Dénigrez, il en restera quelque chose sur le Net

Les avis d'internautes publiés sur les sites marchands servent à des campagnes de dénigrement. Un roman en a fait les frais.

Les critiques d'Un monde sans elfes sur Fnac.com

Descendre en flammes un produit tout en restant courageusement anonyme, c'est facile avec le Web 2.0. Depuis sa sortie, en juin, "Un monde sans elfes", un premier roman, est ainsi la cible de commentaires incendiaires sur des sites marchands et de propos diffamatoires sur des forums...

Le livre, écrit par Jean-Louis Sevilla, semblait pourtant promis à une carrière honorable dans son genre -l'heroic fantasy. Quelques bonnes critiques dans la presse et à la télévision, une sélection comme "Livre du jour" sur France Info... Son éditeur, Les Equateurs, avait mis en place 2 000 exemplaires. Mais une dizaine de jours après sa sortie, le 7 juin, les commentaires négatifs commencent à proliférer sur les sites marchands comme Fnac.com ou Amazon.com.

Sur la page que le site de la Fnac consacre au livre, un (courageux) anonyme écrit ceci:

Trompé par les critiques dithyrambiques trouvées sur ce site,j'ai trouvé que le style était affligeant de banalité, pléthore de rebondissements artificiels, personnages inconsistants... Ce livre alimentera le feu pour cet hiver!"

Bientôt, le flux augmente et atteint les forums dédiés à l'ouvrage sur livres-online, fluctuat.net, critiqueslibres... Avec, parfois, des propos diffamatoires à l'encontre de l'auteur. Aux Equateurs, c'est la consternation: "Il est parfaitement invraisemblable que ce roman suscite autant d'avis négatifs", constate Caroline Bokanowski, attachée de presse et seule salariée de l'éditeur indépendant, qui s'apprête à déposer plainte contre X pour "préjudice commercial".

Moins de commentaires pour le dernier roman de Beigbeder

Pour le premier roman d'un inconnu, un livre d'un genre plutôt ciblé (et loin d'être polémique), les chiffres sont effectivement très surprenants: publié le même jour que "Au secours pardon", de Frédéric Beigbeder, "Un monde sans elfes" totalise aujourd'hui 44 avis d'internautes sur les deux sites marchands cités plus hauts, contre 27 pour le dernier opus de l'auteur de "99 francs".

La comparaison est encore plus patente avec un roman policier de Stieg Larson, "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes", en librairies depuis juin 2006: 23 commentaires. Le polar s'est vendu à 50 000 exemplaires, contre 3 000 pour le roman de Sevilla, selon son éditeur.

Pour plus de pertinence, on peut aussi mesurer la différence avec un autre conteur aux oreilles pointues: "L'Heure des elfes", de Jean-Louis Fetjaine, a connu plusieurs éditions depuis le début du millénaire. Mais seulement 7 commentaires sur les deux sites...

Ce qui frappe quand on lit les commentaires, c'est qu'ils sont soit très négatifs -souvent-, soit très positifs -beaucoup plus rarement. En passant des heures sur les forums, Caroline Bokanowski a noté des similitudes dans les profils des commentateurs. "La plupart sont de nouveaux inscrits, qui le font uniquement pour critiquer le livre." Les critiques augmentent quand on parle du livre dans la presse. Certains ne se foulent pas: il reprennent intégralement la 4e de couverture du livre en passant les phrases à la forme négative!

L'attachée de presse relève que des internautes "paraissent très bien connaître le monde de l'édition". Ainsi, l'un d'eux souligne qu'un journaliste du Figaro, auteur d'un article sur cette affaire, est publié aux Equateurs... La maison d'édition penche pour une vengeance personnelle contre Jean-Louis Sevilla, menée par un ou plusieurs internautes. "Rien n'indique que cela vienne du milieu professionnel".

L'"advertposting", nouvelle pratique marketing qui pollue le Web 2.0

Le Net français doit pourtant se préparer à ce type de campagne visant à vanter ou, au contraire, à étriller un produit. Au mois de juin, le patron de l'agence ce voyage Directours, Michel-Yves Labbé, s'insurgeait dans la newsletter envoyée à ses clients contre les commentaires dithyrambiques et prétendument amateurs qu'il lisait sur des forums de voyages.

