Samedi soir, « Jack le squatter » (le surnom qu'il avait donné à son cancer) a fini d'achever Jean-François Bizot, à Paris. A quelques kilomètres de là, une partie de campagne. Un journaliste raconte ses années à Actuel : « Jean-François, c'était le type qui allait chercher là où personne ne pensait à envoyer un reporter. » Dimanche, j'apprends sa mort. Et me rue sur le Net, que Bizot considérait comme l'un des derniers endroits d'expression de l'underground. Les blogueurs, anonymes ou anciens compagnons de route, lui rendent hommage.
Les débuts d'Actuel, l'aventure Nova… Son copain, Fréderic Joignot, journaliste et ex-Actuel, raconte sur son blog l'inventeur d'un journalisme éclectique, contestataire et curieux :
« En novembre 1979 sort le numéro 1 d'Actuel nouvelle formule. Financé par Bizot aux deux tiers. Un vrai magazine, une maquette stylée et efficace inventée par Emile Laugier, un DA de la pub, des rafales d'images d'époque, huit grands reportages, des textes longs, dialogués, vivants, façon journalisme américain, des photographes de terrain rameutés par Claudine Maugendre, une batterie de rubriques originales : “ouvelles industries”, “coup de fric”, “nouveau et intéressant”, “idées fortes”, “tendances'.‘Sur la couverture, Patrice Van Eersel vide la valise qu'il a trouvée dans le palais même du dictateur de la Guinée Equatoriale, Macias Nguéma, en fuite. Titre : J'ai fait les poches du dictateur fou.’ Le ton est donné : insolence et grand reportage. Bizot, cheveux courts, cravate de traviole, insomniaque, campe au journal entre deux enquêtes, entouré d'une bande de reporters dignes des Monty Python. Yannick Blanc se transforme en Noir et cherche du travail pour tester le racisme, puis s'inscrit au Front National pour tout raconter de l'intérieur. André Bercoff déguisé en émir fortuné rachète sans problème les grands crus du Bordelais. Bernard Kouchner remonte le Mékong jusqu'aux camps de la mort cambodgiens. Patrick Rambaud part discuter avec les policiers à Belleville : un flic de gauche est-il plus sympa ? Patrice Van Eersel va chanter avec les baleines.
‘Je découvre le monde des cafards et de la vermine urbaine dans les caves des cités et des grands restaurants avec la société de désinfection Attila. Nos modèles sont les reporters du nouveau journalisme’ américain, Hunter Thompson, Tom Wolfe, les enquêteurs du magazine Rolling Stone qui écrivent long, avec des dialogues, des anecdotes collectées sur place, racontent leur reportage à la première personne, se mouillent, vont voir de près.”
Ancien de “90 minutes”, l'émission d'investigation de Canal+, Paul Moreira rend aussi hommage au Bizot “freestyler” :
“Jean François Bizot est mort…J'ai du mal à le croire. Je l'ai vu au mois de mai, chez lui, à Saint-Maur. Je savais pour le cancer, tout le monde savait. Mais j'étais sûr et certain que la mort s'était éloignée. C'était entre les deux tours, il parlait de résistance. Il vannait, comme toujours. Bizot parlait comme jouent certains jazzmen, jamais sur la note attendue. S'efforçant d'échapper sans cesse à l'évidence. Free Style, il disait.‘Actuel, j'y ai travaillé entre 1991 et 1993. Un drôle de journal. Explorateur. Bizot cherchait les musiques, les artistes et les pays inconnus. Il avait l'œil de la sentinelle. Et un cerveau hyper-mnésique.
Chaque fois que je l'ai vu, il m'a parlé d'une de mes enquêtes, réalisée il y a vingt ans, en 1988, sur le crack dans le métro. Il se rappelait de tout, le numéro de la ligne, le nom de la station. Il avait ce fonctionnement un peu particulier qui pouvait épuiser les moins vaillant : les réunions qui s'étiraient tard dans la nuit, les coups de fil à une heure du matin, les consignes obscures… Free style.’
