginalisés.

Alors, révolution ou rêve d’évolution écologique sans utopie ? Il n’est plus jugé utopiste de croire à l’évolution des modes de production, de consommation ainsi que de nos modes de vie, dans le respect du vivant et pour protéger les générations futures. La révolution ou la vraie évolution que peut apporter ce Grenelle est d’abord de reconnaître à la thématique environnementale la même valeur et priorité que les thématiques sociales et économiques dans les politiques et prises de décisions.

Nous avons tous notre rôle à jouer pour que ce Grenelle de l’environnement débouche sur des engagements clairs et ambitieux à la hauteur des défis majeurs pour lesquels nos associations luttent depuis des décennies. Et à ceux qui seraient tentés de nous reprocher la naïveté d’imaginer que, par notre investissement dans ce processus, nous sommes en capacité d’influer sur le changement auquel la majorité des citoyens aspire, je répondrais : ne vous y fiez pas, plus que naïfs ou rêveurs, nous sommes simplement responsables ! Qui refuserait une pareille opportunité de passer des discours aux actes ? Nous savons que les changements que nous demandons sont inéluctables et que le dialogue environnemental ne devra pas s’achever fin octobre. Si l’étape qui se joue est importante et primordiale pour la suite, elle ne constitue pas pour nous une fin en soi, tout juste une première marche à franchir.

Sandrine Bélier

► Le site de France Nature Environnement.


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Infovite | Plébéien.
13H46 02/10/2007

« Grenelle de l’environnement » ; y participer, c’est être responsables !
Logique imparable qui énonce que pour être responsables, il faut nécessairement se mettre autour de la table avec ceux qui sont… responsables de la situation actuelle.
Toutes ces organisations et mouvements « écolos » qui misent, il est vrai avec quelques réserves (rigolo ?), sur un sincère « mea culpa » des politiques, éviteront-ils le fait de servir de caution à un système pervers ?
Système où la responsabilité collective édulcore la responsabilité écrasante des choix politico-économiques désastreux pour l’environnement et la dimension sociale des rapports humains.
N’oublions jamais que la première responsabilité c’est celle du bulletin de vote, le reste n’étant plus ou moins que du vent !
Pour l’instant le court terme continue de polluer le long terme.

http://info-espress.over-blog.com/

 
FREDERIC 67
14H39 02/10/2007

mais avec cette mentalité rien ne bouge jamais donc autant essayer
bon courage à l’auteur de l’article
 mp

 
mariesereine
16H51 02/10/2007

moi, je me demande où on lira un bilan du vrai Grenelle d’origine, de son sens, de son contexte. je crois que l’appellation est juste de mauvaise foi, détournée et brandie comme un écran de fumée. je suis sidérée que les médias tous unis (une fois de plus) reprennent cette appellation qui facilite mais détourne le sujet : Grenelle, c’était après mai 68, une ambiance de fin de règne, des négociations âpres par des syndicats puissants et représentatifs, qui avaient arraché un certain nombre de choses comme les retraites, la semaine de 40 heures, les 4 semaines de congés payés, tout ça, non ? ou bien je me trompe ? dîtes-moi !
bizoux à vous

 
Thiery
17H35 02/10/2007

Vous n’avez encore rien vu !!!

Sarkozy vient de confier l’organisation d’un « Grenelle » de l’exclusion ou de l’insertion ou de la pauvreté, je ne sais pas trop , à M Hirsh.

Avez vous fait « Grenelle »?
Non, je n’ai pas fait « Grenelle »
Quoi!…Vous n’avez pas fait « Grenelle » ?
Pouf, pouf!!!…..

