Pour illustrer son émission du 6 avril 2003, consacrée au marché des pseudo-experts, Daniel Schneidermann pouvait-il trouver meilleur exemple que celui d » Alexis Debat, le bidonneur d'interviews au CV traficoté ? L'animateur d'Arrêt sur images avait trouvé le sujet dans ses filets. Il l'a laissé filer.
Sur son blog, l'ancienne « (cyber)journaliste » (et brièvement modératrice du forum) d'Arrêt sur images, Perline, raconte l'histoire : comment elle avait démasqué le mystificateur, comment son sujet avait été enterré.
A l'époque, Perline devait tenir une chronique accompagnant l'enquête principale de chaque émission, destinée au site web de France 5. Intriguée par l'adresse de courrier électronique de Debat (sur Hotmail), elle vérifie quelques points de son CV et très vite, nous explique t-elle, » tourne en boucle autour de références mal fichues » . Elle décide de pointer le cas Debat dans sa chronique, sous le titre : » Un expert éphémère. »
Un peu plus tard, raconte-t-elle, elle reçoit un email de Schneidermann, qui lui fait suivre un courrier de protestation de Debat. Elle n'a pas le temps de préparer une réponse : la chronique a déjà été retirée du site. Une réaction qu'elle regrette :
» Le courrier de Debat, c'était du flan et du culot. Avant même de connaître ma réponse, Schneidermann, qui se vante d'être le décrypteur, s'est écrasé devant une lettre vide et pleine de menaces. »
Licenciée par la suite d'Arrêt sur images, en conflit avec l'émission, Perline ne porte certes pas Schneidermann dans son coeur. Le journaliste, de son côté, affirme n'avoir » aucun souvenir » de l'épisode :
» Il est tout à fait possible que nous ayions retiré [le sujet] si le service juridique de France 5 nous a convaincus que la chaîne risquait une condamnation. »
Le Fig Mag reste silencieux, Libé joue la transparence
Depuis que Rue89 a révélé les interviews bidon, de nombreux médias qui avaient eu affaire à Debat ont fouillé leurs archives. On retrouve la trace de citations ou d'interviews d'Alexis Debat un peu partout, du Monde à RTL, en passant par Libération.
Certains journaux sont restés silencieux, comme Le Figaro Magazine, qui n'a pas l'air d'avoir réalisé qu'il avait publié, sur trois pages, une interview exclusive de John Edwards, le candidat à la vice-présidence de 2004, recueillie par Debat. John Edwards, à un mois du scrutin, s'est-il vraiment interrompu en pleine campagne pour accorder ce long entretien à l'hebdomadaire français ?
Le seul journal, en France, à avoir fait un effort de transparence est Libération. A côté d » un article consacré à l'affaire révélée par Rue89, le quotidien a publié un encadré, dans lequel le quotidien explique qu'il a interviewé Debat à plusieurs reprises. Le journal assure qu'il n'a retranscrit que ses commentaires, mais jamais ses informations…
ABC News ouvre une nouvelle enquête
Outre-Atlantique, c'est ABC News qui est contraint au travail d'introspection le plus délicat. La chaîne de télévision avait découvert dès le mois de mai que Debat, son consultant » terrorisme » , avait triché sur son CV.
Elle pensait s'en tirer en le débarquant discrètement et en engageant une enquête tout aussi discrète sur les informations qu'il lui avait fournies pendant plusieurs années. Après la découverte, par Rue89, du bidonnage de l'interview d'Obama dans la revue Politique Internationale, ABC a ouvert au début du mois une deuxième enquête, allant jusqu'à envoyer des journalistes au Pakistan. Question : à quoi a servi la première enquête ?
Un article consacré à l'affaire a été publié sur le site, curieusement signé de Brian Ross, figure de proue de l'unité dont dépendait Debat. Une journaliste qui a côtoyé Debat s'en étonne :
» Dans l'affaire du faux document mettant en cause le service militaire de Bush, CBS News avait fait appel à des enquêteurs extérieurs à la chaîne. »
Le vice-président d'ABC News chargé de la communication, Jeffrey Schneider, nous a depuis assuré que l'enquête interne avait été confiée à la » vice-présidente chargée de la qualité éditoriale » . Les articles signés par Alexis Debat ont été retirés du site.