‘Merde ! Plus génération Nova qu'Actuel, Versac , regrette et remercie un sacré bonhomme’ :
‘Radio Nova fut la radio de ma génération, parisienne et conne, impertinente et hyperjuste, au beau son. J'y ai découvert la musique. J'adore tomber par hasard, dans une foire aux livres ou chez un bouquiniste, sur une vieille couv’ de l'Actuel de la belle époque, posant des questions graves ('L'orgasme en poudre”, “J'ai étripé 20000 poulets pour m'en sortir”, “Les sultans ne rigolent plus”, “Premier boeuf franco-russe”, “Des chiens dix fois plus grands ? ‘, Que deviennent les anges quand ils font de la pub ? , Un reportage de Naipaul à Grenade’, ‘La pilule d'amour pour ce numéro de février 84'.’
Pour cet autre blogueur, biberonné à Nova, le coup est rude :
‘Jour de deuil, aujourd'hui pour une personnalité des médias qui compte énormément(…) Trop jeune pour être un nostalgique d'Actuel, je suis issu de la génération Nova : ce produit médiatique hybride et étonnant que Bizot a créé, fécondé et inspiré. C'est LE média qui a forgé ma culture musicale, nourrit mon goût personnel pour le hip hop et ouvert mon univers vers des curiosités musicales, des choses parfois bizarres, souvent étonnantes, presque toujours enrichissantes.Et surtout merci pour tous ces vendredis soirs à écouter fiévreusement le Dee Nasty Style avec Big Brother Hakim, le Cut Killer Show (et oui, avant de devenir une marque, Cut Killer c'était un DJ de talent accompagné d'un MC aux freestyles de légende) bien avant que Pierre Bellanger et Skyrock n'aient même entendu parler de ce genre musical.’
Partout dans la blogosphère fleurissent des témoignages et remerciements pour un Bizot découvreur de talents, mécène de la culture alternative.
Ici ,Hervé Le Gall , photographe se souvient de ses numéros d'Actuel dans lesquels il a découvert ‘Zappa, Crumb, les freaks brothers, Gotlib, Richard Corben et surtout un pied de nez jubilatoire à toute une génération de vieux cons.’
‘Tout ça, je le dois à Actuel et ça, ça ne s'oublie pas. Alors, chaque fois que j'entendais parler de Jean-François Bizot, je repensais avec émotion et tendresse à celui par la grâce de qui je suis devenu un peu plus adulte. Cette fois, la page est tournée et Actuel c'est vraiment fini. N'empêche, on s'est bien marré et ça a duré cinq ans qui m'ont paru une éternité. Merci Monsieur Bizot, c'était cool.’
Là , c'est un journaliste qui rend hommage à l'héritage immense que lègue Jean-François Bizot :
‘Ah tristesse. Mauvaise surprise. C'est l'un de nos pères qui est mort samedi. L'un des pères de l'époque Mai 68. Sans lui, nous ne serions pas dans le même pays, aujourd'hui.(…) Il faut relire aussi le premier almanach d'Actuel qui raconte cette période, ce véritable âge d'or. Ensuite, avec Actuel 2 et Nova, il permit pas des coups pas possibles, à des dingues de faire entendre leurs voix. Plus ou moins, tout le monde, est en partie passé par chez lui.Gros buveur, gros fumeur, difficile parfois à suivre en soirée, il ne pouvait s'empêcher de dire toujours, ce que l'on attend pas. Je l'avais invité à péter une télé à Telécrash, où il avait rappelé la télé en béton’ de Bob Vostel (du groupe Fluxus dans les années 70), et pous avions péte une télé de bon cœur à coup de béton. (Canal Web, 2000)”


























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De
16H51 | 10/09/2007 |
dommage que l'on ne retrouve plus des magazines style « actuel »
De Pibole
auteur | 16H55 | 10/09/2007 |
Brouillon, foutraque, génial, n'ayant peur de rien.
Avec Bizot s'éloigne une époque créative, où l'on traquait tout ce qui était « nouveau et interessant ».
