analyse

En France, l'échec scolaire commence à la maternelle

Au total, 2 560 500. C'est le nombre d'élèves scolarisés en maternelle cette année. Sur ce point, l'Hexagone fait partie des bons élèves de l'Union européenne. Mais le dernier rapport du Haut conseil de l'éducation montre que la comparaison n'est pas toujours aussi flatteuse.

En France, la scolarité n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans. Pourtant, le pays figure parmi ceux qui scolarisent le plus les enfants en bas âge dans l'Union. Même si le nombre d'inscrits a baissé de près de 18 000 cette année, la scolarité commence très tôt chez nous, surtout quand on compare le système français avec celui des nouveaux pays adhérents. Ainsi, le cas de la Pologne est spectaculaire : pour plus de 80% des enfants scolarisés en France, ils n'y sont que 40% à 5 ans et 32% à 4 ans.

C'est en Belgique, en France et en Italie que les taux d'enfants scolarisés en maternelle sont les plus élevés. Pourtant, loin de faciliter l'égalité des chances et d'impliquer de meilleures performances, l'enseignement en maternelle est de plus en plus montré du doigt.

Des enfants en échec scolaire… dès 8h35 pétantes

L'an dernier, un autre rapport, de l'OCDE celui-là, plaidait certes qu'en développant une éducation préscolaire on limite l'exclusion » et notamment celle des enfants issus des milieux les plus défavorisés et de l'immigration » . La situation serait en réalité moins rose, selon les chercheurs en sciences de l'éducation, qui commencent à s'intéresser à l'enseignement en maternelle et début de primaire, là où le collège focalisait l'attention depuis vingt ans.

 » C'est tout le système qui est à revoir » , déplore ainsi Sylvie Rayna, professeur en sciences de l'éducation à l'université Paris 13, qui est l'une des rares spécialistes des politiques préscolaires en France :

 » En France, dès la maternelle, on est obnubilé par le programme, l'apprentissage et l'évaluation. On ne joue plus ; alors qu'ailleurs, comme en Norvège ou en Finlande, on laisse les enfants jouer jusqu'à 7 ans. Ils ne sont pas moins intelligents ensuite !

 » A 8h35 pétantes, on ferme les portes de la maternelle, sans faire de travail de suivi avec les parents. On prépare des professeurs des écoles qui n'ont pas de formation spécifique et sont obligés de laisser un nombre non négligeable d'enfants sur le côté, d'emblée en échec scolaire. »

C'est justement l'un des autres enseignements du rapport du HCE rendu public la semaine dernière : l'école en France ne parvient pas à déjouer l'exclusion. Et notamment l'école primaire et la maternelle : le Haut Conseil de l'éducation estime que, très tôt, 15% des élèves seraient déjà mis de côté.

 » Le niveau à l'entrée du CP pèse très fortement sur les chances d'un cursus scolaire régulier » , précise ainsi le HCE.

 » Ainsi, les élèves qui sont en difficulté dès leur entrée au CP le sont toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite. L'école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés. »

Une étude montre qu'en 2006, 20% des Français de 17 ans ne maîtrisaient pas la lecture. Là où le rapport du HCE affirme même que » quatre écoliers sur dix sortent de CM2 avec de graves lacunes » , il se trouve que ces (contre-)performances coïncident encore souvent des inégalités sociales en amont. L'école ne servirait donc à rien ?

Le libre choix de l'établissement peut créer des » écoles ghettos »

La France n'est pas la seule dans ce cas, en Europe. Au laboratoire européen Eurydice, Arlette Delhaxhe considère que » le libre choix de l'établissement, les dérogations pour contourner la carte scolaire et un palier trop marqué du primaire au secondaire, augmentent le risque d'écoles ghettos » .

Elle cite l »Allemagne, avec son » système dual » qui oriente, très tôt après le primaire, une partie des élèves vers des formations techniques ; elle évoque aussi le Royaume-Uni, où, dans la seule Angleterre, 162 » grammar schools » sont autorisées à trier sur le volet les meilleurs éléments.

Patricia Broadfoot, doyenne de la faculté de sciences sociales de Bristol, a ainsi déploré plus d'une fois » un système éducatif qui développe à tous niveaux un esprit de compétition gommant les aptitudes individuelles » outre-Manche.

