tribune 27/09/2007 à 11h18

Birmanie : l'espoir est en marche, mais l'inquiétude grandit

Farid Ghehiouèche | Candidat - Tête de liste en IdF « Cannabis sans frontières » pour les élections éuropéennes du 6-7 juin 2009

Depuis quelques jours, les images des manifestations en Birmanie sont sur tous les écrans. Pour les défenseurs de ce pays qui, depuis des années, suivent le quotidien de la population birmane sous la férule de la junte, c’est un soulagement, mais déjà un début d’inquiétude.

Enfin, on parle sérieusement de ce peuple qui vit le martyr. Enfin, on dénonce les atteintes à la dignité humaine vécues par cette femme, Mme Aung San Suu Kyi, au courage extraordinaire, et qui résiste pacifiquement avec les armes de la compassion. Enfin, on évoque le sort de ces millions de personnes qui se sentent écrasés ou anéantis par la misère, les violences et la peur, quand écouter les radios émettant depuis l’étranger ou discuter avec quelques touristes peuvent devenir le prétexte pour être emprisonnés.

Mais il y a aussi la répression exercée par le régime depuis mercredi : arrestations massives d’opposants, dispersion violente des manifestations. La Birmanie est au coeur de l’actualité, de toutes les actualités.

Le Conseil de sécurité des Nations unies décidera-t-il d’une résolution ? Y parlera-t-on de la transition démocratique sur la base des élections de 1990 ? Quel est le message que la France doit adopter, à l’heure où le bruit court qu’Aung San Suu Kyi aurait été emprisonnée à la prison d’Insein ? Les militaires tiennent le pays depuis 1988

La Birmanie vit en état de siège depuis 1962, date de la prise du pouvoir par les militaires, qui mettaient un terme à la première expérience de démocratie parlementaire dans cette région d’Asie. En 1988, les manifestations démocratiques ont conduit à la chute du dictateur Ne Win, mais lors d’un nouveau coup d’état le 18 septembre, à la suite de la répression sanglante, la clique de généraux qui s’agrippe encore aujourd’hui au pouvoir instaurait le Conseil d’Etat pour la restauration de l’ordre et de la Loi (SLORC), rebaptisé Conseil d’Etat pour la paix et le développement (SPDC) en 1997.

En 1993, les généraux ont lancé la convention nationale, à laquelle les principaux partis d’opposition n’ont pas pris part,convention destinée a rédiger une constitution taillée sur mesure pour que l’armée continue de jouer un rôle prépondérant.

Des généraux réputés illettrés

Les détracteurs de la junte militaire n’ont qu’à bien se tenir, car comme en atteste la propagande du régime, le Senior-Général Than Shwe applique une politique militaire basée sur quatre objectifs politiques, quatre objectifs sociaux, et quatre objectifs économiques.

C’est simple, c’est militaire, compréhensible par tous, y compris par les généraux eux-mêmes, dont la réputation d’illétrés n’est plus à faire. Cela fait environ vingt ans que ça dure, sans la moindre variation, car bien entendu ce sont les « désirs du peuple ».

Depuis la tentative d’assassinat de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, le 30 mai 2003, et sa réassignation à résidence, les rumeurs sur son état de santé ont fait craindre le pire. En novembre 2006, elle est sortie quelques heures pour s’entretenir avec un émissaire des Nations unies, l’envoyé spécial de Kofi Annan, M. Gambari.

En dépit des résolutions votées chaque année par l’Assemblée générale des Nations unies, la junte reste sourde, décourageant même Sergio Pinheiro, l’envoyé de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Depuis le samedi 22 septembre 2007, par la sortie de celle que les birmans surnomment « la lumière dans les ténèbres », et l’amplification du mouvement avec lundi plus de 100 000 manifestants, le pire peut être redouter, car la junte menace.

Dans l’édition du 24 septembre du journal de propagande gouvernementale New light of Myanmar, ni sur la une, ni en quatrième de couverture, ni à l’intérieur, pas une ligne sur l’évenement historique, c’est à dire la levée des barrières bloquant l’avenue de l’Université et la sortie en pleurs de Madame Aung San Suu Kyi au passage de la manifestation des moines, accompagnés d’autant de civils chantant la « metta sutta ».