Et le premier Actuel, tellement illisible et choquant qu'on l'adorait… Comme on adorait cet espoir d'une presse vivante et foisonnante, joyeuse et sans complexe.
bouh. Je suis une vieille lectrice triste de voir mourir les derniers vestiges de l'utopie.
à Pibole
De
17H53 | 10/09/2007 |
NON L UTOPIE N EST PAS MORTE AVEC LUI .. ILS SERAIENT BIEN TROP CONTENTS : VIVENT ceux qui restent et ceux qui viennent .
à Pibole
De pikasso02
17H47 | 10/09/2007 |
myonne, surtout pas adieu à l'utopie.
Il ne tient qu'à celles et ceux qui y croient de souffler sur les braises.
Au revoir Jean François !
Merde à ceux qui n'y croient pas !
A l'utopie !
Mais surtout, à ce qu'elle entraine avec elle.
http://pikasso02.skyblog.com/
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 17H39 | 10/09/2007 |
Putain, c'est la plus mauvaise nouvelle de cette journé. Il est parti Samedi, et maintenant je me sens personnellement avec « comme un manque » à cause de ce foutu « crabe », son « moment de faiblesse », celui qu'il appelait « Jacky ».
Ce précurseur part avant un triste anniversaire, le 11 Septembre.
Oh pas celui auquel vous pensez, dramatique, et bien sûr inoubliable.
Non je fais allusion au 11 Septembre 1973, l'assassinat de Salvatore Allende et l'accession de la « junte militaire au Chili.
Il était grand voyageur, grand reporter, et grand découvreur de talent actuels. Et justement que n'ai je gardé tous mes “Actuels” jusqu'en 1994, au mois le dernier. putains de déménagements et putain de journée. Pardon pour mon language.
Salut Jean François, pour un fils de Bourgeois disais tu, tu étais un “prince”.
De
18H09 | 10/09/2007 |
Pour paraphraser Desproges (autre victime du crabe) : le jour où j'ai appris la mort de Bizot, l'ai chialé ; le même jour j'ai appris la mort de Philippe Jaffré, j'ai repris deux fois des moules.
De
18H16 | 10/09/2007 |
Bizot au royaume des esprits !
il va surement reformer un comité de rédaction la haut genre Actuel en galactique
De poppy S
18H35 | 10/09/2007 |
Cette dernière action de résistance de JF m'a cassé comme tous ceux qui ont de près ou de loin participé à la création de cette muvance et tous ceux qu'elle a éveillés et qui sont moins cons après ça.
Bravo Zineb pour ton papier : c'est ce qu'il fallait. Bravo, ce que tu ponds est de mieux en mieux.
De
18H39 | 10/09/2007 |
Repose en paix Camarade, le vieux monde est derrière toi.
De Tomas Milian
Monteur (psychotronic man) | 18H32 | 10/09/2007 |
Je remercierai jamais assez cet homme d'avoir pu grâce à Nova pu découvrir le hip hop , le ragga, la jungle, l'electro, la soul, le blues, le rock, les soundtracks avant tous le tatouin marketing de maintenant… d'avoir pu me forger une culture musicale… son journal nova mag et ses choix littéraires qui étaient autres…Oh my god, des mecs comme lui qui ne se mettaient pas en avant et qui préféraient largement mettre les gens de l'underground devant( les gens les plus interessants en somme), il y en a pas beaucoup… contrairement à d'autres maintenant qui monopolise une scène qui leur appartiennent pas en cannibalisant sur le néant (d'ailleurs, j'irai jusqu'au politiques de maintenant …)
Reste en paix Jean françois.
De Palavazouilleux
18H40 | 10/09/2007 |
L'hécatombe des canailles continue.
