La social-démocratie toujours en débat au PS
Quelle attitude adopter face à l'économie de marché ? A l'université d'été du parti, la question divise toujours les ténors.

(De La Rochelle) Il est certainement trop tôt, mais aucun début de consensus ne s'est encore dégagé entre la gauche du parti et son courant social-démocrate, dimanche, jour de clôture de l'université d'été du PS.
L'opposition avait déjà ressurgi au cours de la dernière campagne présidentielle, Dominique Strauss-Kahn polarisant sur sa personne les critiques des défenseurs d'une économie davantage contrôlée. Prônant une « économie sociale de marché », DSK se voyait reprocher une trop grande adhésion aux mécanismes de la libre concurrence.
Si les attaques se sont révélées feutrées à La Rochelle, chacun des deux camps a affirmé que le PS ne pouvait envisager l'avenir sans tendre dans leur direction respective. En l'absence de Strauss-Kahn (pour cause de course à la direction du Fonds monétaire international), Michel Rocard a repris le rôle de porte-drapeau de la social-démocratie, appelée « rocardisme » lorsqu'il était Premier ministre de 1988 à 1991.
Aujourd'hui, il dit voir de nouveau « une vaste progression militante » vers la social-démocratie. Progression qui, espère Rocard, permettra de conjurer « l'incapacité interne » du parti à prendre le pouvoir :
Ex-rocardien -« par obligation quand on commence à militer au PS à la fin des années 80“-, Benoît Hamon est désormais présenté comme le chantre de la gauche du parti. S'il ‘ne doute pas qu'on est en économie de marché’ et ‘ne propose pas d'en sortir’, il refuse que des socialistes aillent jusqu'à rejoindre la droite, dans la théorie ou dans la pratique.
Il s'étonne des arguments des sociaux-démocrates français : ‘Il faudrait s'aligner sur une doctrine qui ne dirige que trois pays [Grande-Bretagne, Espagne et Portugal, ndlr] sur vingt-sept dans l'Union européenne ? Et de quelle façon en plus…’ Le député européen n'en démord pas, l'unique moyen de reprendre les rênes du pays, face à une droite décomplexée, est d'ancrer le PS à gauche :
Acceptée par tous les socialistes, l'économie de marché fait pourtant toujours débat. Le Premier secrétaire François Hollande a une nouvelle fois tenté de mettre fin à la polémique en conclusion de l'université d'été : ‘Ce n'est pas le marché qui pose problème aujourd'hui, c'est la mondialisation.’ Avant de rappeler l'objectif à venir du PS, dessiné durant ces trois jours de ‘diagnostic pour la rénovation’ :
‘Les socialistes vivent depuis trop longtemps sous une double pression : celle de l'extrême gauche, qui lui fait le procès de la trahison, et celle des bien-pensants, qui voudraient que le parti socialiste abjure ses idées redistributives. On ne mobilise pas sur une contradiction. Il faut donc réaffirmer franchement notre identité. Et sans rien perdre de nos valeurs.’
Pour y parvenir avant que le parti ne soit définitivement gangrené par cette ‘contradiction’, trois forums de débats d'idées seront organisés d'ici mi-2008. En préambule du congrès de l'été 2008. François Hollande y passera la main. Les tenants des deux courants ont un an pour tenter d'imposer un leader.
Photos : Benoît Hamon, Michel Rocard et François Hollande à l'université d'été du PS (Audrey Cerdan/Rue89)


A lire :
Le PS à la recherche d'une méthode de rénovation
Les ténors du parti à la recherche d'un plan de bataille.

A voir :
Royal sur un bateau : l'université d'été du PS avant l'heure
Quand l'ex-candidate reçoit les journalistes sur l'eau.

A lire :
Le PS ouvre son université d'été en taclant Sarkozy
Le Président réconcilie (presque) les éléphants.
