Enquête

Pourquoi Paris a livré mon mari aux Khmers rouges ?

Trente ans après, la veuve du dignitaire Ung Boun-Hor demande à la justice française de faire la lumière sur sa disparition.

Billon Ung Boun-Hor, lundi à Paris (David Servenay/Rue89).

Cette femme a eu deux vies séparées par un huis-clos mortel qui fit basculer son destin. Plus de trente ans après la disparition de son mari au Cambodge, Billon Ung Boun-Hor compte sur la justice française pour savoir comment et pourquoi il fut livré par Paris aux Khmers rouges. Une procédure entamée en 1999, passée entre les mains de trois magistrats de Créteil et menacée de s'éteindre parce que le dernier juge d'instruction s'estime incompétent.

S'ils l'arrêtent, les Khmers rouges le tueront

Cétait à Phnom Penh, le 19 avril 1975. Madame Ung était loin, très loin de l'ambassade de France. Elle avait été évacué vers Paris dix jours plus tôt, avec ses quatre enfants. A plus de 10000 kilomètres de distance, elle suivait les évènements devant une télévision noir et blanc. Soudain, elle vit l'image de son mari remis entre les mains des Khmers rouges et comprit que sa vie ne serait plus jamais comme avant. Cette image, elle s'en souvient précisément, alors qu'elle ne l'a jamais revue. Introuvable, a dit l'INA, disparue dans le chaos des archives.

Fille de la première fortune du pays, Billon Ung Boun-Hor a très vite compris qu'il fallait fuir la furie communiste. Elle croit que sa réputation -et les 300000 dollars du coffre familial- permettront de trouver asile à Paris. Mais son mari, qui est alors président de l'Assemblée nationale cambodgienne, refuse, veut y croire jusqu'au bout. Il laisse sa femme le devancer sur le chemin de l'exil.

Pilier du régime républicain ayant renversé le roi Norodom Sihanouk, Ung Boun-Hor pense pouvoir sauver sa peau en trouvant, de force, refuge dans l'enceinte de l'ambassade de France. S'ils l'arrêtent, les Khmers rouges le tueront sans autre forme de procès. Le 17 avril 1975, vers 10h00 du matin, l'élu cambodgien profite de la confusion générale pour franchir le portail de la représentation diplomatique. Patrice de Beer est alors l'envoyé spécial du journal Le Monde. Il voit des centaines de personnes trouver refuge dans ce lieu, face à la menace des troupes du Funk (le Front uni national du Kampuchéa) :

Dès l'arrivée d'Ung Boun-Hor dans l'ambassade de France, le consul général Jean Dyrac prend avis auprès du Quai d'Orsay. La réponse tombe, à 14h09, comme un couperet :

« Le fait que le droit d'asile ne soit pas reconnu en droit international et le caractère particulier de votre mission, ne nous permettent pas de donner satisfaction aux demandes du Prince Sirik Matak et de M. Um Bum Hor, ou de toute autre personne qui se présenterait à l'ambassade dans les mêmes conditions.

Vous ferez savoir aux intéressés que nous ne sommes pas en mesure d'assurer la protection qu'ils attendent. »

Aujourd'hui, Jean Dyrac ne veut plus commenter cette affaire : « C'est très triste, nous dit ce retraité, mais il est difficile de revenir sur le sujet. Elle, au moins, a eu la chance de pouvoir rentrer… “ Pourtant, la version des faits que livre le Consul général n'est pas claire. Visiblement dépassé par l'ampleur des évènements, il a affirmé aux enquêteurs que les dignitaires avaient eux-mêmes pris l'initiative de se rendre. Une version identique est relatée par l'ethnologue François Bizot dans son livre ‘Le Portail’ (2000).
Problème : elle ne corrobore pas les autres récits, notamment ceux des nombreuses personnes, français et étrangers, se trouvant alors sur place. Patrice de Beer a recueilli plusieurs témoignages attestant la remise -de force- aux Khmers rouges de M. Ung par les deux gendarmes de l'ambassade :

C'est sur la base de ces témoignages que Billon Ung Boun-Hor espère faire jaillir une lueur de vérité :

Si Georges Villevieille, l'un des gendarmes, a refusé de nous répondre, son ancien collègue Pierre Gouillon confirme la version de l'expulsion manu militari :

‘J'étais dans le parc. Quand je suis arrivé, il était clair que ça ne lui faisait pas plaisir de monter dans le camion. Il se doutait de ce qui allait arriver. Il a craqué, c'est sûr ; il n'est pas monté dans le camion de son plein gré, mais il n'avait pas le choix.’

