Enquête

Pourquoi Paris a livré mon mari aux Khmers rouges ?

Billon Ung Boun-Hor, lundi à Paris (David Servenay/Rue89).

Plus dix ans après la première plainte d'Ung Boun-Hor, veuve de l'ancien président de l'assemblée cambodgienne disparu en 1975 à Phnom Penh, la justice française a décidé de rouvrir le dossier. La cour d'appel de Paris a ordonné la reprise de l'instruction le 26 janvier. En 2007, Rue89 avait recueilli le témoignage de cette femme.

(De nos archives) Cette femme a eu deux vies séparées par un huis-clos mortel qui fit basculer son destin. Plus de trente ans après la disparition de son mari au Cambodge, Billon Ung Boun-Hor compte sur la justice française pour savoir comment et pourquoi il fut livré par Paris aux Khmers rouges.

Une procédure entamée en 1999, passée entre les mains de trois magistrats de Créteil et menacée de s'éteindre parce que le dernier juge d'instruction s'estime incompétent.

S'ils l'arrêtent, les Khmers rouges le tueront

C'était à Phnom Penh, le 19 avril 1975. Madame Ung était loin, très loin de l'ambassade de France. Elle avait été évacuée vers Paris dix jours plus tôt, avec ses quatre enfants.

A plus de 10 000 kilomètres de distance, elle suivait les évènements devant une télévision noir et blanc. Soudain, elle vit l'image de son mari remis entre les mains des Khmers rouges et comprit que sa vie ne serait plus jamais comme avant.

Cette image, elle s'en souvient précisément, alors qu'elle ne l'a jamais revue. Introuvable, a dit l'INA, disparue dans le chaos des archives.

Fille de la première fortune du pays, Billon Ung Boun-Hor a très vite compris qu'il fallait fuir la furie communiste. Elle croit que sa réputation -et les 300 000 dollars du coffre familial- permettront de trouver asile à Paris.

Mais son mari, qui est alors président de l'Assemblée nationale cambodgienne, refuse, veut y croire jusqu'au bout. Il laisse sa femme le devancer sur le chemin de l'exil.

Pilier du régime républicain ayant renversé le roi Norodom Sihanouk, Ung Boun-Hor pense pouvoir sauver sa peau en trouvant, de force, refuge dans l'enceinte de l'ambassade de France. S'ils l'arrêtent, les Khmers rouges le tueront sans autre forme de procès.

Le 17 avril 1975, vers 10 heures du matin, l'élu cambodgien profite de la confusion générale pour franchir le portail de la représentation diplomatique. Patrice de Beer est alors l'envoyé spécial du journal Le Monde. Il voit des centaines de personnes trouver refuge dans ce lieu, face à la menace des troupes du Funk (le Front uni national du Kampuchéa) :

Dès l'arrivée d'Ung Boun-Hor dans l'ambassade de France, le consul général Jean Dyrac prend avis auprès du Quai d'Orsay. La réponse tombe, à 14h09, comme un couperet :

« Le fait que le droit d'asile ne soit pas reconnu en droit international et le caractère particulier de votre mission, ne nous permettent pas de donner satisfaction aux demandes du Prince Sirik Matak et de M. Um Bum Hor, ou de toute autre personne qui se présenterait à l'ambassade dans les mêmes conditions.

Vous ferez savoir aux intéressés que nous ne sommes pas en mesure d'assurer la protection qu'ils attendent. »

Aujourd'hui, Jean Dyrac ne veut plus commenter cette affaire : « C'est très triste, nous dit ce retraité, mais il est difficile de revenir sur le sujet. Elle, au moins, a eu la chance de pouvoir rentrer… »

Pourtant, la version des faits que livre le consul général n'est pas claire. Visiblement dépassé par l'ampleur des évènements, il a affirmé aux enquêteurs que les dignitaires avaient eux-mêmes pris l'initiative de se rendre. Une version identique est relatée par l'ethnologue François Bizot dans son livre « Le Portail » (2000).

