Le collège unique va-t-il devenir un collège uniquement pour certains? Deux jours après la rentrée, l’Elysée et le ministre de l’Education nationale rouvrent le débat sur ce principe adopté en 1975.
En expliquant sur LCI ce mercredi matin que "le collège unique est totalement dépassé", Xavier Darcos a soufflé sur les braises attisées par Nicolas Sarkozy plus tôt cette semaine. (Voir la vidéo.)
La révélation, hier, de la lettre que Nicolas Sarkozy destine à tous les enseignants de l’Hexagone –les "éducateurs" comme il les appelle– avait déjà relancé les hostilités.
Le texte, publié sur le site de l’Elysée, insiste non seulement sur des thématiques largement investies durant la campagne, comme le retour de l’autorité ou la valorisation du sport et du sens de l’équipe. Mais il relance surtout le débat sur la question de la performance, quelques jours seulement après que le Haut conseil à l’éducation a étrillé le système scolaire français.
"Un formatage absurde et universel"
En revendiquant de "donner le maximum à chacun plutôt que le minimum à tous", Nicolas Sarkozy offre un nouvel écho à un slogan de François Bayrou qui, alors ministre de l’Education nationale, s’était promis de passer "du collège pour tous au collège pour chacun".
Un pas de plus vers l'abandon de la règle du collège unique? Dans son intervention, Xavier Darcos dénonçait ce matin explicitement "un formatage absurde et universel".
Créé en 1975 par Valery Giscard d’Estaing alors que la France venait de rehausser, quelques années plus tôt, l'âge de la scolarité obligatoire 14 à 16 ans, le "collège unique" est critiqué depuis longtemps.
D’inspiration "plutôt sociale-démocrate si l’on compare sa philosophie à l’aune des autres pays européens", selon Claude Lelièvre, historien de l’éducation, il visait à donner accès à tous les élèves à un "socle commun" d’enseignement. Là où le collège d’enseignement supérieur créé par De Gaulle distinguait trois filières. "Nous sommes passés d’une démocratisation centrée sur les bons élèves, dans la pure tradition de la méritocratie républicaine, à l’idée de la culture pour tous", poursuit l’historien:
"Très tôt, on a tiré à vue sur le collège unique. A droite, pour deux raisons: parce que la tradition libérale veut que chacun reste à sa place et vive son destin –c’est de cet héritage que Nicolas Sarkozy est porteur–, ou par souci, plus conservateur, de permettre l’émergence de quelques bons élèves, y compris d’origine populaire, en faisant un système pour les méritants. Xavier Darcos appartient plutôt à cette deuxième école de pensée."
Vingt-deux ans après la création du collège unique (et seulement quarante-huit ans après la toute première mouture du collège, là où l’école primaire remonte aux lois de Jules Ferry, et le lycée, à Napoléon), les rapports s’enchaînent et ne se lassent pas de pointer les impasses du collège.
Dans les classements de l’OCDE, la France n’est qu’en milieu de tableau au plan des performances scolaires. Et le collège, quoiqu’unique sur le papier, ne parviendrait pas davantage à réduire les inégalités sociales. Or, à l’entrée, 15% des élèves seraient déjà en très grande difficulté, et 25% en situation de fragilité, d’après le récent rapport du Haut conseil de l’éducation.
Une utopie brocardée tous azimuts
Claude Lelièvre relève aussi que la gauche n’a pas manqué d’écorner le collège unique à maintes reprises et qu’en 1985, "45% des enseignants sondés par l’Ifop étaient encore hostiles à l’allongement de l’école obligatoire de 14 à 16 ans":
"Le collège unique est mal vu, mais on ne l’a jamais réellement mis en place concrètement. Il est largement resté perçu comme une utopie. On a négligé de se demander quelle culture commune on voulait transmettre. Même les syndicats d’enseignants sont mal à l’aise car le flou demeure sur ce qu’on entend par démocratisation."
A peine mis sous le boisseau avec la campagne présidentielle, le débat autour de l’apprentissage dès 14 ans pourrait bien être ravivé d’ici peu. Et si Nicolas Sarkozy se défend officiellement de faire l’apologie d’une sélection accrue, c’est bien la question d’une orientation plus précoce qui resurgit en creux dans ce débat.
