Le texte qui arrive à l'Assemblée n'est pas le premier à prétendre mettre fin au « laxisme ». Retour en images.

La session extraordinaire s'ouvre en fanfare avec le quatrième texte de loi sur l'immigration depuis 2003. Le gouvernement assure qu'il sera « ferme » mais « protecteur » et qu'il signe la fin du « laxisme ». Une rhétorique déjà utilisée sous les précédentes législatures. Seule nouveauté en 2007 : le projet de loi émane du jeune ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Rétrospective.
1973 : « La France n'est pas raciste ! »
L'immigration de travail est « favorisée » : la perte d'emploi implique, pour les étrangers, la perte de la carte de séjour. Lors d'une conférence de presse, le président George Pompidou clame haut et fort que la « France n'est pas raciste ! » avant de se reprendre et d'expliquer que, sans une politique ferme, les Français risquent de le devenir. Dans son viseur, « la concentration » des étrangers dans quelques agglomérations et banlieues. La solution ? Leur « répartition » sur l'ensemble du territoire. Et George Pompidou d'établir une comparaison pour le moins douteuse : « Il est déjà difficile de vivre avec ses voisins… »

S'ensuivent les années VGE : c'est la fameuse « immigration zéro » à laquelle veut tendre le jeune président de la République. 1981 : l'arrivée de François Mitterrand suspend toutes les expulsions. En 1984, la loi sur le titre unique de séjour et de travail est votée à l'unanimité. Ce sera l'exception dans le débat le plus polémique en France.
1986 : « Le pays risque d'être embrasé par une flambée de xénophobie »
Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1986, Loïc Lefèvre, un automobiliste roulant à contresens, est tué par un policier. Séance très agitée à l'Assemblée nationale. Charles Pasqua est ministre de l'Intérieur. Le débat sur l'immigration qui a alors lieu est contaminé par l'affaire. L'ambiance est houleuse. Charles Pasqua monte tout de même à la tribune : la présence trop forte des immigrés ajoutée à la crise économique est une réalité qui ne peut être « cachée » et qui risque d'aboutir à une vague de…xénophobie. Les mesures de M.Pasqua ? Les préfets ont le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et la liste des étrangers qui obtiennent de plein droit une carte de résident se fait peau de chagrin.

1989 : « Un clandestin ? Il doit être renvoyé chez lui »
Mitterrand réélu, la loi Pasqua est assouplie. Interrogé sur la situation des clandestins, le président socialiste appelle à la « fermeté » mais dans « les conditions du droit ». En clair : les clandestins doivent être renvoyés chez eux. Du côté des associations, c'est l'exaspération face à une politique jugée peu claire : « Si les entreprises n'ont pas besoin des clandestins, qu'elles le disent et qu'on les renvoit chez eux. »

1991 : « J'avais le sentiment de ne pas entendre monsieur Chirac mais Jean-Marie Le Pen »
Le torchon brûle entre Edith Cresson, Premier ministre, et Jacques Chirac, président du RPR. L'un accuse le gouvernement de « laxisme », l'autre répond : « On croit entendre Le Pen ». Qui, lui, se frotte les mains : « Les électeurs préfèreront l'original à la copie. »

1991 : « Il faut arrêter toute immigration nouvelle »
Un mois plus tard, c'est le Parti communiste qui se distingue par la distribution d'un tract fustigeant l'immigration (« Trop ! “), les ‘abus’ relatifs au regroupement familial et à la distribution des ressources. L'émotion est vive chez les militants.

1996 : ‘Pourquoi l'immigration serait un sujet tabou ?
C'est la foire d'empoigne au Palais Bourbon. Jean-Louis Debré, ministre de l'Intérieur, se lance dans une politique sécuritaire. Le Parti socialiste parle d'instrumentalisation de l'immigration par la droite. Laurent Fabius, s'adressant au ministre de l'Intérieur, lui reproche de se servir de l'immigration comme d'un bouc émissaire.’

1997 : ‘Il faut donner la parole au peuple’
Un an après, le PS est au pouvoir. C'est Elisabeth Guigou qui crée l'émoi au Sénat avec son projet de loi sur la nationalité. Alors que Lionel Jospin avait promis l'abrogation des lois Pasqua-Debré durant la campagne de 1997, la loi Guigou va plus ou moins les ‘aménager’. Concernant la nationalité, un pas est accompli : un enfant né sur le sol français peut devenir français.






















