On savait déjà que les entreprises discriminaient les gros, désormais, elles les incitent à perdre du poids.

Les Françaises ont grossi. Elles sont désormais quatre sur dix à faire au moins du 44. Au travail, pourtant, il fait encore bon être mince. Le poids reste même un facteur tout à fait déterminant, à l’embauche et durant la carrière. Pour Jean-François Amadieu, sociologue et directeur de l’Observatoire des discriminations, le critère de l’apparence est même "une des causes majeures de discrimination" en France, "au même titre que la couleur, l’origine ou le genre". Or on sait que les populations défavorisées sont les premières concernées par l’obésité, sachant qu’un enfant sur six est en surpoids.
Des opérations de "testing" (vérification) ont mis en évidence la différence de traitement selon le poids du salarié, comme l’explique Jean-François Amadieu :
La prise de conscience de la discrimination envers les salariés en surcharge pondérale intervient pourtant tardivement en France. L’Observatoire des discriminations parle même de "tabou" tout juste bousculé depuis "moins d’un an". Notamment grâce à la création de la Halde, en 2005, qui a d’emblée pris en compte la dimension de l’apparence et du surpoids.
Des entreprises françaises s’autotestent
Dans les entreprises aussi, on a mal pris la mesure du phénomène. A l’étranger, des études (américaines et britanniques notamment) montrent depuis longtemps que la carrière d’un salarié obèse sera grevée par sa corpulence : primes, avancement et postes valorisants vont souvent d’abord aux minces. En France, très peu de statistiques sont disponibles pour mesurer ce biais. Pour y remédier, quelques entreprises sensibilisées par la Halde et l’Observatoire des discriminations ont souhaité s’autotester.
C’est le cas du groupe automobile PSA, qui a cherché à voir dans quelle mesure sa politique de ressources humaines pouvait être influencée. Une initiative novatrice qui permet de mettre en évidence des représentations bien ancrées dans l’inconscient collectif, pour Jean-François Amadieu, auteur du "Poids des apparences" (Odile Jacob) :
Aux Etats-Unis et même en Italie, l’idée qu’il faut encourager les gens à maigrir à tout prix gagne du terrain. Une petite ville de Lombardie commencerait ainsi à distribuer des primes à ses habitants qui décident de perdre du poids. Aux Etats-Unis, le Los Angeles Times annonçait récemment que des entreprises passaient à une approche autrement plus contraignante : à partir de 2009, la chaîne d’hôpitaux de l’Indiana, Clarian Health Partners, devrait retenir jusqu’à 30 dollars de pénalité tous les quinze jours sur le salaire de ses employés qui n’auraient pas perdu le poids escompté. D’autres offriraient des rabais sur les polices d’assurance maladie à leurs salariés au régime, rapporte le journal californien.
Les entreprises françaises sont encore loin de ces pratiques coercitives. Jean-François Amadieu ne croit pas que la France y vienne en jour. Il note surtout la difficulté qu’il y a, pour les entreprises, à sensibiliser sur l’obésité tout en évitant l’écueil de la stigmatisation.
Relais des campagnes antitabac
Depuis quelques temps, des sociétés affichent la ferme intention de pousser leurs salariés à être en bonne santé. Longtemps, l’essentiel de ces politiques volontaristes consistait en des campagnes antitabac. Depuis son interdiction sur les lieux de travail, le combat pour la santé s’est déplacé sur le terrain de la chasse au gras.
Ce mois-ci, Axa Assistance lance un programme de sensibilisation à une bonne nutrition à destination des entreprises. Sa première cible : les PME qui ont un portefeuille d’assurance et qui peuvent accéder à une batterie d’actions de sensibilisation en kit, comme pour le tabac ou le stress. Pour la compagnie d’assurance, il s’agit de poursuivre sa stratégie de diversification en se situant notamment sur le créneau de la santé. Pour ses clients, d’investir ce champ de la prévention, alors que des études montrent que l’obésité va souvent de pair avec un absentéisme de courte durée plus important.
"La prise de conscience est venue tardivement, il y a trois ou quatre ans. Mais l’entreprise est un lieu adapté à la prévention, car on y passe un tiers de notre vie ! ", fait valoir Jean-Philippe Maistre, médecin chez Axa Assistance.