La taille des classes : une fausse solution ?

Le Royaume-Uni se trouve également être le champion d'Europe du nombre d'élèves par classe. Pour certains, cette surpopulation grèverait les performances scolaires. La France, avec 19,4 élèves par classe en élémentaire, est deuxième en haut de tableau.

A l'inverse, l »Italie est souvent érigée en modèle européen, avec seulement dix élèves par classe. » Ce sont des ratios intéressants, mais attention : de là à réformer à tout va, il y a un pas » , souligne Arlette Delhaxhe, pour Eurydice :

 » Diminuer le nombre d'élèves par classe coûte extrêmement cher et n'est pas forcément rentable en termes de performances : pour impacter réellement les résultats des élèves, il faudrait passer à dix élèves par classe ! »

Les pays latins adeptes du redoublement

Autre point soulevé par le rapport du HCE : le redoublement, » inefficace et contraire à l'égalité des chances » . Parfois avancé comme une solution, le redoublement génère également des réponses très différentes d'un pays à l'autre en Europe. Ou, plutôt, d'une culture à une autre, comme le souligne Arlette Delhaxhe :

 » Les pays nordiques l'ont abandonné il y a plus de vingt-cinq ans. On ne considère pas que l'évaluation intervienne nécessairement à la fin d'une année scolaire.

 » On individualise davantage l'enseignement, en privilégiant de petits groupes, qui permettent de valoriser en lecture ou en sport celui qui n'est pas bon en maths.

 » Les pays latins et germaniques, marqués par la culture de l'échec, continuent à pratiquer la politique de la carotte et du bâton, alors que ça nourrit un sentiment d'incapacité sans être pour autant efficace. »

En France, comme en Espagne, on a plutôt cherché à limiter le redoublement, qui n'est plus possible qu'au terme d'un cycle. Sur le papier en tous cas. Mais cette organisation en cycles resterait » un trompe-l'œil » pour le HCE.

Reste que selon l'Insee, » la proportion des élèves qui redoublement au moins une fois à l'école primaire a été divisée par deux en vingt ans » en France. Les retards scolaires de plus de deux ans sont quant à eux devenus rarissimes et quasi inexistants au regard des statistiques… alors qu'ils concernaient un élève sur dix en 1978 ! Tandis qu'en Allemagne, six élèves sur dix quittent le primaire avec au moins un an de retard.

Le Portugal, quoique latin, a pour sa part abandonné le redoublement en 1986. Dans le but, à l'époque, de réduire l'échec scolaire et l'arrêt précoce en cours de scolarité, notamment dans les couches sociales défavorisées. Justement des questions soulevées par le rapport du HCE qui fait grand bruit cette rentrée.

 

A lire :
Et l'école, comment ça va ? Un documentaire relance le débat
Une enquête en forme d'inquiétant état des lieux diffusée sur Canal+.

 

A lire aussi : . Le baromètre 2008 de l'AFEV, association de soutien scolaire, sur l'échec scolaire

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De LB

02H14 | 04/09/2007 | Permalien

Coucou,
Effectivement, le documentaire de C+, bien qu'assez partisant, dépassait le sempiternel « politiquement correct »…
En particulier, les structures de formation des enseignants (dans lesquelles interviennent les « sciences de l'éducation »)…
Le documentaire est à voir, pour prendre un peu de recul… En particulier en ce qui concerne les baisses continues d'exigences…

Il est politiquement correct d'être contre le redoublement… Par contre tout le monde est d'accord pour dire que de nombreux élèves, de toutes classes, ne maitrisent pas leur niveau…

PS : je n'ai pas compris l'intérêt de la comparaison avec le système Polonais…

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à LB Portrait de LB De uneetoilefilante

10H09 | 04/09/2007 | Permalien

le niveau : voilà bien le concept qui fait problème !
de toute façon, chaque enfant a son niveau, de développement physique, de culture, de savoir … et aucun n'est pareil.Donc avoir le niveau ne veut rien dire !
l'école ne peut avoir que des objectifs : que les élèves soient capable de lire à 8 ans, de compter, d'écrire…à 10 ans par exemple, quel que soit le moyen pris pour y arriver.
Je pense à cette une petite fille dans mon entourage qui faisait de la résistance et qui a décidé de se mettre enfin à la lecture à l'âge de 8 ans avec les albums de Martine. Aujourd'hui, elle est cadre dans une trés grande entreprise.
Je pense aussi à Einsten qui à l'âge de six ans ne parlait pas et faisait le désespoir de ses parents.
Soyons patient, ayons un regard d'empathie sur les élèves, encourageons les, ayons confiance en leur capacités qui sont en devenir, et donnons à l'acquisition des savoirs l'importance qu'elle mérite, c'est à dire trés trés relative.

