Critique 05/09/2007 à 20h29

« Tout est pardonné » d'avance à Mia Hansen-Løve

Ella Marder | Rue89


Tout est pardonné, avec Paul Blain (DR)

Ancienne critique aux Cahiers du cinéma et compagne d’Olivier Assayas, Mia Hansen-Løve, 26 ans à peine, signe « Tout est pardonné » , son premier long métrage, et s’en sort avec les honneurs.

Entre Vienne et Paris, un couple se défait. Celui de Victor, belle gueule d’ange que la vie a précocemment fatigué, et d’Annette, éprise au point de pardonner toujours dans l’espoir de lendemains meilleurs. Ensemble ils ont une petite fille, Paméla, mais la paternité ne guérit pas Victor de son inspiration fuyante pour écrire ni de sa dépendance à la drogue. Après une violente dispute, il s’installe chez une junkie dont il est tombé amoureux. Annette le quitte finalement et disparaît avec Pamela. Onze ans plus tard, la petite jeune-fille accepte de le revoir.

Réflexion sur le temps passé, sur la mémoire, sur la détresse d’un homme et l’héritage, aussi, qu’il peut léguer..., sur le pardon, enfin. Victor -justement interprété par Paul Blain, sobre, désespéré- révèle à Paméla ce qu’elle ne savait pas, ce qu’elle n’a jamais su. La jeune Constance Rousseau, d’une belle pudeur face à des situations pourtant difficiles, rend ainsi très simplement et timidement l’émotion, contenue, et l’attention bienveillante qu’elle porte à son père retrouvé.

Le film, dédié à la mémoire de son premier producteur, Humbert Balsan, se clôt sur quelques vers du romantique allemand Joseph von Eichendorff : « Ce qui décline aujourd’hui, fatigué/ Se lèvera demain dans une renaissance/ Bien des choses restent perdues dans la nuit/ Prends garde, reste alerte et plein d’entrain ! “ Par un amour des silences qui contrastent avec les paroles prononcées, par une restitution intelligente de la dimension intérieure des personnages (qui ne va d’ailleurs pas sans faire penser à Bresson), la réalisatrice pose un regard déjà mûr et réfléchi sur les rapports familiaux.

Elle affirme d’ailleurs, pour se défendre de cette étonnante influence, avoir ‘ vraiment essayé de se dégager du poids des références. Cela dit, Bresson est le premier dont j’ai découvert le travail. Seul Une femme douce m’a échappé mais, sans l’avoir vu, je l’aime d’avance. Je m’identifie à ses personnages de femmes. (...) S’il y a un cinéaste pour lequel j’aurais aimé tourner, c’est lui’ .

Quelques longueurs parfois, et des moments un peu ‘ esthétisants’ étirent et gâtent le récit. Mais la justesse du mélange mélancolie/ vivacité enfantine les rattrapent. Et l’on attend le prochain conte de cette prometteuse cinéaste.

Tout est pardonné de Mia Hansen-Løve (France) avec Paul Blain, Marie-Christine Friedrich, Constance Rousseau... 1h45. Sortie le 26 septembre.

Rectificatif, le 07/09/2007 : la date de sortie est le 26 septembre, pas le 5. Désolés.

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  • 23 réactions
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  • Anonyme

    En quoi le fait qu’elle soit compagne d’Olivier Assayas est une information digne d’intérêt ?

    • Anonyme

      C’est qui olivier machin ?

    • Anonyme

      Effectivement, en quoi est-ce une information intéressante quant à la qualité du film et du talent de la réalisatrice ? A moins de partir du principe que si elle a réussi à faire son film c’est uniquement parce qu’elle est la copine d’Assayas ? Dans ce cas là, autant le dire tout de suite !

  • Anonyme

    Comme d’habitude, ça donne envie !