La chaîne paraît se concentrer sur la véracité de ses informations ; elle ne semble pas s'interroger, en revanche, sur la façon dont son expert a été recruté. Cela s'est passé dans le contexte de l'après 11 septembre 2001. Debat doit son ascension à l'affolement des rédactions, lancées dans la course aux experts en terrorisme.
Zacarias Moussaoui vient alors d'être identifié comme le » vingtième pirate de l'air » et les chaînes américaines cherchent désespérément des éclairages sur les réseaux terroristes européens. Dans son article consacré à l'affaire, Brian Ross affirme que » Debat apparaissait fréquemment à la télévision française après les attaques du 11 Septembre » . Mais nous n'avons rien trouvé de tel dans les archives de l'INA.
En réalité, c'est Gaelle Drevet, une jeune journaliste basée à Londres, qui a remarqué Debat et a transmis ses coordonnées à l'unité de Brian Ross. » Alexis parlait très bien l'anglais, il passait très bien à la télévision » , résume un journaliste qui se souvient de ses débuts. » Au fur et à mesure, il a voulu montrer qu'il pouvait faire plus. » Et la machine s'est enclenchée.
Dans une parfaite tautologie de l'information, Debat est devenu expert en terrorisme sur ABC News… parce qu'il était expert en terrorisme sur ABC News.
Politique internationale patauge
L'affaire Debat est une catastrophe pour Politique internationale. L'expert n'a-t-il pas été à l'origine des interviews les plus prestigieuses de la revue depuis des années ? Bill Gates, Alan Greenspan, Bill Clinton, Hillary Clinton, Barack Obama… il alignait une magnifique galerie de trophées.
Le fondateur de la revue Patrick Wajsman répète qu'il est tombé des nues. Si c'est le cas, il bat tous les records de la naïveté. Car le directeur de la revue avait été alerté sur le personnage.
Le professeur André Kaspi, de l'université Paris I, se souvient ainsi avoir prévenu Wajsman, il y a quelques années, sur le fait que Debat s'attribuait frauduleusement un doctorat de la Sorbonne qu'il n'avait pas : » J'étais très embarrassé, parce que je suis dans le comité de patronage de la revue » , raconte Kaspi. L'affaire s'est soldée par » une discussion dans un de ces bons restaurants dont Patrick a le secret » . Bizarrement, Wajsman ne se souvient pas de l'épisode. Il dément catégoriquement : » Je n'ai pas vu André Kaspi depuis dix ans. »
Autre sonnette d'alarme, tirée cette fois en 2005 : Stéphane Dujarric, porte parole du secrétaire de l'ONU, découvre que Politique internationale, sous la plume de Debat, s'apprête à publier une interview que Kofi Annan n'a jamais donnée. Il demande vigoureusement à Patrick Wajsman de ne pas la publier. Le directeur de la revue s'exécute… mais continue par la suite à commander des interviews à Debat.
Aujourd'hui, Politique internationale a retiré de son site toutes les interviews réalisées par Debat. Un mot de Wasjman a été affiché en page d'accueil :
» Tout comme MM. Clinton et Obama, nous sommes victimes de cette mystification. C'est bien volontiers que nous leur présentons toutes nos excuses, ainsi qu'à nos lecteurs » ….
National Interest et le Nixon Center font le dos rond
Pendant ce temps, le Nixon Center, dont Debat était » directeur sécurité nationale et terrorisme » , et la revue » The National Interest » , associée à ce centre de recherche, font le dos rond. Ils attendent visiblement que le nuage passe.
La revue National Interest a maintenu dans ses archives en ligne les articles de Debat, comme celui-ci. Il continue à y être présenté comme » docteur » , » ancien conseiller du ministre de la Défense sur les questions transatlantiques » ou encore » directeur du comité scientifique de l'institut Montaigne » … autant de titres fantaisistes.