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89
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De
16H35 | 02/09/2007 |
a droite la social democratie et l'acceptation du marché
a gauche le refus du marché et le retour à l'etat providence
au milieu le psychedelique Boboland de Delanoë
De
17H05 | 02/09/2007 |
Pourquoi ne pas faire deux partis comme en Allenagne, un de gauche progressiste à la à la « Die Linke » (La Gauche) d'Oskar Lafontaine et un démocrate à la SPD ?
J'aimerai savoir si beaucoup d'entre vous sont, comme moi, frustré par ce manque de vision du PS… Car je suis frustré !
Pour l'instant la synthése n'a amené qu'à aller dans le mur aux élections présidentielles, faudra-t-il une nouvelle défaite en 2012 pour attendre la fin de ce débat ? 10 ans de Sarkozy c'est long : o(
http://notregeneration.com
De
18H02 | 02/09/2007 |
oui bien sûr, frustré.
mais il faut avoir bien en tête qu'un parti à la Die Linke ne se fera qu'en dehors du PS, et en se construisant (protectionnisme initial oblige) en refusant toute alliance avec ce social-libéralisme qui se fait passer au PS pour une « social-démocratie ».
donc il faut aller dans les mouvements à la gauche du PS (PCF, LCR, Alternatifs, Collectifs anti-libéraux, ATTAC, ec.) et défendre une ligne de construction d'un nouveau parti (car sans parti, sans organisation, on n'est absolument RIEN). Je suis malgré tout pessimiste, notamment des intérêts matériels de fait qui lient le PCF au PS. Mais il y a beaucoup de gens de bonne volonté dans ce parti, comme à la Ligue ou ailleurs, donc…
De
05H45 | 03/09/2007 |
Un PS social démocrate à court et moyen terme.
Une « Aile » gauche qui bosse sur le futur proche et plus loin, AVEC le PS 2.
Cela peut faire « un » même parti organisé en 2 branches.
Hamon a raison sur un tas de points. Et Rocard aussi.
2 générations à faire bosser ensemble.
De façon organisée et « honnête ».
On officialise la sociale-démocratie ( les 2 aspects sont bien dans la merde en ce moment… ). Rocard. OK.
On officialise « SA PROFONDE REMISE EN QUESTION » aussi.
« Son futur… ». A traduire en actes. En propositions concrètes !
Hamon. OK.
Ceci ne me semble pas INFAISABLE.
C'est plutôt sain. Même « ESSENTIEL ».
Allez ! ! ! Le compteur tourne que diable ! !
Le pétrole s'est bientôt fini.
Les gros soucis vont arriver.
Le climat, l'environnement, les échanges économiques, les échanges tout court…
Le réarmement massif de la planète ne présage rien de bon. Absolument rien. Et la hausse des prix non plus. Les délocalisations non plus.
Les flux migratoires. La misère. L'aide au développement…
Les marchés qui concernent la population internationale ( l'eau, l'air, la nourriture, l'énergie … ) :
Tout est à refoutre à plat RAPIDEMENT.
Les entreprises du monde entier ont un grand rôle à jouer. La finance, clairement.
( DSK, si c'est toi au FMI : Pas le droit à l'erreur… )
Bref, réunir les gens autour d'un projet de société ancré dans un futur moins PUERILE politiquement, économiquement, socialement.
C'est Européen. C'est Mondial.
Le capitalisme est, de toute façon, voué à quitter sa forme actuelle.
C'est ça ou « le Mur ».
De
19H28 | 02/09/2007 |
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi un parti socialiste ne pourrait pas prôner une économie libérale ? Je vais souvent en Nouvelle Zélande et, vu de l'extérieur bien sûr, j'admire la politique très sociale mais aussi très libérale du parti éternellement socialiste là bas. Certes, la population paie pas mal d'impôts mais guère plus qu'en France, avec un résultat extremement parlant. 4 millions d'habitants, c'est peu, anglo saxons donc très disciplinés, respectueux, écolos, mais avec quand même un tiers d'étrangers pas toujours très « avancés » et plus de 4 millions de touristes/an. Tout le monde a de quoi vivre, se soigner, travailler. L'économie y est très libérale.