Axa travaille en tandem avec la médecine du travail. Les pouvoirs publics sont en effet directement intéressés par la limitation de l’obésité, qui coûte cher. Maladies cardio-vasculaires, diabète, insuffisance respiratoire, cholestérol mais aussi maux de dos et dépression sont autant d’affections liées au surpoids, qui augmente souvent l’absentéisme sur le lieu de travail.
D’après la médecine du travail, "60% des obèses sont déprimés" et le risque de diabète serait multiplié par sept. Au total, l’obésité représenterait, en cause directe, 3% des dépenses de santé. Or Monique Romon, chef du service nutrition au CHU de Lille, estimait en 2005 que "généraliser les programmes d’activité physique réduirait de 20 à 55% les dépenses de santé liées au surpoids". Les entreprises deviennent un lieu privilégié de cette remise en forme. Certaines, comme Kraft ou L’Oréal, ont commencé à inciter leurs salariés. Chez Canal+, la prime à la bonne santé passe par un dumping sur l’abonnement au Club Med Gym, qui coûte 400 euros de moins pour les salariés du groupe… mais tout de même 480 euros l’année ! Campagne contestée du ministère
Le ministère est encore peu disert sur la question. Pour l’heure, c’est la campagne publicitaire en faveur d’une alimentation équilibrée –"cinq fruits et légumes par jour"- qui représente le gros de la prévention. Or cette campagne est contestée par une association comme Allegro Fortissimo. Sa présidente, Viviane Gacquière, dénonce les effets pervers de politiques qui sillonnent davantage le terrain de l’hygiène alimentaire que celui de la discrimination :
Certaines entreprises tentent de concilier lutte antidiscrimination et incitation à la forme. C’est le cas de L’Oréal, qui s’intéresse de plus en plus à la diversité des apparences. Un changement de braquet qui n’est pas sans faire penser à Dove, qui avait réussi un joli coup marketing en affichant sur ses campagnes de pub des femmes très en formes. A propos, il parait que Marilyn Monroe faisait du 46.










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Oui enfin, vous avez quand même un abonnement ADSL ou les moyens de vous payer un cybercafé…
Si vous êtes végétarien et que vous avez l’occasion de venir à Nice, vous y trouverez sur le port un excellent restaurant végétarien dont le chef est… obèse. Pas étonnant vu la quantité de fromage qu’il met dans ses plats.
Il n’y a pas de régime miracle, à part avoir une alimentation globalement équilibrée et un minimum d’exercice.
C’est sur que l’obésité est un probléme de santé à régler. Mais, penser que l’associer à la pauvreté est une erreur de repu, est une erreur de nouveau riche!
Les familles pauvres ou modeste achétent de la bouffe de qualité médiocre, souvent bourrée de graisse animale, des biscuits à bon marché et effectivement ces familles achétent des bonbecs à leurs gosses car elles ignorent les dégats que font ces saloperies à leurs gosses. En plus quand elles sortent ces familles, c’est rarement dans un resto gastronomique quelles vont c’est plutôt dans les fast food. Grand pourvoyeur de mal bouffe.
A mon avis c’est plutôt un probléme de manque de culture, de connaissance et de moyens financiers!
Il conviendrait aussi de parler de la discrimination,pour ne pas dire de refus,à l’embauche de personnes un peu trop enveloppées.
Mais ce n’est pas encore à la mode.
Oui enfin, il n’y avait pas de gros à Auschwitz.
Mouais…pas convaincu par votre argumentation (auschwitz). Evidemment que la génétique entre en ligne de compte, on n’a pas tous le même métabolisme.
Mais pour revenir sur une de vos réflexions précédentes (je suppose que c’est vous le cholesterol plus haut) : moi je suis persuadé que quand on surveille son cholesterol…on en a :-)
J’ai vu mes parents toujours aux aguets sur tels ou tels taux, et je te redonne un petit tour de vis dans ce sens et un petit tour de vis dans l’autre et, devinez quoi : leurs taux n’étaient pas bons. Moi je ne fais attention à rien (sauf à bien manger) et les rares fois où j’ai fait des analyses (vraiment parce qu’obligé) : rien, nada :-) Alors la génétique sur ce point…
Purs fantasmes de votre part cher monsieur (ou madame). Vos problèmes de projection ne me concernent pas. Je peux vous indiquer un bon psy si vous n’en connaissez pas :-)
Le post du dessus, c’est moi. Desole d’avoir omis de me logger.