Ce matin, Xavier Darcos a en tous cas fait un pas dans cette direction en estimant qu'il "n'est pas dans l'intérêt des jeunes de rentrer par exemple au collège sans pouvoir bénéficier de l'enseignement du collège. Par conséquent, il faut faire en sorte que l'élève qui y rentre ait les fondamentaux".
Or, si les experts en science de l’éducation s’accordent sur le fait que le collège est à réformer, ils soulignent justement que c’est notamment le palier entre le primaire et le collège qu’il faut s’attacher à aménager. Agnes Van Zanten, sociologue spécialiste de l’éducation et des inégalités à l’Observatoire sociologique du changement, met en garde:
"Attention, ce n’est pas en faisant redoubler les élèves en CM2 ou en les mettant dans des classes pour mauvais élèves qui les stigmatisent qu’on va résoudre le problème. Les systèmes scolaires qui sont organisés selon des logiques de filières sont très inégalitaires.
"Décider d’orienter encore davantage les élèves médiocres, soit-disant pour sauvegarder la scolarité des bons en sixième, est non seulement pas si efficace pour les bons, mais catastrophique pour les élèves en difficulté.
Les syndicats, eux, ont commencé à réagir. "Cela laisse penser que la porte est ouverte à la sélection à l’entrée en sixième et en seconde", s’est ainsi alarmé Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, qu critique une vision "négligeant les causes sociales de l’échec scolaire", se contentant de "renvoyer la réussite à la responsabilité individuelle".

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C'est effarant. à croire que ces gens là n'ont jamais lu Bourdieu. Sous pretexte que le système marche mal, on l'élimine. c'est ridicule. Il faudrait au contraire le perfectionner. Le collège donne l'occasion de rattraper le retard pour certains élèves, mais aussi certainement à certains de s'enfoncer davantage. Cela dépend fortement des profs, mais le système est incomplet : il faudrait encore davantage d'aide différenciée selon les élèves.
c'est trés triste de voir que le projet de donner à chacun une culture digne d'un citoyen et d'un individu est complétement abandonné, au profit d'une logique totalement utilitariste.
Un peuple inculte conviendra ensuite parfaitement à une remise en cause de la démocratie. Finie l'ascension sociale, certes mise a mal par les imperfections de ce système, mais inéxistante une fois qu'il sera supprimé.
Que le monde culturel et étudiant se mobilise, ainsi que l'ensemble des citoyens!
Si... ils ont lu Bourdieu... justement... et ils ne l'aiment pas.
Sinon, d'accord avec vous, sur tout ! Mobilisation ! Vite !
Un des problèmes est que le collège unique stigmatise les voies professionnelles comme des voies d'échec. Il est par ailleurs tout à fait possible d'inclure dans les voies professionelles un socle minimum de culture générale.
Comment gère-t-on les élèves en grandes difficultés au collège ?
Deux possibilités se présentent à mon esprit :
1- on les regroupe tous dans la même classe.
2- on les saupoudre dans toutes les classes.
Il me semble que dans la première configuration, on aura crée une classe "poubelle" où on a renoncé au principe de collège unique.
Dans la deuxième, on prend le risque très important de perturber considérablement une classe, et donc de condamner une classe entière pour quelques éléments réfractaires.
Les deux configurations ne sont pas idéales, mais si le nombres de "mauvais élèves" est important, ma préférence va nettement à la deuxième configuration qui permet aux "bons et mmoyens" d'avoir une formation sans perturbation.
Par "mauvais élèves", j'entend ceux qui ne réussissent pas dans le cadre du collège unique.
Que faire des "mauvais" élèves ? Il est clair que le collège unique n'est pas une réponse satisfaisante, donc plutôt que de vouloir persister dans l'erreur et se persuader que la théorie est bonne selon la méthode coué, il faut réagir, je pense que même bourdieu dont la parole n'est pas d'évangile serait d'accord avec cela. Ainsi, si le collège unique n'est pas supprimée dans la forme, elle le sera dans les faits (classe de niveau, etc)
Bon, maintenant , c'est clair : le droit à la même base culturelle générale pour tous jusqu'à 16 ans, c'est terminé.