Un hasard ? Non. Cet organe de presse insulte et humilie la femme qui résiste à l’oppression du régime depuis dix-huit ans, et qui a passée plus de douze ans dans sa maison-prison, sans pouvoir revoir son mari avant son décès, la junte lui ayant refusant un visa pour qu’il entre en Birmanie.

Dans ce même numéro, un reportage sur les réalisations des investissements du régime pour le développement des réseaux de télécommunication s’étale sur deux pages. Etonnant de lire un article relatant les bienfaits des outils de communication pour garantir la paix et la compréhension mutuelle entre toutes les communautés en Birmanie... Il y a onze ans, un émissaire des trois gouvernements scandinaves et ami d’Aung San Suu Kyi était mort emprisonné à la sinistre prison d’Insein, parce que la junte militaire l’accusait d’avoir un fax à son domicile.

Mais l’horreur reste la même aujourd’hui. En témoigne le communiqué de l’association des journalistes birmans en exil relayé par Reporters sans frontières qui détaille les multiples entorses aux règles élémentaires de protection des journalistes.

Le régime bénéficie du soutien financier de Total

Pourquoi et comment le régime militaire perdure toujours ? Faut-il rappeler la responsabilité d’une grande entreprise française ? Faut-il dénoncer, une fois de plus, le soutien moral et financier de Total ? En effet, dès juillet 1990, les ingénieurs de Total sont les premiers sur les rangs pour évaluer l’intérêt des champs gaziers au large des côtes birmanes, dans le golfe de Martaban.

En 1992, la firme pétrolière signe un contrat pour l’exploitation d’un bloc off-shore, et pour ce faire finalise en 1994 un consortium avec l’américain Unocal planifiant ainsi la traversée par un gazoduc d’une zone non-controllée par la junte birmane, afin d’acheminer le gaz chez le client thaïlandais, PTT-EP.

En dépit des critiques des organisations de défense des droits de l’homme et des recommandations des démocrates de Birmanie qui réclamaient, dès l’ouverture économique en 1989, le boycott financier des intérêts du régime militaire, Total investira 1,2 milliard de Dollars... Qui rapportent aujourd’hui environ 500 millions de dollars par an à la Moge, la firme pétrolière et gazière aux mains des généraux. Or l’état birman est en perpétuelle crise financière, et dispose de moins de 100 millions de réserves. Il est aisé de comprendre que la junte est au moins cinq fois reconnaissante de la présence de Total.

Faut-il revenir sur les conditions de cet investissement ? Faut-il rappeler l’effroyable tableau des exactions à l’encontre des populations civiles, notamment les Karens et les Mons situés sur le tracé du gazoduc construit par Total : travail forcé, habitants déplacés, viols, racket, réfugiés sur la frontière birmano-thaïlandaise ? Faut-il dénoncer la nature même du régime, qui profite de l’argent licite pour blanchir en quantité astronomique les revenus des trafics en tous genres tels opium, héroïne, amphétamines, pierres précieuses, bois, etc ? Toutes les ressources de la Birmanie sont pillées par les entrepreneurs des pays limitrophes, et des pays occidentaux, avec la complicité avec les commandants locaux, et bien entendu l’assentiment de la hiérarchie militaire.

Faut-il oublier que ce projet Yadana a été validé par la Coface, c’est-à-dire que ce sont les contribuables français qui assurent les risques, et que cette décision « politique » fut tranchée en 1994 par le gouvernement d’Edouard Balladur ? Et faut-il ignorer le contenu affligeant des 19 pages de la « relation d’un voyage et de la découverte d’une industrie muette » payées 25 000 euros par Total à Bernard Kouchner, pour dédouaner le pétrolier des accusations d’usage du travail forcé ? La répression du soulèvement a commencé

Depuis mercredi matin, la répression que le régime annonçait depuis plusieurs jours a commencé. Les manifestants sont violemment dispersés par les forces de sécurité, des arrestations par camions entiers ont lieu, des coups de feu ont été tirés, pour l’instant en l’air… mais faut-il attendre que la répression devienne aussi sanglante qu’en 1988 ? Un couvre-feu a été instauré à Rangoun et Mandalay depuis mardi soir, bien que les manifestations, très suivies, se soient dispersées en fin d’après-midi. La veille, la télévision d’Etat annonçait que les moines devaient se tenir à l’écart de la politique et cesser de défiler. Ils étaient pourtant des milliers dans les rues de Pegu, Mandalay, Sagaing et Magwe, dans d’autres villes de l’état Mon, de l’Arakan et Kachin et même à Kawthaung dans la division du Tenasserim.

