Vendredi 17 août, Rangoon. Le gouvernement coupe l'électricité pour la troisième fois en 24 heures. Même plongés dans le noir, la saleté des murs et la dégradation des bâtiments sautent aux yeux. En Birmanie, secouée depuis maintenant un mois par une vague de manifestations sans précédent, la notion de neuf n'existe pas.
Mais ce n'est pas ce qui frappe l'étranger au premier abord, dans ce qui reste l'un des pays les plus secrets de la planète. Le plus marquant, c'est cette sensation de peur que l'on pourrait presque palper. Impossible ici d'oublier la junte et ses persécutions quotidiennes. Les arrestations sont courantes. Pas en place publique, bien sur, mais la nuit, à domicile, grâce à un système qui a déjà fait ses preuves.
L'armée Birmane dispose en effet de milliers d'indicateurs, appelés plus communément « espions ». Ces militaires en civil, mélangés à la foule, accentuent l'intimidation psychologique que la junte exerce sur la population. Smeko, guide touristique dans le nord du pays, a accepté de témoigner anonymement :
Aux premiers jours de la rébellion, Smeko espérait que les soldats, dont les familles sont également très pauvres, rejoindraient vite les manifestants :
Par deux fois déjà, la population birmane s'est rebellée contre la junte. Par deux fois, des étudiants conduisirent ces rebellions. Depuis 1988, la junte porte donc une attention particulière à cette catégorie de la population, comme le témoigne Aung aung, un étudiant rencontré le 20 août, au lendemain du début des manifestations :
Tiraillée entre réalité de la dictature et rêve de démocratie, entre isolement et envie d'ailleurs, la population doit apprendre à s'adapter aux humeurs de la junte. Et à faire preuve de réalisme. Les évènements de 1988 l'ont prouvé, elle n'arrivera pas seule à s'extirper de cette situation. « Nous avons besoin de la France, des Etats-Unis, des Nations unies pour faire pression », estime Smeko :













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les traductions sont un peu aléatoires… dommage.
Manquent « Les leaders sont des étudiants » ds la 1ère vidéo et « (les soldats)…leurs familles aussi sont pauvre… » (2e vid)
C’est néanmoins très touchant d’entendre ces hommes parler « librement ». Je les trouve très serein malgré leur condition et le fait qu’ils risquent leur vie en parlant à une caméra (même visage caché).
J’ai peur que votre exemple ne soit le plus mal choisi possible. Quel combat, quelle cause a autant mobilisé l’attention médiatique que la situation dans les territoires occupés? Et ce depuis des décennies.
Et surtout à propos de la situation en Birmanie, qui est probablement l’un des pays qui intéressent le moins les médias et leur audience. Non vraiment, j’ai beau y réfléchir dans tous les sens, je ne peux vous donner raison.
Enfin, cette concurrence sans fin que vous induisez entre les souffrances des uns et des autres n’a pas de sens. Que devraient dire les supporters de la cause tibétaine? Les amis des malades du sida au Malawi? En réfléchissant de cette manière, on ne parle plus de rien de peur d’oublier quelqu’un sur la longue liste des misères humaines.
En ce moment, le journal de BBC NEWS traite de la situation en Birmanie, des suites, interwiewe des politiques à ce sujet et ça fait plus de la moitié du journal, qui dure près d’une heure : Ils sont très documentés.
Hier ils ont interrogé Laura Bush et lui ont demandé « puisque la Chine soutient et arme les dictateurs, boycotterez vous ces J.O. auxquels elle tient tellement ? » et elle a répondu qu’on n’en était pas encore là, que dans l’action il y a des degrés. Mais je trouve l’idée excellente, on pourrait commencer une campagne demandant le boycott des jeux.
Et rappelons nous les paroles du Hongrois qui a demandé sur un ton ferme ( forcément, c’était devant des caméras ) à Total de revoir sa politique d’investissements en Birmanie. Mais pourquoi leurs ingénieurs ne rentreraient t’ils pas tout de suite ? Depuis que j’ai lu les bouquins d’Eva Joly, je n’achète plus rien chez eux ni chez Elf. On pourrait tous en faire autant, et le dire pour que d’autres suivent.
Voila, ça fait deux boycotts possibles, deux cibles d’une campagne qui pourrait aider les Birmans en menaçant le seul point sensible des multinationales, leur chiffre d’affaires.
S’il y a d’autres idées, on peut élargir.
Qu’en pensez vous ?
Si c’est du chemin de la publicité dont vous parlez là, oui indéniablement, nous prenons le même chemin que Libération. Mais à moins que nos lecteurs ne soient prêts à financer entièrement le fonctionnement d’une rédaction comme la nôtre, nous voyons mal une solution alternative, à l’heure où même le New York Times a abandonné le modèle payant. Pour le reste, je ne sais pas ce que vous entendez par « le même chemin que Libé ». Désolé.
Ok avec toi CA de 9h49
j’entend et je lis ça et là, dans un certain nombre de forums quelques voix éparses s’élever pour demander le BOYCOTT DES JO DE PEKIN
Je rappelle à toute fin utile , que la chine après avoir totalement asphyxiée le DARFOUR en soutenant inconditionnellement le gouvernement soudanais ,produit les memes effets dévastateurs sur le peuple birmans en soutenant inconditionnellement la junte birmane avec le mepris le plus total pour le peuple birmans.
Sans le SOUTIEN DE LA CHINE, la junte se trouve totalement isolée !!!
je propose donc, qu ‘il y ait un vrai mouvement d’opinion pour demander le BOYCOTT DES JO DE PEKIN , SEUL MOYEN DE PRESSION SUR LA CHINE et que chacun, se sentant un peu concerné par le sort des SOUDANAIS ET DES BIRMANS relaie le message dans les forums et autour de lui.
Je propose également d’organiser une manifestation devant l’ambassade de chine …
Croyez moi, ces actions ne demande aucun courage particulier,très peu d’ investissement personnel mais peuvent par leur portée symbolique, faire bouger des montagnes
Le peuple birmans a besoin de VOTRE SOUTIEN, ne le laissez pas mourir dans l’indifférence
merci
pas terrible du tout le dossier de kouchner.. emploi d’un très mauvais français, des notions très subjectives, et qui de plus se contredisent dès les premières pages…
bravo le ministre !
vais chercher autre chose…
A propos du rapport Kouchner : Les ONG qui travaillent depuis longtemps en Birmanie et qui avaient alerté l’opinion publique sur l’esclavage d’Etat bénéficiant aux investisseurs étrangers, avaient à l’époque très vivement réagi à ce fameux rapport. Ils dénonçaient non seulement ses conclusions, mais la manière dont notre ministre avait mené son enquête.
Aujourd’hui, si l’on entend beaucoup parler de ce rapport, c’est systématiquement pour rappeler que BK avait conclu à un « non lieu ». Et dans les journeaux télévisés, pas un seul rappel de la polémique qui s’en était ensuivie.
De quoi s’interroger une fois de plus sur l’indépendance des grands médias, non ? Et sur le cynisme avec lequel on traite cette tentative populaire de renversement de la junte, pleine de bons sentiments…
Désolé, j’avais simplement oublié de repasser les vidéos en mode public. L’erreur est réparée.