Depuis 1957, le pays a développé une filière nucléaire civile, avec l'aide de la France. Mais Téhéran veut désormais la bombe.

Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne -« les six“- ont eu vendredi des discussions ‘sérieuses et constructives’ sur la situation du nucléaire en Iran, et l'éventualité de nouvelles sanctions. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a été reçu par son homologue Condoleezza Rice. A l'issue de leur déjeuner, ils ont affiché leur plein accord.
Le dossier occupe le devant de la scène internationale depuis des mois, mais le grand public peine parfois à en saisir les enjeux. Et les responsables politiques français ne lui sont pas d'un grand secours.
Ainsi, si Nicolas Sarkozy a réitéré jeudi soir lors de son entretien télévisé la position de la France (‘Je suis contre le nucléaire militaire pour l'Iran.’), il n'en a pas livré les fondements. Logique, car dans ce dossier, la France a toujours joué un rôle central et ambigu.
Un programme très ancien. Contrairement à une idée reçue, le programme nucléaire iranien ne date pas d'hier. Téhéran figure même parmi les nations pionnières. Dès 1957, le shah Mohamed Reza Pahlavi signe avec les Etats-Unis un programme de coopération nucléaire civile.
Dix ans plus tard, le premier réacteur de recherche, d'une puissance de 5 Megawatts, est opérationnel. Mais le chantier sera suspendu après la révolution islamique et pendant la guerre Iran-Irak. Téhéran a annoncé cet été que la centrale de Bouchehr entrerait finalement en service cet automne, grâce à l'aide de Moscou.
En 1958, l'Iran signe le Traité de non-prolifération (TNP) et pose les fondations d'une véritable industrie. Un objectif est fixé pour l'an 2000 : mettre en service 23 centrales… Outre ce volet civil, le shah d'Iran ne cache pas ses ambitions géopolitiques : posséder la bombe.
La France entre dans la danse. Comme l'a longuement démontré dans ses ouvrages Dominique Lorentz, Paris conclue en 1975 un accord de coopération autour du cycle de production du minerai. A l'époque, la Cogema (aujourd'hui Areva-Nuclear Cycle) veut fabriquer une immense usine d'enrichissement d'uranium à Pierrelatte (Drôme). A cet effet, elle créé en 1973 un consortium européen, nommé Eurodif, rassemblant, outre la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie et la Suède.
En 1975, l'Iran rachète la part suédoise (10% du capital d'Eurodif) par un montage complexe, qui va se révéler redoutable. Paris et Téhéran créent ensemble la Sofidif (Société franco–iranienne pour l'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse) avec des participations respectives de 60% et 40%. La Sofidif acquiert un quart du capital d'Eurodif, ce qui, en droit, revient à donner à l'Iran le contrôle de 10% du capital de la société.
Mieux : une disposition spécifique autorise Téhéran à enlever 10% de la production annuelle d'uranium enrichi. De quoi faire tourner toute son industrie… En échange, le très riche régime du Shah prête un milliard de dollars au consortium pour financer la construction de l'usine, inaugurée en avril 1979 par Raymond Barre.
Le clash de la Révolution islamique. A l'arrivée au pouvoir de l'imam Khomeiny, le nouveau régime dénonce l'accord de fourniture de centrales (technologie américaine Westinghouse, sous licence française de Framatome et allemande de Siemens). En représailles, Paris refuse à Téhéran le droit d'exercer son pouvoir d'actionnaire d'Eurodif, en suspendant les livraisons d'uranium enrichi.
Commence alors une longue guerre secrète, ponctuée d'attentats, d'assassinats et de négociations discrètes sur le ‘contentieux Eurodif’. Ce conflit culmine avec la crise des otages du Liban, dont la libération passera par un compromis sur le dossier Eurodif. Finalement, la France rembourse l'intégralité de la somme prêtée par le Shah, sans oublier les ‘dommages et intérêts’, estimés à plus de 600 millions de dollars. L'affaire est provisoirement réglée, fin décembre 1992, par une série de voyages à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas.