Mercredi à 17h30, de retour de New York, où il a déclaré que la France ne tolérerait aucun usage de la force contre les manifestants, le président Sarkozy recevra le Premier ministre birman en exil. Pour la première fois le Dr Sein Win s’entretiendra avec un président de la République française, en compagnie de Jane Birkin et du coordinateur d’Info Birmanie, Frédéric Debomy.

L’actrice-chanteuse, porte-parole honoraire de la FIDH sera également porteuse du message délivré par une trentaine de figures hollywoodiennes (dont Dustin Hoffman, Jim Carrey, Susan Sarandon, Jennifer Aniston...) à l’adresse du secrétaire des Nations unies.

Des priorités pour agir

Quel message doit envoyer la France ? Celui des moines birmans est simple :

  • l’amélioration des conditions de vie et d’alimentation
  • la libération de tous les prisonniers politiques (et de conscience)
  • la réconciliation nationale

Les moines birmans réclament cela pour l’ensemble de la population, ils souhaitent que personne ne scande en vociférant ou en faisant du bruit pour faire aboutir ces revendications, mais ils demandent que chaque manifestant confectionne et marche avec son panneau de protestation en inscrivant ce message.

De manière plus large, ailleurs qu’en Birmanie, on peut demander que :

  • les Nations unies, dont la 62e réunion annuelle de son Assemblée générale, l’Union européenne et l’Asean mettent en place un plan d’action urgente et vigoureuse pour éviter une éventuelle catastrophe et permettre la restauration de la démocratie en Birmanie.
  • les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent en urgence pour étudier la situation birmane et un renforcement de la position commune sur la Birmanie.
  • Ibrahim Gambari, rapporteur spécial sur la Birmanie, rencontre Aung San Suu Kyi et Min Ko Naing lors de sa prochaine visite en Birmanie.
  • Théo Van Boven, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, effectue une visite dans les plus brefs délais en Birmanie et rencontre l’ensemble des prisonniers politiques, notamment les activistes pro-démocrates arrêtés mi-août lors des manifestations.

Pour en finir tout simplement avec le régime militaire birman, le meilleur des messages serait que Total gèle son projet dans l’attente d’un retour à la « normale », c’est-à-dire quand Madame Aung San Suu Kyi sera libre, et qu’elle pourra se mettre au service du peuple qui l’a élue... et quand tout les Birmans mangeront enfin à leur faim.

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  • Puttermesser
    • Posté à 12h04 le 27/09/2007
    • Internaute 6280

    Merci ! ! !
    Moi qui rêve d’aller en Birmanie depuis des lustres, qui ai failli y partir en septembre pour un cours de méditation et qui n’attends qu’une chose : que ce splendide pays martyrisé soit enfin libéré....
    Ravie de lire un article documenté sur la question.

    • Anonyme répond à Puttermesser

      pendant les massacres, la boutique reste ouverte. on liquide le stock, gel des « futurs » investissements. boycott total de Total, massif. ne consommons pas le produit de l’aide à la junte ...

      excellent papier, merci.

  • Anonyme

    Oui, j’espere aussi qu’il sera libéré de de joug inaceptable. Je crains que malheureusement il y ait du sang
    Elisabeth, une adoratrice des magnifiques temples de Bagan

    • Anonyme

      Je suis allé en Birmanie il y aquelques mois ...
      j ai peur aussi que la junte fasse tres tres mal ...
      la Birmanie est un joyau , mais aussi un enfer dans le paradis ...BAGAN reste pour moi le plus belle endroit que ja ivu sur la planete ...le peuple birman est beau ....il faut y aller pour le comprendre et ce soulevement est necessaire ...j espere simplement qu il sera suffisant ....les birmans le souhaitent mais ne veulent pas d une democratie a l occidentale ...il ne faut surtout pas negliger qu il y aplusieurs etnies ...
      La france devrait avoir honte pour Total ...
      j ai eu honte la bas sur les routes proches des installatiosn de Total .....
      sam/

      • Anonyme

        Mais vous y êtes allé quand même, votre voyage a profité à la junte mais difficl d’être cohérent n’est-ce pas !

