(De Polynésie française) Le lagon turquoise et, cinq mètres plus loin, un camion citerne rouillé posé sur des parpaings. Voilà une des images qui résume aujourd'hui le décor de l'atoll de Hao, à l'est de l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Base arrière de Moruroa jusqu'au dernier tir nucléaire français le 27 janvier 1996, l'atoll est, depuis, un lieu désolé, où de l'ère atomique ne subsiste que des vestiges.
Jadis, jusqu'à 4000 militaires et civils, employés du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) ou du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), y ont vécu. Regroupés dans une petite ville bâtie en périphérie du seul village de l'île. Et subitement, avec le dernier tir – » Xouthos » sous le lagon de Fangataufa– toute cette vie a disparu, plongeant l'atoll dans une tranquillité disparue depuis le début des années 60.
« Les militaires ont reconnu qu'il y avait de l'amiante »
Après l'arrêt des expérimentations atomiques et le départ définitif de l'armée, en 2000, la population a choisi de conserver tous les bâtiments -alors que les autorités proposaient de remettre les terrains à nu. Très vite, les bâtisses ont été dépouillées de leurs matériaux encore utilisables, qui ont servi à construire des baraques de fortune sur l'île. Résultat : des bâtiments de l'armée, il ne reste, aujourd'hui, que des murs et des charpentes. Qui n'intéressent plus personne. » Quand ils sont partis, les militaires ont reconnu qu'il y avait de l'amiante dans les murs, mais que ce n'était pas dangereux car on avait mis de la peinture par-dessus. Sauf qu'aujourd'hui la peinture est partie » , se remémore un ancien du village.
Les quelques personnes qui squattent des bungalows recouverts de bâches en plastique, situés à côté du site, respirent parfois ces poussières nocives à longueur de journées. Une autre famille avait loué son terrain à l'armée, qui a bâti dessus une blanchisserie. Aujourd'hui, la famille habite dans la blanchisserie.
L'hôpital, lui, fait partie -avec l'énorme piste d'atterrissage et les locaux du Service militaire adapté (SMA)- des quelques bâtiments encore entretenus. Le strict minimum. Dans les locaux médicaux, l'électricité reste hésitante et le médecin partage son temps entre l'archipel des Tuamotu et celui des Marquises, distants de plusieurs centaines de kilomètres d'océan. Le docteur n'est donc présent que quelques semaines par an et, sur l'atoll, les deux infirmiers doivent multiplier leurs efforts pour maintenir une qualité de soins honorable.
« Bombes à retardement »
Face à la mer, l'ancien Bar de la plage ne sert plus que de la poussière et des gravats, tandis que les bringues d'antan résonnent encore dans le bâtiment.
Le bungalow » De Gaulle » , baptisé ainsi parce qu'il a été construit à l'occasion de la visite du général, en est réduit au même statut que les autres : celui de ruine. Le vieux brasseur d'air pend au plafond et les mauvaises herbes se moquent bien des ors de la République.
Le Vaiata, une boîte de nuit de l'ère nucléaire, où l'on croisait militaires et habitants de Hao, tombe aujourd'hui en lambeaux, tout comme les trois cinémas, désaffectés.
Et puis il y a ce dépôt d'hydrocarbures. Ou plutôt ce qu'il en reste. Plusieurs cuves immenses, qui servaient à approvisionner les engins militaires, sont restées plantées là. Sans être dégazées, assurent les habitants. » Nous avons plusieurs bombes à retardement sur l'atoll. Si, un jour, un feu se déclare, je n'ose pas imaginer ce qui va se passer » , lâche un habitant, amer. D'autant qu'il ne faudra pas, alors, compter sur les extincteurs : une cinquantaine d'entre eux gisent à terre, des neufs et des vieux, tous parfaitement inutilisables.
Sur la grande dalle en béton, face aux hangars dont les portes de 6 tonnes chutent régulièrement, deux camions citernes stationnent depuis des années. Rouillés. Inertes comme des cadavres. S'il n'y avait, derrière, des pins et des cocotiers, on jurerait se trouver en zone de guerre. Hao n'a jamais connu la guerre.