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11H01 | 04/09/2007 | Permalien

Bonjour.

Entièrement d'accord avec vous. Il est inefficace de demander à un gamin de 7 ans de s'adapté aux circonstances (niveau, nombre d'élèves…), il est plus réaliste que les instits s'adaptent aux enfants (Je pense que c'est déjà le cas pour les instits consciencieux auxquels on en donne les moyens.). Mais ces niveaux étant multiples, cela necessite d'autant plus d'instits, ce qui permetterait aussi de reduire le nombre d'élèves par instits… Mais c'est l'inverse qui est au programme.

Un collègue m'a parlé de l'école de son fils : en maternel et primaire, il y a 5 classe sur 9 au dessus de 26 élèves (jusqu'à 30), les plus réduites étant reservées aux plus jeunes, les primaire étant tous au dessus de ce seuil. Pourtant l'espoir d'ouvrir une classe supplémentaire leur a déjà été retiré, la démarche est en cours, mais tous les intervenants leur ont déjà dit que c'était impossible.

L'éducation coute cher, mais c'est un investissement pour l'avenir.

Stouve.

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12H13 | 04/09/2007 | Permalien

Vous écrivez :
« Je pense à cette une petite fille dans mon entourage qui faisait de la résistance et qui a décidé de se mettre enfin à la lecture à l'âge de 8 ans avec les albums de Martine »

Eh bien, c'est LA le problème du système français qui est pourri DES LA MATERNELLE ! ! ! !

Car il nivelle absolument TOUT selon des critères décidés par certains « spécialistes » plus idéologues qu'autre chose et ne laissent AUCUNE PLACE à la créativité.

Je vis en Allemagne et suis habituée à d'autres démarches.

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à uneetoilefilante Portrait de uneetoilefilante De JPJ

23H32 | 05/09/2007 | Permalien

Bonjour
Si on veut continuer d'appeler école Maternelle ce lieu où des enfants de 3 ou 4 ans,passent parfois 8 heures dans la journée, il faudra un jour donner la possibilité aux enseignants de jouer pleinement leur rôle.
Comment ?
-dans une crèche le nombre d'enfants est limité à 8 environ par adulte ,pourquoi pas 15 au maximum en Maternelle ?
La prise en charge serait je crois beaucoup plus humaine et plus « efficace“(un mot dont je me méfie).
-les activités sans programme,faisons confiance aux enseignants.
-éviter de transformer l'école en lieu d'élevage et le transformer en lieu d'éveil véritable et d'échange.
Cela coûte de l'argent mais ceci est un véritable investissement qui sera très vite amorti à moyen terme ,ceci dit pour rassurer ceux qui ne savent que compter.
JP.

Portrait de Courageux anonyme

De

07H07 | 04/09/2007 | Permalien

l'échec scolaire se réduit dès la naissance…La première période de la vie ne peut pas se traiter de façon approximative. Les enfants ne sont pas assez nourris psychiquement avant d'entrée en maternelle.

Lorsqu'un enfant pleure, c'est qu'il a faim… tout simplement nous lui donnons à manger… nous ne le persuadez d'autre chose ? Vous ne faites appel à ses sentiments ?

Les pleurs où ce que nous pouvons appeler « les caprices sont souvent un signe d'un manque de nourriture intellectuelle chez les tout-petits.