  • Anonyme

    Ce qu’on pourrait faire d’utile, et la moindre des choses, ce serait de manifester devant le siège de Total. D’autant que nous sommes tous collectivement un peu responsables de la situation du peuple Birman, pour l’avoir toléré jusque là, alors que nous savions bien qu’une multinationale Française faisait ses petites affaires avec ce régime qui réprime actuellement par les armes et dans le sang les birmans.

    • Anonyme

      plus que d accord avec toi ...
      les KOUCHNER et autres devraient se taire ...
      la junte militaire la france avec total y fait ses affaires la bas donc l hypocrisie de Sarko et kouchner cela me fait bien rire ...
      on n a rien a critiquer aux USA sur ce point ...
      J ai eu honte d etre francais la bas ...
      Total nourrie la junte comme d autre ! ! ! !

    • bp64
      • Posté à 21h05 le 27/09/2007
      • Internaute 17882

      il serait bon de se rappeler du rapport excellent qu’avait livré notre actuel ministre des affaires étrangères à la demande de TOTAL.

      • Anonyme répond à bp64

        Ou peut-on trouver le rapport de Kouchner sur Total et le Myanmar ?

  • Anonyme

    Encore les francais (je le suis aussi), pourriture de politique ! TOTALement ignoble.
    Vive la liberté dans ca pays, ainsi qu’au laos par EXEMPLE !
    loic*

  • G2G
    G2G
    • Posté à 14h30 le 27/09/2007
    • Internaute 17663

    Merci pour cet excellent article de fond
    Tres bien écrit et documenté.
    Merci.
    Courage Birmans.

    • Anonyme répond à G2G

      Nous sommes allés en Birmanie en Juillet 2006.
      Ce pays est merveilleux,Rangoon ,Mandalay ,Bagan, mais ceux qui le sont encore plus ce sont ses habitants. Les birmans sont des personnes trés gentilles, le peuple est acceuillant. Ils sont pour la plupart très pauvres mes répondent au quart de tour a votre sourir si vous leurs en faites un. Les militaires ont un pouvoir de terreur sur ces habitants. La seule chose qui fait tenir ces habitants est la religion qui leurs apportent un mince soutient pour continuer a vivre dans l’espoir de jours meilleurs. Les moines donnent chaque jour une part de leur repas aux pauvres. Ils sont le soutient de la population. Le birman est fier et courageux. Ma femme et moi avons aujourd’hui peur pour eux... car c’est le combat de la chevre contre le loup.... Nous souhaitons de tout coeur que ce pays se redresse et sommes malheureusement impuissant pour leur apporter notre soutient. Les pays d’Asie ne bouges pas car leurs vues sur l’energie du gaz et du petrole de la Birmanie les rendent aveugles.....

  • Anonyme

    Mais y’en a marre de cette violence, l’Homme n’a t il pas envie de gouter au sentiment d’amour ? ! ! ! Nous devons montrer l’exemple, nous les nations « riches », montrer que la loi du talion est révolue et prouver que l’on est capable d’aimer notre prochain ! ! ! l’agressivité meurt d’elle même quand on a une personne en face est pleine d’amour.
    Ces moines qui sont plein de bons sentiments se font matraquer par un pouvoir quitche et triste à mourrir ! ! ! ...
    J’envoie plein de bons sentiments et plein d’amour à ce peuple pourpre et je vous invite à vous joindre à moi. L’amour est le plus fort.

  • lilimiller
    • Posté à 14h33 le 27/09/2007
    • Internaute 8802

    Même si je ne croyais pas en Bernard Kouchner, je suis atterrée d’apprendre à quel point il a pu faire preuve non seulement d’irresponsabilité, mais surtout d’un manque TOTAL de scrupules en signant un rapport qui dédouanait Total de toute forme d’exploitation en Birmanie et confortait l’entreprise française dans un profit bafouant les droits de l’homme et la lutte d’un peuple pour sa liberté, et cela uniquement pour 25000 euros ! Quel esprit HUMANITAIRE, bravo Mr Kouchner. Et maintenant que va-t-il faire ? Plaider la cause de Mme Aung San Suu Kyi, le plus hypocritement et lâchement du monde ?