  • Pooloxanosasdai
    • Posté à 22h41 le 05/09/2007
    • Internaute 1911

    La première partie de ce film est superbe et à certain moment j’avais l’impression d’être chez Garrel. Un Garrel où l’on écouterai les Raincoats dans une soirée... les réentendre m’a fait plaisir.
    Mais on quitte cet univers aprés une superbe scène de séparation où quelques mots peuvent annéantir.
    Je trouve par contre la partie de retrouvaille entre Paul Blain et sa fille assez mauvaise. Mais il ne faut pas quitter le film car les quelques minutes d’échappées à la campagne sont sublime. Je ne sais pas comment la réalisatrice a su s’y prendre pour rendre les quelques scènes avec les enfants si justes.
    Dans l’ensemble je conseil ce film, car il ne faut pas oublier que c’est un premier film, donc les défauts en sont souvent touchant.

  • gibolin
    gibolin
    Châlons-en-Champagne
    • Posté à 22h44 le 05/09/2007
    • Internaute 2117
      Châlons-en-Champagne

    Hansen-Løve !
    Diable, c’est la fille de mon ancien prof de philo !
    Vienne, Paris, ça me dit beaucoup de choses, tout cela...

    • Anonyme répond à gibolin

      moi aussi c’est la fille de mon ancienne prof de philo ! !

  • PMPfromWDE
    • Posté à 02h14 le 06/09/2007
    • Internaute 11732

    Pour en finir et assumer la people attitude de R89, vous auriez pu Ella Marder, écrire : « quel casanova cet Assayas (quoique tardif) : après le pillage des sex symbols hong-kongais, le voici assaillant de sa fougue mature la jeunesse, viennoise donc ! »…
    mais c’eut été moins doux au pedigree de la jeunesse cinéaste.

    • Anonyme répond à PMPfromWDE

      L’info est au moins pertinente pour comprendre comment les ’talents’ ’percent’ dans le cinéma français... et si encore ce n’était que le cinéma, et pas la musique, la littérature et n’importe quel domaine en règle générale...

      Enfin ça explique au moins le niveau culturel sans cesse déclinant de ce pays, en matière d’art la consanguinité aussi fait ses ravages

  • Montgésin
    • Posté à 08h20 le 06/09/2007
    • Internaute 13777

    fille d’un ancien prof de philo et compagne d’Olivier Assayas : en voilà un pedrigree !

  • Anonyme

    Oui, l’info est pertinente, en attendant la suite.

  • Anonyme

    moi, ça m’intéresse de savoir que son père est un prof de philo qui se droguait à Vienne, et qu’avec Olivier, ils ont déjà choisi Ingmar pour le nom de leur premier enfant. d’ailleurs maintenant plus rien d’autre ne m’intéresse.

  • Pierre Haski
    Pierre Haski
    Cofondateur Rue89
    • Posté à 19h25 le 06/09/2007
      éditeur
    • Journaliste 9
      Cofondateur

    Bigre, quel est donc ce secret de famille qu’il ne fallait pas révéler ? N’étant pas lié au milieu du cinéma, je m’étonne des réactions suscitées par trois mots dans la critique d’Ella Marder, celles qui font référence au fait qu’elle est la compagne d’Olivier Assayas. Cela nous vaut même un e-mail amical mais réprobateur de David Thion, le producteur du film : « S’agit-il d’une information importante ou pertinente pour le futur spectateur ? » Plusieurs internautes posant eux aussi la question, il doit y avoir des enjeux que je maîtrise mal.
    Au risque de choquer, je trouve cette information pertinente, tout autant que le fait que la réalisatrice a été critique aux Cahier du Cinéma. Assayas+Cahier, ça fait un contexte culturel qui permet de commencer à appréhender son univers, ça n’a rien de « people » et ne suggère nullement, à mon avis, qu’elle devrait sa carrière à son compagnon. Il faut avoir l’esprit mal tourné pour le voir suggéré dans cette critique, globalement positive pour ce film. Les commentaires qui s’engouffrent dans cette voie sont, à mon modeste avis, assez consternants.