Selon nos informations, National Interest avait été alerté par l'Institut Montaigne en août 2004. Dans un email, Philippe Manière, le directeur de l'institut de recherche français, avait prévenu Nikolas Gvosdev, le directeur de la revue. Alexis Debat, écrivait-il, est ni employé, ni chercheur associé, encore moins » senior analyst » à l'institut Montaigne. Gvosdev l'a remercié de ces clarifications. Mais sans enquêter plus avant.
Paul Saunders, le directeur du Nixon Center, qui employait Debat depuis quinze mois, n'a pas donné suite à nos appels. Il a déclaré au Washington Post : » Nous avons eu une discussion approfondie et difficile avec lui, à la suite de laquelle, rapidement, il a offert sa démission. » Depuis, silence radio.
Le centre de recherche s'est contenté de supprimer son nom de la liste des experts. Il n'a publié aucun communiqué.
Guillemette Faure et Pascal Riché

A lire :
Les coulisses de la revue Politique internationale
Enquête sur la revue de Patrick Wajsman.

A lire :
L' » affaire » Alexis Debat
Les articles de Rue89 sur le mystificateur de Washington.


























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De
12H11 | 26/09/2007 |
Peut-être qu'ASI avait effectivement manqué un scoop à l'époque. Mais cette émission concernait surtout les « faux » experts car n'étant pas experts en terme de connaissance, pas en terme de validité de diplôme.
D'autre part, ASI émission hebdomadaire, a un délai de préparation court, fallait-il qu'ils consacrent leur temps d'investigation le cas de cette personne.
Sur ce, votre questionnement, comme celui de Perline, est juste, et peut être que D.S. a été effectivement timoré dans cette histoire. Mais il me semble bizarre que vous considériez une information sur la démarche de préparation d'une émission vieille de quatre ans, et qui n'existe plus, comme étant tellement importante que vous lui donniez la première place dans le titre de votre article. Ce choix de mise en valeur est-il sans rapport avec la situation de concurrence (et ses retombées économiques) qui existe aujourd'hui entre rue89 et le site d'arrêt sur images ? Autrement,dit, si D.S. aujourd'hui n'était pas impliqué dans son projet de site internet et de recherche de financements, accorderiez-vous la même importance à cette histoire ancienne ?
De Pascal Riché
Rue89 | 12H32 | 26/09/2007 |
Je ne vois pas bien où l'on serait en concurrence ! « @SI » est un projet très différent, que nous avons encouragé.
L'info est surprenante et révélatrice sur la capacité de Debat d'échapper, pendant des années, à la sagacité des plus fins limiers… Voilà pouquoi nous l'avons mise au début de l'article.
Et que ne dirait pas DS si nous cachions des informations sur nos amis, simplement parce qu'ils sont nos amis ?
à Pascal Riché
De
21H18 | 26/09/2007 |
Une réponse parfaite à une critique facile. La problématique de l'article est pertinemment traduite par le titre : comment « les plus fins limiers » sont prisonniers d'un système médiatique pour lequel la justesse de l'information a fait place au rang de principe directeur au vernis confortable du ressassement perpétuel de mêmes idées garanties « expertises » par des fantomes qui hantent les réseaux du journalisme. Internet, grâce à la mise en concurrence des analyses exprimées avec plus ou moins d'esprit critique et diffusées le plus largement possible, fout un grand coup de pied dans la fourmilière routinière du traitement conventionnel de l'information. Demain Rue89 et ses pairs auront plus d'audience que TF1 et F2 réunis, ne serait-ce que parce que les scandales qu'ils révèlent seront nécessairement répercutés du fait de l'impossibilité de lutter contre le brasier allumé par de simples étincelles comme votre article sur l'affaire Debat ; espérons seulement que le jour où Rue89 sera une institution usée par sa popularité et les freins de son trop grand succès, l'inertie de l'habitude sera vaincue par la capacité des internautes d'aller zapper sur d'autres sites montants qui a leur tour subvertiront le discours convenu qui sera le vôtre - peut-être un nouveau site, fondé par des mécontents, renvoyés par vous Pascal Riché, devenu à votre tour grand manitou multirédactionnel.