Les documents déclassifiés par l'instruction mettent en évidence la décision politique de lâcher les dignitaires du régime républicain. Le télégramme diplomatique n°595, du 18 avril 1975 à 15h18, signé Jean Dyrac, résume la position du consul général.

‘Objet : asile politique.

Suite ultimatum de la délégation du comité de la ville, je me trouve dans l'obligation, afin d'assurer la sauvegarde de nos compatriotes, de faire figurer sur la liste des personnes présentes dans l'ambassade : 1-le Prince Sirik Matak et deux de ses officiers.
2-La princesse Mom Manivong (3e épouse du prince Sihanouk).
3-M. Ung Bun Hor, président de l'Assemblée nationale.
4- M. Loeung Nal, ministre de la Santé.

Sauf ordre express et immédiat du département m'enjoignant d'accorder l'asile politique, je devrai dans un délai qui ne pourra excéder 24 heures livrer le nom de ces personnalités.
Répondre par télégramme clair : -oui, si je dois les livrer.
-non, si je dois m'abstenir.’

Si la réponse ne figure pas explicitement dans la correspondance diplomatique entre les mains du juge d'instruction, la consigne a été appliquée à la lettre. Et les dignitaires livrés.

Une juge ‘incompétent’ ? Ou une affaire qui gêne ?

Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d'instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s'est estimé ‘incompétent’ pour poursuivre l'enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n'est pas française.

Une argumentation qui correspond à la jurisprudence de la Cour de cassation, mais ne prend pas en compte les avancées du droit international, selon les avocats de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), partie civile dans le dossier. Les explications de maître Jeanne Sulzer :

Le différend a été plaidé hier, à huis clos, devant la chambre de l'Instruction de la cour d'Appel de Paris, par l'avocat de madame Ung, maître William Bourdon. Quelle que soit la décision, Billon Ung Boun-Hor continuera un combat qui est aussi celui des familles des 2 millions de victimes que firent les adeptes du ‘Nouvel Homme’. Depuis son petit appartement de la banlieue parisienne, elle a d'ailleurs constitué une association, simplement baptisée Les Victimes du Génocide des Khmers Rouges. Pour ne pas oublier sa première vie.

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Patchamama

De Patchamama

12H12 | 20/09/2007 | Permalien

encore un bel exemple du courage des autorités française en pareil cas, ce cas de figure ne fait que rallonger une liste qui fait honte à la France et à ses représentants… le courage politique n'est plus une spécificité française et ce depuis bien longtemps sauf peut être l'exemple proche du refus de la guerre en Irak qui redore le blason si terne de la diplomatie hexagonale

Portrait de Courageux anonyme

De

13H31 | 20/09/2007 | Permalien

Bah si y'a la guerre en Iran, y'a Alviano qui a promis, le sabre du progrès entre les dents, d'aller casser de l'intégriste (homme femme enfant) afin que la France ne soit pas en reste dans la défense du monde occidental.

Donc ne craignez rien pour l'honneur, notre pays est plein de braves.

Portrait de Courageux anonyme

De

09H04 | 22/09/2007 | Permalien

Oui, notre pays est plein de gens prêts à s'opposer au fascisme comme leurs parents l'étaient en 1938, mais il y a aussi les gens qui sont prêts comme leurs parents en 1938 à aller faire du tourisme à Munich, pour se coucher devant la bestialité.
« Ils ont voulu la paix au prix du déshonneur, ils ont eu le déshonneur et ils auront la guerre »
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

13H36 | 20/09/2007 | Permalien

Et qui etait president de notre « belle » republique a cette epoque ? ? ? Je vous le donne en mille (emile) un indice, il nous vient d'Auvergne, (Le monsieur te demande…) un certain Valery…
Je me permet de noter au passage que ce monsieur etait (est) du meme bord que notre enerve national… A droite toute…
Cette meme famille politique qui vient de faire voter l'obligation de test ADN pour les etrangers qui voudraient emigrer en France.

Et 1, et 2, et 1, 2, 3,4 on reprend tous en coeur :
Douce Fraaaance, cher pays de mon enfan-ce

Portrait de Courageux anonyme

De

13H13 | 21/09/2007 | Permalien

Genre tu crois que Mitterrand n'a jamais livré personne ?