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De
23H34 | 17/09/2007 |
stigmatisation (n. f.)Parole ou action menant à transformer une déficience, une incapacité ou un handicap en une marque négative pour la personne.
http://fr.wiktionary.org/wiki/stigmatisation
Dans la mesure où l'on ne peut admettre qu'être né est une déficience, une incapacité ou un handicap, ce mot est-il utilisé à bonne escient ?
De
04H04 | 18/09/2007 |
la haine toujours la haine de l'autre
haïssez vous les uns les autres
je te hais comme je me hais
voici la transmission des 30 dernieres années françaises
De
22H21 | 18/09/2007 |
Certes, mais sans quoi : Que faire avec les autres ?
De
06H51 | 18/09/2007 |
Bonjour,
Votre réflexe d'en revenir au sens des mots est sans aucun doute un bon réflexe. Mais il y a des nuances et des subtilités - et aussi des grossièretés - de sens qui n'apparaissent pas dans tous les dictionnaires.
Si un ami me demande une adresse d'un excellent dictionnaire de la langue française, voici le lien que je lui donne :
http://atilf.atilf.fr/
À mon avis, le meilleur - ou pour ne pas jouer au plus malin : l'un des deux ou trois meilleurs.
Or, si vous consultez le Trésor de la langue française, vous verrez qu'il y a un pont entre « stigmatisation » et le nom et la peau du ministre :
« marquer d'une façon indélébile le corps d'une personne pour lui imprimer un signe distinctif, une marque d'infamie. La stigmatisation au fer rouge des esclaves fugitifs ». C'est le sens historique, mais les autres sens méritent une attention encore plus soutenue.
Merci à Z.D. pour tous ses articles.
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 03H59 | 19/09/2007 |
Ces querelles de vocabulaires m'agacent. Les immigrants ne sont pas attirés chez-nous par un grand amour de la France ; ils sont chassés de chez-eux par la pauvreté. Si l'Occident reconnait sa responsabilité dans la pauvreté du tiers-monde et apporte l'aide nécessaire pour qu'y vienne l'aisance, il n'y aura plus de migrations. On sera bien chacun chez soi et la question sera réglée. http://nouvellesociete.org/5170.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De
09H11 | 19/09/2007 |
« Les immigrants ne sont pas attirés chez-nous par un grand amour de la France ; ils sont chassés de chez-eux par la pauvreté. »
Pas attirés ; chassés. Si c'est pas une querelle de vocabulaire, ça en a tout l'air. Car ceux qui ne pensent pas comme vous, diront que vous êtes un phraseur et que vous jouez sur les mots en vous défendant d'y toucher.
L'intelligence commence avec le sens. Celui - ou plutôt ceux, car ils sont pluriel - des mots n'est pas de trop. Surtout lorsqu'on se pique de faire état de son opinion.
Il est faux de dire que l'Occident est « responsable » de « la pauvreté » du « tiers-monde ». Il y a longtemps que le tiers-monde n'existe plus (coucou, réveille-toi Pierre, 1989 date de 18 ans déjà). Sauf à préciser, à nuancer, à critiquer ce dont on parle.
Quant au fond, je crois :
1. que le calcul de l'empreinte écologique est l'un des meilleurs instruments anti-phraseur qu'on ait inventé depuis 1989.
2. que les rapports Nord-Sud traversent toutes les latitudes et du monde, et de l'Europe, et de la France.
De
10H32 | 18/09/2007 |
naturellement quand, du mimile au gouvernant avec des modulations plus ou moins faux-cul, l'étranger est assimilé à une altérité définitvement inassimilable dans le champ économique et ideologique national-populaire.
De philippe19
c'est long 5 ans! | 18H18 | 18/09/2007 |
amateur d'arguties ?
à philippe19
De
22H09 | 18/09/2007 |
Si de la discussion nait le raisonnement, pourquoi pas ?
De
21H32 | 18/09/2007 |
Si on se limite au vocabulaire
Et/ou à son étymologie
Ca tient la route
MAIS
Parce qu'il y a un mais
Si on tient compte du contexte…/…
…/… Ce que ne fait pas l'extrême droite
Qui focalise sur l'exemple unitaire et non signifiant
