Jeune médecin généraliste installé depuis quatre ans en région parisienne, j’ai un planning bien rempli ce samedi matin. Je suis maître de stage depuis un an, et Cécile, mon interne, m’assiste au cours des consultations. Elle apprend le métier, comme disent les patients.
Tiens justement, quel métier je lui apprends ? A la fin de la matinée, nous faisons le point : neuf consultations, dont sept certificats médicaux pour des aptitudes sportives les plus diverses, de la danse à la gym douce en passant par le badminton.
Ah, j’oubliais, nous avons eu une urgence aussi. Ouf, ils ont appelé à temps, à 13 heures j’allais partir me reposer après mes cinquante heures de travail hebdomadaires. Quelle urgence, vous demandez-vous ? Un certificat pour le badminton, justement, bah oui, l’inscription, c’est à 14 heures.
Voilà donc le métier que je lui apprends à Cécile : rédacteur de certificats médicaux. C’est drôle, l’année où la médecine générale devient une spécialité comme les autres. Voilà dix ans d’études payées par la collectivité pour certifier. Dix ans à apprendre à prendre en charge les pathologies les plus diverses, dix ans à apprendre à soigner, soulager, réconforter, guérir.
Voilà donc ce que représente aujourd’hui, le métier de généraliste aux yeux de la collectivité. Traitement de la douleur ? Non, il est réservé aux services hospitaliers spécialisés. Petite traumatologie ? Non, elle est prise en charge par les services d’urgence. Suivi gynécologique ? Non, les gynécologues s’en occupent. Education des diabétiques ? Non, il est assuré à l’hôpital de jour de diabéto.
Certes, on peut dire que je noircis le tableau. Juste pour faire prendre conscience que ce qui occupe le temps du généraliste est de moins en moins du temps médical, mais de plus enplus du temps administratif.
Juste pour faire prendre conscience que la nouvelle génération de généralistes souhaite une médecine générale de qualité avec des missions clairement définies.
Juste pour faire prendre conscience qu’il est grand temps de les définir, ces missions.
Juste pour faire prendre conscience qu’à détourner les médecins généralistes de leur fonction première (le soin), le système desanté va droit dans le mur.
Juste pour faire prendre conscience qu’il est temps de le réformer et d’écouter les attentes de la nouvelle génération de généralistes.
Juste pour faire prendre conscience que ce ne sont pas forcément de nouvelles ressources qu’il faut pour financer le déficit de la Sécurité Sociale (ça se saurait ! ), mais plutôt une meilleure utilisation de celles dont nous disposons, qu’elles soient humaines ou financières.
Au fait, lundi après-midi, sur douze consultations, dix concernaient… des demandes de certificats.
Le docteur Fabien Quédeville est président du Syndicat national des jeunes médecins généralistes.










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vous etes bien naif ou medecin!!en effet il y a un bizeness très lucratif des certificats indispensable ou des vaccins obligatoires!!
j’avais naivement pense que les medecins etaient complices de ce systeme de certificats, que les clubs et associations ne demandent que pour se premunir d’actions juridiques en cas d’accident. avec comme resultat la secu qui trinque et les generalistes qui se transforment en imprimantes…
il doit pourtant y avoir une solution pas trop compliquee pour eviter ce genre de dysfonctionnement, et du meme coup les stigmatisastions faciles des ‘mauvais patients qui consomment trop - responsables du trou de la secu’.
desole pour vous mais je vais faire 2 remarques;
* aujourd’hui avec le medecin referant il faut passer par vous pour aller consulter un specialiste, donc vous devriez voir au moins cette clientele et si c’est le cas c’est a vous de juger de l’opportunite de l’envoyer chez un specialiste
* cela ne se passe pas comme cela en province et encore moins en milieu rural, mon medecin n’a pas votre pb et de nombreux medecins attendent des jeunes en campagne.
Si vous éprouvez un quelconque désintérêt pour une profession libérale dont le revenu moyen n’a cessé d’augmenter dans les cinq dernières années alors que le pouvoir d »achat des salariés n’a cessé de baisser, recyclez-vous comme médecin du travail. Vous y verrez la vraie misère et cela soulagera peut-être votre conscience
ou comment tomber dans la generalisation facile et systematique…
car bien sur, il n’y a aucune difference entre, par exemple, l’escalade a 5000m d’altitude et le tango argentin. le meme certificat medical dans les deux cas - comme si les risques etaient les memes.
ah quel joli foulard que la bonne conscience dont on se drappe pour se donner une image serieuse et responsable…
le but du certificat medical n’est pas d’empecher les risques, mais d’eviter les consequences d’un proces. mais pourquoi faire un proces? si on pratique un sport (plutot qu’une ‘activite’ - joli euphemisme pour une epoque gorgee d’immobilisme et de conservatisme), n’a t’on pas la responsabilite de son choix? et du coup de la visite prealable chez le medecin? la vrai conscience, c’est la responsabilite de son propre choix, et ca n’est pas a coup de paperasse qu’on l’obtiendra.