« Sans aide de l'Etat, je laisse comme ça »
» C'est la population qui a tout saccagé, ce n'est pas la faute de l'armée si l'atoll est dans cet état aujourd'hui » , assène le maire, Temauri Foster. » Mais j'espère quand même que l'armée pourra nous donner un coup de main un jour pour nettoyer » . Elu en 1990 -il a donc connu les essais, leur reprise, puis leur fin définitive– le tavana joue franc-jeu. » Personnellement, je tiens à nettoyer. Mais sans l'aide de l'Etat, je laisse comme ça » , dit-il. Car la commune, seule, ne peut pas assumer la démolition. » Trop cher. »
Au début du mois de juillet, le délégué à la sûreté nucléaire, Marcel Jurien de la Gravière, un haut fonctionnaire qui multiplie les allers-retours en Polynésie depuis plusieurs mois, s'est rendu sur l'atoll. Pour voir lui-même les vestiges et, surtout, pour lancer, devant micros et caméras des médias locaux, le processus de « réhabilitation ». Le chantier, qui pourrait mobiliser » une quarantaine de militaires » et coûter » quelques millions d'euros » , devrait débuter d'ici » avant fin 2008 » selon Marcel Jurien de la Gravière. La durée des travaux, en revanche, n'a pas été indiquée. Dix ans après, Hao peut bien attendre encore un peu.
► Rectifié le 1er octobre à 18h45 suite à une grossière erreur de calcul dans le titre : nous parlons dix ans après le dernier tir, et non six ans. Le titreur coupable devra réciter ses tables mathématiques toute la nuit.





















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De
15H25 | 01/10/2007 |
« C'est la population qui a tout saccagé, ce n'est pas la faute de l'armée si l'atoll est dans cet état aujourd'hui »
C'est la phrase la plus drôle de l'article. La France décomplexée entend bien continuer à spolier les continents (tous les grands pays spolient avec l'atome ou l'armée, parfois les deux, pourquoi seule la France devrait rester frileusement en arrière et regarder le partage des dépouilles ? )
Je veux rester anonyme même si ce n'est pas courageux mais avec mon nom on ne sait jamais.
De
16H33 | 01/10/2007 |
Incroyable et troublant, en regardant ce cliché aérien, on voit nettement des croix gammées.
William la révolte
De
18H50 | 01/10/2007 |
Mais non c'est pas la photo de l'atoll ,c'est celle de la Navy ,ils étaient bizarre les architectes Amerlocs 0 l'époque non ? ? ?
De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 17H17 | 01/10/2007 |
Bonjour à toutes et tous,
Je l'article bien en lien avec celui sur la science comme réponse au défi écologique !
Et surtout nous avons la réponse…
et nous avons aussi la bombe…super
Boum !
Bises à toutes et tous.
Eric
http://monmulhouse.canalblog.com/
De
17H20 | 01/10/2007 |
La France a procédé à 193 essais nucléaires, dont 41 aériens, sur les atolls polynésiens de Mururoa et Fangataufa, de 1966 à 1996. Après son élection en 1995, Jacques Chirac avait décidé d'une ultime campagne d'essais en Polynésie française, après leur suspension en 1992 par François Mitterrand.
L'histoire ne date donc pas d'hier…..mais si 40 ans après on fait quelques petits travaux…..c'est beau, c'est bien, c'est magnifique ! Vous devriez faire témoigner quelques médecins, chercheurs…..qui connaissent bien le problème des atolls.
De
17H29 | 01/10/2007 |
D'abord, appelé de passage à Hao en 1990, je tiens à préciser que les « milliers de personnes » etait deja un souvenir. Hao etait une grosse base au temps des essais aériens, aprés 400 personnes max. Tout était à Mururoa.
Ensuite, reprenons :
1/ M. Etat s'en va. Il propose :
- Je nettoye tout
- Je vous laisse tout
2/ M. Ilien veut tout garder
3/ M. Ilien pille tout et laisse le reste à l'abandon.
4/ M. Ilien appelle M. Etat pour tout nettoyer 7 ans aprés !
M. Etat est loin d'etre blanc-blanc mais faut pas exagérer. Avec cette logique, ma cousine étudiante à qui j'ai donné ma vieille voiture va m'appeler pour payer la prochaine révision !
De
19H27 | 01/10/2007 |
Ben c'est ça le problème : une voiture pourrie, on peut s'en débarrasser plus facilement qu'une piste d'atterrissage contaminée : )
De
06H04 | 02/10/2007 |
Pourquoi parler de piste contaminée ? Aucun essai nucléaire n'a eu lieu sur l'atoll de Hao. Tous les essais ont été effectués à Mururoa et Fangataufa.
De
13H01 | 08/10/2007 |
Et les avions (VAUTOURS) revenaient bien sur HAO apres les tirs de roquettes dans le nuage atomique
De
18H31 | 01/10/2007 |
Et les bombes elles n'ont rien saccagé ? Salauds de pauvres qui ne respectent rien,pas même la grandeur de la France !
