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L'Argentine, ultime bastion du rugby amateur, défie les Bleus

L'équipe d'Argentine à l'entraînement (Juan Medina/Reuters).

Sur les quinze Pumas qui défient les Bleus en match d'ouverture de la Coupe du monde vendredi soir, neuf jouent en France, trois en Angleterre, un autre en Irlande. Et deux... en Argentine. Pour passer pro, les Pumas sont forcés à l'exil : le rugby, en Argentine, est resté un sport 100% amateur.

L'Argentine est ainsi une étrange exception sur la planète rugby. Le pays semble protégé par une bulle, coincée en 1994, soit avant la professionnalisation du rugby international. Ce vieux pays de rugby est pourtant l'une des nations qui compte en Ovalie.

Les Pumas ont participé à toutes les Coupes du monde depuis 1987. L'équipe est classée sixième par l'IRB (la fédération internationale de rugby) devant l'Angleterre, pourtant championne du monde en titre. Les Pumas font peur : ils ont battu le XV de la Rose à Londres, et les Bleus quatre fois en cinq matches depuis 2002.

Le loisir de la classe moyenne aisée... et de Che Guevara

Le rugby s'est installé en Argentine dès 1873, avec les immigrants britanniques. Comme le polo, c'est le loisir de la classe moyenne aisée et instruite. C'est un sport urbain, familial et universitaire. Che Guevara, fils de médecin, y a joué pendant ses études de médecine.

De grands clubs traditionnels maintiennent la tradition. Les dirigeants de la fédération argentine (UAR) ont décidé de maintenir leur rugby dans un statut amateur : pas de championnat pro, pas de clubs pros, pas de joueurs pros. Par respect pour l'esprit du sport, disent les plus romantiques. Parce que l'Argentine n'a pas les moyens de faire un championnat pro , réplique le pilier Mauricio Scelzo (qui joue à Clermont-Ferrand).

L'amateurisme a certes des effets positifs. Il oblige les joueurs à poursuivre leurs études. 70% des joueurs argentins ont une carrière à côté » , rappelle Mario Ledesma, talonneur (Clermont). Sur les terrains cependant, les amateurs, même très bien formés, ne font plus le poids face aux pros, explique Scelzo : Un Argentin qui travaille huit heures par jour, il n'a pas trop le temps de s'entraîner pour se perfectionner.

Intrépide, beau gosse et polyglotte, le Puma s'exporte bien

Mais la révolution est en marche. De nouveaux clubs se sont installés, plus modernes plus ouverts. Et une génération de joueurs est partie d'Argentine chercher ailleurs la gloire, la fortune et l'aventure. Un exil indispensable, selon Scelzo :

La première raison, c'est le professionnalisme. Ici, en Europe, le rugby, c'est payant, alors qu'en Argentine, il faut payer pour jouer. On vient aussi pour grandir, pour franchir un palier.

Ils se sont vite imposés. Le joueur argentin, talentueux, intrépide, flamboyant, ultra combatif, beau gosse et polyglotte, est très demandé. Individuellement, les Argentins sont parmi les tous meilleurs rugbymen en Europe.

Mais le rugby n'est pas un sport individuel, il requiert au contraire beaucoup de réglages collectifs. Or, les Argentins ont peu d'occasion de jouer ensemble. Trois ou quatre matches de niveau international par an, quarante jours de stage pour préparer la Coupe du monde. C'est une question de situation économique, dit Mario Ledesma. Le rugby français, je crois, dispose de 80 millions d'euros, nous, on a eu 2 millions d'euros. »

Pour progresser, les Argentins réclament une place dans les grands tournois internationaux. Les Six Nations, dans l'hémisphère nord, ou Tri Nations, au sud. Problème, l'Argentine est aussi loin de l'Europe que de l'Afrique ou du Pacifique.

Les joueurs bourlingueurs ont une solution. On se trouvera un pays d'accueil, l'Espagne ou la Belgique , dit Manuel Contepomi, trois-quart centre, qui rentre au pays après trois ans en Europe. Patience , a une nouvelle fois répondu l'IRB, qui a repoussé une éventuelle décision à 2010.

Cinq joueurs du Stade français dans chaque équipe

Vendredi soir, à Saint-Denis, les Pumas vont donc, une nouvelle fois, tenter de briller, puisque c'est cette compétition est le seul moment de gloire internationale qu'ils peuvent offrir à leurs aficionados. Ils connaissent leurs limites. Si tu gagnes, tout le monde t'aime ; si tu perds, ils regarderont la quatrième division de foot » , dit Augustin Pichot, capitaine des Pumas, qui jour au Stade français Paris.