Problème : elle ne corrobore pas les autres récits, notamment ceux des nombreuses personnes, françaises et étrangères, se trouvant alors sur place. Patrice de Beer a recueilli plusieurs témoignages attestant la remise -de force- aux Khmers rouges de M. Ung par les deux gendarmes de l'ambassade :

C'est sur la base de ces témoignages que Billon Ung Boun-Hor espère faire jaillir une lueur de vérité. (Voir la vidéo)

Si Georges Villevieille, l'un des gendarmes, a refusé de nous répondre, son ancien collègue Pierre Gouillon confirme la version de l'expulsion manu militari :

« J'étais dans le parc. Quand je suis arrivé, il était clair que ça ne lui faisait pas plaisir de monter dans le camion. Il se doutait de ce qui allait arriver. Il a craqué, c'est sûr ; il n'est pas monté dans le camion de son plein gré, mais il n'avait pas le choix. »

Les documents déclassifiés par l'instruction mettent en évidence la décision politique de lâcher les dignitaires du régime républicain. Le télégramme diplomatique n°595, du 18 avril 1975 à 15h18, signé Jean Dyrac, résume la position du consul général.

« Objet : asile politique.

Suite ultimatum de la délégation du comité de la ville, je me trouve dans l'obligation, afin d'assurer la sauvegarde de nos compatriotes, de faire figurer sur la liste des personnes présentes dans l'ambassade :

1) Le Prince Sirik Matak et deux de ses officiers.
2) La princesse Mom Manivong (3e épouse du prince Sihanouk).

3) M. Ung Bun Hor, président de l'Assemblée nationale.

4) M. Loeung Nal, ministre de la Santé.

Sauf ordre express et immédiat du département m'enjoignant d'accorder l'asile politique, je devrai dans un délai qui ne pourra excéder 24 heures livrer le nom de ces personnalités.

Répondre par télégramme clair :
-oui, si je dois les livrer.

-non, si je dois m'abstenir. »

Si la réponse ne figure pas explicitement dans la correspondance diplomatique entre les mains du juge d'instruction, la consigne a été appliquée à la lettre. Et les dignitaires livrés.

Une juge « incompétent » ? Ou une affaire qui gêne ?

Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d'instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s'est estimé « incompétent » pour poursuivre l'enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n'est pas française.

Une argumentation qui correspond à la jurisprudence de la Cour de cassation, mais ne prend pas en compte les avancées du droit international, selon les avocats de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), partie civile dans le dossier. Les explications de maître Jeanne Sulzer. (Voir la vidéo)

Le différend a été plaidé 19 septembre, à huis clos, devant la chambre de l'Instruction de la cour d'Appel de Paris, par l'avocat de madame Ung, maître William Bourdon. Quelle que soit la décision, Billon Ung Boun-Hor continuera un combat qui est aussi celui des familles des 2 millions de victimes que firent les adeptes du « Nouvel Homme ».

Depuis son petit appartement de la banlieue parisienne, elle a d'ailleurs constitué une association, simplement baptisée Les Victimes du Génocide des Khmers Rouges. Pour ne pas oublier sa première vie.

(Article sorti de nos archives, déjà publié le 20/9/2007)

98 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Patchamama

De Patchamama

12H12 | 20/09/2007 | Permalien

encore un bel exemple du courage des autorités française en pareil cas, ce cas de figure ne fait que rallonger une liste qui fait honte à la France et à ses représentants… le courage politique n'est plus une spécificité française et ce depuis bien longtemps sauf peut être l'exemple proche du refus de la guerre en Irak qui redore le blason si terne de la diplomatie hexagonale

Portrait de Courageux anonyme

De

13H31 | 20/09/2007 | Permalien

Bah si y'a la guerre en Iran, y'a Alviano qui a promis, le sabre du progrès entre les dents, d'aller casser de l'intégriste (homme femme enfant) afin que la France ne soit pas en reste dans la défense du monde occidental.