Peu d'enfants dès la naissance trouvent les conditions nécessaires à leur plein développement, beaucoup restent isolés, où empêchés. Ces enfants ne peuvent accomplir simplement le cycle de leur développement, s'ils n'ont pas la possibilité d'observer, d'expérimenter, de faire…

A la différence des animaux, l'enfant a besoin de nourriture intellectuelle pour construire son comportement, sa conduite et se normaliser, c'est tout l'objet de mon blog : http://vite.typepad.com

Portrait de Courageux anonyme

De

08H06 | 04/09/2007 | Permalien

Bjr
Depuis 20 ans on redouble moins et depuis 20 ans ça va bcp mieux donc…
Arrêtons de laisser croire aux parents et aux endants que l'on réussi sans devoirs à la maison, sans apprentissage par coeur, en ne contraignant jamais l'enfant à faire face à l'effort personnel intense.

Portrait de Courageux anonyme

De

18H10 | 04/09/2007 | Permalien

Encore quelqu'un qui croit penser et qui ne fait que répéter les propos de comptoire… Vraiment nul… Sur quoi basez-vous vos propos ? RIEN, aucune étude, aucune recherche,juste le comptoire du bistrot du coin comme toujours…
Un conseil commencez à réfléchir à la différence qu'il y a entre effort et travail…

Portrait de Courageux anonyme

De

21H15 | 04/09/2007 | Permalien

Bonjour,
Ne laissons ps croire une telle chose aux parents, mais démontrons la en consultant les chiffres de la réussite scolaire : études PISA.La Finlande qui arrive en tête pratique une pédagogie fondée sur la progression de chaque élève par rapport à lui même et non sur la compétition.Aucun devoir après la classe et pas de contrainte, mais une réelle impliction et concentration en classe.
La vérité ne s'établit jamais à partir de clichés.

Portrait de Courageux anonyme

De

23H21 | 05/09/2007 | Permalien

Qui parle de clichés ? Le CA de 9h06 parlait très certainement de son expérience, et il se trouve qu'au vu de la mienne je suis de son avis.
Par ailleurs vous préconisez une progression non fondée sur la compétition, mais avec l'absence des devoirs, l'enfant se retrouve avec un temps disponible que les parents s'empressent de combler en cours et activités diverses, où justement la compétition est reine.
Quant à n'avoir « pas de contraintes »…. là c'est vous qui êtes dans le cliché de l'enfant-roi, du temps de l'innocence sacrée. La vie hélas n'est pas ce joli conte de fées. Et responsabiliser les enfants ne les rend pas esclaves.
Audrey - Pau 64

Portrait de JPJ

De JPJ

23H47 | 05/09/2007 | Permalien

Bonjour
De l'importance des mots : Travail du latin tripalium,instrument de torture.
Ecole,du grec « skolae » ,loisir.
Ceci n'est pas pour vous dire qu'à l'école il ne faut rien faire,bien au contraire ,c'est le lieu où tous les enfants devraient avoir le Loisir d'Apprendre et pour cela développer toutes ses capacités.Je ne connais pas d'enfants qui n'aient ce désir pour grandir dans tous les sens du mot.
A bientôt JP.

Portrait de Leclere gérald

De Leclere gérald

paysagiste | 08H05 | 04/09/2007 | Permalien

Coment voulez-vous que les enfants ne subissent pas d'échecs quand leurs profs ou parents sortent de cette même école. Les lacunes qui s'acumulent au fil du temps, les examens surnotés, favorablement pour avoir le bon pourcentage de réussite, nous faussent toute réalité. Je n'ai jamais vu un parent dépassé ou un prof qui ne se remet jamais en cause faire du bon travail. Les parents n'avouront jamais qu'ils sont paumés et le corps enseignant du haut de sa suffisance n'admettras jamais qu'ils ne sont plus à la hauteur. Les programmes sont fait par des personnes qui sortent de hautes écoles et se retrouvent en complet décalage avec la réalité. Tous les inspecteurs généraux sont depuis lontemps sortis de la vie réelle.
Ils devraient refaire un stage (non rémunéré, c'est la mode, comme pour nos enfants) pour se rappeler les bases de l'enseigement. Cela aideraient beaucoup de profs qui sont obliger de ramer à longueur d'année.
Mais faire bouger un « Mamouth » qui se statufie de plus en plus devient de par de fait irréel, sans faire s'écrouler toute la caverne.
Si on reste sur nos acquis, on va pas loin. Comme a dit un de nos grands penseurs : « IL FAUT QUE NOTRE IMMOBILISME AVANCE “.
Aves ça, on est pas sorti du sable.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H16 | 04/09/2007 | Permalien

bonjour,

le problème de l'échec scolaire, qui, comme vous le dites, commence à la maternelle, est purement d'origine ethnique.