Civil ou nucléaire ? Le double discours des nucléocrates. Après une période d'accalmie, grâce à la ligne modérée adoptée par le président Khatami, l'Iran cherche à reprendre le dialogue sur le nucléaire. Aidée en cela par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui, dès février 2003, après la diffusion de photos satellites américaines des sites nucléaires, lance une vaste mission d'inspection sur le programme iranien.
Objectif : vérifier que cet arsenal ne masque pas un programme clandestin de mise au point de la bombe.
Toute l'argumentation, un brin hypocrite d'un côté comme de l'autre, consiste à faire croire que nucléaire civil et nucléaire militaire n'ont absolument rien à voir.
Ainsi, Téhéran pourrait développer son industrie nucléaire, sans se constituer un arsenal atomique… En réalité, la seule différence entre les deux utilisations tient au niveau d'enrichissement de l'uranium de qualité militaire (à partir de 85% de concentration d'isotope 235), qui réclame de nombreuses manipulations et autant d'équipements. Après avoir entamé des négociations avec Moscou, qui proposait de fournir à l'Iran de l'uranium enrichi et d'assurer ensuite son retraitement en Russie, Téhéran s'est lancée dans une inquiétante course à la bombe.
Quand l'Iran aura-t-il la bombe ?
Officiellement, la République islamique n'a pas encore en sa possession la moindre ogive. Selon le dernier rapport d'inspection de l'AIEA, il est très clair que le processus se poursuit :
‘Contrairement aux décisions du Conseil de sécurité [de l'ONU], l'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement, et a poursuivi l'exploitation de l'Ipec [Installation pilote d'enrichissement de combustible, installée à Natanz] et la construction et l'exploitation de l'IEC [Installation d'enrichissement de combustible, également à Natanz].L'Iran poursuit aussi la construction du réacteur IR-40 et l'exploitation de l'usine de production d'eau lourde [utilisée dans les réacteurs].’
D'après les experts, l'Iran pourrait maîtriser intégralement la technique de fabrication d'une bombe A (réaction de fission) dans un délai estimé entre deux et dix ans. Plus étrange : après l'échec de la proposition russe, les Iraniens ont proposé de relancer le dossier Eurodif ! Mais sous une autre forme. Le 3 octobre 2006, le directeur adjoint de l'Agence iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, proposait de ‘créer un consortium pour la production en Iran d'uranium enrichi’…
Voici plus d'un an que l'ultimatum fixé par le Conseil de sécurité de l'ONU a expiré, Téhéran refuse toujours d'arrêter ses activités d'enrichissement. Et ce samedi matin, l'Iran a fait monter la tension d'un cran en présentant, lors d'un défilé militaire, un nouveau missile longue portée, le Ghadr, capable, selon les militaires iraniens, d'atteindre Israël et les bases américaines du Golfe persique.
► Visiter le complexe de Natanz sur le site de GlobalSecurity.org.





















84
(Pour réagir, connectez-vous)
De
09H24 | 22/09/2007 |
Vous nous présentez des faits, c'est bien. L'historique aussi, c'est intéressant. A nous de vous proposer l'analyse ? Facile, dans le fond la question n'est pas de savoir si l'Iran respecte le traité de non-prolifération, puisque nous savons bien que vous ne le présentiez pas dans votre article que les Occidentaux et Chinois ne le respectent pas non plus, la question est de savoir si un Etat qui n'est pas occidental a légitimité à se constituer un arsenal nucléaire.
Alors, on aurait d'un côté ceux qui ont reçu l'onction et de l'autre ceux qui ne l'ont pas. A quel titre ? Vous vous rappelez quelle année les armes anti-personnelles ont cessé d'être vendues par la France, je n'ai pas dit « cessé d'être fabriquées » car elles le sont toujours, mais vendues « officiellement » ?