Donc ne craignez rien pour l'honneur, notre pays est plein de braves.

Portrait de Courageux anonyme

De

09H04 | 22/09/2007 | Permalien

Oui, notre pays est plein de gens prêts à s'opposer au fascisme comme leurs parents l'étaient en 1938, mais il y a aussi les gens qui sont prêts comme leurs parents en 1938 à aller faire du tourisme à Munich, pour se coucher devant la bestialité.
« Ils ont voulu la paix au prix du déshonneur, ils ont eu le déshonneur et ils auront la guerre »
Alviano

Portrait de ovni2

De ovni2

parlà | 15H43 | 26/02/2010 | Permalien

comme quoi national SOCIALISME = communisme à beaucoup d'égards

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De fidesien

ouvrier | 16H52 | 26/02/2010 | Permalien

Le génocide Khmer Rouge c'est 1,7 millions de mort,mais le REGIME REPUBLICAIN (régime d'extreme droite)c'est plus de 500 000 morts
De 1970 à 1975 des pogroms réguliers prenaient pour cible les Khmers d'origine vietnamienne,plus les bombardements massif des USA sur les campagnes cambodgienne.3X plus que sur le Japon
Et si cet homme était un pilier du régime,il vaut guere mieux que ces bourreaux

Portrait de Courageux anonyme

De

13H36 | 20/09/2007 | Permalien

Et qui etait president de notre « belle » republique a cette epoque ? ? ? Je vous le donne en mille (emile) un indice, il nous vient d'Auvergne, (Le monsieur te demande…) un certain Valery…
Je me permet de noter au passage que ce monsieur etait (est) du meme bord que notre enerve national… A droite toute…
Cette meme famille politique qui vient de faire voter l'obligation de test ADN pour les etrangers qui voudraient emigrer en France.

Et 1, et 2, et 1, 2, 3,4 on reprend tous en coeur :
Douce Fraaaance, cher pays de mon enfan-ce

Portrait de Courageux anonyme

De

13H13 | 21/09/2007 | Permalien

Genre tu crois que Mitterrand n'a jamais livré personne ?

Portrait de Courageux anonyme

De

13H37 | 20/09/2007 | Permalien

Ca rappelle le lachage des harkis à la fin de la guerre d'Algérie. Qui pour beaucoup se sont fait égorger par le FLN. Officiers généraux, responsables politiques, diplomates… sont non seulement incompétents mais lâches. Les français sont peut-être des veaux, mais leurs dirigeants sont des ânes. Avec ça on est mal barré…

Portrait de mad

De mad

19H10 | 26/02/2010 | Permalien

HA bon, ce type était soldat français ?
Je l'ignorais tiens.

Portrait de gargamelle

De gargamelle

14H31 | 20/09/2007 | Permalien

Mitterrand avait donné sa parole et la parole de la France de ne pas « donner » Cesare Battisti aux italiens. Il s'agissait bien d'un engagement national….. et qu'à fait la droite un peu après….. ? Autres temps mêmes moeurs…..

Portrait de Courageux anonyme

à gargamelle Portrait de gargamelle De

09H08 | 22/09/2007 | Permalien

Elle remet à la Justice Italienne, pays démocratique, avec un gouvernement d'union de la gauche, des criminels étrangers impunis.
Alviano

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 00H00 | 27/02/2010 | Permalien

born again.°

(Tu es au bout, là, à sortir tes antiquités.)

° depuis le début.

Un véritable oignon le petit bois.

Have good fun, stupid.

Portrait de Georges D.

à gargamelle Portrait de gargamelle De Georges D.

ok | 00H41 | 27/02/2010 | Permalien

Mitterrand n'avait aucun droit d'engager la parole de la France, étant donné que la monarchie de droit divin a été abolie il y a quelque temps déjà. L'asile politique n'a jamais concerné les assassins fuyant la justice de leur pays.