    • PMPfromWDE
      • Posté à 01h08 le 07/09/2007
      • Internaute 11732

      Diantre !
      Nos esprits mal tournés ?
      Nos commentaires consternants ?
      Le monde, donc bien-sûr aussi celui du cinéma, est people et R89 ne s’en fait qu’involontairement le relais ? « A l’insu de son plein gré » ?
      Soyons beaux et bons joueurs, certes l’information reste à la fin explicite d’une filiation précieuse (les cahiers) et d’une genèse rare (le critique devenu fécond) !

      Mais de là à se voir retourner de tels coups de bâtons ni drôles ni sympathiques ? Non !

      Nous pouvons à notre tour nous désoler de la réactivité basse du front mais quelque peu extrême de M. Haski et lui dire pour conclure, que certes, nos pensées sont guidées par quelques aigreurs ou sourires narquois peut-être injustes. Mais nous savons aussi garder tête bien froide et surtout sourire et jouer jusqu’au bout quitte à perdre au jeu, celui-là comme ceux de l’école des femmes de cinéma.

  • Pooloxanosasdai
    • Posté à 21h48 le 06/09/2007
    • Internaute 1911

    Même si je vous conseille ce film, vous allez devoir attendre le 26 pour le voir, avant de tomber sur une avant-première, et non dès le 5 comme indiqué dans l’article ! ! !

  • Anonyme

    Ella, merci de modifier la date de sortie du film, il est sur les écrans publics le 26 septembre, pas le 5. on s’est cassé le nez hier soir ...

  • Anonyme

    il faudra que ce film soit vraiment très bon, car sinon...
    il ne doit d’exister et ne doit la promotion dont il est l’objet qu’à des éléments qui n’ont rien à voir avec le cinéma.
    que la petite bande des cahiers ait des liens avec divers medias, dont les plus récents, R89 compris, ça se voit beaucoup trop et ça discrédite complètement les critiques publiées. la naïveté est telle que ça ne gêne même pas la critique de signaler les relations Hanse-Love-Assayas. pour elle, ce n’est pas plus grave que les autres relations dont ce milieu se nourrit. pour le lecteur, tout est malheureusement transparent : le talent de la cinéaste, la valeur du film, la critique, tout cela est sujet à caution.

  • Anonyme

    Que les gens se rencontrent et s’accouplent n’est pas plus surprenant dans le milieu du cinéma que dans celui des assurances..

    • PMPfromWDE
      • Posté à 09h59 le 08/09/2007
      • Internaute 11732

      N’est-il point peu surprenant que peoples, futurs et anciens cinéastes, anciens ou récents critiques de cinéma s’accouplent ?

      C’est l’amour au bureau ?

      Et beaucoup de « fils de » font du cinéma comme leurs géniteurs, non ? Est-ce incestueux ?

      Et que penser des déjà si nombreux journalistes de R89 par exemple, si si, frayant si jeunes et purs avec nos nouvelles classes dirigeantes politiques ?

      Ou là là ! Quelle société !

  • Anonyme

    Ce film est une grausse daube, Paul Blain un junkie de pacotille, tout ce scenario artificiel me fais gerber, les mouvements de caméra incessants sont du plus vulgaire, et les personnages dignes du loft à secret de la une, il n’a rien à voir avec le cinéma ni la vie qu’il prétends dépeindre et les commentaires sur les choix de connivences de cette pauvre fille, n’ajoutent en rien à ce gros tas d’ordures
    Vous êtes trop polis.
    Reveillez vous un peu !

  • Anonyme

    ent cas michel fordan se prend bien pour le papa de film, il repond mm aux questions d public à la place de la réalisatrice !
    pourquoi pas il fait déjà bien ses marketing$$ en suisse (festival d fribourg et d locarno).
    allez michel dont worry make money

  • Anonyme

    en tt cas michel fordan se prend bien pour le papa d film, il repond mm aux questions d public à la place de la réalisatrice !
    pourquoi pas il fait déjà bien ses marketing$$ en suisse (festival d fribourg et d locarno).
    allez michel dont worry
    make money

  • Anonyme

    Bonjour,

    Je l’ai vu hier soir et j’ai trouvé le film très bien. Sobre et bien maitrisé. Avec mention spéciale pour le jeu de caméra du chef op.