(Rooster Cockburn, Harry Calaghan, John Mc Laine, Siegfried, Jehane D'arc, le mari dont on égorge la(sa ? ) femme - Cossard dixit)
…/… Apposer les stigmates sur autruit
Signifie faire SON christ d'unE autre
SE mettant en scène comme le « vil juif » ou « le gros encculé de sa mère de romain »
Or donc, merci de cet apparte qui m'autorise ce
« Pas comme nous autres, 47 ans de stigmatisations »
Hey duschtroumpf, t'as passé ton test ADN ?
(A tes frais s'entend…)
Voilà, c'est tout.
De
21H43 | 18/09/2007 |
Heu…
Sur la photo, c'est qui le mec ?
Qui ressemble à Poutine en plus gros ?
Avec la couperose à la Eltsine ?
A côté du suspect n° 1 des attentans de 1986 ?
Maiiiiiis nooooon l'auuuutréééééééééé
C'est juste histoire de causer
D'ailleurs même les guignols de l'info
Ont plaisantés de la sorte à l'époque
Come quoi c'est bien que des conneries…
De
21H58 | 18/09/2007 |
Il y a plus clair et plus fort, et sans avoir recours à une parabole biblique :
accuser, attaquer, blâmer, lapider, reprocher, attaquer, calomnier, charger, critiquer, dénigrer, diffamer, faire le procès de, imputer, incriminer, inculper, insinuer, jeter la pierre, mettre en cause, montrer, poursuivre, prendre à partie, rejeter, reprocher, vilipender.
Une expression créee (par qui ? ) a le mérite d'avoir un impact fort car reprise en coeur. Mais passé cette phase, cela en banalise le contenu et permet les plagiats.
De skalpa
actif et militant ? | 23H47 | 17/09/2007 |
Allez brice, tu vas aller me soigner cette vilaine peau tout de suite et on en discute….
skalpa
bloggeur actif et militant
http://kprodukt.blogspot.com
et une petite image à voir
http://img509.imageshack.us/img509/1650/fnumpimmigrationwe3.jpg
à skalpa
De
06H40 | 18/09/2007 |
Votre « vilaine » peau m'a rappelé au bon souvenir d'une amie dermato qui me disait : la peau est un état d'âme (considérant qu'elle faisait remonter à la surface ce qui était profond, au sens de « viscéral »), et qui est mal dans sa peau… en veut à celle des autres.
Ma peau en général adore celle des autres, comme certains le Veau d'Or. Et autant j'ai pu souvent me trouver à l'aise dans la peau des êtres que je croisais (et qu'on ne connaît - au sens fort - que par là), ceux du moins dont la peau m'inspirait l'odeur d'un fruit ou d'une fleur, autant cette peau de blondin chancreux ne m'inspire pas, sinon quelque chose de morbide. Serait-cela qu'on désignait autrefois sous le nom de « mal françois » ?
Pourvu que mon amie dermato lise parfois Rue89 !
De brogilo
in angulo | 15H05 | 18/09/2007 |
cher C.A. de 07h40, pourquoi vous ne signez pas ? C'est dommage, car votre post est très beau.
On aurait envie de mettre un nom sur quelque chose d'aussi bien tourné.
à brogilo
De
19H14 | 18/09/2007 |
Cher Broglio,
Je vous remercie de votre gentillesse : votre sympathie m'encourage à rajouter deux lignes sur la question du nom.
Je me souviens d'Ulysse dans l'antre de Polyphème. Il se faisait appeler Personne. (Je ne suis pas modeste : je me prends pour Ulysse ! )
Je me souviens d'un conte persan dans lequel un roi, voulant connaître l'état de « l'opinion publique » (comme on disait avant la tyrannie des sondages), décida de battre la campagne et courir les rues de son royaume dans l'état d'anonymat souverain : on le vit parcourir son pays à pied, vêtu comme un clochard mal propre, sans nom, sans feu ni lieu… Il vit, lui, ce que tous faisaient de l'Autre qu'ils prenaient pour un gueux, les uns exerçant leur micro-racisme quotidien envers la misère (car les gens à argents, d'où qu'ils viennent, sont reçus à bras ouverts), les autres - simples comme bonjour - accueillant le pauvre sans savoir qu'il était l'homme le plus courtisé de son royaume.
Voilà que ma vanité se donne ainsi des airs de roi… ; -)
Et puis, vous savez, je porte un blase moi aussi sur Rue89, mais il me colle parfois… à la peau. Je me sens parfois, souvent, un peu, beaucoup, autrement plus libre sans nom - même pseudonyme.