Dans le web anglo-saxon, on appelle ce phénomène l'"advertposting". "Aux Etats-Unis, on en arrive à un stade industriel", relève Grégory Pouy, PDG de Buzz Paradise, une agence qui met en relation des marques et des blogueurs. Des sites américains, comme BuyBlogComments, proposent aux annonceurs de poster en toute discrétion des commentaires sur des blogs ou des forums.

Selon des professionnels de la publicité sur Internet, en France, les forums sur les voyages, la santé, les bébés ou encore les sites féminins et de cinéma seraient déjà victimes de ce type de publicité masquée. En l'absence de preuve matérielle, il est impossible d'en citer. "Nous n'utilisons pas cette pratique pour vendre des produits", assure Romain Lartigue, de l'agence Ogilvy Interactive. "De toute façon, je ne pense pas que ça ait un impact fort: ça part vite aux oubliettes."

Pour Grégory Pouy, "les internautes attendent de la transparence. Ce genre de commentaires se voit tout de suite, et le retour de bâton peut être terrible pour la marque." Reste qu'il s'agit bien d'une nouvelle tendance. A surveiller.


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Courageux anonyme
15H36 23/09/2007
 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
16H57 23/09/2007
 
23H47 23/09/2007

commentaire lamentable de l'anonyme de service !

 
Courageux anonyme
19H36 27/09/2007

Il est indiqué dans l'article que les critiques négatives sont le fait d'intervenant nouvellement inscrits mais il est de même pour ceux qui ont écrit les critiques positives alors ?
Il faut toujours vérifier ce que l'on nous dit !!!

 
Courageux anonyme
13H56 28/09/2007

Et en plus j'avais vu qu'une critique très élogieuse du bouquin a été faite par quelqu'un qui se présentait comme un ami de l'auteur.Ses critiques super élogieuses ont été mises sur toutes les sites, et ce ne doit pas être la seule.
Il faut toujours toujours vérifier ce que l'on nous dit !!!

Alors les critiques négatives contrebalancent-elles les critiques très positives et cela fait une moyenne

 
Courageux anonyme
15H38 23/09/2007

J'avoue que je ne fais la critique que des livres que j'ai aimés, et comme je ne suis ni éditrice, ni mariée à un écrivain, pas de problème.

Je pense même que faire la publicité négative, c'est perdre beaucoup de temps à parler d'un auteur qu'on n'estime pas.

Dans le cas de cet auteur, JLS, je pense que parler de lui en mal est encore parler de lui, et que cela devrait faire fonctionner le buzz, d'ailleurs la plainte aussi, les Equateurs font feu de tout bois.
j'ai oublié de signer http://anthropia.blogg.org

 
21H06 23/09/2007
 
Courageux anonyme
10H56 24/09/2007

On ne peut pas tout à la fois revendiquer la liberté totale d'expression sur le Net et s'étonner qu'il en résulte certaines perversions, au nom de l'anonymat.
Pour moi, anonymat se conjugue avec dénonciation et il est vrai que notre histoire récente est remplie d'horreurs sous le couvert de l'anonymat.
Ceci étant, le flicage étant partout, il faut admettre que certains aient du mal à ne pas avancer masquer. Cela peut parfois donner le meilleur et malheureusement souvent le pire.

Denis L.J.

 
Courageux anonyme
13H17 25/09/2007

ATTENTION SCOOP:

Je viens de jeter un coup d'oeil aux forums qui traitent du roman "un monde sans elfe".

Le webmaster de critiqueslibres.com a vérifié hier (24/9) l'adresse des 4 internautes qui avaient déposé des avis négatifs sur ce roman et vient de mettre un warning : c'est la même personne !

Il y a donc bien eu une manipulation.

Reste à savoir qui est le corbeau. Je rêve que ce soit un concurrent ou Dominique de Villepin, cela ferait une pub d'enfer à rue89.