Je vous prie de m’excuser pour le commentaire que je poste ici et qui n’a rien à voir avec votre article.
Je n’ai comme circonstance atténuante que le fait de ne pouvoir le déposer à un endroit plus propice.
Récemment, Rue89 nous a informé que Pierre Haski tiendrait une chronique quotidienne sur Europe 1.
Les commentaires suscités par cette annonce étaient pour le moins contradictoires : certains pensant que c’était une bonne chose et d’autres craignant les pressions ou la récupération.
Je vis dans une zone rurale ou je ne capte pas Europe 1. Je n’ai donc pas pu écouter cette chronique.
Amis Internautes, je lance un mini sondage : P. Haski a-t-il été « acheté » par Europe 1 ou se tient il droit et debout, insensible aux sirènes médiatiques, gardant son cap, tel un Ulysse de l’information ?
Je vote pour la deuxième proposition!
Je ne doute pas plus de votre objectivité que de votre modestie… mais j’attendrai d’avoir un échantillon de votes plus représentatifs pour me forger une opinion…
Je viens d’aller lire les commentaires des auditeurs ayant écouté la chronique. Que du bon !!
Bravo Mr Haski.
L’obésité parce que:
- on bouffe des produits dégueulasses,
- nous ne faisons pas assez d’exercice.
On vit dans un monde compliqué parce qu’en effet, les « riches » peuvent acheter des produits de qualité mais je pense que vous sous-estimez qqchose. C’est qu’au delà des produits discount ou pas, qui aujourd’hui a envie, je dis bien envie, de faire la cuisine tous les jours, d’aller chercher des légumes etc?
Et ce problème de comportement c’est pas un problème de riche ou de pauvre. C’est un problème sociétal.
Personnellement après une journée de boulot où je rentre chez moi à 20H, je n’ai pas envie de cuisiner pendant 30 minutes ou une heure, alors je mange des trucs rapide.
Enfin, je trouve lamentable que les industriels de la bouffe se cachent derrière le fait qu’il faut lire les étiquettes. J’imagine très bien la scène si dans l’hyper du coin tout le monde se mettait à lire les ingrédients:
- pour commencer, personne ne comprendrait rien,
- des queues immenses et donc du mécontentement.
Je pense que la malbouffe coûte pas encore assez chère à l’état et tue pas assez de personnes car on impose pas grand chose à ces sociétés.
Enfin, je trouve très ironique que les états soutiennent des labos qui cherchent des solutions au diabète. Il faudrait mieux chercher à faire en sorte que ce diabète n’apparaisse pas.
Mince, je ne suis plus réaliste….
J’appuie « Courageux anonyme " de 19H00 … la perche du Nil, depuis que j’ai vu " Le cauchemar de Darwin » … brrr !. Je préfère une bonne ratatouille maison avec des œufs pochés: pas cher, sain et délicieux.
Mais, juste comme ça … Les mangeurs d’ « aliments " pauvres en vitamines, riches en graisses et en sel trouvent leur bonheur en regardant les " pub ».
Virons la TV ou au pire regardons ces « pubs » avec plus de discernement … je sais c’est dur ;-)
Juste pour info, il y a eu une petite polémique sur les théories du cauchemar de Darwin. (vous pouvez rechercher sur internet).
Je n’ai pas personnellement d’avis là dessus, si ce n’est que la réalité est souvent plus compliquée que ce que l’on croit pouvoir résumer en 10 lignes.
J’aime bien la photo. Une espèce de quadrifesseS.
Il fût un temps où l’obésité était une maladie.
Ce n’est plus le cas today. C’est une connerie.
Et contre la connerie, le vaccin tarde.
L’histoire de la condition sociale et tout le toutim, évidemment. PEUCHERE !