L'étape suivante va consister à orienter le plus tôt possible, comme au bon vieux temps, les moins doués (ceux qui n'ont pas des parents qui ont réussi, donc la majorité) vers les études et les métiers subalternes, et les autres vers les études qui leur permettront de se préparer aux postes de dirigeants qu'ils sont destinés à occuper à l'âge adulte.
C'est ça la rupture : quelques pas en arrière, mais en faisant faire d'abord demi-tour à tout le monde pour faire croire qu'on avance ...
htpp://ehim.over-blog.com
Manichéen et simpliste.La crise du CPE a montré qu'il faut remettre à plat tout le système éducatif,lequel ne réussit plus à démocratiser l'enseignement,à permettre aux jeunes(gros chomage )de s'insérer dans la société et à la France de trouver une croissance qui désormais dépend de la matière grise.Le collège unique,ce n'est pas l'équité mais l'égalitarisme qui nivelle.
Mais j'ai PEUR de ce que Sarko va faire.Il faut réformer,non détruire l'école publique.
"c'est trés triste de voir que le projet de donner à chacun une culture digne d'un citoyen et d'un individu est complétement abandonné, au profit d'une logique totalement utilitariste."
C'est tristre mais plus encore c'est dangereux.
Dans une République. Il y a toujours un socle commum. C'est la communauté qui doit s'adapter aux individus.
C'est dans cette adaptation qu'il faut "toujours" creuser.
Pas de rupture. Que De l'adaptation.
La rupture est facile. ( putain c'est moi qui dit ça ? ...)L'adaptation beaucoup moins.
Bravo pour votre commentaire courageux 18h52.
Vive l'adaptation et LE DIALOGUE !
"Un peuple inculte conviendra ensuite parfaitement à une remise en cause de la démocratie."
Mais Fidel ..il est déja inculte le peuple ! reveille toi !
"Donner le maximum à chacun plutôt que le minimum à tous".
Très belle initiative,sauf que le minimum du maximum pour les uns sera certainement toujours supérieur au maximum des autres.
C'est sûrement cela le partage équitable des connaissances...
personnellement je pense que tout le monde doit aller au collège mais que tout le monde ne doit pas y faire la même chose ; unique oui pour ce qui est de la mixité sociale mais non pour ce qui est des enseignements dispensés car l'enseignement unique dispensé à tous les élèves est une catastrophe et une absurdité pédagogique
Vous êtes d'accord pour la mixité sociale,moi aussi, mais pour cela il faut que cette mixité sociale soit dans la ville et je crois malheureusement que pas grand chose n'est fait pour y remédier.
Un grand spécialiste de cette mixité est l'ancien maire de neuilly avec "tous" ses logements sociaux!!!
Je suis intimement persuadé que l'on ne résoudra pas les problèmes du collège ,qui ne sont que le reflet de l'environnement et non pas le contraire,sans s'attaquer à cet IMMENSE CHANTIER.
Ce n'est que le début mais il faudra un jour que tous ces personnages haut placés qui ne cessent depuis quelques jours de descendre en flamme les enseignants, car c'est de cela qu'il s'agit, nous expliquent comment il se fait que leurs enfants à eux se retrouvent massivement dans les classes des lycées du Vème arrondissement H4 LLG et Saint Louis: il faut croire que pour eux les profs et le système ne sont pas si nuls que cela. Une piste : créer une filière professionnelle d'excellence du BEP à l'école normale supérieure des métiers (ENSM à inventer et créer) avec des classes passerelles vers l'enseignement plus général.
Ca existe déjà partiellement, notamment à l'ENS de Cachan qui a de nombreux départements techniques et à laquelle on peut accéder après un BEP (à condition de faire des détours bien sûr), par exemple en faisant ensuite un bac pro puis un BTS et une prépa d'adaptation. Mais je suis d'accord : ce serait une bonne idée de généraliser ce système et de le simplifier.
Les classes passerelle existent également, mais aboutissent quand même à avoir beaucoup de différence d'âge avec le cursus "normal" (par ailleurs ce n'est pas très cohérent : si on veut revaloriser l'enseignement professionnel, pourquoi forcément le voir comme une passerelle vers le général ?)