Iorana
De DO
16H23 | 03/09/2007 |
tout a fait d'accord avec toi. Il faut que le PS choisisse entre ces 2 gauches , il y aura toujours qqun pour representer celle qui ne sera pas retenue et tout sera plus clair.
De
18H42 | 02/09/2007 |
Mais c'est que le marché est devenu, en l'état, inacceptable !
Le retour à la main invisible n'est pas moins providentiel que son opposé, mais autrement : la Providence d'un Etat raisonneur, monstre froid et armé, bon à rien puisque seulement voué à l'extension du contrôle social, à l'accroissement des inégalités de fortune (la main invisible n'a pas toujours la main heureuse) où le mot d'ordre est celui de la légion : « marche ou crève ! »
Pouce ! Tout est à reprendre, mais depuis loin que vous ne croyez.
(Ève Smith)
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 16H29 | 02/09/2007 |
Heureusement il y a Hamon et le MJS pour rappeler quelques vérités évidentes mais bonnes à dire ! Ouf ! Mais je crains qu'il ne soit bien isolé dans ce vent d'aggiornamento ridicule et de coups de brosse à reluire à l'économie de marché, aux entreprises… A lire les éditorialistes socio libéraux et à écouter la deroite du PS, on croirait avoir vécu les années Mitterrand et Jospin sous les soviets !
à Valdo Lydeker
De
19H08 | 02/09/2007 |
comment la ligne « hamon » peut elle exister au sein du même parti la ligne « rocard » (pour simplifier suivant l'article de Julien Martin) ?
le problème n'est pas l'économie de marché, mais les inégalités, autrement dit la lutte des classes, ou plus précisément la lutte contre la prédation economique et sociale.
pour moi la ligne gauche/droite passe clairement entre les 2.
De gaebus
16H31 | 02/09/2007 |
Fabius et Strauss-kahn étaient présents.
OUI, Fabius et Strauss-kahn étaient présent, non pas physiquement, mais ils ont mandaté Hollande avec lequel ils avaient écrit le discours de clôture de cette université d'été 2007.
Si Hollande et comparses avaient voulu faire évoluer le PS, cela se saurait depuis le nombre d'années qu'il le « dirige ».
Sans doute qu'aujourd'hui, F. Hollande à un nouveau poussoir pour le forcer à se mettre en valeur, mais est-ce que demain il n'en cherchera pas à nouveau un autre pour n'être pas capable de s'assumer tout seul
De
16H44 | 02/09/2007 |
si il veut regouverner un jour. Le courant gauche gauche du PS est un courant certes sympathique mais qui ne fera jamais consensus dans la population.
Il faut que le PS expulse ses vieux démons angéliques de sa gauche pour redevenir un parti attrayant.
http://www.peuples.net/article-12121457.html
De
18H34 | 02/09/2007 |
La question de « regouverner un jour » est une affaire de stratégie de parti, - une affaire strictement politicienne, au sens neutre. Au sens positif, il s'agit de draguer ou de briguer les voix que le parti n'a pas eues (« avoir » des voix : les 54% que l'UMP a eues, - et bien eues…).
Encore faut-il que les représentants du parti sachent donner de la voix devant micros et caméras, pour que l'électorat puisse reprendre à son compte le couplet ou le refrain. (C'est ainsi que dans une démocratie, l'opinion étant une glu, tout projet qui ne finit pas en « slogan » pop » est voué à l'échec.)
Quant aux idées fortes, de nature à disloquer les grandeurs d'établissement, elles n'ont jamais émergé d'aucun meeting. Il me semble que les idées fortes, pragmatiques au sens précis donné par Bergson (agir en homme de pensée, penser en homme d'action) fourmillent dans tous les collectifs de France : les têtes pensantes ou chercheuses du parti n'ont plus qu'à se sortir de la bulle du parti pour les pêcher !