Le témoignage de ce toubib ne manque pas de charme : celui des villes…..mais certainement pas des zones rurales. Et pour cause, en province la profession est beaucoup moins confortable. A votre avis pourquoi ces zones reculées manquent de médecins ? Une petite idée ? Eux, travaillent comme des dingues et n’ont pas le choix. Je n’ai pas envie de pleurnicher sur ce cas précis. Je lui conseille de se faire connaître pour ses compétences avant tout, même pour les certifs.
Mais tout cela a été monté en tout état de cause pour enrichir cette profession qui, on le sait est un réservoir d’électeurs…je ne vous dirai pas lequel à vous de trouver…..alors on rend obligatoire des tas de conneries su style certif, l’histoire du médecin référent est quand même pas mal….. Et puis cela permet de déresponsabiliser (médicalement) tous les clubs de gym, les écoles.
Tout comme il a été promulguée une loi concernant la rénovation et les obligations relatives aux ascenseurs…résultat…le lobby concerné s’en fout plein les fouilles !!!!!Au détriment des usagers. (France inter ce matin). Des exemples comme ceux là il y en a des tonnes..C’est très à la mode.
…Ah oui…ce sont d’ailleurs les examens qui sont pratiqués à chaque rentrée scolaire dans toutes les écoles, collèges et lycées sur tous les enfants avant de leur faire pratiquer leurs heures de sport.
Non, ah bon , je comprends pas. Si à l’école on peut faire du sport sans certificat médical, je ne vois pas bien pourquoi en dehors il en faudrait pour faire du tango argentin ou du tai chi (c’est mon cas!!)
Surtout que dans la très grande majorité des cas cela va se limiter à 1 voire 2 h par semaine…on est loin du sport intensif!!!
En fait, à l’école, il faut un certificat médical pour ne pas faire de sport
Sans doute le propos était il moins celui de la paperasse que la part laissée au médecin généraliste pour exercer correctement sa pratique. L’exemple n’est pas le meilleur. En revanche, ce que l’on peut pointer du doigt c’est comment assurer une consultation correcte c’est à dire un acte d’une durée d’au moins 10 min pour un acte de 28 euros. AUjourd’hui la plupart des médecins (en ville) optent ou sont contraints à des visites de 5 minutes, des rendez vous doublons créant de la file d’attente, ce pour garantir un salaire correct. Contrairement à l’idée reçue les médecins généralistes ne font pas fortune (et ce n’est sans doute pas leur choix sinon ils auraient choisi une spécialité beaucoup plus rentable et plus cool : ex la dermatologie où les cas d’urgences sont rare ), leur revenu n’a pas considérablement augmenté . Quant à l’autre problématique relevant du médecin traitant obligatoire, elle obéit certes à une logique de rationalisation du suivi du patient, mais a pour consquence directe de pénaliser les médecins qui s’installent, c’est à dire la jeune génération de médecins, qui n’a pas encore créé sa clientèle. Elle créée un précédent qui à ma connaissance n’affecte pas d’autres professions : elle protège les intérêts des médecins installés de longue date, c’est une forme d’obstruction « au libre choix et à la concurrence ». Il n’y a pas de notaires « référents », hors ils sont indispensables pour certains actes etc…. Les médecins ayant de longue date créé leur cabinet peuvent ainsi revendre à prix d’or leur clientèle s’ils décident de céder leur cabinet. Moralité pour exercer le médecin dit « jeune » (qui vient de créer son cabinet) doit avoir une forte capacité de trésorerie en attendant de construire sa clientèle ou épouser une bonne dote pour gagner du temps.La question sous tendue par le médecin traitant référent et qui se pose à terme est comment ne pas décourager la nouvelle génération d’étudiant d’une spécialité - la médecine générale qui est la médecine de 1ère ligne , celle de notre quotidien, celle de la prévention, du premier diagnostic , celle du suivi du patient etc
PS : Je ne suis pas médecin (ni personne de ma famille), mes propos sont donc totalement désintéressés et n’expriment que ce j’espère être une base de raisonnement…à discuter
Le saviez vous ?
C’est un décret de 1984 qui oblige tout sportif licencié dans une fédération uniquement lors de l’obtention de la première licence a présenté un certificat de non contre indication ( et non d’aptitude)
Ce décret ne précise pas la durée de validité de ce même certificat.
Donc seul un certificat est exigible pour la délivrance de la première licence et ce même certificat est valable à vie puisque aucune limite de temps n’est prévu par la loi.
Pour les activités dites de loisir, il n’y a aucune obligation légale. C’est l’association qui fixe les règles. Aussi il est important de vérifier dans le règlement intérieur de cette association, si l’inscription est subordonnée à la présentation d’un certificat médical.
A chacun de demander le pourquoi de la demande.
Il existe en France plus de 90 disciplines sportives, un médecin doit donc connaître les contre-indications de chacune d’entre elles.