Vive l'internet libre (et indépendant)!
Plumons les corbeaux

 
Courageux anonyme
14H28 25/09/2007

Je suis déjà allée sur le site de critique libre et on ne peut mettre qu'une critique sur un livre, par adresse mail.
Dernièrement j'ai critiqué un objet que j'avais acheté sur un site ; des amis qui avaient acheté le même ont fait la même chose, et ont utilisé mon ordinateur car elles étaient furieuses d'avoir acheté une telle camelotte ; est-ce que je suis présumée coupable du fait que des amis ont utilisé mon ordinateur pour faire leurs critiques ?

 
Courageux anonyme
16H21 25/09/2007

Je crois que ce que tu racontes est peu vraisemblable, surtout pour un livre: imagines tu le niveau de coïncidence qu'il faudrait pour que 3 ou 4 personnes se présentent chez toi en ayant lu le même livre à 15 jours d'intervalle et que vous décidiez de poster d'urgence des avis "maxi-casse"?

Je ne sais plus quel cyberdélinquant a prétendu que ce n'était pas lui mais son chat qui intervenait sur des sites pédophiles pendant son sommeil.

En ce moment, Dominique de Villepin explique que "oui je suis un ami de JL Gergorin, qui est un ami d'Imad Lahoud, qui est un ami de l'auditeur qui avait le vrai listing ... Mais tout ceci n'est que coïncidence".

va savoir pourquoi, mais ce genre de coïncidence malencontreuse laissent assez sceptiques..

 
Courageux anonyme
14H02 01/10/2007

Exact, sur Critiques Libres on ne peut mettre qu'une critique (principale) par adresse mail. Mais il n'y a aucune limite à se créer autant d'adresses mails qu'on veut (yahoo, hotmail, caramail et j'en oublie) et autant de pseudos également. Le webmaster de Critiques Libres n'a pu que constater que les IP des auteurs soit-disants différents étaient identiques.
De plus, sur ce site de CL, après une critique dite principale, chacun peut lancer des critiques dites "éclair" qui accentuent éventuellement l'effet de la principale. C'est ce qui s'est passé pour ce livre. Malheureusement ou pas, je ne l'ai pas lu, donc je ne saurais dire.
Toujours est-il que la méthode est déplorable mais incontournable.
D'autant plus que, même si le webmaster décidait de virer le coupable, celui-ci pourrait fort bien revenir avec un nouvel IP, car on sait aussi qu'il est tout à fait possible de payer pas très cher pour obtenir un IP dit "flottant"...
Toute loi peut se détourner...
Rassurons-nous, la "vraie loi" a les moyens de retrouver la véritable origine de tout message.
Mais par bonheur il ne s'agit ici que d'un acte de délinquance très très très mineur, même s'il touche (un peu) au porte-monnaie et (beaucoup) à l'ego de l'auteur de ce livre.

 
Courageux anonyme
13H17 25/09/2007
 
Courageux anonyme
15H40 23/09/2007
 
Courageux anonyme
15H55 23/09/2007

L'article aborde, à mon avis, une critique fondamentale des avis sollicités auprès des internautes.
S'il ne s'agit que d'exprimer des remarques soi-disant humoristiques, passe encore,mais l'anonymat favorise parfois des excès qui frisent, ou la délation, ou l'extrémisme, qui en d'autres circonstances seraient suceptibles d'être attaqués en justice.
Est-ce le prix de la liberté d'expression?
Faut-il vraiment accepter l'anonymat?

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
16H52 23/09/2007

Je me demande si anonymat et liberté d'expression sont compatibles, mariables. Jean doute et moi aussi.

Quand je m'exprime, je ne me cache pas, je me revendique et je m'engage, je m'affiche sans peur et sans reproche. Au monde de la libre expression, le Je est une vraie personne.