il est « politiquement incorrect » de constater que les enfants issus de l'immigration, des nouveaux venus (voir de plusieurs années) et autres étrangers ne parlent que dans leurs langues natales.

ces enfants, rentrant en maternelle, ne connaissent pas un seul mot de français. c'est une forme de refus d'integration des parents, qui déteint sur les enfants au fil des années.

ces parents ne s'interressent pas au suivi de la scolarité.

voila le vrai problème.

jack-no

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 08H43 | 04/09/2007 | Permalien

Les responsables de l'échec scolaire en France,ce sont les étrangers ?
Etrange !
Et que penser des sans-papiers ?
Ca complique les interrogations,pardon,les interrogatoires.
Bon,comme je commence à me sentir étranger à cette discussion,faut-que je m'en aille.

Portrait de décaféiné

De décaféiné

09H16 | 04/09/2007 | Permalien

Bonjour jack-no,

il me semble vous décrédibilisez vos propos en disant que le problème est PUREMENT ethnique.

Oui, des enfants dont les parents ne s'expriment pas en français commencent leur parcours sclolaire avec un handicap.

Mais dire que ça explique tous les problèmes du système d'éducation me semble dangereusement réducteur.

Portrait de Courageux anonyme

De

16H20 | 04/09/2007 | Permalien

à Jack-no
« le problème de l'échec scolaire, qui, comme vous le dites, commence à la maternelle, est purement d'origine ethnique. »
je suis d'origine étrangère, et j'ai appris le français à l'école : je n'ai jamais été en échec scolaire… au contraire, parce que j'ai appris à parler CORRECTEMENT la langue.
aujourd'hui on comprend à peine la langue que parle un grand nombre d'enfants et d'adultes…
comment, dans ces conditions, peuvent-ils comprendre les textes ou les livres qu'ils doivent lire en classe ou ailleurs ?
les raisons de l'échec scolaire sont à chercher ailleurs, dans la forme de société proposée et si l'école va mal, c'est que la société va mal…
Clari

Portrait de Venezuela

De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 17H17 | 04/09/2007 | Permalien

Bonjour,

La meilleure eleve dans la classe de ma fille (qui est entree aujourd'hui en CM2) et ce depuis la maternelle a un pere irlandais et une mere espagnole qui ne parlent pas un mot de francais. Dans les ecoles francaises a l'etranger, il y a pas mal d'enfants dont les parents ne parlent pas un mot de francais et qui sont de tres bons eleves. Il faudrait donc revoir votre jugement.
Merci.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H09 | 04/09/2007 | Permalien

bonjour,

le problème de l'échec scolaire, qui, comme vous le dites, commence à la maternelle, est purement d'origine ethnique.

il est « politiquement incorrect » de constater que les enfants issus de l'immigration, des nouveaux venus (voir de plusieurs années) et autres étrangers ne parlent que dans leurs langues natales.

ces enfants, rentrant en maternelle, ne connaissent pas un seul mot de français. c'est une forme de refus d'integration des parents, qui déteint sur les enfants au fil des années.

ces parents ne s'interressent pas au suivi de la scolarité.

voila le vrai problème.

jack-no

Portrait de Claude PELLETIER

De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 10H25 | 04/09/2007 | Permalien

À toutes les époques, ceux qui avaient le plus de mal à rejoindre le bal étaient les plus pauvres. Une partie de ma famille a connu le racisme anti-italien dans la première moitié du XX° siècle car ma grand-mère avait émigré vers ses 14 ans. Elle n'a jamais très très bien parlé le français. Mais deux générations plus tard, la famille est au moule ; et comporte pas mal de Bac+Xannées.

À chaque époque la France a eu des populations pour lesquelles les chemins d'accès étaient moins aisés. Rien de nouveau sous le soleil !

