Entretien

En Birmanie, "la France peut faire beaucoup"

Un manifestant saute sur le portrait brûlé de Than Shwe, jeudi matin à Rangoon (Chaiwat Subprasom/Reuters)

« Séparer l'eau du poisson » : au deuxième jour de la répression de l'armée birmane sur les manifestants, la formule de Mao pour mater une rébellion est plus que jamais d'actualité. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les militaires ont ciblé des articulations clés de l'opposition. D'abord dans deux monastères de Rangoon où, selon les témoignages rassemblés par les agences de presse, entre 70 et 150 moines ont été arrêtés. Certains personnalités en vue de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont également été visées : le porte parole du parti, Myint Thein, ainsi qu'un cadre de la LND, Hla Pe.

Dans la rue, des milliers de personnes bravent l'interdiction de rassemblement décrétée mardi par les forces de sécurité. Elles se sont rassemblées encore ce jeudi matin autour de la pagode Sule, théâtre de heurts violents mercredi. D'après plusieurs témoignages, notamment celui d'un diplomate français en poste sur place, les soldats ont fait usage de leurs armes. Des tirs à balle réelle qui auraient déjà fait plusieurs victimes : entre trois et cinq morts selon les témoignages reccueillis par des membres de l'opposition en exil basés à Bangkok (Thaïlande).

La diplomatie entre dans la crise, divisée entre l'Est et l'Ouest

Pendant ce temps-là, la crise birmane s'est invitée au Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est réuni mercredi après-midi à New-York. Les quinze membres du Conseil se sont mis d'accord sur une version minimale : pas de déclaration commune, mais la décision d'envoyer sur place l'envoyé spécial du secrétaire général, Ban Ki Moon. « Les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis de la situation et ont appelé à la retenue, en particulier de la part du gouvernement birman », a déclaré l'ambassadeur français, Jean-Maurice Ripert, qui préside l'organisme en ce mois de septembre. Problème : l'envoyé spécial, Ibrahim Gambari, n'a pas encore de visa pour entrer dans le pays.

Pour l'instant, la Chine et la Russie -qui ont utilisé leur veto en janvier dernier pour contrer une résolution condamnant les violations des droits de l'homme du régime des généraux- restent sur une position prudente. Leur argument ? Les droits de l'homme n'ont aucun rapport avec les menaces à la paix et à la sécurité, seul domaine dans lequel le Conseil de sécurité a compétence.

Sarkozy appelle à un gel des investissements français

De passage à Paris, le Premier ministre du gouvernement birman en exil a tenté de convaincre Nicolas Sarkozy d'agir pour éviter un bain de sang. « La France peut faire beaucoup », nous a confié le docteur Sein Win, juste avant sa rencontre avec le Président. Par le biais de l'ONU, de l'Union européenne, mais aussi en son nom propre... (Voir la vidéo)


A la fin de cet entretien à l'Elysée, le président français a appelé à l'adoption « sans tarder » de sanctions contre la Birmanie. Plus surprenant, Nicolas Sarkozy s'est aussi dit favorable à un gel des investissements des entreprises françaises. “La France appelle l'ensemble de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve de la plus grande retenue s'agissant des investissements en Birmanie, en demandant qu'il n'y en ait pas de nouveaux”, a-t-il déclaré.

Pour mémoire, rappelon que le géant prétrolier français exploite depuis quinze ans Yadana, le plus grand gisement gazier du pays.


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grabouillie
10H52 27/09/2007

Plutôt que d’imposer des sanctions économiques qui risquent également de fragiliser la population, pourquoi ne pas parler avec la Chine et la Russie ?

Pour le moment ces deux puissances restent prudentes…..vis à vis de la Birmanie et de l’ONU.

N’auraient ils pas l’un et l’autre intérêt à négocier une sortie honorable pour ces vieux dictateurs…. Ils pourraient alors conserver les avantages déjà acquis dans ce pays et de plus, y gagner en respectabilité, vis à vis des Birmans et du reste du monde. Le bain de sang plus ou moins prévisible serait écarté, et c’est cela qui compte. L’ONU et l’Europe n’ont aucun moyen réel. Les sanctions économiques….il faudra du temps et justement, il y a urgence absolue.

Vous me répondrez qu’il ne faut pas laisser filer les tortionnaires…..ils sont déjà quasi en fin de vie et si pour sauver un peuple…..