Pour ma part, contrairement à ce que vous dites avec un air entendu, je ne crois pas du tout que « le courant gauche gauche du PS » ( ? ) ne fera jamais consensus dans la population. Mais je crois que si ce courant est représenté par des « vieux démons » complètement discrédités dans l'opinion publique (un personnage comme Laurent Fabius a un passif dans l'histoire gouvernementale qui fait horreur à des millions de personnes, et ridiculise d'avance tous les discours que cet ex-ministre pourra dorénavant faire), c'est tout le parti socialiste qui est discrédité.
Pour la crédibilité du PS, il me semble que ce sont les protagonistes des anciens gourvernements dits « socialistes » qui doivent être renouvelés.
Tels sont les vieux démons que les « démoncrates » que nous sommes au moment du vote, aimeraient voir exorciser - au sein du parti socialiste. Ce qui s'appelle faire peau neuve - mais sans lifting !
De DO
16H41 | 03/09/2007 |
Pour moi etre de gauche c'est trouver des solutions pour ceux qui souffrent. C'est donc agir et c'est prendre le pouvoir pour agir. Les debats theoriques ne font pas avancer le smilbic. Vous avez peut etre une situation qui vous permette de debattre sur la meilleure gauche ce n'est pas le cas de nombreuses personnes qui vont subir de plein fouet les reformes du petit president et qui attendent une gauche realiste capable de redistribuer les profits du marche. Car pour distribuer a ceux qui en ont besoin il faut avoir qqchose a distribuer.
à DO
De
19H43 | 03/09/2007 |
Je comprends bien votre mépris du débat - au nom de l'action.
Mais croyez-vous qu'on fasse avancer le schmilblick avec la position abstraite que vous défendez : « redistribuer les profits du marché » ? Car en face de vous, une armée de « théroriciens » de droite vous expliquera, sur le même ton de bon sens que vous entonnez, qu'il n'y a aucune raison de redistribuer (redistribution = assistanat) mais que chacun obtiendra le lot qui lui revient :
- selon la Croissance (elle est bonne pour tout le monde) ;
- selon le travail (travailler, prenez de la peine, faites des 39-40, 45 heures / semaine, vous comprendrez qu'on s'enrichit en travaillant)
- selon sa capacité à profiter du marché.
Et là, mon bon monsieur pré-retraité, vous aurez beau vous gargariser des besoins des uns et des autres, on vous répondra : à chacun selon ses besoins, mais quelqu'un qui travaille a plus de besoins que celui qui ne travaille pas ; quelqu'un qui s'investit dans le marché a plus de besoin que celui qui ne prend aucun risque ; quelqu'un qui oeuvre à la Croissance a plus de besoin qui demande sa part du gâteau sans avoir fait tourné la machine capitaliste, - ou pour reprendre vos propres termes : « il faut avaoir quelque chose à distribuer ».
Bref, vous tenez exactement un discours de droite, - mais de droite qui aurait de vieux « complexes » de gauche.
La droite a fait avaler à des braves gens comme vous que sur la question des retraites, il n'y avait pas 36 solutions, ni trois, ni deux, - mais une seule, et que cette seule et unique solution était mathématique, démographique et scientifique !
Si bien que récuser le débat, ne pas être capable de susciter la controverse, être inapte à soulever les lièvres, c'est faire les beaux jours du discours dominant, - qui est, au-delà du discours, une authentique politique de la droite « qui agit ».
Laissons ces évidences qui vous passent par-dessus la tête, et venons-en à votre grande Idée : « prendre le pouvoir pour agir ».
Là, votre idéalisme part d'un manque flagrant de sens du réel. Vous ne voyez pas que personne n'a jamais pris le pouvoir pour agir ? Où avez-vous vu qu'on prenez le pouvoir pour agir ? Ce sont des mots ! Et des mots trompeurs, encore, des mots pris à contre-sens !