Tout ça n'a strictement aucun rapport avec le sujet.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H39 | 20/09/2007 | Permalien

RAPPEL HISTORIQUE

PREMIER MINISTRE :
Jacques CHIRAC du 27 Mai 1974 - 26 Aout 1976

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
Jean Victor Sauvagnargues 1974-1976 (+2002)
Lui ne pourra pas parler

Portrait de Bobus Trucus Bidulus Maximus-

De Bobus Trucus Bidulus Maximus-

Gros con de droite | 04H56 | 27/02/2010 | Permalien

PRÉCISION AU RAPPEL HISTORIQUE :

Jacques Chirac n'a pas été "Premier ministre" de 74 à 76 ; il a été "Ridicule".

Portrait de Courageux anonyme

De

15H09 | 20/09/2007 | Permalien

Je ne sais pas trop quoi penser. Il est évident que si ces personnes n'avaient pas été livrées, les Kmehrs Rouges n'auraient pas hésité à prendre l'ambassade de force. Et alors, qu'aurions nous fait ? Déclenché une guerre ? La Troisieme guerre d'Indochine ?
On reproche beaucoup, et souvent à raison, aux EU d'intervenir dans le monde, mais lorsqu'il ne le font pas, on dit : les Français (ou les Américains, les Anglais…) sont des lâches.
Pour ma part, je n'étais pas né. Mais je ne pense pas que les Français étaient près à une nouvelle guerre.
N'oublions pas également que beaucoup d'imaginaient que Pol Pot était en train de réinventer un socialisme humain, loin des méchants soviétiques et dans la droite lignée du Grand Timonier.
A cette époque, si Rue 89 avait existé, je me demande si on n'y aurait pas lu des articles de JP Sartre : « Les anti-communistes sont tous des chiens ».

Portrait de jmax

De jmax

15H58 | 26/02/2010 | Permalien

judicieuse contribution qui rappelle qu'il est difficile de juger dans un autre contexte. Mes parents avaient accueilli chez nous une famille de franco-cambodgiens qui avaient été prisonniers dans l'ambassade de France et il ne faisait aucun doute à les entendre que tous les occupants de l'ambassade auraient été passés à la bêche (c'était la coutume locale) si on ne leur avait pas livré les dignitaires du régime. Qu'aurait alors fait la France alors que les américains eux même avaient perdus la guerre au Vietnam et au Cambodge ? absolument rien parce que ils n'y avaient rien à faire, surtout avec les khmers rouges

Portrait de mad

à jmax Portrait de jmax De mad

19H14 | 26/02/2010 | Permalien

Merci de le rappeler, à Lire l'article on n'a pas vraiment l'impression que la vie de plusieurs centaines de personnes, dont une majorité de civils cambodgiens, étaient en jeu.
Civils qui on été évacués grâce à la France... et parce que les dignitaires du précédent régime (putchiste, non reconnu par la France) s'étaient livrés.
Qu'il ne l'aient pas fait de gaité de cœur, c'est possible, mais quelle autre solution ?

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 18H15 | 26/02/2010 | Permalien

Je ne comprends pas en quoi il était "évident" que les Khmers rouges "n'auraient pas hésité à prendre l'ambassade de France".

La France n'aurait peut-être pas relevé cette atteinte au droit international et à la souveraineté, n'empêche que je ne suis pas sur que même les Khmers "n'auraient pas hésité" à faire une telle faute.

Vous me direz qu'il y a bien eu la prise d'otages de Téhéran en 1979, mais c'est probablement un signe que les Etats-Unis ne pensaient pas du tout qu'il était "évident" que les étudiants islamistes "n'auraient pas hésité à prendre l'ambassade". Au contraire, ils ont été plutôt surpris d'un geste qui n'a rien d'anodin, ni de banal dans l'histoire - que je sache...

En tout état de cause, la France a, selon le télégramme du consul, prétendu que le choix était entre la "protection des compatriotes" et celle d'accorder le droit d'asile. Je ne sais pas si le choix était réellement celui-ci, mais en tout cas il fait honte à la France qui s'est voulu héraut du droit d'asile, il y a déjà... trop longtemps.