Pour ce qui est de l’intérêt de ces certificats :
La plupart des patients qui en font la demande sont des patients suivis depuis de nombreuses années, notamment les enfants que nous suivons le plus souvent depuis leur naissance et que nous voyons régulièrement pour leur vaccination notamment. Ces consultations sont aussi l’occasion de faire de la prévention. Nous n’attendons pas fort heureusement la demande de certificat pour en faire.
Pour la prévention de la mort subite, malheureusement aucun test préventif n’existe pour la prévenir. Le ruffier n’ayant comme intérêt de juger uniquement les capacités de récupération du sportif et non de juger si tel ou tel sportif est à risque.
Preuve que le certificat n’a aucun intérêt préventif puisqu’il n’est pas exigible à l’école où seuls les certificats de contre-indication le sont.
Un suivi cardiologique approfondi n’empêche pas la mort subite comme l’a montré la mort récente du footballeur espagnol. Que peut détecter le médecin généraliste avec son stéthoscope et son interrogatoire ( le patient a le droit de dire ce qu’il veut et omettre de citer des antécédents cardio-vasculaire personnels ou familiaux) ?
Pas grand chose. Faut-il pratiquer un ECG, une écho cœur lors de toute demande de certificat médical.
Pour ce qui est de ma pratique :
Chaque consultation, qu’elle qu’en soit le motif, est une consultation complète où sont abordés tous les problèmes possibles et durent au moins 20 minutes, même pour un certificat.
Pour ce qui est de la connaissance et la reconnaissance de la médecine générale : il y a encore du chemin à parcourir
se pose là le problème de la responsabilité.
comme toujours, difficile de pondre des généralités sur une population de x 000 généralistes, et de 60 000 000 et quelques de patients
ok, la pratique des certificats sportifs et autres est débile, une bonne auscultation ne prémunit pas contre le risque d’un accident (rare, par ailleurs, l’obligation systématique d’un certificat se justifie-t-elle ?)
mais sinon… les commentaires reflètent la diversité des situations. Personnellement, j’ai confiance en ma généraliste, je suis bien tombée…
Ce qui est sur, c’est qu’il y aurait sans doute pas mal de pédagogie à faire quand on voit tout les gens (pas fauchés) qui se ruent aux urgences parce que bébé à 40 de fièvre (la mienne aussi l’a fait, mais le médecin a géré sans problème) ou pour une « petite traumatologie » qui serait sans doute mieux soignée par le généraliste !
Les commentaires sont parfois affligeants !
Ce que dénonce ce médecin, c’est la « certificite » aiguë dont semble atteinte notre société qui demande aux autres, et en l’occurence aux médecins d’endosser la responsabilité de leurs actes; on demande aux médecins tout et n’importe quoi…
Enfin il dénonce non sans humour l’exigence de certains patients trouvant « urgent » la rédaction d’un certificat d’aptitude.
Je suis surpris par la violence des réactions. Le but de ce texte était surtout de faire réfléchir aux missions du médecin généraliste.
Ce que je lis montre bien la méconnaissance du métier de médecin généraliste, métier rassurez vous que j’adore.
Je voudrais juste apporter quelques précisions.
Le but du certificat serait donc préventif. Son but serait d’éviter des morts subites.
1) je n’attends pas la rédaction du certficat pour faire de la prévention, j’en fais toute l’année sur ces mêmes patients que je vois à plusieurs reprises
2) je rappelle qu’à l’école seul les certificats de contre indication sont exigibles. Donc des le premier jour d’école , les enfants font du sport sans certificat. Pourquoi le lendemain , lorsqu’ils vont dans un club ou une association ne sont ils plus aptes ?
3) beaucoup de personnes font du sport à titre individuel et sans certificat. Le maire de la commune le demandera-t-il un certificat lorsque ces mêmes personnes courrent autour du terrain de football communal?
4) la SNCF va-t-elle exiger un certifat de bonne santé à tous les voyageurs, si un jour un de ces mêmes voyageurs fait un infarctus fatal en courant après le train ?
5) si le but est d’éviter une mort subite ou une anomalie cardiaque rarissime pourquoi ces certificats ne sont -ils pas fait pas des cardiologues.
6) pourquoi ne pas faire une recherche d’anomalie cardiovasculaire avec des examens complémentaires poussés à l’ensemble de la population.
Relisez plus haut et vous verrez qu’effectivemeent un confrère a été condamné à 60000 euros de dommages et intérets suite à la perte d’un oeil par une patiente lors d’un match de boxe. Le médecin doit donc connaitre les contre indications de 90 sports. le patient ne doit -il pas prendre ses responsabilités ?
A force de faire reposer la responsabilité sur les médecins généralistes, bientôt il n’y en aura plus .
Pour rappel , près de 5000 départs par an de médecin généraliste libéraux pour ….. 400 à 500 installations.
Allez donc savoir pourquoi,? J’ai une partie de la réponse.
Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, juste qu’ici tout va bien. ( la haine, KASSOWITZ)