De
19H55 | 01/10/2007 |
pardon , je m'excuse je n'ai pas bien compris votre commentaire ! !
De
18H43 | 01/10/2007 |
Bien d'accord avec toi Courageux anonyme de 18h29, il faut arrêter de dire n'importe quoi. Depuis des années, Hao servait de piste d'aterrissage aux avions d'approvisionnement de Muru, c'est une piste d'aéroport vide en pleine mer qui a même depuis été utilisée par l'aviation civile en cas de pbs sur Tahiti. Il n'y a plus rien sur cet atoll depuis des années.
De
18H43 | 01/10/2007 |
Bien d'accord avec toi Courageux anonyme de 18h29, il faut arrêter de dire n'importe quoi. Depuis des années, Hao servait de piste d'aterrissage aux avions d'approvisionnement de Muru, c'est une piste d'aéroport vide en pleine mer qui a même depuis été utilisée par l'aviation civile en cas de pbs sur Tahiti. Il n'y a plus rien sur cet atoll depuis des années.
De
18H46 | 01/10/2007 |
Ben heureusement qu'on a fait les essais là bas et pas dans la Bauce par exemple ,ça serait un beau bordel chez nous dites donc ! ! ! !
Pourtant ,ça craignait rien alors pourquoi on les a pas fait chez nous ? ? ? ?
De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 18H51 | 01/10/2007 |
Les populations locales ont été régulièrement exposées aux radiations, d'une façon plus ou moins forte selon la direction des vents. Ils n'étaient ni avertis, ni protégés. Je ne doute pas de la discrétion des études épidémiologiques à ce sujet.
Les indigènes ont été traités exactement comme les bidasses du Sahara c'est à dire comme du bétail.
N'oublions jamais que, pour les hommes du pouvoir, les gens en général et en particulier, ne sont rien que des assujetis sauf au moment des élections, bien sûr.
Je revois un certain J. Chirac à la télé en train de prendre un bain dans l'eau turquoise d'une île. On nous disait que c'était Mururoa et que tout allait bien là-bas, mais personnellement j'en doute : Les menteurs ne sont pas fous.
De
19H05 | 01/10/2007 |
Interessant, tous ces avis parfaitement argumentés de lecteurs qui n'ont jamais mis les pieds à Tahiti et encore moins à Hao.
Si vous venez en Polynésie, je vous conseille de visiter Hao, c'est un peu comme si les visiteurs parisiens commençaient par la tour Eiffel et finissaient par la Courneuve ou bien les Tarterets.
A qui sont les épaves de voiture, les bâtiments en ruine, les trous dans les rues et les déchets sur le sol ? Sont ils aux gentils militaires ou aux méchants autochtones et lycée de Versailles ? Il faut se méfier des réponses trop simples, c'est pourquoi je n'en proposerais pas.
De
03H58 | 02/10/2007 |
iaorana,
bien d'accord avec vous. cet article simplifie trop. la situation et les problemes de la polynesie sont bien plus complexes que ca. les essais nucleaires ne sont qu'une partie de l'iceberg. la politique ( locale et nationale), l'education, la culture, la geographie, l'histoire de ce peuple, etc.. tout ca fait que le « paradis sur terre » n'est vraiment qu'un paradis de carte postale.
au fait, j'oubliais de vous dire que je vis a raiatea ( iles sous le vent ) et que je suis venu ici en bateau. j'ai donc pu silloner les archipels, dont les tuamotus, pour m'apercevoir de l'isolement et du denuement de beaucoup de ces iles.
alain ( raiatea )
De
19H28 | 01/10/2007 |
Au-delà des polémiques - l'Etat français est-il coupable - je trouve ce reportage très intéressant et, justement, peu polémique. C'est une photographie de ce qu'on voit aujourd'hui quand on se promène à Hao, froide et implacable. Bravo.
De
05H16 | 02/10/2007 |
Au temps des tirs nucléaires, surtout des tirs aériens rien n'était trop cher à la mère République pour réaliser la bombinette tant voulue par notre grand général.
Il est évident que l'importance des travaux indispensables au nettoyage de l'ancienne base de Hao présente un coup inabordable pour la commune de Hao. Le maire de la commune quand il était ministre et même vice-président de la Polynésie française n'a jamais évoqué la possibilité que le pays apporte son aide à sa commune pour effectuer ces travaux. Il me paraît normal que la France rende les terrains dans l'état dans lequel elle les avait trouvés. Seul l'Etat peut apporter la garantie que les travaux seraient exécutés en tenant compte des risques de pollution.