Portrait de Courageux anonyme

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De

18H42 | 05/09/2007 | Permalien

Entièrement d'accord avec vous. Actuellement, dans de nombreux cas, nous oublions la question de la classe sociale dans les possibilités d'intégration de l'individu (notamment grâce à un développement personnel soutenu par l'école) - et ce quelque soit son origine ethnique. De plus, il est possible que les deuxièmes générations actuelles d'immigrés n'est pas les mêmes chances que celle issues des italiens du début XXème. En effet, pour l'ensemble de la population, l'accès à un niveau social supérieur est de plus en plus compliqué (quelque soit la maîtrise de la langue, par ailleurs). Pour preuve, de plus en plus de jeunes issus des classes moyennes ont un niveau de diplôme plus élevé que celui de leurs parents, mais leurs difficultés dans le monde du travail sont bien plus importantes. Personnellement, je regrette le recul de l'idée sociale comme source de difficultés (peut-être est-elle considérée comme passéiste)… et elle me semble remplacée par des réflexions sur les problèmes ethniques. Pour avoir travaillé dans un quartier dit chaud, microcosme de difficultés, je pense qu'aujourd'hui encore, il est question de pauvreté… des familles comme des structures.

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 08H22 | 04/09/2007 | Permalien

on exige beaucoup de l'ecole…

peut-elle (doit elle) rattraper pas le manque de mixité sociale du logement, le libéralisme rampant, et surtout le manque d'education et de suivi des parents ?
ah, une école qui gommerait tous les défauts de notre société, comme ce serait pratique ! !

plus sérieusement, je suis très critique à l'égard de l'école que j'ai connue il y a 30 ans et de celle de ma fille (l'évaluation à la maternelle : n'importe quoi ! ! ! )
entre autre parce que, effectivement, on demande trop aux enfants. je suis d'accord avec les norvégiens, les petits peuvent bien jouer, ils n'en apprendront que mieux par la suite.

et ensuite, certes il faut impérativement maîtriser la lanque qui conditionne les autres apprentissages, mais faut-il absolument être bon en tout ? pourquoi faire ? ne pourrait-on pas se concenter sur 4 ou 5 matières, pas forcément toutes théoriques, et laisser l'élève personnaliser son cursus en fonction de ce pour quoi il est bon ?

un casse-tête à organiser, bien sûr…

Portrait de Courageux anonyme

à jjezfm Portrait de jjezfm De

14H59 | 24/09/2007 | Permalien

je suis enseignante en maternelle, j'ai commencé tard cette carrière parce que je n'aimais pas l'école, j'adorais apprendre et je suis toujours aussi curieuse mais l'école entretient les disparités. On a vite fait de « diagnostiquer » un enfant en bon ou mauvais élève (euh on dit en échec). le vrai problème je crois c'est que les enseignants pensent que c'est leur travail qui est évalué à travers les élèves. Ce qui semble important à un grand nombre en maternelle, c'est d'avoir de beaux cahiers, de belles oeuvres plastiques, d'avoir une classe silencieuse… et on ne laisse pas ou peu à l'enfant le droit de se tromper, de peindre comme il le souhaite, on est pressé de le faire entrer dans le moule. Ne croyez pas que je n'ai pas d'exigences, je suis exigente à petites doses. Pour moi le plus important en maternelle c'est d'apprendre à vivre ensemble, à se séparer de ses parents, à partager… à manipuler. mais manipuler c'est bruyant alors on agit comme dans les grandes classes « prends ta feuille et travaille en silence ». L'atsem se chargera de coller dans le cahier, de découper et la maîtresse te dictera les différentes étapes pour la réalisation d'un bonhomme.
Je ne suis pas super teacher mais je ne cesse de me poser des questions et de remettre en cause mes pratiques…je trouve peu d'enseignants pour partager mes interrogations. Dommage que nos conseillers pédagogiques soient aussi peu disponibles et que nos inspecteurs ne soient là que pour nous noter…souvent que sur le beau classeur et les beaux affichages…

Portrait de Leclere gérald

De Leclere gérald

paysagiste | 09H06 | 04/09/2007 | Permalien

Pour que les profs certifiés soient agrégés, il font une année suplémentaire d'études avant leur examen d'agrégation. Trouvez-vous cela normal que pendant toute cette année, pas un seul court sur la pédagogie ne leur est donné. Moi cela me révolte. Si ils ne sont que des perroquets, un bon magnéto peut les remplacer sans avoir de revendications. C'est bizarre qu'un de nos GRANDS CONS n'y ai pas encore penser. Avec un ordinateur pour tous on y arrive pas à pas, ça devient bon pour les futurs ministres de l'éducation national.

