Chili papers 21/09/2007 à 18h00

Fujimori enfin extradé du Chili vers le Pérou

Thomas Huchon | Journaliste

Affiche appelant à l'extradition de Fujimori (DR)

(De Santiago) Après de nombreux atermoiements, la Cour suprême chilienne a décidé d’autoriser l’extradition d’Alberto Fujimori vers le Pérou afin d’y être jugé pour corruption et violation des droits de l’homme.

C’est l’épilogue d’une saga de vingt-deux mois durant laquelle l’ancien président péruvien a tout tenté pour se soustraire à la justice, y compris de se présenter aux élections sénatoriales japonaises. Un avion est venu le chercher dans la nuit de vendredi à samedi afin de le ramener à Lima.

Sept procès l’attendent, au lieu de douze

La présidente Michelle Bachelet a refusé de commenter la décision judiciaire, se déclarant simplement « satisfaite que la justice ait pu faire son travail tranquillement ». Elle a tenu à rappeler que cette décision « n’était pas une condamnation, mais un accord pour une extradition. C’est à la justice péruvienne qu’il appartient de juger Fujimori. »

Ce dernier s’est exprimé sur une radio péruvienne peu de temps après avoir eu connaissance de la nouvelle :

« Je vais faire face aux accusations, et je sortirai blanchi. Pour moi, le Chili était une étape nécessaire à mon retour au Pérou. J’avais besoin de passer devant la justice chilienne pour qu’elle fasse diminuer le nombre de procès à mon encontre. J’espérai que l’on passerai de douze à quatre procès, ce sera finalement sept.

“Comme je l’ai déjà dit, c’est l’opportunité de rentrer, et de me retrouver avec le peuple, ce qui a toujours été mon objectif”.

Une décision “sans précédent”, saluée par Human Rights Watch

L’ONG Human Rights Watch a, elle, salué la décision des magistrats chiliens, la qualifiant de “sans précédent”. “C’est la première fois qu’un ancien chef d’Etat est extradé vers son pays pour y être jugé”, a expliqué aux médias locaux José Miguel Vivanco, directeur de l’antenne chilienne de l’ONG :

“Au vu de l’histoire chilienne, c’est aussi un élément important. Après des années de lutte contre Pinochet, le Chili pose de nouvelles bases en matière de droits de l’Homme et de justice”, a-t-il ajouté.

Car si les juges de la Cour suprême ont pris leur temps pour se décider, ils ont au final considéré que les preuves étaient suffisantes pour valider la procédure d’extradition de Fujimori dans sept des affaires auxquelles il est lié. Cinq concernent des pratiques de corruption, les deux autres étant des procès pour violation des droits de l’Homme.

Il sera ainsi jugé comme coauteur du massacre de Barrios Altos (assassinat de quinze personnes, dont un enfant de 8 ans) et comme responsable de celui de La Cantuta (9 morts). Par contre, “el Chino” ne pourra pas être jugé pour les autres crimes qui lui sont imputés, ces derniers n’ayant pas été validés par la justice chilienne. Il encourt une peine de 25 ans de réclusion pour chacune de ces accusations. D’après le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation du Pérou, le régime Fujimori (1990-2000) serait responsable de la mort et/ou de la disparition de 2113 personnes.

Mis à jour le 22/09/2007 à 11h39 après l’arrivée de l’avion à Santiago.

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  • Marx Du_Veuzit
    • Posté à 07h46 le 22/09/2007
    • Internaute 6218

    Qu’a t il donc fait de si grave ? De la corruption ? Une petite atteinte répétée aux droits humains ? Mais encore ? En France ça passe.

    • Anonyme répond à Marx Du_Veuzit

      En France, il n’y a pas de milices paramilitaires qui assassinent sur demande du pouvoir ( et qui en plus se trompent de cible(s) et tuent n’importe qui ).
      Français gavé d’ignorance, si vous avez le temps de lire le livre « YANACOCHA » (Jean-Claude GAWSEVITCH, Editions Michel LAFON) vous serez moins fier de faire le coq ! ! !
      ( le bandeau du livre indique : « Comment déposséder l’état français d’un milliard de dollars sans que personne ne dise rien » ).
      Ce qui m’écoeure le plus, ce sont ces soi-disant « élites françaises » qui se arborent une image respectable dans leur pays - se transformant même en donneurs de leçons - et trempent dans de sordides et sombres magouilles,loin des médias complaisants.

  • Anonyme

    Qui ignore que depuis que l’Homme a eu le pouvoir d’occuper la fonction suprême, souvent et très souvent d’ailleurs, il n’a manqué de porter atteinte aux droits des autres. Corrompre et/ou détourner de l’argent ne sont que les tares inhérentes à la fonction, dès lors que les crimes et massacres s’y ajoutent, nul doute qu’il tentera par tous les moyens et même souvent grace l’aide d’autres puissants de s’y soustraire, donc élémentaire. L’IMPORTANT ET L’ESSENTIEL est que le pouvoir IMMENSE QUE DETIENNENT LES JOURNALISTES INFEODES dénonce toute cette injustice, c’est l’unique obstacle.

  • ras-la-patience
    • Posté à 09h38 le 22/09/2007
    • Internaute 10027

    et à propos de sympathiques ex-dirigeants, quelqu’un sait-il ce qu’est devenu baby doc, dictateur, fils de dictateur d’haïti, corrompu, criminel en fuite, et que notre généreux gouvernement d’alors avait si gentiment recueilli chez nous avec sa petite famille, mettant à sa disposition tout un service de sécurité (aux frais du CONtribuable, bien sur) pour garder sa propriété de luxe ?
    nous manquons de nouvelles.

  • Anonyme

    Encore un qui ne paiera pas sa note entièrement... enfin, c’est toujours mieux que de ne pas la payer du tout.

  • Anonyme

    enfin ! ! il ne devrait pas ètre seul sur les bancs des accusés le chef des services secrets péruvien aussi non ? et surement d’autres.
    intpréflex.

  • Anonyme

    Montesinos a deja été jugé et condamné (voire l’épisode des Vladi-vidéos). Fujimori avait de vraies qualités, mais il a eu la main bien trop lourde dans sa lutte contre le terrorisme (le Sentier Lumineux) et surtout, il n’a pas su contrôler les dérives et les abus des pouvoirs qu’il avait conférés aux services secrets. Il s’est retrouvé piégé dans une politique de dissimulation qui a fini par le rattrapper...