Ca existe déjà partiellement, notamment à l'ENS de Cachan qui a de nombreux départements techniques et à laquelle on peut accéder après un BEP (à condition de faire des détours bien sûr), par exemple en faisant ensuite un bac pro puis un BTS et une prépa d'adaptation. Mais je suis d'accord : ce serait une bonne idée de généraliser ce système et de le simplifier.
Les classes passerelle existent également, mais aboutissent quand même à avoir beaucoup de différence d'âge avec le cursus "normal" (par ailleurs ce n'est pas très cohérent : si on veut revaloriser l'enseignement professionnel, pourquoi forcément le voir comme une passerelle vers le général ?)
je n'ai personnellement aucuns avis sur ce sujet.
http://www.peuples.net/article-12178553.html
Question naïve : Autrefois, allaient à l'école celles et ceux dont les familles étaient propriétaires. Les autres allaient travailler aux champs. Puis vint l'industrie. Les hommes quittèrent la terre pour les usines. Puis arriva notre époque. Les enseignements se sont construits en fonction des changements. Si nous savions, à peu près, où nous allons, les Français comprendraient peut-être le pourquoi des réformes, et comment elles doivent évoluer. Que sera la France dans cent ans? Que sera l'Europe? Certains doivent bien avoir des idées sur ce sujet. Ce serait tellement rassurant même si les propositions sont évasives mais logiques, pour les familles et les enfants. Excusez ma naïveté, mais je pense que cette question mériterait une réponse.
Ta question est judicieuse car elle pose le problème de l'avenir de nos sociétés humaines, et des réelles intentions de nos dirigeants.
Personnellement, après m'être documentée sur des sujets tels la Commission Trilatérale, le gouvernement mondial, etc, je suis loin d'être optimiste pour l'école de demain. Il semblerait que les "grands" de ce monde (pas seulement les politiques, mais les financiers, les industriels...) souhaitent avoir des populations totalement contrôlées à travers la société de consommation, obéissant à des paramètres informatisés et dont l'esprit critique serait réduit au minimum.
Ces gens auront donc intérêt à ce que l'école soit à nouveau réservée aux plus aisés, ou bien à ce que l'école ne diffuse que du contenu "light" ne permettant pas de former un vrai citoyen (au sens des Lumières). Et comme par hasard notre überprésident veut une réduction des horaires de cours... pour plus d'heures passées devant la télé à offrir son temps de cerveau disponible ?
Alors au final hélas je ne pense pas que tout ça soit très rassurant.
Audrey - Pau 64
Merci Audrey
Bonne journée à vous
Tout à fait d'accord !
On pourrait aussi rappeler les différentes tentatives pour faire ouvrir le système éducatif à la concurence en le réduisant à un simple service comme les autres (l'AMI ou plus récemment l'AGCS).
C'est là à mon avis ce vers quoi on se dirige, sans qu'aucun véritable débat démocratique n'ai lieu sur le sujet.
On en est peut-être encore loin mais on s'y achemine tranquilement...
pour cela il nous faudrait des hommes politiques qui ai une vision a long therme plutot que comme seule ambition leur réélection, une reflexion sur la société de demain plutot que le bougisme en réaction a l'actualité immédiate
D'accord pour la sélection, mais que fait-on de ceux qui n'auront pas été sélectionnés ?
Et qunad on voit, par exemple, une ministre de la Justice faire la preuve de son incompétence, pire, de son mépris de loi qu'elle est censée garantir, on peut s'interroger sur la façon dont elle a été sélectionnée. Comment se trient les "élites" ?
Il ne s'agit pas de pousser indûment des élèves vers les filières générales par mépris pour les filières professionnelles, comme c'est malheureusement encore le cas. Il s'agit de donner à chaque élève des clefs pour découvrir, améliorer et exploiter son propre potentiel.
Permettre à tel élève de devenir avocat, et à tel autre de devenir plombier, pour moi ce n'est pas de la sélection : c'est de l'orientation.
Et ça n'empêche pas qu'un plombier ait une culture de base. C'est même plus souhaitable dans l'exercice de son métier.