 
19H37 23/09/2007

c'est plus facile de s'afficher sans peur et sans reproche quand on a pas à répondre devant un client, un patron, un ceci ou un cela. Vous êtes à la retraite c'est un plus.
Il me semble que l'intégrité d'une opinion est une chose fondamentale que le net interdit dans l'absolu. Vous n'êtes pas un cas commun. Vous êtes comme un journaliste ou un politique : vous pouvez.

imposez la transparence : vous tuez le net. mais en plus vous tuez le débat, vous tuez la discussion, vous tuez la notion même de vie privée. La transparence est souvent le pretexte à la dictature.

 
Courageux anonyme
20H06 23/09/2007
 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
20H20 24/09/2007

Oh ! et tu m'as cru ?

 
21H09 23/09/2007
 
19H32 23/09/2007

sur internet l'anonymat est FONDAMENTAL. Il est le seul garant de la libertée d'expression. L'anonymat véritable n'y existe pas. Si ici j'exprime des idée pénalement condamnable, n'ayez pas peur le site a mon IP, je suis facilement raçable ainsi que nous le sommes tous. Ceci dit en m'abritant sous le pseudonyme de "machinchose" je me protège du googling. Parce que je ne suis pas QUE "machinchose". Parce que contrairement à un comptoir de café ou je vois qui j'ai en face de moi, ou je sais que personne ne m'enregistre sur le net, ce que j'écris existe "pour toujours" ce que je dis m'est associé. Or j'ai une existance professionnelle, une existance privée, une existance autre tout ce que vous voudrez. La dictature anti)anonymat qui pointe est extremement dangereuse parce qu'au pretexte du "si tu n'as rien a te reprocher tu peux t'exposer, si tu dis quelque chose tu dois assumer" elle propose rien de moins que le fichage par google. Le marquage indélébile et immuable de toute pensée, de toute expression etc.

Assumer ses idées dans une conversation ne signifie pas avoir à les assumer devant son patron qui n'a pas à les connaitre.

Assumer un discours politique au café ne signifie pas vouloir le rendre public vis à vis de tout ses clients.

Sur internet il n'y a pas d'espace privé (excepté ceux qui sont marqués comme tel -et encore) il n'y a qu'un immense espace. Le fichage, le controle, la marque. La mémoire. Il faut se méfier farouchement de ce qu'on y laisse de soi.

ceci étant dit : le site a de moi une adresse mail valide, je signe parce que je ne veux être qu'un plutôt que de faire semblant d'être plusieurs. Je respecte l'éthique de celui qui dit. Mais machinchose ne me sert que pour parler de politique ou de sujet généraux sur ces forums ou sites.

Le problème très pertinent que ce site évoque est autre : au delà de l'anonyme il pose la question de la masse.

L'article aurait pu parler de l'UMP qui a litterallement spammé les sites de Libé ou du nouvel obs ou autre pendant la campagne avec des "commentaires" copier/coller pour dénigrer massivement, pour créer du buzz, pour exagérer l'impact de vidéo etc. Je parle de l'UMP parce que l'ump est le seul parti qui n'a pas signé la netethique. ça mériterait une petite enquête ça.

 
20H33 23/09/2007

Parfaitement d'accord.

Il faut qu'internet reste un espace de liberté d'expression, même si l'on sait que l'anonymat sur le Net n'existe pas pour le commun des utilisateurs.

De plus une critique, même négative, est constructive, c'est le débat contradictoire qui permet à chacun de se forger une opinion.

PS: combien de "journaliste/personne" ont lu le livre qui est si critiqué (même partiellement) pour se forger une réelle opinion avant d'écrire un article sur le sujet ?
En général sur les sites de ventes Web on peut lire aussi bien des avis favorables que l'inverse.En prenant mon cas, j'ai acheté un DVD par internet suite à un avis tres favorable...et aprés visualisation je me suis empressé de donner mon avis contraire pour éviter que d'autres se fassent berner!

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H55 23/09/2007

M. Machinchose,

Votre argumentation est solide. Et j'aurais bien du mal à prétendre le contraire ou à dégommer l'un des éléments raisonnés de votre construction. Il est vrai que mon statut de retraité et la clôture de mon jardin doivent m'avantager (quoique mes grandes filles me pressent d'avancer masqué…) et je comprends parfaitement votre prudence.