 
FNE | France Nature Environnement
20H10 02/10/2007

Mariesereine,
« Ne perdons rien du passé. Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir ». (A. France) : « Grenelle », un nom qui sonne comme une référence historique, mais à quel passé nous renvoie t-il ?
- Pour les plus sceptiques, elle fait référence à l’événement du 10 septembre 1796, au cours duquel, pendant la révolution française, les derniers partisans de Baboeuf soulèvent les soldats du camp de Grenelle contre le Directoire. Dénoncés et manipulés, les insurgés tombent dans un piège et sont écrasés…
- Pour d’autres, c’est la catastrophe industrielle du 31 août 1794. « Les usines doivent être éloignées des habitations », et « faire usage de procédés économes en vies humaines » : telles étaient les conclusions du rapport administratif après l’explosion de la poudrerie de Grenelle, qui fit plus d’un millier de morts dans Paris. Cette explosion est le point de départ, en France, de la prise de conscience des risques que peuvent créer les activités industrielle et de réflexions qui débouchèrent sur l’adoption du décret impérial de 1810 réglementant les établissements dangereux, fondement de la réglementation française sur les installations classées (ICPE).
- Pour les plus pragmatiques, la référence est plus évidente et se rapporte aux « Accords de Grenelle » négociés et conclus le 27 mai 1968 au siège du ministère du travail situé dans cette rue, entre le gouvernement, le patronat et les syndicats . Mais n’oublions pas que ces accords n’ont pas suffit à faire cesser les grèves et que la crise sociale de mai 68 a déboucher sur une crise politique, conduisant De Gaulle, le 30 mai à annoncer la dissolution de l’Assemblée et à reprendre le pays en main.
- Accordons nous que par analogie aux accords de 1968, un « Grenelle » est un débat multipartite réunissant des représentants du gouvernement et divers acteurs visant à légiférer ou à prendre position dans un domaine en crise. Aujourd’hui la France n’est pas paralysée par des grèves écologistes, la crise dont il s’agit est écologique et elle concerne tout le monde.
Sandrine Bélier, FNE

NB : Des réponses viendront sur les autres questions…

 
FNE | France Nature Environnement
15H20 03/10/2007

FERROUTAGE et FERROVIAIRE

Bonsoir,

Nous confirmons que nous les associations de protection de l’environnement ont été reçues par Mme AM IDRAC, présidente de la SNCF suite à cette prise de position commune.

Après explications des enjeux que nous présentons au Grenelle, Mme IDRAC nous a expliqué qu’elle poursuit une relance du fret ferroviaire ( existant mais très faible actuellement) dans un objectif de développement durable.

Nous avons accepté de participer à un groupe de travail permettant d’établir un « éco comparateur » entre les différents modes de transports. Par contre, Mme IDRAC n’a pas accepté de reporter l’échéance de l’arrêt du service « wagons isolés ». En outre, elle nous a confirmé son soutien aux activités possibles des « Opérateurs Ferroviaires de Proximité », solution permettant d’assurer la continuité du service ferroviaire.

EN accord avec Mme IDRAC, nous avons prévu de transmettre tous les cas où une interruption de service poserait un problème important ( report vers la route, problème économique). Nous avons prévu de rencontrer M Olivier MAREMBAUD, Directeur Fret, pour avoir des explications complémentaires sur le plan fret.

Nous informons régulièrement les co-signataires syndicaux de nos échanges avec la SNCF.

Pour France Nature Environnement

 
marie100l
19H07 05/10/2007

ne soyons pas naîfs, les messages sont clairs

http://www.dailymotion.com/video/x343uk_manif-antiecolo_fun

cordialement,
 marie

 
battesti
18H21 06/10/2007

(…)ni naïfs, ni rêveurs, responsables!

Ne serait-ce pas « naïveté » que de croire qu’une montagne accouche d’une souris ?

Ne serait-ce pas « rêverie » que de penser grenelle est autre chose qu’une poudre granulée déposée sur une surface bien lisse ?

Je crois que les dirigeants nous diront pour finir cette belle phrase « responsables pas coupables », fidèles au concept politique : « après nous le déluge »

Tout est dit dans la titraille de cet article…
Pierre-Paul Battesti
http://www.isulaviva.net

 
bule
01H37 09/10/2007

merci Sandrine Belier
merci pour cette genereuse leçon citoyenne : pour être responsable il faut participer.J’en conviens, encore que pour s’assoir autour de la table et discuter avec tous ces citoyens responsables il faut être admis par nos autoritées supérieures et hautement responsables, qu’elles nous designent citoyen et responsable-en ce qui vous concerne c’est le cas et je vois bien que cela vous flatte-qu’en est il de reseaux comme celui de « sortir du nucléaire » ???
Non, c’est vrai ce tissus associatif n’est pas responsable il ne cherche à reflechir que sur ce qui pourrait se passer après demain au regard de ce qui c’est passé hier(1989).Bon,je vous prie de m’excuser, je m’emporte et je n’ai nullement envie de semer le trouble dans ce débat réfléchit et démocratique.