Je suis pour un enseignement adapté au rythme de l'élève. Cela ne veut pas dire que je suis pour un enseignement à deux vitesses.
Thomas GREDAT
il y a une incoherence que je n'arrive pas a comprendre.
il est etabli que nos enfants, et encore plus nos petis enfants, auront a changer plusieurs fois de metiers pendant leur vie professionnelle( flexibilite, precarite,delocalisation....). la seule façon que cela fonctionne c 'est que chaque personne dispose d'un socle de base solide afin de pouvoir s'adapter.
a la place on supprime ce socle et on professionalise ( donc on envoie dans une impasse a terme).
le raisonnement est le meme pour l'immigration choisi, si on doit changer regulierement de metiers pourquoi selectionner les entrees par ces metiers?
elle est un peu con la nouvelle politique.
Entièrement d'accord !!
A 46 ans je gagne ma vie (et je m'amuse) en vendant du référencement de sites internet. Métier qui m'a été recommandé par mon conseiller d'orientation à la fin des seventies !!
Blague à part, ce métier, je peux le faire parce que j'ai acquis une culture générale de base, pas parce qu'on m'a appris à me servir d'une fraiseuse il y a 30 ans. (Comptez d'ailleurs les hommes de ma génération qui ont appris à se servir d'un tour et d'une fraiseuse !!!)
Vous avez parfaitement raison, c'est pourquoi, même dans une filière professionnelle, une culture générale est indispensable.
Je crois qu'un des gros problèmes du collège unique est qu'elle accueille des populations trop différentes (par leurs aptitude, pas leur origine) et que vous ne faites rien de bon dans une classe trop héterogène surtout si certains "inadaptés" se vengent de leur echec en perturbant le reste de la classe.
Ainsi, si le collège unique ne disparait pas dans la forme, je suis persuadé qu'il disparaitra au moins dans le fond (classe différenciés).
La droite veut des "soldats" du libéralisme, juste intelligent pour être docile, pas trop pour ne pas se rebeller.
La droite conservatrice n'aime pas que sa caste de bourgeois soit "polluée" par d'autres éléments non bourgeois. Chaque classe doit rester dans sa ligne, avec, quelques passerelles, histoire de faire espérer les autres...
Ce qui me fait mal, c'est que des profs ont pu adhérer aux sornettes de NS.
Mai 68 à fait mal aux conservateurs, brouillage des pistes, perte de pouvoir, panique à bord.
Imaginez un peu: des pauvres qui ont accès aux savoir!! Quel odieux scandale!!!
J'ai mal à ma France....
A quand le retour des cours de coutures pour les filles?
Bref, vous l'avez voulu, vous l'avez eu.
Ouais zyva, j'ai accés au savoir, bouffon....
Vous avez déjà assisté à un cours d'une classe de 4ème?
Ne vous inquiétez pas, les bourgeois restent bien entre eux avec le système actuel.
Vous avez voulu la "démocratisation" de la culture? Vous l'avez eu, il ne restera bientôt plus que les yeux pour pleurer.
"La droite veut des "soldats" du libéralisme, juste intelligent pour être docile, pas trop pour ne pas se rebeller."
C'est sur vous ne l'avez pas oubliez mai 68, ni les années 30 d'ailleurs.
quels que soient les domaines, avec ce gouvernement j'ai l'impression de remonter le temps, affolant !
Oui ce qui nous attend ce n'est pas la récession, c'est la régression.
Peut-être même les deux, d'ailleurs.
Au fait, je croyais qu'il fallait faire des économies. Cette lettre aux professeurs va couter 500 000 euros, ils auraient pu être mieux employés.
invraisemblable! envoyer un exemplaire par établissement aurait été plus judicieux... tout cela pour faire du "vous voyez que je vous aime bien vous les profs".
Le collège unique n'existe déjà plus vraiment: Quand un élève de troisiéme ne supporte plus l'école on lui propose un aménagement lui permettant de ne venir qu'une journée en classe, idée de se donner bonne conscience,et le reste du temps il est en stage en entreprise.Ainsi, le calme en classe est plus sûr et l'élève sauve la face (l'institution aussi).Généralement ça se passe plutôt bien.Il est dons assez hypocrite de hurler "protéger le collége unique" c'est un systéme obsoléte.