Mais je ne crois pas qu'on puisse associer comme vous le faites, liberté d'expression et anonymat. La liberté d'expression n'est pas garantie par un masque, une barbe, un faux-nez. Elle est un élément constitutif de la citoyenneté, une garantie démocratique. Dans la cité, un citoyen ne porte pas de masque.

Quand la dictature remplace la démocratie, la liberté d'expression n'existe plus. Plus de citoyenneté. Les individus doivent survivre dans la clandestinité. On se cache et l'on a raison.

Même si je pense que la structure économique de notre pays n'est pas démocratique, le régime politique demeure démocratique et notre république est un état de droit en dépit de dérives autoritaires ou de dysfonctionnements. Il me semble qu'un droit doit être exercé sous peine d'affaiblissement.

Mon bavardage risque de vous paraître un peu trop général et j'en conviens. Je comprends aussi, je me répète, que l'on puisse craindre pour soi, pour les siens et que l'on évite de parler en certains lieux.

En post scriptum :

Merci pour ce que j'ai appris de l'UMP.

La pratique de Libé m'étonne. Il n'est pas question de s'inscrire, et du coup beaucoup de contributions semblent comme frappées de folie. Je ne peux m'emêcher de penser que nombreux sont ceux qui se "lâchent" en se croyant anonymes (et qui se lâchent avec lacheté). Ceci et les limitations d'écriture (impossible de faire des paragraphes, un truc aberrant, et pas plus de 200 signes) en rendent la fréquentation peu intéressante.

Bonne soirée.

 
23H28 23/09/2007

au fond ne ne sommes pas en désaccord et il y a un point sur lequel même je vous rejoins volontier : la structure de notre société actuelle si elle n'empêche pas nécessairement l'idée démocratique la complique sinon la sabote certainement.

Je veux préciser ici autre chose : le net n'est pas tout à fait un univers social comme un autre en ce qu'il a une sorte de mémoire totale. Quand je parle je peux regretter plus tard. Le net me l'interdit.

le "courage" quand il est nécessaire m'oblige à me découvrir lorsque je signe une pétition ou que je manifeste (je ne porte pas de masque -et j'ai alors de plus en plus tort...) ou lorsque je m'exprime sur tel ou tel sujet dans le cadre éventuel de mon activité professionnelle.
Sur le net y compris.
mais pas toujours parce que je ne veux pas être "résumable" à ces participations.

Autre chose :

le vote n'est il pas, sinon anonyme dans son action, totalement secret dans son contenu, condition nécessaire pour garantir son bon déroulement ?

 
Courageux anonyme
01H16 24/09/2007

Ca qui est le plus genant à mon sens, n'est pas tellement l'anomymat sous forme d'un pseudo, mais la possibilité qu'offrent les sites de commenter en anonyme (comme je le fais en ce moment, je ne parle pas de l'utilisation d'un pseudo que je trouve normal) et autant de fois qu'on le désire, ou de s'inscrire sous autant de pseudonyme qu'on le souhaite sans faire de recoupement d'adresse e-mail.

Prenons un exemple: admettons que je décide pour x ou y raison de pourrir cet article. La possibilité d'être "un courageux anonyme" me permet de le faire en toute impunité. je peux poster 50 commentaires désobligeants sous différentes identités sans que les internautes qui lisent cet article s'en doutent. Certes, j'imagine que le webmaster de rue89 peut retrouver mon adresse IP, mais le verra-t-il seulement ?

Il existe des technologies qui tracent automatiquement l'IP d'un internaute et l'obligent à se signer avec le même pseudo quand il souhaite s'identifier. De telles technologies n'acceptent pas bien les IP flottantes ce qui est évidement un peu embettant quand on est derrier un routeur, mais au moins, ca garantie que la personne qui écrit un commentaire ne puisse utiliser plusieurs pseudonymes.