 
FNE | France Nature Environnement
18H32 12/10/2007

Bule,

Flattée d’être du Grenelle, je dois bien avouer que c’est le cadet de mes soucis…
Pour ce qui est de la question du nucléaire, je peux juste vous répondre aujourd’hui que pour l’Alsace, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et la Plaine du Rhin (CSFR) sera autour de la table à Mulhouse sur proposition d’Alsace Nature dont elle est membre… Sera donc forcément évoqué le devenir de la plus vieille centrale de France…
Dans la première phase du Grenelle, la question du nucléaire a été évoquée, peut-être et sûrement pas assez… Sur cette question là et la participation du réseau « Sortir du nucléaire » au Grenelle, je ne peux pas répondre en leur nom… d’autant qu’ils ne sont pas membres de FNE… C’est bien entendu une question importante, bien entendu… et bien entendu qu’il ne s’agit pas dans mon propos de juger du positionnement des uns et des autres. J’attends juste un peu de réciprocité!

 
FNE | France Nature Environnement
18H32 12/10/2007

Bule,

Flattée d’être du Grenelle, je dois bien avouer que c’est le cadet de mes soucis…
Pour ce qui est de la question du nucléaire, je peux juste vous répondre aujourd’hui que pour l’Alsace, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et la Plaine du Rhin (CSFR) sera autour de la table à Mulhouse sur proposition d’Alsace Nature dont elle est membre… Sera donc forcément évoqué le devenir de la plus vieille centrale de France…
Dans la première phase du Grenelle, la question du nucléaire a été évoquée, peut-être et sûrement pas assez… Sur cette question là et la participation du réseau « Sortir du nucléaire » au Grenelle, je ne peux pas répondre en leur nom… d’autant qu’ils ne sont pas membres de FNE… C’est bien entendu une question importante, bien entendu… et bien entendu qu’il ne s’agit pas dans mon propos de juger du positionnement des uns et des autres. J’attends juste un peu de réciprocité!

 
Thucydide | Bêcheur de fond en Bourbonnais
22H50 17/10/2007

Depuis des décennies, nous assistons, impuissants, au remue-ménage stérile des associations de défense de l’environnement, dont la lutte est beaucoup plus une guerre des chefs que quoi que ce soit d’autre.

Et le gouvernement ne s’y est pas trompé, en livrant au peuple le grand spectacle totalement prévisible dont les envolées ronflantes vireront à une cacophonie qui achèvera ce que les verts ont entrepris avec application il y a bientôt 30 ans : la décrédibilisation de la défense de l’environnement.

La volonté d’aboutir est nulle, et le gouvernement le prouve en s’abstenant soigneusement d’inviter à participer les industries pourtant « clés » dans ce domaine :
automobile (Toyota est japonais)
production d’énergies renouvelables
équipements électriques et matériels de chauffage
immobilier (J-L Borloo a-t-il pensé à faire équiper les maisons Borloo de pompes à chaleur ? Bien sûr que non, c’est trop cher, donc pas pour les pauvres)

Alors on nous ressert encore des diatribes du genre
« Nous avons tous notre rôle à jouer pour que ce Grenelle de l’environnement débouche sur des engagements clairs et ambitieux à la hauteur des défis majeurs [patati, patata…]
Drame des ors de la République : il suffit de s’asseoir à la table sous des lambris dorés pour devenir sans s’en rendre compte expert en langue de bois !

Moi, j’attends des actes, pas des taxes ; je me suis offert une Prius, je voudrais que chacun puisse avoir le plaisir et la bonne conscience de rouler dans une voiture hybride française, produire chez lui un appoint d’électricité éolienne, ou un complément de calories par pompes à chaleur françaises.
Je voudrais que, comme aux USA, les industriels soient mis en face de leurs responsabilités, que des nouvelles formations soient dispensées, que des recherches soient initiées sans tarder dans les écoles, dans les ateliers, dans les laboratoires, pour que naissent ici, chez nous, des découvertes, des idées, des brevets, des productions qui redonneront à notre société des métiers, des espoirs, des revenus, des raisons de poursuivre son chemin.
Aux USA, il y a plusieurs années que le MIT travaille sur des robots quadrupèdes qui pourraient révolutionner les transports.
Que fait-on chez nous ? Des 4x4… avec 30 ans de retard.

Au final nous paierons une éco-taxe sans affectation qui se perdra comme les emballages recyclables, dans le magma informe des dépenses publiques et, à défaut de pompes à chaleur, nous adorerons encore la grande Pompe à Phynances.

De profundis