Dans l'une de mes chroniquouillettes enfouie dans la mémoire désormais muette d'un ordinateur ardéchois, je blâmais avec forte véhémence les larmes de crocodile versées par François le Batave et quelques uns de ses consorts lyonnais sur la dépouille à peine refroidie de l'ancien meilleur économiste de France, Raymond Barre soi-même. Sans qu'un seul mot ait été prononcé sur le soutien indéfectible que le Premier Chambellan de sa Majesté Gichequart d'Echetain avait apporté au sinistre Papon (enfoui dix pieds sous terre celui-là avec la légion d'un honneur qui jamais ne fut sien ! ). Sans qu'aient été reproduites les phrases obscènes énoncées sur un ton badin au lendemain de l'attentat de la rue des Rosiers. Mais si, souvenez-vous. La bombe qui visait des juifs et qui massacra d'innocentes victimes françaises. Du Raymond Barre pur jus. Authentique républicain, mon cul.
Et puis Mesmer. Pierre de son prénom. Godillot droit de mon Général. Canaille envers laquelle mon ressentiment s'était édulcoré. « Avec le temps, va, tout s'en va… », qu'il chantait l'ami Léo.
Et voilà que la pire de toute s'est « éteinte » (comme le susurra piteusement le radoteur de l'information itérative en cette soirée d'un dimanche où je surveillais la cuisson de quelques pommes de terre dans un reste de graisse de canard). Philippe Jaffret. L'ancien patron d'Elf, non ? Corrupteur. Pollueur. Combien de cadavres au compteur ? De pauvres gens de ces pays si pauvres que nul ne se hasarde à les décompter. Riche à millions d'euros le Jaffret.
Sa charogne allongée sur d'épaisses couches d'actions du pétrolier. Mais désormais délivré des plaisirs d'essence.
Au nom de quoi je devrais, moi, simple citoyen, compatir ?
S'effacent d'une longue liste de sinistres individus qui appartiennent à une France qui n'est pas mienne. Leur France à eux. La France de Louis Nicolas Beau Naparte. La France des adulateurs du Veau d'Or. La France des égoïsmes, des violences perpétrées à l'encontre des humbles par une clique qui exige de moi, quoi ? du respect ? voir même de l'admiration ? de la déférence ? à l'égard de leurs défunts.
Je conchie cette France-là.
Dans l'autre France, la mienne, des gens de bien meurent aussi.
Le père Bizot. Dont j'ai appris le décès ce matin. Que je pleure, lui. Pour tous les moments de bonheur dont il m'a fait cadeau durant près de quarante ans. Que je suis contraint de ranger désormais, ces moments-là, dans l'armoire où s'empilent les souvenirs. Les beaux. Les respectables. Les lumineux. J'écris cela à l'intention de celles et ceux qui ont lu « Actuel », qui ont écouté « Radio Nova », qui se sont plongés, immergés dans les bouquins témoignages de François Bizot.
Claire. La douce Claire. Terrassée par le crabe. Comme le père Bizot.
La mémoire muette de l'ordinateur ardéchois ne restituera pas la chronique rédigée le jour où me parvint l'annonce du décès de Claire.
Claire Vilanova.
Décédée trois ans ? quatre ans ? après la mort de Jean.
Jean Vilanova.
Je ne sais plus, moi.
Dans le décompte du temps.
Dans le décompte de mes morts.
Parmi ces cendres qui voyagent peut-être, se dispersent ou s'amalgament tout près de mes rivages.
Aurais-je, moi, le temps d'entrelacer des mots pour que n'efface pas la mémoire d'une femme comme Claire ?
Quoiqu'il en soit, et comme le disait pas plus tard qu'hier soir Louis Nicolas Beau Naparte : « A Fion la réforme ! '
Pace è Salute !
De
19H07 | 10/09/2007 |
Ok ok, apparement cet homme a ete un phare dans les annees 70 et 60, mais moi je n'y etais pas. C'etait surement quelqu'un de tres bien. Mais pour ma generation (j'ai presque 30 ans) Radio Nova et le journal du meme nom ca a toujours ete plutot les fossoyeurs de l'underground. A 20 ans a Paris, j'ecoutais un peu radio nova, et tout leurs « bons plans » etaient trop chers pour le populo moyen. Tous les « lieux branches et soirees branches » qui y etaient presentes n'etaient que des trucs de bourges recuperes. Peut etre c'etait glorieux avant, mais a partir de la fin des annees 90, radio nova et le mag du meme nom, c'etait que de la merde, et tout le monde le sait. Il y a qu'a voir ce que c'est devenu maintenant, en ecoutant cette radio, ou l'on peut entendre des « jingles » qui disent « Nova, la radio rebelle et pas pareille » avant de vous fourger 30 minutes de pub pour des banques. Non franchement, c'est ridicule. Ne confondez JAMAIS un « rebel » et un « branché » pNe confondez JAMAIS un « rebel » et un « branché ». branché » au sens de Radio Nova, bien entendu. Mouton arrogant. Oui. Nova et compagnie ont contribué a créer le bobo, mais le bobo arrogant, sur de sa supérioté et de son snobisme parisien. Comme quoi, le serpent se mords la queue. De nos jours, le branché et le sarkozyste se confondent parfois comme des freres.