Portrait de Courageux anonyme

De

13H37 | 20/09/2007 | Permalien

Ca rappelle le lachage des harkis à la fin de la guerre d'Algérie. Qui pour beaucoup se sont fait égorger par le FLN. Officiers généraux, responsables politiques, diplomates… sont non seulement incompétents mais lâches. Les français sont peut-être des veaux, mais leurs dirigeants sont des ânes. Avec ça on est mal barré…

Portrait de gargamelle

De gargamelle

14H31 | 20/09/2007 | Permalien

Mitterrand avait donné sa parole et la parole de la France de ne pas « donner » Cesare Battisti aux italiens. Il s'agissait bien d'un engagement national….. et qu'à fait la droite un peu après….. ? Autres temps mêmes moeurs…..

Portrait de Courageux anonyme

à gargamelle Portrait de gargamelle De

09H08 | 22/09/2007 | Permalien

Elle remet à la Justice Italienne, pays démocratique, avec un gouvernement d'union de la gauche, des criminels étrangers impunis.
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

14H39 | 20/09/2007 | Permalien

RAPPEL HISTORIQUE

PREMIER MINISTRE :
Jacques CHIRAC du 27 Mai 1974 - 26 Aout 1976

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
Jean Victor Sauvagnargues 1974-1976 (+2002)
Lui ne pourra pas parler

Portrait de Courageux anonyme

De

15H09 | 20/09/2007 | Permalien

Je ne sais pas trop quoi penser. Il est évident que si ces personnes n'avaient pas été livrées, les Kmehrs Rouges n'auraient pas hésité à prendre l'ambassade de force. Et alors, qu'aurions nous fait ? Déclenché une guerre ? La Troisieme guerre d'Indochine ?
On reproche beaucoup, et souvent à raison, aux EU d'intervenir dans le monde, mais lorsqu'il ne le font pas, on dit : les Français (ou les Américains, les Anglais…) sont des lâches.
Pour ma part, je n'étais pas né. Mais je ne pense pas que les Français étaient près à une nouvelle guerre.
N'oublions pas également que beaucoup d'imaginaient que Pol Pot était en train de réinventer un socialisme humain, loin des méchants soviétiques et dans la droite lignée du Grand Timonier.
A cette époque, si Rue 89 avait existé, je me demande si on n'y aurait pas lu des articles de JP Sartre : « Les anti-communistes sont tous des chiens ».

Portrait de Le_navire

De Le_navire

Editeur | 15H20 | 20/09/2007 | Permalien

Merci pour l'analyse juridique. Elle est passionnante et mériterait même d'être fouillée plus avant. L'évolution constante du Droit International est pour moi une énigme : alors que la législation qui en relève est de plus en plus inventive et réactive en matière de protection des Droits de l'Homme, les gouvernements, ceux-là même qui sont à l'origine de ses évolutions, vont souvent toujours plus loin, sur leur territoire, à l'encontre de ces mêmes législations.

Le Droit International et ses institutions afférentes ne seraient-ils finalement qu'un moyen de valoriser l'action gouvernementale vis-à-vis de l'étranger pour en utiliser le bénéfice à des fins bien moins nobles ?

Comment ça, j'ironise ?
Tss tss tss…

Portrait de Courageux anonyme

De

17H21 | 20/09/2007 | Permalien

''Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d'instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s'est estimé « incompétent » pour poursuivre l'enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n'est pas française''
Commment un juge peut s'estimer « incompétent » parce que M. UNG n'est pas français.
Supposons que M UNG un étranger se fait battre en France. A-t-il le droit de porter plainte à la Justice française ?
L'Ambassade de France à Phnom Penh est un territoire français tout ce qui est arrivé sur ce territoire la France a le devoir de prendre en charge.
Quelqu'un peut m'expliquer la décision de ce juge.

D'autre affaire un prince cambodgien de nationalité française, ancien officier de la Légion Etrangère, décoré au grade de Caporal d'Honneur de la Légion s'est vu refuser l'accès à l'Ambassade par un de ces (je ne dis pas kapo)dévoués à la cause khmer rouge.
L'affaire a été étouffée. Est ce normal ?

Au moment où le Tribunal International prépare le jugement des khmers rouges, il faut que les affaires étouffées soient mises à l'ordre du jour.
Nous comptons sur notre Président de la République pour que justice soit faite.