 
Alice77
10H54 04/10/2007

Il faut forcer Total à arrêter son exploitation des ressources minières en utilisant les ressources humaines birmanes. Qu’ils arrêtent de mentir serait pas mal non plus. Et puis au passage, comme l’essence des avions Airbus est peut-être de la Total, pourrait-on faire un pack des deux affaires et juger tout ce monde intéressés unqiuement par le pouvoir et l’argent, la merde donc nous expliqua Freud, devant des juges indépendants pas patronnés par la Rachidatique?
A bas le gouvernement! A bas Sarko! Vive les cultures du monde!
Pascale Mir

 
Yémanja | Toulouse
21H26 27/09/2007

Ce n’est malheureusement pas de l’humour… mais la réalité du rapport honteux de Kouchner commandité et payé par TOTAL.
Comment un ministre peut on être objectif quand on a couvert la construction du gazoduc et tous les maux qui en ont découlé (quasi esclavage des Karens, corruption de militaires, destruction de la forêt et des écosystèmes, déplacements forcés des village…) le tout sous la bénédiction rémunérée du couple Kouchner / Ockrent

 
Alice77
10H49 04/10/2007

Oui, ainsi que Louis Sarkozy, l’aîné, (y’a de la bonne beu là-bas chouchou) et pourquoi pas la nounou des enfants Sarko, pendant qu’on y est? Et le médecin de Sissilia? Et Bébéar, ce sous-homme qui nous pompe l’air tous les soirs sur FC dans A voix nue. Surtout pas Kouchner, on sait ce que cela lui rapporte.
Pascale Mir

 
G2G
10H55 27/09/2007

Oui, la France peut faire beaucoup, notemment par le biais de ses médias. Continuons à en parler, à témoigner de notre attention. Peut-etre meme pourrons nous contraindre Bernard Kouchner à réagir, à s’expliquer sur ses prises de positions. Je souhaite, pour ma part, au vu de la teneur odieuse de son fameux rapport, que la crise Birmane se transforme en Kouchner Gate.
Pour mémoire, voici l’examen critique fait par les journalistes du Monde du fameux rapport Kouchner :
http://www.jmthivel.com/jmt_arbrevoyage/birmanie/article/enquete.htm

 
hft0
11H19 27/09/2007

Comme c’est bien de demander maintenant la fin des investissements des gros groupes français qui s’en sont mis plein les poches quand l’actualité parle de la Birmanie … Ce Sarko me débecte avec son opportunisme à tout va

 
mingalabar
19H05 27/09/2007

Arretez d’avoir tous la mémoire aussi courte.
Qu’on fait les gouvernements precédents?… lors de la première répression sanglante?… RIEN. Qu’on fait tous les gouvernements du Monde lorsque la Chine a envahis le Tibet?… RIEN et le Dafour?…et le RWUANDA et…et…et… ILs sont si nombreux toux ces pauvres gens qui souffrent et meurent pendant que nous parlons et que tous nos gouvernements débatent à l’infini jusqu’à l’oubli de la cause.

 
Yémanja | Toulouse
21H30 27/09/2007

Normal les travaux sont terminés et donc les investissements arrêtés…
Plus la peine, ils déjà sont ailleurs : Angola, Nigéria, Iran… que des démocraties et des pays progressistes.

 
pikasso02
15H23 27/09/2007

Qui êtes-vous? Vous, tous ceux qui critiquez Bernard Kouchner. Cet homme n’a-t-il pas tout fait dans le passé pour aider les hommes? Qui êtes-vous donc, « courageuX anonymeS » à vous abbattre sur lui? Allons, un peu de retenue! Et posez de bonnes questions au lieu de vous comporter en perroquets fouteurs de merde. Merci.

 
Thucydide | Bêcheur de fond en Bourbonnais
21H52 27/09/2007

Une dictature qui fait sans vergogne ce qu’elle veut depuis des décennies sans que personne s’y soit jamais intéressé…
Et puis,voilà que subitement elle devient intolérable simplement parce que des moines ne pouvant plus être nourris par la population comme ils en avaient l’habitude, se sont rendu compte que les choses ne pouvaient durer et descendent dans la rue.

Pauvres moines ! Ils se rendent compte du mal qu’ils ont laissé faire, ils tentent de corriger ce laisser-faire inexcusable, et voilà qu’ils servent de prétexte à un interventionnisme opportun dans la course effrénée aux matières premières.

Après l’Afghanistan, l’Irak, le Darfour, l’Iran, et dans une moindre mesure le Golfe de Guinée, c’est au tour de la Birmanie. Kim-Jong-Il doit se féliciter tous les jours de n’avoir aucune richesse naturelle en Corée du Nord : il est toujours là, on traite poliment avec lui.

Le plus à déplorer dans cette misérable affaire birmane, c’est que ce peuple écrasé, avili et asservi ne serait « libéré » que pour abandonner ses richesses et ses espoirs à ses prétendus « libérateurs ».

J’entends ici et là que malheureusement, on ne peut rien faire, et ceci cela.
FAUX : ou alors, il ne s’est rien passé en Serbie, il ne s’est rien passé en Irak, il ne s’est rien passé à Mogadiscio.
Il est vrai qu’il ne s’est rien passé ni en Tchétchénie, ni en Chine, et on se demande bien pourquoi ? ;-)