Mais quand a l'oeuvre de cette homme avant les 90's je suis sur que c'etait tres bien. C'est juste l'heritage qui aurait peut etre pu etre mieux
De Tomas Milian
Monteur (psychotronic man) | 20H45 | 10/09/2007 |
Autant je suis d'accord sur les soirées bourgeoises mais bon ce n'est pas eux qui les organisait tous…c'était un bourgeois à la base mais des bourgeois comme ça des dénicheurs de talents, fouineurs de caniveaux, j'en ai pas connu beaucoup des mecs aussi ouverts d'esprits. En tous cas ne le prenez pas mal mais c'est comme si je disais que je stigmatisais les bobos car nova leur a inculqués une culture rebelle ou branchés mais les gens d'autres horizons : non… ce qui n'est pas vrai du tout…beaucoup de personnes de banlieues l'ont écoutés par exemple à cause de l'arrivée du Hip hop en France… Oui il y a eu tous sorte de gens qui sont issus de tous milieux chez lui, qui écoutaient/ écoutent nova,… Mais comme vous le ditez vous l'avez pas bien connu et peut être pas compris où il allait en regardant le début d'actuel ou son bouquin underground par exemple avec toujours sa même ligne de contre culture journalistique…Evitons les-je-sais-tout-car-tous-le-monde-le-sait, les donneurs de leçons ou les rageux frustrés en sortant des grosses inepties comme un homme ayant une colique sortant de gros étrons dans ses toilettes. Peace à toi et grand respect à lui.
à Tomas Milian
De
08H25 | 11/09/2007 |
Ceci dit il a entièrement raison sur cette espèce d'usine lisse et morte qu'est devenue Nova, surtout musicalement.
Ceci dit Bizot en était parfaitement conscient et apparemment vraiment déçu par ce qu'était devenu la radio cf cette interview de chronicart :
(chronicart aussi c'est la même merde mais au moins cette interview est excellente)
http://www.chronicart.com/webmag/article.php ? id=1371
On trouve facilement de vieux numéros d'Actuel chez les bouquinistes, un peu chers, mais à chaque fois c'est un véritable voyage dans un monde qui parait aujourd'hui n'avoir jamais existé…
De
09H10 | 11/09/2007 |
Il est vrai que radio nova n'est plus ce qu'elle n'était… mais de là à dire que c'est devenu de la merde pour bobos quand même je dis non !
Bref JF était un grand homme, n'oublions pas que c'est un des pionniers du gonzo journalisme en france… sa disparition m'atriste énormément…
De
09H12 | 11/09/2007 |
Il est vrai que radio nova n'est plus ce qu'elle n'était… mais de là à dire que c'est devenu de la merde pour bobos quand même je dis non !
Bref JF était un grand homme, n'oublions pas que c'est un des pionniers du gonzo journalisme en france… sa disparition m'atriste énormément…
De Tomas Milian
Monteur (psychotronic man) | 10H11 | 11/09/2007 |
Oui, enfin il parle pas du nova de maintenant mais d'avant…Ce qui est différent.