Ce qui me permet de faire un légère digression, car je trouve que ce ne serait pas si mal que rue89 se dote de ce genre de technologie pour obliger les internautes à se signer.
Perso, je possède un pseudo sur ce site, mais je ne l'utilise jamais... Pourquoi ? Je ne partage pas les idées politiques de la plupart des internautes qui postent sur Rue89 (ce qui ne m'empeche pas de l'apprécier pour la qualité de l'info qu'il diffuse) et j'avoue que me faire insulter par de courageux anomymes chaque fois que je laisse un message est un peu lassant. Conclusion, je reste dans l'anomymat moi aussi, je troll à l'occasion bien entendu, mais je ne trouve pas ca domage car de mon point de vue Rue89 perd grandement en crédibilité à cause de ses commentaires.

Un autre courageux anonyme

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
19H22 24/09/2007
 
23H53 23/09/2007

Remarque : la liberté d'expression est incompatible avec l'anonymat.

D'ailleurs Rue 89 devrait séparer les commentaires signés et les commentaires anonymes dans deux rubriques distinctes.
Cela ferait gagner du temps.
Pour ma part je ne lis pas les divagations anonymes.

 
Courageux anonyme
01H27 25/09/2007
 
Infovite | Plébéien.
16H07 23/09/2007

La « manipulation » de l’opinion érigée en système semble connaître un nouvel essor avec les nouvelles technologies de l’information.
Néanmoins, si l’on veut lutter efficacement contre ces manœuvres, une solution existe.
En effet, laissons « tomber » la forme et occupons-nous du fond. Rien ne pourra jamais remplacer, notre propre jugement fondé sur des faits vérifiés et non supposés tels.
En clair lisons sans prisme déformant !

http://info-espress.over-blog.com/
http://www.webzinemaker.com/info-espress/

 
Courageux anonyme
21H32 23/09/2007

"laissons « tomber » la forme et occupons-nous du fond"

Entièrement d'accord.

L'anonymat est une liberté.

Seul le fond compte. La réflexion. Les arguments. L'échange.

Un anonyme a autant de poids potentiel qu'une personne qui signe de son nom.

Je vous rejoints également sur "La « manipulation » de l’opinion érigée en système semble connaître un nouvel essor avec les nouvelles technologies de l’information."

J'irai même plus loin que "semble connaître"...

 
Courageux anonyme
16H36 23/09/2007

Article très intéressant. Merci

 
17H08 23/09/2007

très intéressant en effet, et à méditer par tous les riverains et passants de rue89...

 
Courageux anonyme
17H05 23/09/2007

On parle beaucoup d'anonymat dans cet article, mais une bonne partie des critiques du roman, y compris les plus féroces, sont sous pseudonyme, voire signées d'un nom et prénom. Le "pseudonymat" est fréquent sur le Web et n'a rien a voir avec les "vandales" anonymes qui peuvent se défouler pour ou contre un auteur.

Je ne suis pas surprise par la quantité de critiques sur le roman en question. Il s'agit d'héroïc-fantasy, et les fans des genres de l'imaginaire sont à la fois très présents sur Internet et souvent très prompts à s'enflammer. Il faudrait regarder si un forum ou site spécialisé genre ActuSF ou Le Cafard cosmique n'aurait pas chroniqué récemment le roman, suscitant l'intérêt de ses lecteurs pour le roman... Intérêt ici négatif, évidemment !

Irène Delse
http://www.irenedelse.com

 
Augustin Scalbert | Rue89
11H02 24/09/2007

Merci, Irène, pour votre remarque. J'ai été faire un tour sur les deux sites que vous mentionnez, et il n'y a rien sur le livre de Sevilla.

Vous avez raison quand vous écrivez que les fans de fantasy sont très présents sur Internet, et très "sensibles". Cependant, comme je l'ai écrit dans mon article, un auteur comme Fetjaine, beaucoup plus reconnu dans ce genre que Sevilla qui y débute, suscite beaucoup moins de commentaires... C'est ça qui est étrange.

 
Courageux anonyme
14H36 25/09/2007

Effectivement quand on regarde le site de la Fnac sur lequel sont exprimées les critiques de "Un monde sans elfes", on remarque qu'il y a des critiques également positives, dont une page entière.