L'hypocrisie politique a encore de beaux jours devant elle, parce que nous, citoyens, restons mal informés, oublieux voire amnésiques temporaires. Du pain et des jeux !
De
10H54 | 22/09/2007 |
Je partage tout à fait votre analyse. Anti-nucleaire, je me pose aussi la qestion de la légitimité des sociétés occidentales à décider qui peut posseder l'arme nucleaire et qui ne peut pas ?
De janpoleroy
11H24 | 22/09/2007 |
Bien d'accord avec vous ! D'autant que la toute puissance hégémonique et narquoise des États-Unis et de leurs affidés justifie grandement, aux yeux des autres régions du monde, la recherche d'une dissuasion efficace, donc nucléaire, concept très gaullien s'il en est.
Gageons que bien d'autres pays non pourvus, font également des recherches dans ce sens. Même si ce n'est pas officiel. Et qui pourrait honnêtement les en blâmer ? C'est effrayant je suis d'accord mais les États-Unis, état voyous, ne le sont-ils pas eux-mêmes ?
JPL
à janpoleroy
De kst
keep-smiling-through.typepad.com | 14H02 | 22/09/2007 |
Sur l'historique des relations franco-iraniennes et du double jeu américain au regard des ambitions nucléaires de l'Iran, on peut voir ou revoir le documentaire très éclairant de David Carr-Brown et Dominique Lorentz : « La République atomique » (58 min - Arte 2001)
---
http://keep-smiling-through.typepad.com/bgemp/
à kst
De
16H19 | 22/09/2007 |
La guerre contre l'Irak et l'Iran est une guerre pour le pétole disent Greenspan et Kissinger :
Greenspan, Kissinger : Oil Drives US in Iraq, Iran
http://tinyurl.com/3xzvuc
De kst
keep-smiling-through.typepad.com | 18H58 | 22/09/2007 |
Merci pour ce lien. Ca a effectivement le mérite de la clarté la plus totale (et la plus cynique) pour qui veut bien se donner la peine de lire et de comprendre :
« Henry Kissinger echoes [Greenspan's] view in his op-ed. “Iran has legitimate aspirations that need to be respected,” he writes — but those legitimate aspirations do not include control over the oil that the United States and other industrial countries need.
“An Iran that practices subversion and seeks regional hegemony — which appears to be the current trend — must be faced with lines it will not be permitted to cross. The industrial nations cannot accept radical forces dominating a region on which their economies depend, and the acquisition of nuclear weapons by Iran is incompatible with international security.”
Note that Kissinger prioritizes Iranian (or “radical”) control over regional oil supplies over concern about the country acquiring nuclear weapons. »
Source :
http://tinyurl.com/3xzvuc
qui reprend l'article original de Robert Weissman :
http://tinyurl.com/33ky3w
---
Kissinger développait le même type d'argument, avec le même aplomb, à l'époque où Fayçal jouait à l'embargo pour encourager Nixon à tenir ses engagements dans le conflit israélo-palestinien.
Logique de base : « N'oubliez pas qu'en définitive c'est notre pétrole puisque nous en avons besoin. »
On trouve ça dans un documentaire (parfois un brin orienté) intitulé « La maison des Saoud ».
---
http://keep-smiling-through.typepad.com/bgemp/
De
16H00 | 22/09/2007 |
La légitimité est très simple, les occidentaux c'est nous et on a moins de chance de se faire tuer par nous-même que par les autres.
À la condition de ne pas donner ce pouvoir à des prophètes de l'apocalypse (Bush ou Kouchner).
De
23H14 | 22/09/2007 |
Et encore c'est très compliqué parce qu'il y a bien des pays qui ont le droit d'avoir un arsenal nucléaire (ceux qui ont dit « Prem's », comme à la cour de récré, les autres c'est trop tard). Mais il y a aussi les pays qui n'ont officiellement pas le droit et qui pourtant n'encoure aucune sanction économique (Israel, l'Inde et le Pakistan). Et là ca devient juridiquement absurde de condamner certains pays comme l'Iran parce qu'ils enfreignent les règles quand d'autres les enfreignent illégalement.