De Olhiver
08H34 | 11/09/2007 |
Pourquoi, dès qu'un son de cloche diffère, sur ce site, le commentaire est-il invariablement replié ? C'est décevant, à la fin…
« les morts sont tous de braves types », chantait un autre insoumis, défait par le crabe. Bizot l'était sûrement vivant, un brave type. Il aurait fallu écrire et faire découvrir le boulot de ce monsieur quand il respirait encore. Pour ma part, j'ai été comme toi vite lassé par les longues tranches de pubs en rafales sur Nova, et n'ai plus considéré cette radio comme la « mienne », depuis longtemps. Mais je suis conscient d'avoir pu rater quelques perles qui ont pu s'intercaler entre les harangues d'annonceurs divers..
Mais ce Bizot devait être un bonhomme.
Big up.
De
11H08 | 11/09/2007 |
J'ai essayé de vous répondre, puis j'ai tout effacé….Bonne vie à vous, on va dire !
Castille
De
13H32 | 14/09/2007 |
C'est Bizot qui a inventé le mot « branché » et effectivement à la fin des années 90 Nova s'est un peu perdu. Mais sans lui tu ne pourrai pas t'exprimer, alors doucement les basses ! !
De
19H20 | 10/09/2007 |
Merci d'avoir contribué à nous ouvrir les yeux et d'avoir nourrit nos esprits …
Tu n'es pas le passé mais bien le futur du journalisme, il faut juste un peu de temps pour que les autres s'en rendent compte …
non définitivement non, Jack ne t'aura pas et ne peux pas t'avoir..tu vies déjà et toujours parmis nous et tu es et restera l'exemple …
Hommage et respect, Stephane
De
20H38 | 10/09/2007 |
RIP
De
22H23 | 10/09/2007 |
oh merde j'aurais pas pensé qu'une mauvaise nouvelle comme celle la pouvait prendre toute l'importance, avant tout le reste ; ; j'ai ouvert le Monde direct à la page 24 avant de ne rien lire d'autre ,pour réaliser à quel point un mec comme lui c'est rare, y'en a plus en fait il était unique et puis sa passion de la curiosité top moderne, ses engagements pour les arts et la presse, sa gourmandise de la vie nous sommes nombreux (..ses) à avoir croisé cet entrepreneur, la nuit , cet entrepreneur qui a englouti toute la tune de sa succession familiale dans tous les médias qu'il a pu utiliser pour son seul plaisir de communiquer et de partager sans limite avec humour avec provocation avec finesse et imagination, avec subversion aussi, toujours en avance, sans frontière tellement rare aujourd'hui…… Bintou ! ! tient bon…. continue car ta fidélité est une garantie de son héritage et ta voix sur Nova je veux l'entendre demain et les jours suivants Courage
De
22H51 | 10/09/2007 |
Salut Jean François, tu vas rejoindre Hunter S. Thompson, Frank Zappa et Mister Natural sur l'astéroïde FZ. Merci pour toutes les découvertes, toutes les illuminations. Take care, dude.
De
07H34 | 11/09/2007 |
When I heard about his death, I immediately thought of HST, and Frank, and so many others.
After reading a few posts on this thread, I only want to say this……these people are not special in any way, they only tell us how far behind we are in our thinking.
And to add some music to your thread, I'm sure you'll enjoy this one
When she wears her bolero then she begin t » dance
All the pachucos start withold'n hands
When she drives her Chevy Sissy's don't dare t » glance
Yellow jackets « n red debbles buzzin » round « er hair hive ho
She wears her past like uh present
Take her fancy in the past
Her sedan skims along the floorboard
Her two pipes hummin » carbon cum
Got her wheel out of uh B-29 Bomber brodey knob amber
Spanish fringe « n talcum tazzles FOREVER AMBER
She looks like an old squaw indian
she's 99 she won't go down
Avocado green “n alfalfa yellow adorn her t” the ground
Tatooes “n tarnished utenzles uh snow white bag full o” tunes
Drives uh cartune around
Broma » seltzer blue umbrella keeps her up off the ground
Round red sombreros wrap « er high tap horsey shoes
When she unfolds her umbrella pachucos got the blues
Her lovin » makes me so happy
If I smiled I'd crack m » chin
Her eyes are so peaceful thinks it's heaven she been
Her skin is as smooth as the daisies
In the center where the sun shines in
Smiles as sweet as honey
Her teeth as clean as the combs where the bees go in
When she walks flowers surround her
Let their nectar come in to the air around her
She loves her love sticks out like stars
Her lovin » sticks out like stars
Pachuco Cadaver
Don Van Vliet
De René Guépratte
22H52 | 10/09/2007 |
Dans les années 70, Actuel n'était pas une utopie,
pour beaucoup, c'était la vision, l'illustration ,la nourriture d'un monde nouveau vivant au quotidien toutes les folies créatives artistiques, politiques, dérangeantes,éducatives pour apprendre à dire merde a la naphtaline.Actuel
c'était du bonheur, de la joie de vivre.