Si on suit la logique de l'article, on peut se demander qui a écrit les critiques positives ? et si elles ne sont pas démeusurées ?

Quand les lecteurs n'ont pas aimé un livre, ils l'expriment vivement.

Que ceux qui ne veulent pas se voir critiquer, n'écrivent pas !

 
Courageux anonyme
13H50 28/09/2007
 
17H08 23/09/2007

voilà une perversion du système de commentaires des utilisateurs que je ne soupçonnais pas...
encore une bonne raison de s'affranchir de l'avis des autres pour choisir ses livres, ses films, ses disques (ses fringues?) et voir par soi-même;

seulement on décèle un nouveau problème, inhérent à cette bonne résolution: comment trouver le temps de tout lire, tout voir, tout écouter? :p

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H33 24/09/2007

Vous finissez par tirer la langue (à vous-même). Hé !
S'affranchir de l'avis des autres aussi difficile que
s'affranchir de la vie des autres !

Après avoir couru pendant longtemps des émissions littéraires
(en tout genre), je me suis rendu compte qu'elles avaient toutes le même défaut. Elles attiraient mon attention sur des nouveautés, des produits qui venaient de paraître. J'en suis venu à espérer des émissions qui parleraient des classiques et qui signaleraient des œuvres entrées dans les bibliothèques, au lieu de favoriser sans le savoir l'économie des maisons d'édition actuelles !

L'écrit est fait pour durer, et paradoxalement, en suivant ces émissions (……ou autres vecteurs d'incitation comme celui qui a amené cet article), on s'inscrit dans le court terme, le temps présent, les parenthèses d'un temps jetable comme un kleenex !

 
Courageux anonyme
17H09 23/09/2007

On parle beaucoup d'anonymat dans cet article, mais une bonne partie des critiques du roman, y compris les plus féroces, sont sous pseudonyme, voire signées d'un nom et prénom. Le "pseudonymat" est fréquent sur le Web et n'a rien a voir avec les "vandales" anonymes qui peuvent se défouler pour ou contre un auteur.

Je ne suis pas surprise par la quantité de critiques sur le roman en question. Il s'agit d'héroïc-fantasy, et les fans des genres de l'imaginaire sont à la fois très présents sur Internet et souvent très prompts à s'enflammer. Il faudrait regarder si un forum ou site spécialisé genre ActuSF ou Le Cafard cosmique n'aurait pas chroniqué récemment le roman, suscitant l'intérêt de ses lecteurs pour le roman... Intérêt ici négatif, évidemment !

Irène Delse
http://www.irenedelse.com

 
Courageux anonyme
18H19 23/09/2007
 
00H17 24/09/2007

Je suis partiellement d'accord. J'ai aussi l'impression que les fans du genre SF ou HF sont plus présents sur Internet que pour d'autres genres.

Je suis aussi d'accord que ces fans comprennent souvent beaucoup de puristes qui peuvent s'enflammer. Mais ce serait plutôt lorsqu'il y a une atteinte à une icône ou une grosse déception après une longue attente que les esprits peuvent s'échauffent très fort. Toucher au Seigneur des Anneaux (ou n'importe qu'elle autre partie de l'oeuvre de Tolkien) ou à H2G2, ou si une suite très attendu d'une oeuvre majeure ce révèle particulièrement décevante.

Mais hormi ces cas particuliers, j'avais plutôt l'impression que les critiques d'une nouveauté étaient plutôt modérées dans le domaine de la SF et de la HF.

 
Courageux anonyme
14H27 24/09/2007

Oui, sauf s'il s'agit de gens qui connaissent par ailleurs l'auteur ou l'éditeur, et qui ont des comptes à régler. Je vais essayer de voir s'il y a eu quelque chose de ce genre dans ce cas particulier. Ce serait intéressant...

Irène Delse
http://www.irenedelse.com

 
Courageux anonyme
17H17 23/09/2007

Bah, ils ont qu'à faire comme wikipedia, sur amazon. Mettre en place le détecteur d'adresses ip, on se rendra sans doute compte bien vite que certaines adresses correspondent à certaines maisons d'éditions...