    • pikasso02
      pikasso02 répond à lilimiller
      • Posté à 18h07 le 27/09/2007
      • Internaute 10134

      lilimiller je vous trouve injuste envers BK. Qu’avez-vous fait de mieux que lui à ce jour ? Ne croyez-vous pas que son regard sur le monde est plus objectif que le mien et que du votre ! Allons ! Un peu de modération ! Cet homme se bat et s’est toujours battu ! Je ne serais pas surpris qu’il quitte le gouvernement, si ces idées, car je suis persuadé qu’il pense comme vous et moi, mais pour vaincre il faut être en dehors, pas dedans.

      • nicoecolo
        nicoecolo répond à pikasso02
        Indépendant
        • Posté à 10h16 le 28/09/2007
        • Internaute 17895
          Indépendant

        Le fait est que quand on vous paye pour ecrire un texte permettant de blanchir la position de Total dans ces conditions, on ne peut pas dire que l’on fait de l’humanitaire ni de la paix dans le monde. Kouchner n’a jamais été ce que vous croyez, il a simplement trop de pouvoir pour cela. Et si l’idée de démissionner de ce gouvernement devait lui passer par la tête, ça fait longtemps qu’il aurait du le faire (donc si il y est toujours, c’est que ses petits intérêts personnels s’en trouvent grandi, a côté du nain...)

  • lilimiller
    • Posté à 16h07 le 27/09/2007
    • Internaute 8802

    je rajoute juste une chose : un grand merci à Farid Ghehiouèche pour cet excellent article de fond, et à rue 89 qui est décidément un très très bon « journal ».

  • SuperVraiLumineux
    • Posté à 18h25 le 27/09/2007
    • Internaute 17869

    Je me sens pris en otage moralement par les agissements de nos représentants, lesquels me rendent coresponsable des actes des tortionnaires, les arguments nébuleux pour justifier la présence de TOTAL en Birmanie, avancés par Rama Yade : « si ce n’est pas nous ce sera un autre », font de « nous » cet autre pourri, « merci » à la Secrétaire de Droits de l’Homme de brader ainsi les Droits de l’Homme ?
    Les droits humains – malgré quelques apparences et quelques textes constitutionnels – ne sont pas encore, ne sont toujours pas, des fondamentaux politiques. Sans doute sont-ils déjà – du moins dans les démocraties approximatives – des fondamentaux éthiques, voire des fondamentaux juridiques.

    Mais ils n’inspirent pas essentiellement l’action politique. Ils lui servent tantôt de référent légendaire, et tantôt de récitatif incantatoire. Le politique les manipule, et ne se laisse pas gouverner par eux. Il se sert d’eux pour ne pas avoir à les servir. Il les enrôle dans ses desseins pour mieux les confiner dans de strictes limites, comme si il les assignait à résidence.

    • bp64
      bp64 répond à SuperVraiLumineux
      • Posté à 21h24 le 27/09/2007
      • Internaute 17882

      Il faut se rappeler que qd SARKO était à l’Intérieur ,il se gaussait fort des droits de « l’hommiste ».On ne change pas facilement ce genre de comportement

    • Anonyme répond à SuperVraiLumineux

      > > Je me sens pris en otage moralement par les agissements de nos représentants, lesquels me rendent coresponsable des actes des tortionnaires <

      vous sentez-vous pris en otage de la même manière par la présence de sociétés françaises en Israel ou aux Etats Unis...
      attention aux manipulations actuelles.
      on parle des morts en Birmanie mais qui parle des 11 morts de Gaza et de la dizaine de personnes assassinées récemment par Blackwater en Irak

  • machinchose
    • Posté à 23h11 le 27/09/2007
    • Internaute 8651

    il y avait aujourd’hui une manifestation. Un seul leader politique s’est déplacé :

    madame Royal.

    ou sont les autres ?
    On ne sait pas !

    et comment le raconte Libé ?

    en se moquant d’elle « tout de bleu vétu » ! !
    voilà Libé n’a plus qu’une obsession : tuer Royal, et faire de la gauche un parti de droite.
    c’est horrible mais je le redis : si aujourd’hui Libé était à nouveau en danger eh bien je m’en foutrais.