Si vous ouvrez les yeux, et que vous cessez de vous faire des Idées en faisant mine de ne surtout pas toucher aux théories (l'idéologie, que je sache, c'est l'impensé de celui qui dit « pas de théorie »), vous verrez que personne n'a jamais pris le pouvoir comme on prend un marteau pour enfoncer un clou. Sauf coup d'Etat, on prend le pouvoir parce que certains ont bien voulu que vous le preniez, vous le laissez prendre - sous condition, si bien que celui qui est dans un appareil d'Etat ne fait pas du tout ce qu'il veut, mais ce que quelques-uns veulent (bien) qu'il fasse. Autrement dit, prendre le pouvoir, c'est s'empêtrer dans un système de mailles, avec plein de petits pouvoir qui agissent sur celui qui a pris le pouvoir. Qui prend le pouvoir n'agit pas mais, est agi.
Par exemple, en quoi Sarkozy agit ? Il est mené par le bout du nez par une clique de gens du commerce, des finances et de la sécurité. Ayant été persuadé - ou convaincu - par des théories ici lepéno-lepénistes, là berluscono-berlusconniennes, et là-bas thatcho-thatchériennes, etc., il a diffusé ce discours inédit en France par micros et caméras, jour après jours. Nos compatriotes ont dit, à 54% : « c'est vrai, il a raison ce type, c'est le type qu'il nous faut, il trouvera des solutions pour ceux qui souffrent - des braves gens comme moi ! »
Et voilà comment on prend le pouvoir. Ce n'est pas en agissant, c'est en ayant surfé sur une vague - qu'il n'a pas créée à lui tout seul, mais que tous les micro-pouvoirs ont soulevé, jour après jour.
Je résume : un homme de pouvoir pousse un peu pour prendre le pouvoir, mais il est beaucoup poussé ; il suffit qu'il y ait soudain un vent contraire pour qu'il soit freiné et fasse barre ailleurs. S'il agit ainsi - et pas autrement -, c'est que le vent le pousse dans cette nouvelle direction-là.
Pour agir, il ne faut pas tenir la barre ; il faut gonfler les voiles, - et on ne gonfle pas les voiles avec vos évidences ; on gonfle les voiles dans les collectifs intelligents, inventifs et fourmillant de pratiques (les pratiques et les idées, en ce cas, c'est la même chose).
De
18H35 | 02/09/2007 |
le pb c'est que le peuple préfère celui ou celle qui saura le dominer et le rassurer. Et je ne pense pas que ce soit l'optique de la gauche socialiste. Donc même en expulsant ses vieux démons cela ne suffira pas.
Fr@n6 le papoteur briard
De
19H01 | 02/09/2007 |
disons qu'il y a ceux qui prennent les gens pour des cons et ceux qui les respectent.
De
16H51 | 02/09/2007 |
cette question de la soi-disant « économie de marche » et des « mécanismes de la libre concurrence » (comme il est dit dans l'article) est perpétuellement mal posée, notamment parce qu'on s'entête à appeler « économie de marché » et « libre-concurrence » ce qui est en fait capitalisme et monopolisation par des groupes toujours plus concentrés des moyens de production et d'échange.
l'idéologie de l'économie de marché (et cette sempiternelle question qui taraude tout journalise qui se respecte lorsqu'il interview un archéo de gauche : « et vous, vous croyez dans l'économie de marché ? ») n'est rien qu'une utopie (et pas des plus réjouissantes) venant masquer un double mouvement de concentration et de financiarisation des économies.
on parlera dès lors d'autant plus de concurrence que celle-ci n'existe pas, ou peu, ou seulement pour les sous-traitants des grands groupes, ce qui leur permet d'en obtenir des prix défiant toute concurrence, au grand malheur des salariés et au grand bonheur des actionnaires.