à Pascal Riché
De
10H20 | 27/09/2007 |
Ce doit être le rapprochement de Haski avec Sarkozy, via Lagardère, alias le « frère »…
Vous reprochez aux autres, en particulier à Daniel Schneidermann, entre autres, de ne pas être assez professionnel, pour contrôler les infos avant de les diffuser, c'est l'hôpital qui se moque de la charité…
Ce n'est pas un « courageux anonyme » qui vous le dit, c'est le citoyen Jacky Devaux, vous allez vous aussi, devoir répondre aux mêmes critiques, devant vos pairs, et devant les internautes…
Ceux que vous citez, ne sont certainement pas irréprochables, mais vous ne l'êtes pas davantage, vous n'avez pas de leçon à donner à personne…
P.Riche est de mauvaise foi, il a été mis en copie, du mail que j'ai adressé à P.Haski, dans lequel j'exige des excuses, pour le tort que le manque de professionnalisme de ce dernier m'a causé, suite à un commentaire, qui concernait l'article « Qui a dissous l'armée irakienne ? La mémoire défaillante de Bush », pour lequel j'attends toujours une réponse…
Notez que votre façon de faire du journalisme, qui ressort de l'article ci-dessus, qui revient à : « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », me motive au plus haut point, jusqu'à aller à vous demander réparation, pour le préjudice subi, pour l'insulte, par voie de justice, avec le retentissement médiatique qui va avec, si il le faut…
Le Rue 89 du début, du scoop du non vote de Cécilia Sarkozy, c'était du crédible, de l'utile à la démocratie, j'adorais, le Rue 89, phagocyté par Lagardère, comme l'est l'Humanité, (les moyens sont différents, le but de Lagardère et Bouygues le même ! ) n'apporte plus rien au débat, si en plus, comme Birenbaum, vous attaquez vos anciens frères de lutte, là je déteste…
Courtoisement.
Jacky Devaux
jacky.devaux067@orange.fr
PS : il est plus que probable que vous allez « trapper » ce post, n'ayant aucun doute, il sera tout de même rendu public…
De
13H00 | 26/09/2007 |
Tout à fait d'accord avec ce commentaire. Merci de nous faire part de cette information mais je pense aussi que le titre décrit mal l'intégralité de l'article ! Et puis comme vous le dites, ils ont fait « filer » l'info… Et c'est maintenant vous qui la récupérez.. Je pense aussi que ce papier révèle la concurrence qui s'installe entre ces nouveaux sites tous beaux tous neufs qui traitent d'une autre (vraie ? ) vision de « l'actualité ». A moins que ce ne soit une nouvelle manipulation n'ayant pour autre objectif que d'amplifier le buzz autour de ces nouveaux sites d'infos…
En tout cas, Rue89 a trouvé sa place sur le web… et ASI commence aussi à s'en faire une grosse. Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde.
Brice
De Deborah
13H11 | 26/09/2007 |
Théoriquement, certains diplômes prédisposent à une certaine autorité. Et rien n'a jamais empêché les rédacteurs en chef, par exemple, de vérifier l'authenticité des diplômes et compétences des journalistes auxquels ils font appel. J'ajoute qu'à force de toujours appeler les mêms spécialistes pour les mêmes sujets, on s'expose à ce type d'erreur, sans parler d'un rabachage perpétuel et qui n'apporte rien de nouveau.
Il fut un temps, quand les journaux avaient pour directeurs (voire propriétaires) des journalistes et non des hommes d'affaire on était très exigeant sur la qualité de l'information fournie. Que ce fût dans le domaine du spectacle ou dans le domaine politique. La rigueur, je dis bien rigueur, était de mise. Et j'ai connu des journalistes qui se sont fait virer pour des erreurs autrement moins graves que l'affaire Debat.
Mais il y a déjà longtemps qu'un rédacteur en chef d'une station de télé régionale m'a vertement remise à ma place, en m'expliquant que de nos jours tout allait trop vite et qu'on n'avait plus le temps de vérifier les informations : c'était pourtant le B-A BA, il fut un temps.