La piste d'aviation d'antan, après avoir été prévue pendant quelques années comme piste de secours pour la navette spatiale américaine n'est plus maintenant utilisée qu'en partie pour le trafic aérien civil.
Pour ceux qui ont lu tous les commentaires précédents, sachez qu'Hao comporte un collège avec internat et n'est donc pas si vide de vie.
Le projet de centre d'élevage de thons que le maire de Hao défend n'a d'autre intérêt que de lui remplir les poches durant la phase d'études, et qu'il est aussi convaincu que les différents experts nationaux ou étrangers qui se sont succédés à Hao du caracère farfelu du projet qui ne sera jamais rentable s'il est mené à terme.
Julien Malien des Gambier, retraité de douanes
De
07H33 | 02/10/2007 |
Bonjour,
Je suis un peu surpris par la teneur de l'article, au mieux superficiel de la part d'un journaliste qui après un petit travail d'enquête aurait pu se rendre compte et faire référence aux travaux issus d'organismes et de chercheurs indépendants ainsi que d'associations regroupant les victimes comme en Polynésie « Moruroa e tatou » (environ 4 000 adhérents en Polynésie, excusez du peu…). Car si l'État français commence enfin à réhébiliter et à reconnaître que les essais français n'étaient pas aussi propres que cela, c'est bien parce que depuis quelques années des personnes victimes de ces essais s'organisent et se battent pour cela… sinon M. Jurien de la Gravière serait restés bien au chaud derrière son bureau au ministère de la Défense et n'aurait pas été obligés de faire tous ses allers-retours entre Paris et Papeete…
J'invite ceux qui veulent en savoir plus à consulter les sites (www.obsarm.org / www.aven.org / www.moruroaetatou.org).
D'ailleurs, pour ceux qui habitent en Ile-de-France, un rassemblement de victimes des essais nucléaires va avoir lieu devant l'Assemblée nationale le samedi 27 octobre prochain pour « booster » les députés à ce sujet…
A votre disposition pour plus d'information sur le sujet,
Patrice Bouveret
De
10H09 | 02/10/2007 |
Bonjour,
Je connais évidemment l'existence de Moruroa e tatou et son combat, pour le suivre de près.
Mais l'angle de l'article n'était, justement, pas là. Il s'agissait simplement de décrire Hao aujourd'hui, loin des tribunaux et autres bureaux officiels. Qu'il y ait un lien entre la déconstruction et la lutte de MET est évident.
Merci pour votre réaction.
Très cordialement,
Paul Simon
De jeanmarie
09H00 | 02/10/2007 |
Bonjour,
Pour compléter, une nouvelle proposition de loi relative au suivi des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, vient d'être déposée par le député Yannick Favennec (UMP).
Jean-Marie collin
De
10H58 | 02/10/2007 |
Bonjour,
Cela meritait d'etre dit pour que le debat ne soit pas detourne. Ceci dit si effectivement l'article se bornait seulement a evoquer ce qu'il reste d'Hao 10 ans apres, il n'en est pas moins vrai que si l'Etat commence a bouger, c'est qu'il a connu de nombreux revers, tant sur le plan politique local, que sur les retombees des essais nucleairs dont les effets a long terme sur la faune et la flore mais aussi et surtout sur les populations locales restent extremement preoccupant.
Il suffit de se reporter aux sites mentionnes par un intervenant precedent :
www.obsarm.org / www.aven.org / www.moruroaetatou.org.
Pour constater tout le chemin parcouru vers la recherche de la verite.
Rendons ici hommage aux journalistes qui, malgre des pressions qui s'exercent de part et d'autres, continuent d'evoquer le lourd tribut paye par les populations locales mais aussi par des militaires du contingent,appeles ou engages, et des civiles.
Aujourd'hui il existe des rapports d'experts dont les competances ne sauraient etre remises en cause. Ce que l'Etat offre de faire a Hao est un platre sur une jambe de bois, mais cela vaut mieux qu'un silence.
Alors soyons nombreux avec les veterans devant l'Assemblee Nationale le samedi 27 Octobre a partir de 10 heures pour demander au legislatif d'acter en faveur d'une loi permettant d'indemniser ceux et celles qui ont subit un prejudice, consequence directe ou indirecte des essais nucleaires.
Jacques Troquet
De
12H44 | 02/10/2007 |
Oui on parle de ça mais qu'en est-il des sites d'essai en CHINE ? Top secret ! Ca doit être plus dégueulasse encore. En tout cas, avoir osé faire ça dans l'océan vers ces îles (prochainement recouvertes par les eaux…) -avant en Algérie, c'est honteux pour l'être humain, tout simplement. Quoi qu'on fasse pour déblayer, il y aura toujours des restes de pollution, c'est évident. C'est comme avec les déchets nucléaires : on les enfouit car on ne peut pas traiter le problème. C'est même plus « après nous, le déluge », sur cette terre c'est une corruption éthique de tous les instants.