étant entendu que la classe dirigeante est « communiste » en pratique et envers elle-même (cf. les bouquins de pinçon et pinçon-charlot), mais libérale en théorie et envers les autres, la seule sphère économique où elle voudrait voir s'imposer un véritable marché, c'est celle du TRAVAIL. et quand les journalistes demandent « croyez-vous dans l'économie de marché ? », il faut en fait entendre (puisque dans leur incompétence et servilité notoire ils ne servent jamais que la soupe du patronat) : « voulez-vous voir les travailleurs s'affronter sur un marché (concurrentiel) du travail ? ».
De
19H38 | 02/09/2007 |
Vous avez raison , mais , la sortie de ce marché du tavail et de l'économie libérale passe par une remise en cause de la propriété privée ( voir les bouquins de jacquard ! ) or personne n'ose le dire de peur de se faire traiter de collectiviste. Et puis une fois sortie du libéralisme, que deviendraient les anciens cadres dirigeant et actionnaire ? une nomenclatura ? (non je plaisante )
De
20H06 | 02/09/2007 |
On a dit beaucoup de mal de Staline et de l'évolution de la grande révolution en russie. C'est un mensonge liberal ! Staline a fait de bonnes choses.
Labas au moins, il n'y avait plus de marché. C'était bien pur tous le monde.
De
01H33 | 03/09/2007 |
De combien de millions de morts Staline est-il responsable ?
De
08H51 | 03/09/2007 |
Ce fut une horreur de grande envergure que l'URSS du Père des Peuples !
Sur le plan politique, Staline a voulu exterminer ou emprisonner en Sibérie tous SES opposants, de la droite à l'extrême-gauche !
Et sur le plan strictement économique ? Le marché n'existait théoriquement plus : la planification permettait de satisfaire les besoins humains. Enfin ça c'était la théorie marxiste-léniniste. L'idée de départ était sympathique (faire la liste des besoins comme on fait la liste de ses commissions, et mettre la machine productive en marche pour faire aboutir les prévisions) mais on a vu que cela ne tenait pas la route.
La première question, une question historique ——et qui se repose régulièrement aux nouvelles générations de citoyens et de militants de gauche——, est bien marché ? ou planification ?
Après on peut chipoter sur les aménagements.
Ne pas oublier que « politique » et « économique » sont des sphères différentes mais qu'elles s'interpénètrent…
De
22H17 | 02/09/2007 |
fabius avait dit « entre le marché et le plan il y a le socialisme ». en fait il faudrait dire « entre le capitalisme et l étatisme il y a le socialisme, c est-à-dire l autogestion ».
la socialisation des moyens de production et d échange, qui est le mot d ordre fondateur de TOUTES les doctrines socialistes et communistes, ne veut pas dire étatisation, bureaucratisation et étouffement de l activité économique par une nomenclatura prétendument éclairée. ce qu il faut trouver, et c est là un pb politique plus grave que les slogans sur l économie de marché ou staline, c est comment articuler (juridiquement, économiquement) autogestion locale et redistribution (inter)nationale. cela demande un effort d elaboration theorique et de création pratique nécessairement collectif.
De
01H26 | 03/09/2007 |
J'ai quand même peur que tu te grattes longtemps le crâne avant de trouver une solution pour, par exemple, rassembler des fonds monstrueux pour mener des recherches scientifiques et passer ensuite à une étape industrielle de production (exemple, à tout hasard : la fabrication de composants informatique… mais on peut aussi penser à la production de vaccins --- et même sans les délires d'actionnaires et de parasites, ça coûte cher) en n'ayant qu'une autogestion locale (mais tout en redistribuant quand même vers le monde).
De
06H06 | 03/09/2007 |
Encore une fois, Laurent Fabius est tout au sein du parti socialiste - sauf une autorité morale.
Commencer un message en citant son nom en caution, c'est une injure faite à des millions de Français. Relisez donc un peu sa biographie politique !
