Passage à l'acte 30/09/2007 à 15h46

Des ordinateurs pour l'école d'Ouakam, au Sénégal


Suite à la publication du Passage à l’acte proposant de redistribuer les ordinateurs dont les entreprises ne veulent plus, Assane Diène, instituteur sénégalais a contacté Rue89 :

« Depuis deux ans, nous avons pour projet pédagogique d’installer une médiathèque et d’initier nos élèves à l’outil informatique. Ainsi, avec nos maigres moyens, nous avons pu construire sur fonds propres un local pouvant recevoir les machines. Et nous sommes ouverts à tout appui pour la réalisation du projet et au grand bonheur de nos élèves issus pour la plupart de quartiers et de familles défavorisés. Nos besoins ? Nous voulons un ordinateur pour chaque classe,un pour la direction et un pour la salle des maitres : ce qui nous fait 14 ordinateurs. Mais bien sûr même un ordinateur sera le bienvenu. »

Environ 800 élèves sont scolarisés à Ouakam, école publique située dans la banlieue de Dakar, soit environ 60 élèves par classe. L’idée de notre « Passage à l’acte » est de permettre à des idées que nous jugeons positives de se concrétiser. Ici, la situation est simple : certains manquent d’ordinateurs alors même que des milliers de PC sont jetés chaque années par les entreprises. Pourquoi ne pas redistribuer ces ordinateurs encore utilisables ? A vos claviers donc pour nous aider à trouver quatorze ordinateurs et à les acheminer à Dakar.

Zineb Dryef


Suivi de l’article :

Et si les entreprises arrêtaient de jeter leurs ordinateurs ?

  • 2752 visites
  • 17 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    Permettez moi d’apporter mon témoignage sur ce va devenir une légende urbaine dans très peu d’années.

    Il fut un temps où effectivement on pouvait trouver dans les bennes des entreprises des ordinateurs qui ne pouvaient être vendus au personnel faute de lois appropriées. Depuis que les réglements se sont assouplis, ils profitent aux salariés et l’entreprise a tout intérêt à vendre ces matériels devenus obsolètes à leurs collaborateurs.

    De fait, on trouve logiquement peu de matériels de bureaux sur la voirie, ceux qu’on peut encore trouver sont généralement hors d’usage, mais il va de soi que quelques pièces détachées pourraient être récupérées, et elles le sont, mais de là à en faire des matériels de compétition il y a de la marge. Par ailleurs, un stock non négligeable est récupéré et remis en état va aux associations ou aux collèges.

    Ce qui fait qu’en réalité, depuis 7 ou 8 ans, on ne trouve plus guère de quoi alimenter un sous-commerce de matériel informatique.

    Votre initiative est louable, je pense que votre correspondant au Sénégal trouvera l’oreille d’associations jumelles en France.

    Dans l’entreprise qui m’emploie, les ordinateurs ont été changés il y a 2 ans, et le personnel a pu profiter de la vente de nos anciens vieux coucous, aucun n’est parti à la benne, au contraire il n’y avait pas de quoi fournir la demande. Et dans l’entreprise qui m’employait précédemment il y a 8 ans, la vente des ordinateurs portables se faisait de façon régulière pour les modèles un peu dépassés, pas assez pour la demande.

    Du coup, il leur faudrait faire appel aux générosités parce que de mon expérience, ces matériels même largement amortis, trouvent preneurs eu égard au coût du neuf.

    Bonne chance.

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef
      Journaliste Rue89
      • Posté à 19h46 le 30/09/2007
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Bonjour,

      Merci pour votre témoignage. Ceci dit, il ne me semble pas que les ordinateurs envoyés à la casse soient une légende urbaine. Vous pouvez lire l’article d’Hugo Latreille auquel nous renvoyons.

      • Anonyme répond à Zineb Dryef

        Bonjour,

        Il m’en reste une dizaine dans ma cave issu de dons. Nous n’avons pas réussi à trouver un financement suffisant pour les expédier tous.

        Voici la page (pas très à jour) du projet : Lien

        Maintenant, on ne récupère que des portables pour des économies de transport. Ce sont des voyageurs qui les emmènent dans leurs bagages.