à Deborah
De
18H28 | 26/09/2007 |
Le diplôme atteste l'acquisition de connaissances suffisantes dans un domaine déterminé. Mais ce sont de profondes expériences pratiques et l'aptitude à en tirer des enseignements qui confèrent un certain niveau d'expertise. Autrement dit, on confond trop systématiquement un spécialiste et un expert. Il est vrai que les véritables experts sont souvent réticents à s'exprimer dans les médias, étant plus ou moins convaincus que « seul le doute est une conclusion valable »
De Thierry75
05H45 | 27/09/2007 |
Remarque tout à fait pertinente ! A noter également que la seule publication à bénéficier de l'indulgence du rédacteur est… Libération, dont beaucoup de journalistes de RUE89 sont issus. Etonnant, non ?
De
12H24 | 26/09/2007 |
Après avoir consacré un billet à cette affaire, j'ai bien l'intention d'en consacrer un second pour dénoncer l'incroyable silence de la presse face à une affaire qui concerne tout le système.
J'imagine que si le scoop avait été sorti par un grand quotidien national, il aurait été repris en boucle par un troupeau de moutons.
Tandis que là tout le monde - ou presque - semble faire comme le Nixon Center : le dos rond !
C'est nul…
Jean-Marie Le Ray
De Deborah
13H40 | 26/09/2007 |
Etant donné le nombre de rédactions mouillées ou éclaboussées par cette affaire, on voit mal que ladite affaire fasse la une desdites rédactions !
D'autant qu'il y a une paresse intellectuelle chez beacoup de journalistes qui consiste à reprendre, sans vergogne, tout papier rédigé ou pré rédigé fourni par tel ou tel communiquant (attaché de presse, attaché parlemenetaire, etc…)
A quoi s'ajotue aussi l'obsession des écoonomies : les reportages, les vrais, sur le terrain et fouillés, ça finit par coûter cher ! Autant faire ça dans son coin et par téléphone.
De
12H22 | 26/09/2007 |
Super papier, vous faites un boulot formidable. merci …
De
13H01 | 26/09/2007 |
Mesdammes et messieurs les journalistes, comment faites vous pour désigner un « expert » ?
En fait, le cas de Debat semble un cas emblématique, mais la foule d'experts interrogés ou cités dans tellement d'articles nous ramènent encore à la crédibilité des médias.
Dans mon métier, pour recruter un expert on regarde son CV, mais surtout on l'interroge et on lui fait passer des tests pour déterminer l'expertise.
Mais celà présuppose qu'on ai déjà à disposition un expert.
Le CV est quelque chose de trafiquable, trés facilement, de même que la mention d'expériences passées, quant à tester un potentiel expert avec un expert, si les deux sont des faux, ils ne vont pas se dénoncer mutuellement …
Aprés tout vous n'êtes pas des géostratèges, des spécialistes des renseignements, des experts en terrorisme, vous n'êtes « que » des journalistes, il vous faut donc parfois l'analyse et l'expertise de spécialistes.
Comment déterminer qui est un expert ?
Comment faites vous donc Rue89 ?
Un lecteur qui se sent concerné.
De Pascal Riché
Rue89 | 14H35 | 26/09/2007 |
Rue 89 propose une « information à trois voix, journalistes, experts, internautes ». Mais nous ne sommes pas une revue scientifique, et nous utilisons le mot « expert » au sens le plus large du terme. Est « expert » celui qui connaît parfaitement tel ou tel sujet, et en qui nous faisons confiance.
à Pascal Riché
De
22H44 | 30/09/2007 |
à qui nous faisons confiance … et en qui nous avons confiance … se relire et écrire correctement, n'est-ce aps une marque d erespect du lecteur ? Sinon, bravo pour l'enquête sur Debat, qui fait débat
De
22H42 | 30/09/2007 |
à qui nous faisons confiance … et en qui nous avons confiance … se relire et écrire correctement, n'est-ce pas une marque de respect du lecteur ? Sinon, bravo pour l'enquête sur Debat, qui fait débat
le même corrigé, au temps pour moi …
De Méridienne
13H07 | 26/09/2007 |
Samedi matin, il y a eu un petit reportage à ce sujet dans la tranche d'infos matinales d'Europe 1.
Debat y était décrit comme un faux expert qui aurait mystifié de nombreux médias ETRANGERS, point.