La chance, ou la malchance, a voulu que ce soit contre la France, que le pays entame cette Coupe du monde. Cinq Pumas et cinq Bleus portaient cette année les couleurs du même club, celle du Stade français, champion de France. Pourtant, affirme Mario Ledesma, ce ne sera pas une réunion de famille. Nous, on est argentins, eux, ils sont français . Un duel fratricide qui chiffonne aussi Pichot :

Ce n'est pas idéal de jouer contre la France, l'équipe qui nous a le plus aider à progresser. Ce sont des amis, que nous allons jouer. Mais sur le terrain, c'est la même chose des deux côtés, on jouera avec le respect, les bonnes intentions, mais à 100%.

Les Pumas compensent le manque de travail collectif par le talent individuel et un mental particulier. Ledesma résume les qualités des ciel et blanc :

On marche au tripes, au coeur, On profitera de tout, de l'ambiance, des 80 000 personnes qui siffleront contre nous. On a essayé de faire quelque chose avec nos petits moyens, mais on ne se plaint pas. On s'est construit dans la difficulté. »

Augustin Pichot, lui, sourit : Nous, on joue pour nous, pour nos familles, pour nos amis, et après, pour essayer de laisser une marque dans l'histoire du rugby argentin.

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larafale
17H38 07/09/2007

Rue 89, nous avait habitué à plus de rigueur…  » Agentine ultime bastion du rugby amateur » même si l’amateurisme est de règle outre-atlantique, pour les pumas y a en pas un… et que dire alors de la Roumanie, de la Georgie et du Portugal… non l’argentine ne représente pas du tout l’amateurisme…

 
Bebert Cassandre
23H04 07/09/2007

L’équipe de Sarkosy, celle qui gagne, perd.
Merde! Enfin, l’important c’est d’avoir essayé, comme dirait le Vénéré…

 
bobcestmoi
23H26 07/09/2007

en attendant l’équipe la moins professionnelle a su battre les français

sarko leur aurait il porté la poisse ?

ou Sarko vient sur le terrain pour le prochain match

ou il vire Laporte et devient entraîneur

ou il écrit aux joueurs une lettre de 32 pages pour leur expliquer comment jouer pour gagner

 
animal_politique
00H41 08/09/2007

BRAVO ! Article prémonitoire… eh oui le panache des Pumas a griffé le maillot des Bleus… bien pâlots et bcp trop surs d’eux (ils n’arrêtaient pas de faire les mêmes combinaisons que les Argentins avaient comprises et vues depuis longtemps…).

C’est la victoire de l’intelligence sur le professionnalisme ! C’est beau… et Laporte à la porte (très mauvais choix de coaching) :-D

 
zorglub | insulaire en exil
00H47 08/09/2007

le coq de basse-cour de l’Elysée, la crète bien levé s’est fait aligner par les Pumas !

Si d’aventure les bleus de France ne passaient pas le stade des 1/4 de finale (contre Les Blacks s’ils terminent seconds), Laporte fera il sortir de ses gonds le kid de Neuilly ? …

Les hommes au trefle se profilant dans pas longtemps leur donneront ils le bourdon :-)

Shamrock fever ;)

 
Simius | from France
06H09 08/09/2007

M. le Président occupe tous vos écrans mais c’est inutile il est déjà partie intégrante de chacune de vos secondes.
Voila qu’on est content d’avoir perdu, une victoire contre le Président! !
On a perdu à l’Eurovision? o o o encore une bataille gagnée !
Aucune médaille à Pekin? ouah le rêve Sarko il va péter un plomb ! !
Le rapport?…

47% des électeurs qui devraient quitter le pays car victimes de TOC généralisé ? :p

 
Domkishoot | Utopiste médiatique
08H27 08/09/2007

Il n’y a pas eu que le match de pathétique !
La cérémonie d’ouverture a été de la même envergure, insipide, confuse, désuète, bas de gamme, parfois ridicule avec de grotesques machines, le tout emballé dans un grand moment de télévision par ORTF1 et ce bon Charles Villeneuve qui s’est délégué pour l’interview de NS Premier !
Le seul avantage de cette situation, quand on aime le rugby et son équipe de France, est que la défaite devient moins âcre car c’est aussi celle des valets de NS Premier.
Aux armes citoyens !

 
Franck B
21H11 08/09/2007

l’Argentine premier BATON pour le 15 de France
il n’y a que Gilardi portant lacroix qui n’a rien vu rien entendu et surtout rien compris

 
zorglub | insulaire en exil
09H10 09/09/2007

Quand Laporte parle du peu de jeu des Pumas, cela sonne faux dans la bouche d’un type qui a l’habitude de parler torchon !

Honte à lui car, au lieu de reconnaître les valeurs de l’adversaire, il ne voit que leurs défauts (ils n’ont eu que très peu de phases offensives).
« Nos » coqs ont donc été mauvais, voila ce qui devrait sortir de sa bouche.

Pour un futur secrétaire d’état au sport cela fait tâche.
Tâches qu’il devra assumer aux côtés de Mme Bachelot !

Ah bon ?