        N’hésitez pas si vous souhaitez venir les cherche ;)

         
        • Zineb Dryef
          Zineb Dryef
          Journaliste Rue89
          • Posté à 14h13 le 02/10/2007
            rédacteur
          • Journaliste 24
            Journaliste

          Bonjour,

          Pouvez-vous nous envoyer un mail : zdryef@rue89.com

        2 autres commentaires
    • Venezuela
      Venezuela
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 15h39 le 01/10/2007
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      Et bien moi, j’ai deux ordinateurs que j’avais racheté à mon entreprise et dont je serais très heureuse de me débarrasser.

  • Anonyme

    Et c’est pourquoi je souhaitais apporter mon témoignage pour dire que ce dont parle M. Latreille fait désormais presque partie du passé. Cela s’est vu, j’en suis le témoin, mais date de plus de 10 ans et se verra encore de façon très marginale pendant encore très peu de temps.
    Aujourd’hui on trouve plus de matériels rebutés par les particuliers que par les entreprises, et c’est sans doute de ce côté qu’il leur faudra chercher.
    Merci de votre réponse.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 10h29 le 01/10/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Très bonne idée, nous allons regarder de ce côté. Après tout, nous n’avons besoin que d’une quinzaine d’ordinateurs. Reste le problème de l’acheminement.

  • Anonyme

    ou les porter si on en a j’aurais peut etre un ecran une souris et un microphone

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 10h32 le 01/10/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Pour des questions de logistique, il va être difficile pour nous de récupérer des morceaux d’ordinateurs en espérant que cela colle pour faire une machine complète. Je pense que, dans un soucis d’efficacité, il vaudrait mieux que nous nous concentrions sur des ordis montés. Désolé.

  • sinclair
    • Posté à 21h29 le 30/09/2007
    • Internaute 2580

    légende c’est vite dit les administrations entre autres pratiquent toujours la démolition et les entreprises aussi

    Il y a des problèmes de licence de logiciel

    Les entreprises et administration ont aussi la trouille du contenu des disques dur. Leur nettoyage efficace demande du temps et du personnel qualifie (voir clearstream)

    Pour toutes ces raisons le coup de masse sur disque dur a la décharge est une pratique toujours d’actualité

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à sinclair
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 10h33 le 01/10/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Nous voilà donc rassurés. Merci de l’info.

  • Anonyme

    Bonjour,
    Sans préjuger de la pertinence et de cette aide à une école sénégalaise, je tiens simplement à partager un questionnement :
    Je ne me prononce pas sur l abondance ou pas de matériel info à distribuer mais je m interroge simplement sur l interet meme de cette distribution dans les pays du Sud et aussi de ses éventuels dommages collatéraux.

    En effet et cela mériterait plus d enquetes et plus de débats, on a constaté que les fripes usagés en provenance du Nord ont anéanti l industrie textile dans pas mal de pays du Sud (j ai constaté cela en particulier a Madagascar), les dons de medicaments et autres matériels scoalires causent aussi des degats aupres des pharmaciens et imprimeurs/revendeurs locaux.

    N existe t il pas des solutions locales qui vont faire tourner le commerce local plutot que des solutions exogenes qui nous satisfont mais ne font pas avancer le schmiliblick (style le container de matériel et de medicaments etc...) ?

    Le Sud est riche de sa terre, de ses hommes, de son histoire, il porte en lui les germes de son propre développement. Renforcer l idée que notre aide extérieure est indispensable n est pas forcément le meilleur cadeau à faire.

    « je te donne un poisson, tu manges aujourd hui, je t apprends a pecher, tu manges toute la vie ».