Monsieur mon ministre.... est ce que vous savez ce que c'est la PÉDAGOGIE DIFFÉRENCIÉE ?
Non, le collège unique ce n'est pas le même enseignement pour tous.
C'est le même objectif pour tous : aller le plus loin possible de ses capacités à partir d'un socle de connaissances qui semblent nécessaires pour que chacun puisse devenir un citoyen libre et responsable.
Et le travail des enseignants, c'est d'ailleurs d'adapter son enseignement à chaque élève en offrant à chacun, dans une même classe, un chemin différent pour y arriver. C'est pour ça que c'est difficile, c'est pour ça que c'est passionnant. Dans ma classe de 6ème, j'ai 26 individus différents qui attendent que je leur propose 26 itinéraires différents pour arriver au même but.
(Ceci dit, j'avoue que si je n'avais que 20 élèves, ce serait un peu plus facile.....)
Mais je vous rassure, Monsieur mon Ministre, vous n'arriverez pas à me dégouter de mon métier, sûrement un des plus beaux du monde.
Le plus joli et le plus généreux commentaire de la lettre du président.
Merci.
"Un chemin différent pour y arriver"... pour arriver où?
Quel est le but de tout cela?
C'est écrit juste au dessus de la phrase que vous citez:
... aller le plus loin possible de ses capacités à partir d'un socle de connaissances qui semblent nécessaires pour que chacun puisse devenir un citoyen libre et responsable.
... pour arriver où?
Quand j'étai au collège on répondait: à l'ANPE. Mouarf !! on croyait que c'était de la dérision :-D
Cher ami.....
Les programmes du collèges sont en ligne sur le site d'Eduscol (http://eduscol.education.fr/).
Je ne suis pas sûre que tous ceux qui parlent du collège les ait lus.
Quelques morceaux choisis dnas les programmes d'histoire géographie de 3ème :
Extraits :
Article 2 – Le collège dispense à tous les élèves, sans distinction, une formation générale qui doit leur permettre d’acquérir les savoirs et savoir-faire fondamentaux constitutifs d’une culture commune. Il contribue également, par l’implication de toute la communauté éducative, à développer la personnalité de chaque élève, à favoriser sa socialisation et sa compréhension du monde contemporain.
S’appuyant sur une éducation à la responsabilité, cette formation doit permettre à tous les élèves d’acquérir les repères nécessaires à l’exercice de leur citoyenneté et aux choix d’orientation
préalables à leur insertion culturelle, sociale et professionnelle future.
Autre extrait :
Permettre aux élèves de donner sens au
monde dans lequel ils vivent et donc les préparer
à l’exercice de la citoyenneté.
Donner sens au monde, c’est comprendre, de 1914 à
1945, le rôle des guerres et les enjeux des affrontements entre la démocratie et les totalitarismes
; c’est comprendre comment, de 1945 à nos jours, s’est construit le monde d’aujourd’hui, c’est être capable d’analyser son organisation et son fonctionnement. C’est, enfin, mesurer, à son échelle, l’évolution de la France et son insertion actuelle en Europe et dans le monde.
Est ce que ça répond à votre question ?
Cher ami.....
Les programmes du collèges sont en ligne sur le site d'Eduscol (http://eduscol.education.fr/).
Je ne suis pas sûre que tous ceux qui parlent du collège les aient lus.
Quelques morceaux choisis dans les programmes d'histoire géographie de 3ème (c'est la matière que j'enseigne depuis 15 ans, je les connais bien):
Extraits :
Article 2 – Le collège dispense à tous les élèves, sans distinction, une formation générale qui doit leur permettre d’acquérir les savoirs et savoir-faire fondamentaux constitutifs d’une culture commune. Il contribue également, par l’implication de toute la communauté éducative, à développer la personnalité de chaque élève, à favoriser sa socialisation et sa compréhension du monde contemporain.
S’appuyant sur une éducation à la responsabilité, cette formation doit permettre à tous les élèves d’acquérir les repères nécessaires à l’exercice de leur citoyenneté et aux choix d’orientation préalables à leur insertion culturelle, sociale et professionnelle future.