Le pire c'est qu'un pays comme israël a beaucoup plus de velléités guerrières que l'Iran (je parle pas des discours mais bien des actes, qui a le plus attaqué d'autres pays ces dernières années ? ) mais ils ont l'impunité pcq ils connaissent le directeur de l'école, les USA. Espérons qu'un jour tout ce monde finisse par grandir et se rende compte que tous les pays vont de toute facon dans le mur : occidentaux, orientaux, Nord, Sud, peu importe quand la planète ne sera plus vivable…
De
09H47 | 22/09/2007 |
Bravo ! Bravo ! C'est vraiment un super article pour defendre la position de le ministre des affaires étrangers et du premier ministre. Comme ça on a de raisons de faire la guerre à l'Iran, ein ?
Le jour que l'attentat terroriste tue dans un train de banlieu ou dans un metro, ça sera trop tard pour vous sentir responsable de ce que vous ecrivez.
Ou peut-etre, comme le fils de Sarko ou de l'autre espece de ministre ne vont pas dans le metro et RER, peut-etre vous vous sentez pas responsable de rien.
De
11H38 | 22/09/2007 |
1) L'article est un article de fond qui relate l'histoire de l'énergie atomique en Iran
2) il ne prend position sur aucune solution puisqu'il n'est là que pour éclairer
3) si vous ne considérez ceci que sous la vision d'un attentat vous ne valez ps mieux que ceux que vous fustigez
4) ça vous dirait des cours de français ?
De Serrat
14H25 | 22/09/2007 |
Bien sur que ça me dirait de cours de français,
il y a que 6 ans que je habite la France, excuse-moi si je vous vexe avec mon français, mais le message est claire, non ?
vous devez vous sentir au delà du bien et du mal pour me juger si rapidement en me comparant tout de suite.
Je suis espagnole, j'ai bien vu ce qui donne les aliances avec les USA de Mr Aznar.
Et simplement, parler de quelque choses, est prendre une position quand on est jouraliste.
ça vous dirait des cours d'espagnol ?
à Serrat
De Yann Guégan
Rue89 | 17H23 | 22/09/2007 |
J'ai du mal à vous suivre. A vous lire, il ne faudrait pas écrire un mot sur la crise actuelle autour du nucléaire iranien ? Je ne vois pas en quoi Rue89 peut être tenu responsable d'attentats futurs à cause de cet article.
à Yann Guégan
De
19H05 | 22/09/2007 |
Probablement pas la peine de dramatiser sur ce sujet.
Ce que la personne a voulu dire c'est que les iraniens risquent de jouer nettement moins fair play que les irakiens, ou même les serbes.
Par contre je suis toujours aussi curieux des sources me permettant de vérifier que les iraniens (je veux dire un officiel iranien, pas un opposant genre chalabi ou un officiel du departement d'état) prétendent acquérir un arsenal nucléaire, ce qui est quand même le point fort de cet article.
Quant à celle qui prétendent me le démontrer…Je vois d'un assez mauvais oeil le type de photos que l'on trouve dans votre article. Quelques mauvais souvenirs sans doute.
à Serrat
De
17H29 | 22/09/2007 |
Excusez-moi si je vous ai froissée mais il y a tellement de blaireaux français (j'entends de naissance) qui s'expriment sur ces sites d'info en multipliant les fautes de grammaire qu'on peut se poser des questions sur leur niveau intellectuel.
Pour en revenir à l'article, il a pour but d'informer sur l'histoire de l'atome en Iran, pas de prendre position.
C'est de l'information pure et dure comme on aimerait en voir plus souvent tellement nous sommes manipulés par les media…
Par contre, ne prendre position contre la guerre en Iran que pour le risque d'un attentat en France me semble tout simplement faire le jeu du terrorisme… qui comme son nom l'indique a pour but de semer la terreur.