    • Anonyme

      Bien , c’est bien. Mais êtes vous allé au contact des populations des villages ? Vous avez, nous avons la sécu, eux non. Avec 1€ par jour, pouvez vous soigner votre enfant à la pharmacie ET faire manger la famille ? Oui il faut donner ! ! ! Mais en plus il faut aider ceux qui sont fiers et veulent créer LEUR Projet. Les autres suivront. Il ne faut pas donner sans exiger des comptes sur le bon suivi de LEURS Projets. Etre leur coach, c’est ce que nous proposons avec l’association A3VFS : aider ceux qui ont un projet et demander le remboursement des fonds engagés (c’est la clé et le réussite du mico-crédit). Pour l’aide de médicaments d’urgence dans les dispensaires c’est « donner“(mais au responsable du dispensaire pour éviter le trafic). Pour les école on peut donner quelques PC et demander aux enfants une cotisation minime ainsi que pour les adultes qui veulent une formation : cela permet aux responsable locaux d’acheter les pièces et du nouveau matériel aux ‘locaux’. Bref le coup de pouce. C’est vrai que le plus dur est de trouver le transport. Moi quand je pars, sur mes 46kgs (2x23) je pèse pour 1,5kg.... L’asso aide une femme sur un projet maraiché, l’école élémentaire de M’BORO et son dispensaire. Nous rencontrons des ‘mendiants’, des ‘sans scrupules’, des ‘voleurs’, des ‘salauds’ mais comme chez nous ils faut discerner ceux qui VEULENT progresser CHEZ EUX. Nous avons fait venir une Sénégalaise un mois en haute savoie mais elle a pu voir qu’il y avait des ‘laissés pour compte’ chez nous et cela a renforcé son envie de réussir chez elle. Une de sauvée ! ! !

  • Anonyme

    L’Afrique tend à devenir peu à peu la décharge numérique de l’occident, 9 ordinateurs sur 10 arrivant à destination sont inutilisables et l’Afrique n’a pas les moyens de recycler ce matériel. Je suis d’avis avec la précédente intervention, il vaut mieux se cotiser et acheter sur place le matériel de manière à promouvoir le commerce local. Il s’agirait ainsi d’une aide véritable et non pas le genre de don qui satisfait uniquement la bonne conscience du donateur.

  • Thiery
    • Posté à 19h39 le 05/10/2007
    • Internaute 17021

    Et si on s’y mettait ?

    Je veux dire collecter des fonds et leurs permettre d’avoir du matos neuf ou presque .
    15 ordis c’est pas le bout du monde !

    Et si Rue89 parrainait l’operation et plaçait un ptit logo sur sa page d’accueil ?

    Et si on y allait, pour Assane et les enfants dabord et plus si affinités.
    On trouve des 2ème mains très bien à acheter chez des proS surtout sur le net.
    Des portables de préférence bien sur ou alors acheter directement au Sénégal.
    Et si....................
    Thierry

  • Anonyme

    C’est avec intérêt que j’ai suivi le débat et j’ai beaucoup apprécié toutes les interventions.Mais je vais simplement apporter ma modeste contribution en ces termes :
    1°) Il est bien vrai que l’Afrique est riche de sa terre,ce qui fait que plus de 70% de ses fils travaillent toujours dans le secteur primaire,encore que cela ne puisse pas nous faire sortir de l’ornière pour la bonne et simple raison que notre agriculture est à 90% sous-pluie alors qu’en moyenne il ne pleut que 3 mois sur 12,ajouter à cela les problèmes de mal-gouvernance... ,bref ; cependant la configuration actuelle du monde ,avec cette mondialisation sauvage qui s’est imposée à nous (marche du monde oblige),ne nous laisse pas le choix,s’adapter ou disparaître ; et les nouvelles technologies sont une chance pour les africains que nous sommes car dans ce domaine nous sommes sous-équipés mais pas sous-développés.
    2°)Nous ne voudrions jamais être la décharge numérique de l’Occident,raison pour laquelle nous avions précisé que nous voulons des ordinateurs en état de marche et pas trop dépassés ,et ceci dans le cadre de la mondialisation de la solidarité.
    3°)Il est bien vrai qu’il est plus facile si les moyens sont diponibles d’acheter ces ordinateurs sur place ; mais pour qui connaît les maigres moyens dont les écoles publiques disposent en Afrique et le coût prohibitif de ces ordinateurs, même de seconde main ; comme dit l’adage « quand on a pas ce que l’on veut,on se contente de ce que l’on a »

    PS : Je tiens à préciser que je suis à l’origine de la demande d’ordinateurs pour mon école OUAKAM 6,j’y suis instituteur en charge de l’une des deux classes de CM1. assanediene13@yahoo.fr
    ouakam6comico@yahoo.fr