Portrait de Courageux anonyme

à Leclere gérald Portrait de Leclere gérald De

09H30 | 04/09/2007 | Permalien

Oui mais les agrégés sont des profs (et non des instit'), une fois obtenue leur agrégation ils ne sont censés enseigner qu'en lycée ou université, je ne pense pas que pour ceux-là la pédagogie soit la plus indispensable…

Et sinon pour la petite anecdote ma soeur est arrivée 14ème au concours de l'agrégation, l'année d'après elle s'est retrouvée mutée à Villepinte pour enseigner en collège… Pas très pertinent comme attribution de poste (ZUP+collège pour un jeune agrégé, bof bof).
Et pourtant vous n'en avez pas entendu parler, keep cool with our teachers.

Portrait de Courageux anonyme

De

11H43 | 04/09/2007 | Permalien

Quel mépris intolérable !
ZUP + collège, vous vous rendez compte !
Un(e) agrégé(e) serait-il(elle) une telle élite qu'il lui faudrait une Université parisienne ? Dans les quartiers huppés de préférence.
J'en reste sans voix.
JPL

Portrait de Courageux anonyme

De

12H49 | 04/09/2007 | Permalien

Il serait pourtant malin de ne pas jeter les jeunes profs inexpérimentés dans le collège où il est le plus difficile de se faire respecter. L'inverse est démotivant pour le prof, qui par fatalisme peut se dire que quelque soit son investissement il ne sera jamais écouté, comme pour l'élève, qui peut penser que c'est lui qui détient l'autorité et qui ne voit pas pourquoi ça changerait.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H18 | 04/09/2007 | Permalien

Je suis bien d'accord avec vous sur ce point mais là n'était pas la question : est-il admissible de nommer un agrégé dans un collège situé en ZUP ? Pour ma part, je pense que oui, la qualité de l'enseignement ne doit pas être réservée à une pseudo « élite » auto-proclamée. Et le collège, d'où démarrent bien des échecs, peut bien mériter un surcroit d'attention. D'où l'utilité d'une formation pédagogique.
Après tout, Villepinte, bien qu'en banlieue, n'est peut-être pas en zone réputée « difficile » (j'ignore, n'habitant pas en RP) et rien n'indique qu'un nouvel agrégé soit par nature inexpérimenté : bien des certifiés passent en effet l'agrégation après 5, 10, voire 20 années de pratique (concours internes).
JPL

Portrait de Courageux anonyme

De

16H04 | 04/09/2007 | Permalien

Les postes dans ces zones dites à risques sont attribués à des jeunes profs inexpérimentés car ceux situés dans des lieux plus agréables sont déjà attribués (et conservés) par les profs qui ont de l'ancienneté, tout simplement. Dès que le jeune prof, s'il s'en sort indemne, aura lui aussi un peu d'ancienneté, alors il demandera (et obtiendra) sa mutation pour..etc, et on recommence l'histoire ! Croyez-vous qu'un jeune prof plein de bonne volonté, enthousiaste pour enseigner, choisirait de lui-même ces zones dangereuses ? Bien sûr que non, il y va parce qu'il y est nommé. C'est le même cas dans la police d'ailleurs, les jeunes policiers qui sortent de l'Ecole sont maladroitement affectés dans ces zones car les « anciens » font le maximum pour en partir dès qu'ils en ont la possibilité ! Et c'est bien humain.

Mon-Al

Portrait de Courageux anonyme

De

16H28 | 04/09/2007 | Permalien

JPL, Si vous connaissiez mieux les niveaux d'examens en France vous sauriez que lorsque l'on possède l'agreg on accède au lycée ou université, mettre une agrégée inexpérimentée dans un collège de ZUP c'est ça la véritable honte ! Y êtes vous déjà allez ?

Portrait de Ulyssou

De Ulyssou

pense, enfin essaie... | 18H49 | 04/09/2007 | Permalien

Effectivement, le niveau requis pour dispenser des cours au lycée, en prépa, ou à l'université n'est évidemment pas le même. Autrement, pourquoi ferions-nous la différence entre CAPES et agrégation ?

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