Vous, je vous aime.
(Au plaisir de vous lire longtemps sur Rue89.)
De
16H13 | 18/09/2007 |
« Votre “vilaine” peau “
Bravo, vous jugez les gens sur leur peau …
Bel exemple de subjectivité, vous mettez les non blancs dans le même panier j'imagine .
Et d'ailleurs si tu mettais une de tes photos en gros plan, qu'on puisse te juger sur ta peau ! ! !
Lamentable
De
17H06 | 18/09/2007 |
T'es bête ou t'es bête ?
De philippe19
c'est long 5 ans! | 18H26 | 18/09/2007 |
Et oui, la bêtise colle à la peau. Mais on n'est pas obligé de se mettre dans sa peau. La bêtise hélas ! n'est une peau de chagrin, elle fait peau neuve chaque jour. Le seul avantage, c'est que la bêtise est bon marché, elle ne coute pas la peau des fesses.
enfin on ne va pas être méchant, on ne va pas lui faire la peau. On n'est pas des peaux de vache.
il ne faut pas être autant à fleur de peau. Les réactions épidermiques ce n'est pas bon pour la santé.
à philippe19
De
21H48 | 18/09/2007 |
Pas mieux.
T'as ça dans la peau, non ?
De
21H35 | 18/09/2007 |
Ha ! Ha !
Si j'avais réussi à m'inscrire, j'aurais voté
5 ronds rouges
Non mais ch'te jure…
De
18H52 | 18/09/2007 |
C'est vrai qu'il une vilaine peau, pleine de rougeur, as-t'il honte de son action ! j'en doute.
Au moins lui, c'est un vrai blond, bon aryen probablement et prêt à tout certainement , pour être élu face au Front National ! ! !
De Greg_Rivas
12H20 | 19/09/2007 |
A côté de la plaque l'ami, avant de t'énerver relis le post.
De
23H51 | 17/09/2007 |
A relire l'histoire des rapports de la France avec l'immigration, on peut dire sans trop s'avancer que la France est profondément raciste, le genre de pays qui collabore. Le sbire Boutefeux - hors- de- France, c'est dans cette effroyable tradition. mais où est passée la patrie des droits de l'Homme ? dans nos rêves ? ? ? ? ? ?
gros chagrin …
De
09H33 | 18/09/2007 |
Il suffit aussi de mettre les pieds dans un repas de famille n'importe où en France un dimanche aprem.
De brogilo
in angulo | 15H07 | 18/09/2007 |
C'est malheureusement vrai.
à brogilo
De
20H03 | 18/09/2007 |
Si TA famille est comme çà, évites-la, ce sont des cons ! ! !
De
19H59 | 18/09/2007 |
Quand tu vas à un repas de famille, c'est TA famille, et tu ne peux pas en changer ; faut pas généraliser ! ! !
De
21H05 | 18/09/2007 |
Je suis sur que beaucoup de gens peuvent dire la même chose que moi. Je ne parle pas de mes parents bien sur. Mais si tu te retrouves avec des oncles ou cousins éloignés, après quelques bouteilles de rouge, ca commence à parler politique. Et rapidement il y en a toujours 1 ou 2 (dans n'importe quelle famille) pour balancer un truc raciste ou xénophobe (alors qu'il n'a souvent jamais vu un étranger de sa vie à part sur TF1). Le pire c'est qu'ils sont pas forcément racistes intrinsèquement, mais faudrait pas qu'un arabe emménage dans le quartier…
De winfy13
10H42 | 26/09/2007 |
je suis peut être naïve mais je pense que la majorité des français n'est pas raciste fondamentalement.. et que c'est plus une question de racisme anti pauvre, on les cache le plus possible, on les ghettorise, on les chasse des villes, on les parque dans des cités déshumanisées, et dans ces cités se cotoient + de 50 nationalités ou cultures différentes.. difficile de communiquer ! ! !
et ce que je ne comprends pas surtout c'est pourquoi les gens habitant dans des quartiers dits aisés, avec des caméras partout, des digicodes, des sas de passage tous les dix mètres.. ont peur ! ! ou se plaignent des étrangers, qu'ils ne cotoient jamais justement (autre part que sur le droit de savoir).
je pense que ceux qui doivent s'exprimer sur ce sujet sont ceux qui vivent dans ces cités, au quotidien , comment vivent ils tous ensemble ?
à mon avis plutôt mal mais pas du fait que son voisin est arabe, noir ou vert.. plutôt du fait de la misère,du chomage, du manque de culture et d'ouverture.. ce n'est que mon avis.