Portrait de Courageux anonyme

De

16H17 | 26/09/2007 | Permalien

Vous avez raison et je vous soutiens à 100%

Portrait de MlleRosemary

De MlleRosemary

18H58 | 20/09/2007 | Permalien

La veuve du dignitaire Ung Boun-Hor apparait (avec d'autres personnes) dans le supplément du DVD du film LA DECHIRURE, dans une excellente interview. Cette femme fait preuve d'un caractère et d'une volonté considérable.
Je ne recommande que trop le visionnage de ce sublime film ! ! - Adapté d'une histoire vraie. le livre existait avant le film - Sam Waterson est un acteur époustouflant. On y voit aussi John Malkovitch dans un de ces premiers rôles. Ames sensibles, s'abstenir.

Quand au DVD bonus, il est à lui seul un documentaire très complet sur les KMERS. Les témoignages sont sur le fil. Très émouvant et révoltant.

Comme je ne comprends pas où on laisse son adresse de site perso par ici, le voilà : http://chicstyle.canalblog.com

Portrait de Courageux anonyme

De

19H30 | 20/09/2007 | Permalien

Le regime de Lon Nol (1970-75) dont faisait partie le mari de cette dame etait connu pour etre ultra corrompu et a favorise d'une certaine maniere la prise des idees kmeres rouges chez les paysans cambodgiens.

Les Cambodgiens corrompus-fortunes ont tendance a penser qu'ils sont superieur aux autres.
C'est pourquoi cette dame pense qu'elle peut faire condamner les hauts responsables de la livraison de son mari aux mains des K.R.
Mais ce qu'elle ne dit pas, c'est que tous les couples mixtes- femme francaise avec mari khmer - qui s'etaient refugies dans l'ambassade de France ont ete separes de force, le mari devant se livrer aux khmers rouges (je vous laisse imaginer les scenes dechirantes).
Les K.R avaient vide Phnom Penh et l'ambassade de France etait le dernier bastion qu'ils respectaient encore. La France ne pouvait que se plier au bon vouloir des revolutionnaires si elle voulait sauver les ressortissants qui s'etait refugies dans les murs de l'ambassade. Aucune negociation n'etait possible. Meme les hopitaux de Phnom Penh avaient ete entierement vides.

Alors que cette dame veuille faire condamner les vilains fonctionnaires francais d'avoir laisser tomber son mari-politicard me fait doucement rigoler.

PS. Mlle Rosemary, ne confondez par « Khmers » et « Khmers rouges'…

Portrait de Courageux anonyme

De

17H58 | 21/09/2007 | Permalien

votre intervention à connotation stalinienne est lamentable. Dans une démocratie, même l'être le plus exécrable a droit à être défendu. Les exécutuions sommaires c'est stalinien.

Portrait de Courageux anonyme

De

19H48 | 20/09/2007 | Permalien

IL serait utile de préciser que les khmers rouges ne reconnaissaient pas l'extra-territorialité de l'ambassade de France et qu'il menaçaient d'envahir les lieux à tout moment pour « inviter » les ressortissants Cambodgiens à rejoindre la révolution et batir un nouveau Cambodge. Les bouquins de Bizot et de Ponchaud en font état.

Il y a eu d'autres familles brisées durant cette période. Demandez à Sera ce qu'il en pense, lui qui se trouvait dans l'enceinte de l'ambassade France au même moment.

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/thema_de…

Je n'ai pas connaissance qu'il fasse un « procès » à Paris pour tenter de réhabilliter la mémoire de son pêre disparu.

Quel résultats Mme Ung Boun-HorPour attend t'elle de son action en justice ?

Faire condammner la France et récupérer des idemnités, pourquoi pas.

Les vrais responsables de la disparition de son mari sont, où étaient au Cambodge.

Dèja que le procès en cours à Phnom Penh ne se présente pas sous les meilleurs auspices, avec un Deuch, executeur des basses oeuvre, mais deuxième choix quand même dans l'échelle des responsabilités, et un Nuon Chea, responsable à 200%, mais à l'article de la mort.

Il y a beaucoup d'intéréts en jeu dans toutes ces histoires, de la compromission de la Chine, des USA, des Anglais ou des dirigeants Khmers Rouges encore en activité, comme Khieu Samphan par exemple.