En tout cas, les années Giscard... entre la DST qui livrait les noms des réfugiés chiliens à la DINA de Pinochet, la mission militaire sous la dictature argentine, et le fait de livrer des personnalités importantes aux Khmers rouges... se sont distinguées par une réelle attention pour les droits de l'homme et la lutte pour la démocratie.

Portrait de mad

à Network 23 Portrait de Network 23 De mad

19H18 | 26/02/2010 | Permalien

Vous vous méprenez : l'asile n'a jamais été une possibilité.
L'alternative était que les dignitaires se livres, ou qu'on vienne les chercher dans l'ambassade.

Portrait de San De

De San De

22H31 | 26/02/2010 | Permalien

Il était plus facile de faire sauter des parachutistes sur Kolwezy ou d'intervenir dans divers contrées pleines de ressources naturelles en françafrique, que d'évacuer le Cambodge... voilà donc un élément à ajouter...

Portrait de brazz

De brazz

10H47 | 27/02/2010 | Permalien

Je suis sidéré de lire certains commentaires, en apparence tout le monde n'était pas né à l'époque... Je rappelle tout de même à tous ces vertueux pourfendeurs, que le régime de Pol Pot débutait à cette époque, jusque là ils apparaissaient comme une variété de vietnamiens... pour la quasi totalité de la population française et bon nombre de politiques, et qu'il a fallu des années d'exactions et de génocide pour que la communauté internationale ne fasse justement rien, en définitive ce sont les vietnamiens qui ont règlé le problème...
Du reste, malheureusement, pour peindre l'état d'esprit, je me souviens d'un collègue pourtant agé à l'époque, pépère, adhérent CGT, qui était un fervent admirateur de ce qu'il croyait être un grand nettoyage du capitalisme et de la société de consommation, un écolo radical quoi (je blague !).
Enfin, en ce qui concerne le fait d'être contraint de céder à la force et de livrer des personnes pour en sauver un plus grand nombre, je signale que c'est un horrible dilemne auquels ont été confrontés bon nombre de diplomates pendant la seconde guerre mondiale, lesquels ont parfois leurs noms sur des plaques commémoratives en tant que justes! Alors, les leçons, après et de la part de jeunes avocats...
Ce qui ne retire rien à l'horreur de ces régimes ni à la douleur des familles qui sont profondément respectables.

Portrait de San De

à brazz Portrait de brazz De San De

17H26 | 27/02/2010 | Permalien

Les hommes politiques et autres diplomates ne savent donc pas lire? Il suffit toujours d'écouter ou de lire les discours et autres proses de ce type de gens pour savoir qui ils sont... ils sont persuadé d'être dans le vrai, ils aspirent à une "société parfaite", ils ne s'en cachent jamais...

Portrait de Le_navire

De Le_navire

Editeur | 15H20 | 20/09/2007 | Permalien

Merci pour l'analyse juridique. Elle est passionnante et mériterait même d'être fouillée plus avant. L'évolution constante du Droit International est pour moi une énigme : alors que la législation qui en relève est de plus en plus inventive et réactive en matière de protection des Droits de l'Homme, les gouvernements, ceux-là même qui sont à l'origine de ses évolutions, vont souvent toujours plus loin, sur leur territoire, à l'encontre de ces mêmes législations.

Le Droit International et ses institutions afférentes ne seraient-ils finalement qu'un moyen de valoriser l'action gouvernementale vis-à-vis de l'étranger pour en utiliser le bénéfice à des fins bien moins nobles ?

Comment ça, j'ironise ?
Tss tss tss…

Portrait de Courageux anonyme

De

17H21 | 20/09/2007 | Permalien

''Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d'instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s'est estimé « incompétent » pour poursuivre l'enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n'est pas française''
Commment un juge peut s'estimer « incompétent » parce que M. UNG n'est pas français.
Supposons que M UNG un étranger se fait battre en France. A-t-il le droit de porter plainte à la Justice française ?
L'Ambassade de France à Phnom Penh est un territoire français tout ce qui est arrivé sur ce territoire la France a le devoir de prendre en charge.
Quelqu'un peut m'expliquer la décision de ce juge.