Autre extrait :
Permettre aux élèves de donner sens au monde dans lequel ils vivent et donc les préparer à l’exercice de la citoyenneté.
Donner sens au monde, c’est comprendre, de 1914 à
1945, le rôle des guerres et les enjeux des affrontements entre la démocratie et les totalitarismes
; c’est comprendre comment, de 1945 à nos jours, s’est construit le monde d’aujourd’hui, c’est être capable d’analyser son organisation et son fonctionnement. C’est, enfin, mesurer, à son échelle, l’évolution de la France et son insertion actuelle en Europe et dans le monde.
Est ce que ça répond à votre question ?
Votre projet est beau et noble, mais dans la pratique y réussissez vous ?
Comme vous le dites, il faut un chemin différent pour les élèves. Cela revient à faire des classes de niveau, où les mauvais élèves seront regroupés. Je ne suis pas contre, mais quels programme pour ces élèves ? Il me semble que le collège unique et ses classes différenciés par le niveau ne répond pas à votre ambition.
Je suis peut-être naif, mais je crois qu'une voie plus professionelle n'est pas contradictoire avec une enseignement de culture générale, mais ces enseignements nécessite des équipements particuliers que vous ne pouvez pas avoir dans tous les collèges.
Cela ne revient pas à faire des classes de niveau. A l'école élémentaire, un enseignant peut avoir polusieurs niveaux et dans chaque niveau, des parcours différents pour les élèves.
Tous les enfants ne font pas la même chose au même moment.
C'est parfaitement gérable, mais c'est fonction des moyens. Quel effectif pour un seul enseignant ? Quels moyens matériels ?
Cela s'appelle la pédagogie différenciée.
C'est inscrit dans les textes depuis de nombreuses années. Et les enseignants sont souvent grévistes en réclamant les moyens de cette différenciation.
Bien sûr que j'y arrive, sinon je changerai de métier.
Et justement c'est l'hétérogénéité des classes qui permet de faire progresser le mieux les élèves. On le sait parce que la recherche en pédagogie travaille à côté de nous pour nous aider à avancer,mais c'est assez facile de le constater : dans les classes hétérogènes, les élèves les plus faibles progressent bien plus que dans des classes de niveaux.
En plus les classes de niveau cela ne veut rien dire. Un élève peut être très doué pour une chose et moins pour l'autre. L'hétérogénéité permet aussi d'apprendre de ses pairs (une méthode extrêmement efficace si vous réfléchissez à tout ce que vos enfants savent faire sans que des adultes le leur ait appris).... L'entraide entre élève est un bonus, difficile à faire fonctionner dans une classe de 30 élèves surdoués...
Le moyens matériels ? Un CDI efficace, du matériel informatique, des heures de préparation de cours, un réseau de collègue pour travailler ensemble, une équipe d'enseignants soudée et attentive aux élèves, du respect mutuel (et non de l'autoritarisme stupide).... bref, un peu de technique et beaucoup d'humain.
Le résultat, comme j'ai encore pu le constater cet après midi, c'est que mes 27 élèves de 5ème se sont éclatés en cours.... et que moi je suis rentrée crevée mais ravie.
D'autres questions ? (rire)
Bravo pour votre travail et votre enthousiasme!Moi aussi j'ai adoré mon métier,je viens de prendre ma retraite.Je connais tous les types d'enseignement dans le secondaire:en collège,puis en classes de premier cycle de lycée(avec les trois filières qu'il est idiot de caricaturer,Haby qui les a supprimées est un homme de droitet),puis en second cycle,en BTS,pour finir en classes prépa littéraires,scientifiques et économiques.Or j'ai assisté avec une grande tristesse à la faillite de l'utopie du collège unique et,donc,de tout le système.De moins en moins d'élèves moyens en mesure de s'en sortir en fac,sans parler de ceux qui sortent avant sans aucun diplôme.De moins en moins d'élèves de milieux modestes en classes prépa.C'est la réalité!Je voudrais croire qu'au moins la culture générale et l'esprit critique se sont développés mais je doute...Un grand gâchis que l'on peut éviter en contournant la carte scolaire,par les cours particuliers etc...Je suis sûre que Sarko va sortir les mauvaises solutions mais il y a un problème et il ne faut pas le nier!