Une catastrophe de plus grande envergure (un conflit nucléaire) est à redouter, et sans même l'envisager il suffirait de penser aux dégâts sur la population civile iranienne. Souvenez-vous du blabla américain sur les « frappes chirurgicales » et regardez le nombre de civils tués en Afghanistan et en Irak pendant le conflit…
Pour les cours d'espagnol je suis preneur car ça me manque, étant limité à l'anglais.
De Le Yéti
yetiblog.org | 11H35 | 22/09/2007 |
« Mais Téhéran veut désormais la bombe. »
D'abord, qu'en savez-vous, cher Monsieur Servenay ? Ce qu'on sait, par contre, c'est que d'autres l'ont depuis longtemps et s'en sont déjà servi (Hiroshima, ça ne vous dit rien ? )
Combien de temps va-t-on encore nous le faire, le coup des « armes de destructions massives » qui justifient les interventions militaires et les occupations de territoires ?
Et qui ose prétendre détruire, ces « armes de destructions massives », empêcher la construction de ces « bombes » ? Ceux qui les ont, les vendent à l'occasion et s'en sont déjà abondamment servi !
Qu'on s'entende bien, je n'ai pas une confiance extraordinaire dans les autorités iraniennes ; mais je n'en ai pas non plus, vraiment pas, dans ces puissances qui s'auto-déclarent « orces du Bien » en semant la désolation partout. Et en nous préparant sans aucune vergogne à la guerre.
à Le Yéti
De
11H39 | 22/09/2007 |
» « Mais Téhéran veut désormais la bombe. »
D'abord, qu'en savez-vous, cher Monsieur Servenay «
Ben c'est simple, le président iranien l'a dit lui-même…
De
18H59 | 22/09/2007 |
La source s'il vous plait ? Sinon vous faites de la propagande.
De
23H18 | 22/09/2007 |
C'est complètement faux, l'Iran a toujours déclaré officiellement qu'elle ne voulait que du nucléaire civil. Je suis curieux de voir votre source, peut-être est-ce issu d'une interview par Alexis Debat.
De kst
keep-smiling-through.typepad.com | 10H52 | 22/09/2007 |
Puisque vous citez Dominique Lorentz, il serait opportun de préciser qu'elle défend un point de vue original (et intéressant) selon lequel l'Iran aurait déjà ladite bombe…(je ne sais pas du tout ce que ça vaut) :
« Hier [06-02-2007], sur France 24, elle affirmait ceci : La supposée “gaffe” de Chirac sur l'Iran n'en est pas une. En effet, il n'est plus question, dit-elle, d'empêcher les iraniens d'avoir la bombe, ils l'ont déjà. La bombe pakistanaise est en fait une bombe irano-pakistanaise. Les puissances nucléaires occidentales ont organisé la prolifération pour créer un système d'équilibre de la terreur. Le meilleur exemple est le conflit indo-pakistanais. S'il ne dégénère pas c'est que New Dehli et Islamabad savent qu'ils ont les moyens de se détruire mutuellement. L'évolution du regime des mollahs est venu bouleverser la donne. Et si la République islamiste se montrait moins rationnelle que les autres détenteurs de l'arme nucléaire ? Et si Khatami, et aujourd'hui Ahmadinedjad mettaient à exécution leur menace de destrution d'Israël ? Conclusion de Lorentz : Il s'agit maintenant non plus de dissuader l'Iran d'obtenir la bombe, mais de s'en servir. D'où la menace explicite de “raser Téhéran” en cas d'utilisation de l'arme nucléaire. C'était le message très peu diplomatique que souhaitait faire passer Chirac et reçu 5 sur 5 par son destinataire. »
Source : http://sylvainattal.blog.20minutes.fr/archive/2007/02/07/dominique-loren…
---
Notons toutefois qu'Ahmadinedjad n'ayant jamais réellement menacé de « détruire Israël » (voir les débats précédents sur les erreurs et manipulations de traduction…) cela relativise peut-être un peu la stricte ordonnance logique du propos (mais pas forcément son contenu informationnel).