De manière générale, l'« info » sur Europe 1 est une vaste blague. Je n'écoute cette station que depuis peu de temps, et je suis édifiée.
Quand à l'attitude de Schneidermann avec sa modératrice, je ne suis pas étonnée, il suffisait de voir avec quel bon gré il prenait ses critiques à l'antenne, quand elle faisait le compte-rendu des réactions du forum.
De
13H05 | 26/09/2007 |
Je ne saisis pas… Le mec a menti sur son CV, ok.
Il y a combien de faux interviews ? Les vrais interviews deviennent-ils faux si l'interviewer à menti sur son CV ? Indépendamment de ses diplomes est-ce que ses « expertises » étaient plus bidons que celles des « experts » diplomés ?
De Pascal Riché
Rue89 | 13H28 | 26/09/2007 |
A ce jour, Barack Obama, Alan Greenspan, Bill Clinton, Hillary Clinton, Bill Gates, Nancy Pelosi ont fait savoir qu'ils n'avaient jamais donné d'interview à Alexis Debat.
De
13H24 | 26/09/2007 |
Débat est il un simple afabulateur ? ou est il le rouage d'une plus grande machinerie ? Et si Débat était un élément manipulateur destiné fourvoyer la presse ? Commme par hasard bcp de ses interviews et reportages touchent de près ou de loin au 11 septembre 2001, à la « guerre contre le terrorisme », l'Irak , l'afagnisthan, le pakistan… Et si Débat n'était pas tout seul ? Et si d'autre Débats étaient intervenus apres les attentats ? Je me souviens d'un epoque ou on nous abreuvait regulièrement des révélations de hauts responsables ne voulant/pouvant reveler leur identité… Vous savez des trucs comme Tora borra la forteresse imprenable d'OBL, les adm de l'irak etc
De
13H34 | 26/09/2007 |
Même si ce discours sent à plein nez la théorie du complot (chère à monsieur JMLP), y a t'il eu une enquête sur des possibles connections entre Alexis Debat et certains services de renseignement (et je parles là de vrais liens, pas juste ses affabulations) ?
Aprés tout l'information, mais plus encore la désinformation, est leur coeur de métier.
De
13H50 | 26/09/2007 |
Je vous en prie, il ne s'agit pas d'un discours mais de questions ! Les questions que vous vous posez sont dans le droit fil des miennes et ne me paraissent que naturelles au vu du flot de désinformation que nous avons subi depuis le 9/11/2001 et dont incontestablement Débat est partie prenante . Je suis moi meme étranger en ce pays et n'apprécie aucunement JMLP, ni la tendance xenophobe dont il profite au même titre que NS, votre nouveau président. Je regrette que le seul le fait de poser des questions m'induise des rapprochement avec ce douteux personnage en forme d'épouvantail.
De
14H01 | 26/09/2007 |
Non pas un discours mais vous pouvez parlez de spéculations. Commment pourrait on enqueter sur « les possibles connexions entre Alexis Debat et certains services de renseignement (et je parles là de vrais liens, pas juste ses affabulations) » alors que par définition les services secrets sont secrets et que leur métier outre l'information est précisément la désinformation et bien sur la manipulation ?
Avons nous encore le droit de spéculer ? De nous interroger ? Ou devons avaler sans sourciller les salades des Debats et consorts sous peine d'être assimilés a des extremistes ?
De
14H12 | 26/09/2007 |
Houlà !
Je me suis mal fait comprendre (c'est moi qui ai posté précédemment en parlant de Le Pen).
Le commentaire sur la théorie du complot s'apliquait à moi même : je ne voulais pas justement qu'en m'interrogeant sur les liens de Debats on me dise que je fasse dans la théorie du complot …
Et comme je l'ai écrit, je pose justement la question sur ses possibles connections avec les services de renseignements.
Soit je me suis fait mal comprendre, soit vous m'avez mal lu, mais en tous cas je n'accusais personne de faire le jeu des extrémistes.
De
13H52 | 26/09/2007 |
Très bel exemple de mystification, il en ressort que n'importe qui peut écrire n'importe quoi sur son CV, écrire des articles bidons sans être inquiété outre mesure ! et même en découvrant la fraude, il faut que ça continu, c'est cela l'école du journalisme ? Il faut vendre du papier à tout prix ?