Pauvre Madame Ung Boun-Hor, je crains que sa quête de « vérité » ne soit vouée a rencontrer le néant. Le même néant où se trouve les 2 millions d'ames errantes, victimes des Khmers Rouges.

Portrait de Courageux anonyme

De

05H27 | 21/09/2007 | Permalien

Vous avez parfaitement raison, Monsieur, un de mes amis se trouvait à l'ambassade de France, et m'a raconté en détail ce qui s'y est passé.
On en a une vague idée dans le film « La déchirure ».
Les tueurs Kmher rouge ne reconnaissaient pas la double nationalité.
Il y a eu des suicides en grand nombre dans la nuit qui a précédé l'évacuation.
Pour ces malheureux rien n'était possible et de toute façon, les tueurs avaient la possibilité d'employer la force, on n'est pas dans un cas de rapports diplomatiques.
Le malheureux n'a pas été « livré » mais enlevé et massacré comme des millions d'autres victimes de la barbarie communiste…
Alviano

Portrait de David Servenay

De David Servenay (auteur)

Rue89 | 07H30 | 21/09/2007 | Permalien

@ Alviano

Visiblement, vous n'avez pas lu et/ou entendu les différents témoignages rassemblés ici. M. Ung a bel et bien été « livré » aux Khmers rouges qui le réclamaient. C'est un acte positif, pas par défaut. Même si, et là aussi nous avons insisté sur ce point, une grande confusion règne alors dans et autour de l'ambassade de France.

Ensuite, comme nous l'a raconté Patrice de Beer, qui était sur les lieux, certains Cambodgiens ont bien été évacués avec les Français. D'autres aussi, se sont proposés pour des mariages blancs, afin de sauver quelques personnes en plus.

Enfin, Alviano, vous semblez omettre que dans toute situation de guerre, il y a toujours du droit, aussi mince soit sa place… Donc, place pour la diplomatie, ainsi que le prouve l'abondante activité et correspondance entre l'ambassade et le ministère des Affaires étrangères.

Dernier point, pour les grincheux qui ont soulevé cette question : Mme Ung Bunh Hor ne cherche pas à obtenir des dommages dans cette affaire. En quittant son pays, elle a aussi perdu toute la fortune familiale (qui était grande, vous l'avez compris). Elle a ensuite élevé, seule, ses quatre enfants, en travaillant comme documentaliste dans une banque. Elle vit aujourd'hui, simplement, en banlieue parisienne.

Ce qu'elle veut, comme de nombreuses victimes, c'est la reconnaissance d'une faute de l'Etat français, car elle n'a jamais accepté le fait d'avoir fait l'objet d'un grand mépris de la part des fonctionnaires qui l'avaient, auparavant, tant flatté…

Bonne journée.

Portrait de Courageux anonyme

à David Servenay Portrait de David Servenay De

08H06 | 21/09/2007 | Permalien

Mais voyons Monsieur, quelle faute ?
Cet homme était manifestement connu des tueurs, ils venaient de rompre les relations diplomatiques avec l'ensemble du monde pays de l'Est compris, (leurs diplomates étaient aussi réfugiés à l'ambassade de France - sauf erreur de ma part -) ils avaient décidé de l'assassiner et ils l'auraient fait avec ou sans l'opposition de l'ambassade de France.
De toute façon après rupture des relations diplomatique l'ambassade devait être évacuée, le lendemain matin pour tous les Kmhers qui y étaient réfugiés c'était la mort certaine.
« Qu'auriez vous voulu qu'il fit ?
Qu'il mourrut… »
Mais tout le monde n'est pas le vieil Horace.
Un de mes amis a connu cette nuit affreuse, ils étaient convaincus que les Kmhers rouge feraient sauter leur avion au décollage…
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

09H56 | 21/09/2007 | Permalien

Alviano,

Quelle Faute ?

Tout d'abord, d'avoir dénoncé la présence de cet homme dans l'ambassade et puis de l'avoir livré.

J'entends bien que la situation sur place était complexe, qu'il y avait peu d'options. Vous conviendrez, cependant que livrer des hommes à une mort certaine, ce n'est pas honorable. Cela mériterait que l'on nous explique les options que l'on a tenté de mettre en oeuvre pour éviter d'en arriver là, si tant est que l'on ai tenté quelque chose.