---
http://keep-smiling-through.typepad.com/bgemp/
à kst
De
11H50 | 22/09/2007 |
Je suis d'accord avec l'analyse bien que découlant de faits non vérifiés et non vérifiables et je pense effectivement que la démarche de Chirac a été la bonne. Bien plus intelligente que celle de Kouchner-Sarko vassaux de Bush et menaçant de guerre.
Il est bien plus intelligent de dire « bah… ils ne pourront pas s'en servir car cela signifierait la destruction immédiate de Téhéran… et ce avant même que le missile lancé par l'Iran n'ait explosé »
Effectivement l'arme nucléaire reste dissuasive tant qu'elle est au mains de gens qui réfléchissent un tant soit peu. Dès qu'elle se retrouve entre celles de fous agissant au nom d'un idéal suprème et ayant les pleins pouvoirs (heureusement que les Etats-Unis sont une démocratie car Bush est aussi un fou de dieu) on peut craindre le pire…
De
12H57 | 22/09/2007 |
Concernant la bombe je suis sceptique. J'ai un peu de mal a croire tout ce petit monde, qu ils soient iraniens ou américains. Pis la bombe sert surtout à éviter de s'en prendre une maintenant. Et d'autres pays ont la bombe sans que personne ne sourcille malgré le traité de non prolifération. On leur fait pas la guerre ? Ni de sanctions ? (Pakistan, Inde, Israel, et surement d'autres)
Concernant l'escuse de la démocratie.
J'aimerais savoir s'il existe une échelle pour mesurer le « taux » de démocratie d'un pays justement.
Je me suis toujours posé la question, comment peut-on dire que tel ou tel pays est une meilleure democratie qu'un autre pays ?
Ca m'est venue avec l élection de GWB en 2000. La facon dont il a été élu, le fait que la majorité des americains avaient voté democrate, mais qu'un systeme incompréhensible fesait que cette majorité devenait une minorité. Si quelqu un peut m'expliquer ce systeme assez étrange ca serait sympa. A l'école j'ai appris que le principe meme de la démocratie, c'est qu elle s'oppose fondamentelement a une monarchie. Une minorité qui détient et transmet le pouvoir. Or lors de cette élection, cela n était pas le cas. Etait-ce le cas lors de l élection du président Iranien ?
Sans parler du fait qu'aux USA, une minorité detient reellement le pouvoir, souvent riches et blancs, issus de vielles familles du sud (depuis Johnson en tout cas). Et en Iran ?
Ce n'est pas un jugement, ce ne sont que des questions qui me trottent dans la tete. Certains pays dont la France remettent toujours en jeu la question de la démocratie pour faire leur petites affaires au niveau international. Mais je n'ai pas l'impression de bien avoir compris le concept.
Ca a l'air d'un sujet naif et simple vu comme ca, mais je rappelle tout de meme que cela mene a des guerres de niveau mondiale en ce moment (meme si ca n en porte pas le nom). Je voudrais juste avoir des bases pour pouvoir y réfléchir par moi-meme.
Personnellement je ne pense meme pas que la democratie soit un choix qui puisse s'appliquer partout. Vivant en France, j y tiens.
Mais dans un pays ayant une religion d'état (Iran, Pakistan, Pologne, USA ? , etc), je ne vois pas trop comment il est possible de regler un probleme comme l'avortement, la liberté de religion, d'expression ou pas mal d autres sujet de ce genre sansa trahir l'une ou l'autre.
Je précise que ce n'est pas un commentaire à polémique, mais de réelles questions !
Merci a ceux qui repondront.