Notez que récemment deux éminences planétaires se sont faits un graillou à coups de hamburgers au bord du lac.
Alors, quand le « pôvre ", mou du chignon, comme chacun le sait, voit à la téloche, son président préféré et l’autre enflure de texan se goinfrer de cette nourriture immonde…. Y fait quoi, le " pôvre »? y dit quoi le « pôvre »?
Y dit le « pôvre " : -" Si c’est bon pour nos champions, c’est bon pour nous, pôvres petits vermisseaux sans envergure. »
Et il court se gaver de cette bouillie que même mon chien refuse.
11/09 - NOUS SOMMES TOUS DES AMERICAINS !
Qui pose la question des primes;
Demande des conditions d’obtention;
Exige des résultats basés sur des critères quantitatifs (chiffrables et mesurables dans le temps)…
Si l’on donne des primes aux maigres, pourquoi pas à d’autres catégories (100% Bonus auto, paiement de la redevance TV, participation civique aux votes et dépouillement, tri sélectif des poubelles…).
Pourquoi l’entreprise entrerait-elle dans ce mécanisme ?
Le recrutement élimine dès l’entrée les obèses !
Les obèses sont en grande majorité pauvres (abus TV et besoin de se réconforter, merci Kraft et Nestlé, et j’oubliais les plus de 13° d’alcool), et en PLUS : cette partie des employés est largement en deçà des cadres stratégiques des lignes de management…alors, si l’obèse tombe malade, étant donné que sa valeur sur le marché de l’emploi est faible, il est facilement remplaçable !
D’ailleurs, son absence sera soit prise en charge par la SS soit…il sera définitivement absent pour cause d’arrêt cardiaque. Pourquoi l’entreprise Française s’en soucierait ?
Bref, une prise de tête pour pas grand chose. Bon appétit !
Lier l’obésité à la pauvreté est partiellement vrai. L’exemple des Polonais et des Américains est édifiant. La lier à la culture et à l’éducation est plus judicieux. Originaire du Bihar, au NE de l’Inde, mon ex-femme a été pauvre quand elle était petite. Mais elle a eu la chance de vivre dans un pays où on sait préparer des mets délicieux pour presque rien et elle a continué à vivre en Europe comme quand elle était petite. Elle m’a enseigné ses recettes, souvent végétariennes mais pas toujours, et j’ai découvert une gastronomie intéressante parce que diététique et peu coûteuse.
J’ai fait découvrir cela à des amis en Albanie (un pays pas très riche) et ils en ont été enchantés.
À l’occasion, je m’occupe d’une maison de retraite du CPAS (équivalent belge de la DDASS) dont les pensionnaires font partie des défavorisés. Ils ont aussi découvert les recettes du Nord de l’Inde avec intérêt et je leur ai montré, entre autres, que la plante de potiron est comestible à cent pourcents : non seulement le potiron mais aussi ses feuilles, ses tiges, ses fleurs et il est même possible de faire une farine avec les racines. (je n’ai pas encore eu le temps d’essayer) Plusieurs d’entre eux ont convaincu leurs enfants de leur cultiver des potirons pour essayer un curry de potiron. Délicieux, diététique et 0.1 euro par kilo ! Et on peut encore faire un collier avec les graines !
Ceux qui sont intéressés trouveront plusieurs sites internet sur le sujet à la Réunion et à Maurice. Il y a aussi un site anglais tenu par un Indien mais je n’en ai pas retrouvé les coordonnées.
Un conseil aussi : faites votre pain vous-même. Il est moins cher, meilleur et ne contient pas de graisses animales.
Ouf! Votre commentaire fait du bien!
J’ai pris très vite pas mal de poid suite à un traitement de l’hyper-tension, et si je ne suis pas obèse, je suis devenue ronde, et je ne reconnais à personne le droit de me juger sur ça!
Plus spécialement et pour en revenir au thème de l’article, l’incitation à maigrir par l’EMPLOYEUR, ça n’est pas à mon patron de décider s’il me préfère mince mais hyper-tendue ou ronde et calme!
43 votes en faveur de ce post en meme pas 2 heures?
Rue 89, est-il possible de voter pour soi à répétition?
Bonjour
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