D'autre affaire un prince cambodgien de nationalité française, ancien officier de la Légion Etrangère, décoré au grade de Caporal d'Honneur de la Légion s'est vu refuser l'accès à l'Ambassade par un de ces (je ne dis pas kapo)dévoués à la cause khmer rouge.
L'affaire a été étouffée. Est ce normal ?

Au moment où le Tribunal International prépare le jugement des khmers rouges, il faut que les affaires étouffées soient mises à l'ordre du jour.
Nous comptons sur notre Président de la République pour que justice soit faite.

Portrait de Courageux anonyme

De

16H17 | 26/09/2007 | Permalien

Vous avez raison et je vous soutiens à 100%

Portrait de alberich

De alberich 84604

fumiste | 12H51 | 27/02/2010 | Permalien

"L'Ambassade de France à Phnom Penh est un territoire français"

Ben non, les légendes ont la vie dure, bien qu'elles soient inviolables par les autorités du pays où elles se trouvent, elles ne sont pas un territoire extra-national.

Donc, dans ce cas précis les faits n'ont pas été commis sur le territoire national et le juge est fondé a se déclaré incompétent.

Portrait de MlleRosemary

De MlleRosemary

18H58 | 20/09/2007 | Permalien

La veuve du dignitaire Ung Boun-Hor apparait (avec d'autres personnes) dans le supplément du DVD du film LA DECHIRURE, dans une excellente interview. Cette femme fait preuve d'un caractère et d'une volonté considérable.
Je ne recommande que trop le visionnage de ce sublime film ! ! - Adapté d'une histoire vraie. le livre existait avant le film - Sam Waterson est un acteur époustouflant. On y voit aussi John Malkovitch dans un de ces premiers rôles. Ames sensibles, s'abstenir.

Quand au DVD bonus, il est à lui seul un documentaire très complet sur les KMERS. Les témoignages sont sur le fil. Très émouvant et révoltant.

Comme je ne comprends pas où on laisse son adresse de site perso par ici, le voilà : http://chicstyle.canalblog.com

Portrait de Courageux anonyme

De

19H30 | 20/09/2007 | Permalien

Le regime de Lon Nol (1970-75) dont faisait partie le mari de cette dame etait connu pour etre ultra corrompu et a favorise d'une certaine maniere la prise des idees kmeres rouges chez les paysans cambodgiens.

Les Cambodgiens corrompus-fortunes ont tendance a penser qu'ils sont superieur aux autres.
C'est pourquoi cette dame pense qu'elle peut faire condamner les hauts responsables de la livraison de son mari aux mains des K.R.
Mais ce qu'elle ne dit pas, c'est que tous les couples mixtes- femme francaise avec mari khmer - qui s'etaient refugies dans l'ambassade de France ont ete separes de force, le mari devant se livrer aux khmers rouges (je vous laisse imaginer les scenes dechirantes).
Les K.R avaient vide Phnom Penh et l'ambassade de France etait le dernier bastion qu'ils respectaient encore. La France ne pouvait que se plier au bon vouloir des revolutionnaires si elle voulait sauver les ressortissants qui s'etait refugies dans les murs de l'ambassade. Aucune negociation n'etait possible. Meme les hopitaux de Phnom Penh avaient ete entierement vides.

Alors que cette dame veuille faire condamner les vilains fonctionnaires francais d'avoir laisser tomber son mari-politicard me fait doucement rigoler.

PS. Mlle Rosemary, ne confondez par « Khmers » et « Khmers rouges'…

Portrait de Courageux anonyme

De

17H58 | 21/09/2007 | Permalien

votre intervention à connotation stalinienne est lamentable. Dans une démocratie, même l'être le plus exécrable a droit à être défendu. Les exécutuions sommaires c'est stalinien.

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