
Pour premier concert à Paris depuis sept ans, la jeune chanteuse a fait le pari de revisiter de vieilles chansons folkloriques d'Europe centrale, en y brodant des airs de jazz, de rock ou de musique hindi, remixant même à la sauce reggae et bossa nova des comptines enfantines.
Ecoutez son interprétation jazz de « Te merel e luma », une complainte tzigane qu'elle chante dans la langue des Roms :
A l'Institut hongrois de Paris mardi, c'était un pur plaisir que d'entendre Ági Szalóki et son groupe Le bouche à oreille, qu'elle vient de former avec les chanteuses Szilvia Bognár et Ágnes Herczku. Interprétant des chants bulgares, hongrois, tziganes a capella ou accompagnées de Gábor Juhász à la guitare (un régal), et d'András Dés aux percussions, elles ont navigué sur l'océan du jazz sans jamais s'y noyer.
Laissant l'alto de László Mester et la contrebasse de Zoltán Kovács se lancer dans une improvisation presque free avant de revenir, comme l'écrit le magazine Magyar Narancs (l'Orange hongroise), « à la source pure de la musique populaire, telles de joyeuses fées tirant de la brume le public envoûté ».
Sur scène, il y avait aussi András Monori et son étrange gadulka, sorte de viole bulgare au son doux et grave. « A elles trois, Ági, Szilvia et Ágnes connaissent des milliers de chansons ! Pas facile de faire une sélection ; pour ce concert, on a finalement choisi les plus belles chansons d'amour », s'amuse Gábor Juhász.
Les chansons populaires dites « folkloriques » ont toujours fait l'objet d'arrangements musicaux par les artistes hongrois, dans le sillage de Béla Bartók et de Zoltan Kodály. Bartók fut le premier à tracer la voie : son gramophone sur le dos, il arpentait les villages d'Europe centrale et enregistrait des centaines de chants paysans. Une fois rentré à Budapest, il les transcrivait sur le papier.
Ági Szalóki incarne elle une nouvelle génération d'artistes (Béa Palya en Hongrie, Tünderground en Roumanie) qui rompt avec le passé. C'est ce qu'explique le jazzman Gábor Juhász :
« C'est un phénomène nouveau. Jusqu'ici les chanteurs folkloriques étaient obnubilés par l'idée de préserver le patrimoine musical, ils n'osaient pas trop y toucher ni modifier les arrangements.“Les jeunes artistes d'aujourd'hui n'ont plus peur de rien car ils ont confiance ; ils savent que ces chansons ne disparaîtront pas, que ce patrimoine est là pour toujours. Alors ils créent, ils réinventent et utilisent ces chansons populaires pour bâtir leur personnalité.”
Le premier disque de Bouche à oreille devrait sortir en novembre chez un label hongrois.
Rue89 a rencontré Ági Szalóki peu avant le concert. Elle nous a raconté, en français s'il vous plaît, le thème d'une vieille chanson hongroise de son répertoire, « Jancsi pleure » :


























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De brogilo
in angulo | 14H45 | 27/09/2007 |
J'en étais resté à Monika « Mitsou » Juhasz Miczura.
Bienvenue à Agi Szaloki et à son groupe.
De pikasso02
18H32 | 27/09/2007 |
Merci à Katia Dorian pour ces extraits, pour cette voix chaude féminine. Donne envie d'en écouter plus.
De
18H36 | 27/09/2007 |
Et de la part de l'Institut Hongrois aussi c'est trés bien d'ouvrir vers ces musiciens ! Bravo ! !
De
18H52 | 27/09/2007 |
Et le 6 octobre Loulou Djine à la Java. Vivent les musiques d'europe de l'est !
De Hervé_5
19H32 | 27/09/2007 |
tout est dans le titre : -)
à Hervé_5
De
20H57 | 27/09/2007 |
Je ne sais pas si on peut acheter sa musique en ligne mais Agi Szaloki a un site web :
www.szalokiagi.hu
KD
De Hervé_5
09H04 | 28/09/2007 |
Excellent, merci !
(il y a même des mp3 ! )
De Courbet
22H44 | 27/09/2007 |
Eh oui moi aussi j'y étais. J'ai partagé les mêmes plaisirs que Katia Dorian. Merveilleux moments passés à l'Institut hongrois de Paris le 25 septembre en compagnie de ces chanteuses qui possèdent une technique vocale étonnante. Les chants traditionnels hongrois revisités avec des sonorités actuelles accompagnés d'instruments étranges (sans doute venant des campagnes hongroises) étaient de toute beauté. La salle a été totalement conquise.
A programmer d'urgence dans une grande salle parisienne. Avis aux organisateurs de concerts.
De Anthropia 17441
12H03 | 28/09/2007 |
Quand on lit vite, pas de chance, on lit Sarkozy.
Elle peut peut-être essayer de changer de nom.
Ou alors lui, il pourrait changer le sien.
De
13H24 | 28/09/2007 |
For CD-s see www.hangveto.hu
You find all Hungarian music of this kind, and another kind as well, and you can order them for a law price.
Bis !
De
19H31 | 28/09/2007 |
Suite à la remarque de courageux anonyme de 13H24 : le site www.hangveto.hu est le meilleur endroit pour trouver les artistes hongrois et est-européens qui font ce genre de musique (il est aussi en anglais).
De
09H32 | 03/10/2007 |
Article plein d'erreurs sur un beau concert. A commencer par le titre qui emploie le terme « répertoire tzigane ». Il y avait une chanson tzigane, quelques airs slaves, tout le reste était du traditionnel hongrois.
Dommage.
De
17H27 | 08/10/2007 |
Il me semble que la musique hongroise traditionnelle et la musique tzigane se sont ensemencées mutuellement. Bien hasardeux de dire ce qui appartient à l'une ou à l'autre. Les musiques d'Europe centrale ont emprunté aux Tziganes, aux Slaves, aux Hongrois, aux Juifs et sûrement à bien d'autres. Evidemment pour une oreille hongroise exercée les sonorités des campagnes hongroises sont évidentes, mais ne sont-elles pas le fruit de métissages ?
Et la musique n'est-elle pas universelle ? Alors Katia Dorian y a entendu les sonorités tziganes ? Moi, je ne pense pas que ce soit une inexactitude. L'important est que ce concert métissé était magnifique, ce que Courageux anonyme reconnaît.