 
Courageux anonyme
20H08 23/09/2007
 
21H26 23/09/2007

Dans le même genre bêtes à manger du foin, une belle histoire de l'été ici : http://bricablog.net/index.php/2007/08/07/1280-l-antivol-go-sport-pour-9...

L'auteure du blog a critiqué une enseigne sportive, suscitant en retour les réactions outragées de plusieurs vendeurs anonymes et de clients satisfaits. Problème : beaucoup des intervenants avait la même adresse IP...

 
Courageux anonyme
20H21 23/09/2007

Les personnes (et les sites) s'imaginant pouvoir faire quoi que ce soit avec l'adresse IP d'un internaute sont bien naives .

S'il est vrai que les entreprises et les grands sites web disposent d'adresses IP statiques (cad fixes) , il n'en n'est pas de meme pour nous les internautes.
Ainsi, si je déconnecte mon routeur ADSL (non fourni par mon operateur) et que je le reconnecte dans la foulée, mon adresse IP aura changé.
Seul mon opérateur est capable de me retrouver et cette information n'est disponible que pour la Justice.

J'en profite pour dire un mot sur cette ridicule notion de "courageux anonyme". Meme si on s' inscrit et qu'on donne une adresse email "nom.prenom@operateur", rien ne prouve que c'est le vrai nom.

Remarquons au passage que l'utilisation de pseudonymes est courante dans le monde de l'edition et du journalisme. Courageux qu'ils sont ...

 
Courageux anonyme
20H43 23/09/2007

Les entreprises, les grands sites web... et les universités ! ;-)

Le réseau Renater des universités françaises est notoirement "transparent" en matière d'adresses IP.

De plus, avec l'adresse IP et le nom du FAI (trouvé grâce à Whois http://www.ripe.net/perl/whois), on peut faire un signalement au FAI en cas d'abus (diffamation, etc.)

 
00H57 24/09/2007

Les IP fixes sont répandues mêmes pour les simples internautes. Chez certains opérateurs c'est une option payantes, chez d'autres c'est gratuit.

Mais quand le passage à l'IPv6 sera terminé, les IP fixes deviendront probablement la méthode par défaut.

"Ainsi, si je déconnecte mon routeur ADSL (non fourni par mon operateur) et que je le reconnecte dans la foulée, mon adresse IP aura changé.
Seul mon opérateur est capable de me retrouver et cette information n'est disponible que pour la Justice."

Ca c'est la théorie. Mais si vous ne faites rien de spécial pour brouiller les pistes, un hacker débrouillard vous retrouvera (connaissance de la méthode d'attribution des IP variables par votre FAI et de leur répartition géographique et "trace route" sur les IP suspectes pour commencer). On les oublie souvent mais les investigateurs professionnels aussi sont très forts à ce jeu là.

 
Courageux anonyme
09H53 24/09/2007

Certes. Il existe toujours des méthodes pour tracer quelqu'un.
Maintenant, pour simplement donner un avis anonyme sur un quelconque site, un p'tit tour par un "anonymizer" et le tour est joué : l'adresse IP captée par le site n'a strictement plus aucun rapport avec la "vraie"...
Quant à la question de l'anonymat, pfff... je pourrai m'inscrire après avoir créé une boîte à lettres du type otto.naumme@un webmail quelconque.com. Ca me rend plus ou moins anonyme ? Et ça change quoi à la qualité (ou la non-qualité) de ce que j'écris ici ?
Sinon, en matière de trolling, c'est au lecteur de savoir faire la part des choses, comme c'est aussi le cas lorsqu'il lit une critique dans un journal.

Otto Naumme

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
20H49 24/09/2007

Intéressant. j'en apprends beaucoup aujourd'hui.

Une remarque sur votre fin. Même si l'article d'un journal est signé olé olé…… Je sais qu'il existe un rapport entre le journaliste et sa rédaction, et j'imagine que la rédaction aura à cœur d'afficher et de défendre une façade et se sentira engagé par l'article.

Voilà pourquoi je crois qu'entre un site et un canard, l'exercice de la critique est bien différent.