Quand on voit la presse Française, et l'étage de qui vous savez, qui tire les ficelles par personnes interposées, plus rien ne m'étonne !
De
13H55 | 26/09/2007 |
Comme un lecteur qui a réagi deux messages plus haut, je m'interroge plutôt sur ce qui fait la « valeur » d'une interview ou d'une analyse. L'honnêteté et la logique impose de répondre que cette « valeur » ne doit avoir qu'un étalon : la satisfaction ou l'intérêt de ceux qui lisent la dite analyse. Visiblement, les écrits d'Alexis Debat ont rempli cet office. Ce qui laisse face à deux interprétations plus gênantes l'une que l'autre. Soit personne de compétent ne lit vraiment attentivement ce type d'écrits dans le processus de sélection. Soit, ces secteurs de la connaissance sont tels que rien n'y est vraiment « validable », que l'on a aucune chance de discerner entre deux analyses - pas complètement délirantes sur la forme - laquelle est la plus « exacte ». Très perturbant, non ?
Quant à la question des diplômes, le fait que de nombreux commentateurs centrent leur analyse sur cette escroquerie, en dit peut-être beaucoup sur la raison pour laquelle elle a été possible. D'abord l'étiquette, ensuite la pertinence.
Maintenant il est assez facile de théoriser sur ce genre de chose, beaucoup plus compliqué de choisir des « experts », alors qu'on ne l'est pas soi-même, comme le soulignait un lecteur. Et puis, ces histoires d'usurpation sont assez fascinantes …
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 00H55 | 27/09/2007 |
>« Soit, ces secteurs de la connaissance sont tels que rien n'y est vraiment “validable”, que l'on a aucune chance de discerner entre deux analyses - pas complètement délirantes sur la forme - laquelle est la plus “exacte”. Très perturbant, non ? »
En effet. Et vous touchez là une question à la fois sociologique et presque épistémologique. La notion de vérité en sciences humaines s'impose de manière moins évidente que dans les sciences exactes. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu'elle n'existe pas.
S'ajoute à cette difficulté la tradition « littérariste » que dénonce Bouveresse et on obtient ce salmigondis de verbiage plus ou moins sensé qui innonde la presse. C'est très regrettable.
De
14H06 | 26/09/2007 |
Pour régler la question, je vous propose de diffuser l'interview EXCLUSIVE que je viens de réaliser avec Alexis Debat « himself'. : ))))
De
14H05 | 26/09/2007 |
»…En réalité, c'est Gaelle Drevet, une jeune journaliste basée à Londres, qui a remarqué Debat et a transmis ses coordonnées à l'unité de Brian Ross. « Alexis parlait très bien l'anglais, il passait très bien à la télévision »… »
Peut-être que je n'ai pas tous lu concernant l'affaire donc ne m'en voulez pas si ces questions ont déja des réponses.
Mais sait-on d'ou vient donc ce mystérieux Alexis Debat ?
Quelles études at-il fait ?
A-t-il été journaliste ? à la TV ? ? ?
Pour finir, bravo à Rue89 et bon courage.
Victor Sauvage
De Pascal Riché
Rue89 | 14H22 | 26/09/2007 |
Avant de partir aux Etats-Unis, il a fait un DEA à la Sorbonne, et a passé quelques mois au ministère de la Défense, à la Délégation aux affaires stratégiques.
De Alcide Nikopol
Passé a l'Est | 15H17 | 26/09/2007 |
C'est con, il est archi-grillé maintenant, pour continuer a vivre il va etre obligé d'écrire un livre puis de signer les droits pour un film sur sa vie.
Les « experts », « spécialistes » et consorts sont légions dans les médias. Combien d'Alexis Debat participent au grand show de l'info toute chaude ?
Je connais mal le milieu des medias, mais pour mon job on m'a demandé des originaux de mes diplomes, vérification de mon parcours professionnel (peur de la concurence) et tout le tralala.
Comment des journaux dits réputés, serieux et tout peuvent se faire avoir de cette facon ?