Bon courage et amicalement...
Ce projet est vraiment "crados",mais il fallait s'en douter si l'on connait l'anagramme de ce mot?
N'est ce pas M "Darcos"?.
Il y a un problème au collège unique ou les jeunes qui arrivent au collège ne sont pas tous bien préparés ?
... comme le retour de l’autorité ou la valorisation du sport et du sens de l’équipe.
Outre que ce genre de projets me rapelle des images de jeunes en tenues blanches et bien allignés de je ne sais plus qu'elle époque et de je ne sais plus quel pays ?? Pourquoi valoriser le sport au collège ? Valoriser les activités extra scolaires pourquoi pas (sport, culture, science, technique,...) ? Mais est ce que ce projet a pour ambition d'obliger les jeunes qui se font déjà chier en sport à en faire encore plus ? C'est quoi encore ce délire !!
Ce n'est pas en changeant le thermomètre que l'on fait baisser la température !!
Sarko a fait une gaffe (voulue) en appelant les enseignants "éducateurs".
Enseignant et éducateur, sont 2 métiers différents : les enseignants enseignent et transmettent le savoir et apprennent les "savoir-faire", les éducateurs éduquent et apprennent les "savoir être".
Les enseignants n'ont pas à éduquer à la place des parents ou des éducateurs.
La confusion des genres est grave et montre bien que, malgré tout ce que peut dire notre bien aimé président et son ministre aux ordres sur le renouveau de la fonction d'enseignant, ils sont tout bonnement en train de revoir son rôle et certainement pas dans le sens d'une amélioration de la transmission des connaissances pour tous, quel que soit le niveau d'enseignement.
Oui tout à fait d'accord.
Ramener les enseignants aux éducateurs c'est déjà reconnaître que l'on octroiera au bon peuple une éducation, mais pas forcément un savoir.
Le savoir dans la logique ultralibérale est réservé à l'élite. Il représente le pouvoir. Et il ne se partage pas.
Audrey - Pau 64
Pourquoi, alors, personne n'a jamais proposé d'abandonner le terme "Education Nationale" ?
Si je vous comprends bien ,cela devrait être
"Enseignement national".
Je ne suis pas d'accord avec vous. Pour moi, les enseignants de l'école de la république ont AUSSI un role d'éducation.
Le probléme, me semble-t-il, c'est qu'ils ne doivent pas être seuls dans ce role.
Jusqu'au XXe siècle le ministère s'appelait "instruction publique". Le terme "éducation nationale" est donc très récent. L'école doit former des "citoyens", bien que les cours d'instruction civique ont été supprimés, il n'y a pas si longtemps.
Les enseignants sont donc des éducateurs à la vie citoyenne, mais surtout doivent transmettre des savoir et apprendre à apprendre en éveillant la curiosité des élèves.
Grossière erreur....
Comme je le dis plus haut, ce sont ceux qui parlent le plus de l'école qui savent le moins ce qui s'y fait...
Depuis quand n'enseigne-t-on plus l'Éducation civique au collège ? Ca m'inquiète parce que j'ai préparé des cours d'éducation civique pour cette année comme je le fais depuis 15 ans..... Aurais-je travaillé pour rien ?
Je rappelle que l'Éducation civique n'a JAMAIS DISPARU des programmes de collèges (en ligne sur les sites Eduscol et CRDP) :
http://www.cndp.fr/doc_administrative/programmes/
Je vous laisse le soin de découvrir ce qu'on y enseigne. En plus c'est passionnant et les élèves adorent ça.
C'est chiant les pauvres.
C'est encore plus chiant les gosses de pauvres... Il faudrait une loi!Une bonne loi républicaine ! N'accepter dans nos bonnes écoles de France que les enfants de pauvres qui savent déjà lire et écrire... Et compter... C'est important de savoir compter...
Voila un problème résolu... C'était pourtant simple! Suffisait d'y penser. Tu peux la prendre mon Vénéré, mon idée qu'elle est bonne!