De
12H42 | 02/10/2007 |
Oui on parle de ça mais qu'en est-il des sites d'essai en CHINE ? Top secret ! Ca doit être plus dégueulasse encore. En tout cas, avoir osé faire ça dans l'océan vers ces îles (prochainement recouvertes par les eaux…) -avant en Algérie, c'est honteux pour l'être humain, tout simplement. Quoi qu'on fasse pour déblayer, il y aura toujours des restes de pollution, c'est évident. C'est comme avec les déchets nucléaires : on les enfouit car on ne peut pas traiter le problème. C'est même plus « après nous, le déluge », sur cette terre c'est une corruption éthique de tous les instants.
De
22H04 | 02/10/2007 |
bonsoir
j'ai lu l'article avec intérêt. IL se trouve que je suis aussi journaliste et que j'ai exercé à Tahiti.
Je dois avouer que je me marre un peu quand je lis les réactions de certains internautes.
Je connais l'auteur de l'article, je connais son sérieux, et je sais que son ambition n'était que de livrer une photographie de Hao 10 ans après les essais, et non de faire une ITW de Roland Oldham, représentant les vétérans des essais en POlynésie, ou de Bruno Barillot, scientifique auteur de nbreux ouvrages sur les conséquences des essais (par ailleurs de ses amis).
Là où je me marre, donc, c'est de voir des gens qui précisnet qu'ils habitent en Polynésie, expliquer que l'auteur n'a jamais foutu les pieds à Hao, ou que les tirs n'ont eu lieu qu'à « Mururoa »…
POur info, « Muru » n'existe pas. C'est un surnom donné par les légionnaires qui n'arrivaient pas à prononcer correctement le nom de MOruroa (prononcer morouroa en roulant les r).
Ceux qui habitent là bas et qui sont un peu intégrés à la population le savent.
Secundo, les tirs aériens se foutent pas mal d'avoir des retombées sur les atolls d'à côté. Et l'Etat lui même reconnait maintenant qu'il y a eu des « ratées » comme dit le délégué de la Défense, et des retombées radioactives un peu partout (y compris sur Tahiti, à plusieurs centaines de km). Bref, Hao était tout autant exposée que sa voisine Moruroa.
Tertio, il reste évidemment des bâtiments de l'ex DIRCEN (direction du centre des essais nucléaires) à Hao, des hangars de stockage, des bâtiments pour les services techniques, médicaux, scientifiques etc.
je les ai visités, ainsi qu'à Mangareva, je les ai visités aussi.
En résumé, l'aticle n'est ni « trop simple », ni « superficiel ». Il n'a simplement pas la prétention de faire le tour des problématiques économiques politiques et stratégiques de la question des essais. IL ne vise qu'à permettre aux gens qui n'ont pas la chance de pourvoir aller en POlynéise, de se faire une idée de la situation à Hao.
Quand au développement de l'atoll aujourd'hui, il y a certes un collège et un internat, mais la dernière fois que j'y suis allée, ils étaient fermés car la distribution d'eau était en panne.
et je me souviens d'une autre chose : le jeu préféré des enfants et des ados de 10-14 ans c'était à qui ferait le plus de bruit et d'éclaboussures en courant se jeter dans le lagon et en hurlant « 1,2, 3, champignon ! ! ! ! »…
Alors merci de ne pas les oublier et de ne pas oublier Hao. Ni Mangareva. Ni Fangataufa. Ni les autres.
De
04H30 | 06/10/2007 |
Iaorana,
Avis d'un Tahitien sur l'article :
Aucun commentaire sur la forme -d'autres s'y attellent avec délectation-, seulement un grand mauruuru à son auteur.
Plus l'on parlera du nuke chez nous, moins la thèse des essais propres, que l'Etat français ose encore asséner aux indigènes que nous sommes, paraîtra crédible.
Anecdote historique : lors de l'un de ses passages à Tahiti, le général De Gaulle envisagea, et annonça, la construction d'une centrale nucléaire en plein coeur de l'île, sur la rivière de la Papenoo, qui la traverse.
D'un certain point de vue, l'on peut se dire que l'on a échappé au pire.
Les familles des Tuamotu endeuillées par des cancers, notamment de la thyroïde, ne peuvent en dire autant.
Quant aux lecteurs maohi, un seul mot :
TIAMARAA ! ! !
Boubou