    MINABLE !

    Lien

    (ils vont finir par me rendre royaliste ces cons !)

    • SuperVraiLumineux
      • Posté à 03h50 le 28/09/2007
      • Internaute 17869

      Dis donc, machinchose, la mère royale n’a pas daigné se rendre auprès des birmans présents à cette manif.
      Si t’y étais, tu l’aurais vu.
      Elle se prend pour une icone
      Qu’elle s’inspire d’Aung San Suu Kyi, celle qui est au fond du gouffre. Elle doit la terriffier.
      On s’en fout de « libé », comme de l’iconite.
      Salut

      • machinchose
        • Posté à 07h05 le 28/09/2007
        • Internaute 8651

        donc l’idée c’est qu’elle aurait mieux fait de faire comme tous les autres : ne pas bouger.

        en effet je comprends mieux. Ah si elle était restée dans son salon personne n’y trouverait à redire. Mais si elle y va quelle nulle !

        et non libé on s’en fout pas parce que la presse c’est la démocratie.

        vous ne pouvez pas d’un coté aller manifester pour la liberté et la démocratie et vous foutre de la santé de cette dernière dans votre pays.

  • Anonyme

    Une bonne maniere de montrer notre attachement a la cause birmane serait de boycoter nous meme TOTAL en France,plus de plein d’essence dans leurs stations.

    • Anonyme

      remarque stupde

      • lilimiller
        • Posté à 14h14 le 28/09/2007
        • Internaute 8802

        Je trouve au contraire que c’est une excellente idée, et pour ma part, il y a longtemps que je boycotte Total !

  • Anonyme

    Je ne suis pas Yann Guegan mais je peux écrire sous sa signature. Il y a un pb sur le site que je me permets de signaler.

    • Anonyme

      je précise : quand j’ai écris mon commentaire j’étais « yann Guégan » mais j’imagine que ça ne fonctionnait plus après le clic.

      mais il n’empêche que tout courageux anonyme que j’étais sur cette page je pouvais « noter » les commentaires.

  • Anonyme

    A machinchose du petit matin :
    On ne va pas se disputer pour si peu, j’ai dit que S. Royal n’avait pas été vers les birmans présents et était restée avec les journalistes, je n’ai pas dit qu’elle aurait mieux fait de s’abstenir de se déplacer. En substance , je ne me « fous » pas de la démocratie ici, je trouve qu’ici on se « fout » de la démocratie et que notre « moi d’abord » nous rend très manipulables, nous bradons notre liberté pour du pain et des jeux.

    A C.A. de 10h :
    Ici le sujet est la Birmanie, ce n’est pas parce qu’on parle de l’ ultraviolence de l’un que les brutalités extrêmes de l’autre(USA, Israël, Chine et Russie etc) sont tolérables et qu’on les oublie.
    Ce qui se passe en Birmanie en ce moment n’a rien d’une manipulation. On entend parler tous les jours de l’Irak et toutes les semaines de la Palestine, depuis des années.La Birmanie vit sous un des pires régimes dictatoriaux depuis 45 ans et ce n’est que maintenant qu’on en parle.
    J’ai parlé avant tout de droits humains, donc pour tous les humains.

    A propos de TOTAL, je nous trouve bien tendres pour
    notre multinationale, il y eut l’Erika puis AZF, maintenant on sait qu’elle collabore avec des tueurs en série qui pillent un pays entier, et il ne faudrait pas l’inquiéter ? Ne pas troubler le sommeil de ses petits actionnaires-rentiers, ni critiquer la sacro-sainte croissance. Ca me donne la nausée.
    Il faut qu’il y ait des sanctions contre la junte birmane ET contre Total pour avoir financé celle-ci à une période symboliquement forte pour les birmans (après la confisquassion des élections -82% pour les démocrates, 82% ça ne vous rappelle rien ? Comme si Le Pen avait fait un putsch en 2002), les dirigeants de Total savaient très bien à qui ils avaient à faire en s’installant là-bas. Lire cette interview dans libération qui en dit long
    Lien

  • Anonyme

    portons tous l’écharpe Safran !