De
10H20 | 22/09/2007 |
c'est une histoire récente, l'Iran avec la bombe cela se se fera de toute façon et pourquoi cela ne se ferait'il pas ?
par contre les barbus avec avec la bombe, il ne faudrait pas que cela se fasse.
http://www.peuples.net/
De
10H25 | 22/09/2007 |
Lu sur wikipédia : De source diplomatique française, on indique que « l'Iran est bien membre d'Eurodif. Mais en l'absence de centrale nucléaire civile opérant en Iran, il n'y a pas de livraison d'uranium enrichi. »
Si l'Iran met en route des centrales(est-ce déjà fait) la France va devoir honorer son contrat.Ce n'est pas ça l'origine du problème ? Livrer le précieux uranium à un pays pas ami de l'ami de Sarkozy ,W Bush ,ça risque de jeter un froid à la prochaine hot-dogs-party.
De Jefff
12H33 | 22/09/2007 |
Livrer l'uranium à un pays qui parle de détruire un autre pays ce ne serait pas ça le problème ?
à Jefff
De wangpi
12H41 | 22/09/2007 |
il serait temps, une fois pour toute, d'éclairer les lecteurs sur cette « appel à la destruction d'israël », qui arrange bien des gens, justifie bien des raisonnements…
mais qui n'est fondé sur rien d'irréfutable.
simple problème de traduction ?
à wangpi
De Jefff
13H01 | 22/09/2007 |
Les traducteurs et les journalistes ont bon dos… Ca serait pas un peu comme pour les joueurs de foot qui se justifient auprès du sélectionneur en disant « ah… mes propos ont été mal traduits, mal interprétés, vous connaissez la presse anglaise/italienne… »
Il me semble qu'il a fait des déclarations haineuses voire belliqueuses envers Israël à plusieurs reprises… Et à chaque fois les traducteurs se tromperaient ? Ben faut qu'ils reprennent des cours, les traducteurs…
à Jefff
De wangpi
13H14 | 22/09/2007 |
le président iranien a-t-il oui ou non appellé à « la destruction d'israël » ?
mettre sur le même plan cette phrase terrifiante et des propos bellicistes ou haineux (ce n'est certes pas bien, mais il n'est pas le seul…), c'est participer activement à rendre le débat manichéen, et donc à le clore.
en tout cas, c'est bien essayé, mais le lecteur de rue89 n'a pas exactement, je crois, le profil du téléspectateur du jt de tf1.
à wangpi
De
17H36 | 22/09/2007 |
« le président iranien a-t-il oui ou non appellé à “la destruction d'israël” ? »
non. à l'effacement du régime sioniste.
à wangpi
De
15H55 | 22/09/2007 |
Ahmadinejad en bon politicien préfère jouer la carte de la lutte contre Israël et les Etats Unis qui se prêtent eux aussi à ce jeu dangereux pour les mêmes raisons. Ils doivent en effet tous avant tout éviter, s'ils veulent se maintenir au pouvoir que ne commence dans leurs pays respectifs la discussion sur les résultats catastrophiques de leurs politiques sociales et économiques, et sur l'état de corruption néfaste qui y fait loi. Personnellement, je suis d'accord qu'il faut empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, mais cette interdiction pour avoir un sens devrait s'accompagner de la même mesure en ce qui concerne Israël. La résolution non contraignante, visant la création d'une zone dénucléarisée au Moyen Orient, votée à majorité moins deux voix (Etat Unis et Israël) et proposée par l'Egypte (les autres pays de la NATO s'étant abstenus) va dans cette direction. Pourquoi mr. Kouchner et les principaux gouvernements européens chantres dans nos médias du droit humanitaire ne la soutienent-elle pas, il y va de la vie de centaines de millier d'êtres humains et peut-être de l'humanité entière, car cette guerre risque de dégénérer en conflit mondial ! ! !
De
10H56 | 22/09/2007 |
franchement j'attend de rue89 une position plus en phase avec celle de ses lecteurs qui sont, dans une grande majorité, respectueux de la souveraineté iranienne, favorable à la création d'un état palestinien, et extrêment critiques vis à vis de la politique extérieure américaine et de l'alignement de kouchner sur celle-ci.
pierre haski a-t-il donné son aval ? cela serait un peu paradoxal après l'excellent article de celui-ci dénonçant la sémantique guerrière de kouchner…