Merci Mr J.F.Bizot d'avoir exister.
Malgré tout, je vous reproche de nous avoir quitté.
De skalpa
actif et militant ? | 23H41 | 10/09/2007 |
Ai eu la nouvelle, ce matin sur france inter…
Pas encore réveillé, juste avant d'aller bosser, juste le temps de mettre des vidéos pour faire un petit hommage, sans prétention…
Trop jeune pour actuel,
Nova m'a scotché des années…
Big up et RIP à ce grand Mr…
blog actif et militant :
http://kprodukt.blogspot.com
pour voir quelques extraits des grandes heures de Nova…
De Koomo
Tokyo | 01H58 | 11/09/2007 |
Respect et salutations.
Au revoir MONSIEUR.
De Leclere gérald
paysagiste | 07H36 | 11/09/2007 |
Triste, j'avais 15 ans quand j'ai lu mon premier Actuel maintenant j'en ai 48.
Ce sont des personnes comme jean-françois Bizot qui ont fait bouger la presse française et le milieu culturel. Ce genre de personnes nous manquent déja, sincèrement j'ai un noeud au fond de la gorge.
TRISTE et AMER.
Au revoir, monsieur le bousculeur d'idées.
De ecrivainrouen
09H06 | 11/09/2007 |
Ci-dessous le billet intitulé « Actuel, c'est fini », tiré de mon blog : http://ecrivainrouen.over-blog.com/
Actuel, c'est fini
Je me souviens exactement quand et comment j'en ai entendu parler. J'avais dix-neuf ans, je m'emmerdais chez mes parents, ils écoutaient France Inter. Ce jour-là, un éditorialiste dénonçait un nouveau journal nommé Actuel, un journal extrêmement nocif pour la jeunesse et qu'il conviendrait d'interdire, concluait-il.
Je prenais le peu d'argent de poche dont je disposais et filais à la Maison de la Presse. J'avais en main le numéro deux d'Actuel, le mensuel de la contre-culture, un mensuel fondé par un certain Jean-François Bizot avec ses copains Michel-Antoine Burnier, Patrick Rambaud, et Bernard Kouchner (celui qui a mal tourné). C'était en mil neuf cent soixante-dix.
J'achetais ensuite chaque numéro que je lisais avidement en m'usant prématurément les yeux sur les pages à l'encre verte sur fond mauve de cette revue psychédélique. Il y était question de musique et de littérature souterraines, de drogues douces et moins douces, de marginalité, de troc, de communautés, de route, de sexe, de révolution, d'écologie, d'utopie et de philosophie libertaire, ça me convenait très bien. Des centaines de petites annonces gratuites reliaient les lecteurs et lectrices entre eux. Je n'étais plus aussi seul. Un jour, l'équipe décida de saborder le journal, sur le dernier numéro une femme pleure en déclarant « Actuel c'est fini »
Plus tard, Jean-François Bizot, pour qui, il faut bien le dire, la contre-culture devint une sorte de fond de commerce, inventa l'Almanach Actuel, une sorte d'Actuel annuel puis lança une nouvelle formule, rien à voir avec le précédent Actuel, une revue bonne pour la poubelle, puis il se rattrapa en créant Radio Nova et Nova Magazine.
Il est mort ce huit septembre, à l'heure où ses idées ne sont plus dans l'air du temps, écœuré qu'il était par « cette société de la liberté surveillée créée dans notre dos par une coalition de quadragénaires psychomoralisateurs ».