Mais pourquoi, ensuite à Paris, avoir gardé le silence sur ce qui s'était passé à l'ambassade ? Là, toutes les options étaient ouvertes. Pourquoi ne pas avoir protesté vigoureusement et publiquement ?

Pourquoi avoir, par ce silence, couvert en fait, les premiers actes de barbarie des khmers rouges ? Cela, c'est une faute inexcusable.

Portrait de Courageux anonyme

De

11H22 | 21/09/2007 | Permalien

Il y a des situations qui sont effroyables, et des cas de cosncience que les éxécutants doivent vivre parfois dans des affres épouvantables.
Ce malheureux était de toute façon condamné à mort comme des millions d'autres.
Le premier Devoir d'un ambassadeur est de préserver la vie des citoyens Français qui sont sous sa protection.
Si d'aventure les Kmhers rouge avaient voulu massacrer toute les personnes présentes ils l'auraient fait sans que qui que ce soit puisse s'y opposer, sans même qu'ils puissent ensuite être vengés sauf à recommencer la guerre d'Indochine.
Le régime Kmher rouge se contrefoutait de ce que le monde entier pouvait penser, d'ailleurs il avait quitté l'ONU, rompu ses relations diplomatique avec la terre entière, alors les « protestations solennelles »….
Quand au silence qui a suivi c'est le concept très Français du secret d'Etat, ne pas compromettre l'avenir etc…
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

16H33 | 26/09/2007 | Permalien

je vous donne raison à 100%

Portrait de Courageux anonyme

De

16H26 | 26/09/2007 | Permalien

Avez vous connu le Cambodge à ce moment là avant de prononcer ces idioties indescriptibles

Portrait de freedid

à David Servenay Portrait de David Servenay De freedid

13H40 | 21/09/2007 | Permalien

Je suis l'auteur du post de 20h48.

Je ne comprends pas cette histoire de faute de l'état français. Si c'est d'avoir maintenu une représentation diplomatique et tenter de préserver la vie d'un maximun de personnes, alors que toutes les autres représentations occidentales avaient fui le Cambodge.

Quand a vouloir faire condammner l'état français, alors là, bon courage. Dèjà que pour les affaires franco-françaises, on frise l'irrationnel avec des responsables mais pas coupables comme pour le sang contaminé.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H07 | 21/09/2007 | Permalien

« victime de la barbarie » suffit amplement.

rien ne sert de préciser communiste, à moins que ca ne soit une tentative de récupération nauséabonde pour votre propagande (que l'on retrouve régulièrement dans vos pamphlets…)

la barbarie, qu'elle soit communiste, religieuse ou capitaliste reste une barbarie.

lorsque vous irez, avec votre pote sakoushner, à cheval sur vos missiles hautement technologiques et générateurs d'emplois, porter la mort et la destruction en Iran, vous serez vous-même un barbare.

Portrait de Courageux anonyme

De

11H09 | 21/09/2007 | Permalien

Mais monsieur, j'ai écrit communiste parce qu'ils étaient communistes.
S'ils avaient été nazis j'aurais écrit barbarie nazie, s'ils avaient été islamistes j'aurais écrit barbarie islamiste.
C'est un adjectif qualificatif, je comprends que vous aimeriez que ce soit oublié mais c'est ainsi.
Et je crains de me passer de votre accord pour choisir mes qualificatifs.
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

18H49 | 21/09/2007 | Permalien

et s'ils avaient été Français ? (cf décolonisation - Algérie, toussa toussa) vous auriez écris quoi ?

Portrait de Courageux anonyme

De

07H31 | 22/09/2007 | Permalien

Barbarie Française s'ils avaient été Français et s'ils avaient été Algériens barbarie Algérienne.
Vous avez des difficultés pour trouver des adjectifs qualificatifs ?
Alviano

Portrait de Courageux anonyme

De

22H29 | 20/09/2007 | Permalien

Trouvez-moi un régime qui n'est pas corrompu au Cambodge, même sous le Protectorat français .
Faut-il être jaloux de la fortune de cette dame.
Chacun est libre de porter plainte ou de faire son deuil en silence
On ne « 'rigole' » pas quand il y a 2 500 000 morts.
Je trouve que dans cette situation précise certains ressortissants français n'ont pas été pris en comptent comme les autres.
Avez-vous des parents tués par les khmers rouges ?
Il faut faire le voeu que de telle histoire ne se renouvelle plus.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code