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 11H50 | 03/09/2007 |
QUE faites-vous des réalisations de TOUTES ces doctrines dont vous parlez qui ont embrayé sur des mouvements sociaux ou nationaux qui ont eux-mêmes généré le socialisme soviétique, au socialisme de pays de l'Est, de la Chine, de Cuba, de la Corée du Nord. Les doctrines étaient remarquables et les résultats tout autant mais pour des raisons bien différentes ! Du coup certains tyrans locaux ont cru pertinent de se dire socialiste. Bonjour l'histoire ; bonjour les déconvenues.
Sur l'autogestion, soit elle s'intègre dans l'économie de marché, soit elle génère une dynamique subvertissant l'ordre établi. Dans le second cas qui devrait avoir votre préférence (une impression), la nécessité de défendre vos acquis vous amènerait à construire un État avec ses forces armées, etc…… Et se poserait le problème (anodin) de la confrontation avec les défenseurs du monde dit libre ! ! !
De DO
16H44 | 03/09/2007 |
c'est beau l'ideal ! ! ! mais ça n'a qu'un seul defaut, c'est utopique. Le petit president a de beaux jours avec un tel raisonnement.
à DO
De
17H24 | 03/09/2007 |
pour quiconque a un brin étudié l'économie, les hypothèses d'une économie dite « en concurrence pure et parfaite » (grosso modo ce qu'on nous proposait à travers la concurrence « libre et non faussée du TCE »)
est sans conteste bien plus utopique : « atomicité du marché, homogénéité des produits, transparence de l'information, libre entrée et sortie sur le marché, libre circulation des facteurs de production ». aucune de ces conditions ne sauraient être atteintes sinon dans quelques exceptions notoires.
l'économie de marché c'est en fait le capitalisme qui se fait passer pour cette utopie dont on nous vante les bienfaits en termes de bien-être et d'équilibre.
et il est faux d'affirmer que si nous sommes « riches » à l'heure actuelle, et dans des sociétés équilibrées et relativement cohérentes, c'est grâce à l'économie de marché. bien au contraire : comme l'a montré karl polanyi c'est le désastre de la 2nde guerre mondiale qui a signé la fin de l'utopie (née à la fin du 18ème siècle en angleterre) d'un marché autorégulé et imposant sa vérité à l'ensemble des rapports sociaux. l'héritage économico-social sur lequel nous vivons et dont certains s'imaginent qu'on le doit à l'économie de marché, dérive des bienfaits d'un modèle rétif à la marchandisation intégrale, à la concurrence forcenée et à la libre circulation des capitaux : le capitalisme monopoliste d'état.
lorsque l'UE, les idéologues libéraux ou libéraux malgré eux et les « pragmatiques » de tout poil, seront venu à bout de cet héritage, on comprendra mieux ce que signie le mot d'ordre (utopique) du marché.
quant à l'autogestion, et puisque derrière ce mot de passe j'entends essentiellement la démocratisation du monde productif (i.e. du fonctionnement des entreprises), je considère qu'il n'a rien d'utopique. il faut constituer la question du pouvoir dans l'entreprise en problème politique.
De photosieste
à l'Est | 17H02 | 02/09/2007 |
' » On a là un exemple typique de cet effet de croyance partagée qui met d'emblée hors discussion des thèses tout à fait discutables. Il faudrait analyser le travail collectif des « nouveaux intellectuels » qui a créé un climat favorable au retrait de l'État et, plus largement, à la soumission aux valeurs de l'économie. Je pense à ce que l'on a appelé « le retour de l'individualisme », sorte de prophétie auto-réalisante qui tend à détruire les fondements philosophiques du welfare state et en particulier la notion de responsabilité collective (dans l'accident de travail, la maladie ou la misère).''
Pierre Bourdieu
wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu
à photosieste
De
18H23 | 02/09/2007 |
C'est ce qu'a fort bien montré Didier Eribon, dans son essai « D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française ».
Invité par le MJS à La Rochelle, il ne s'est pas privé de rappeler la regrettable contribution du PS à cette mystification intellectuelle
De
19H01 | 02/09/2007 |
J'avais été très surpris de l'entendre pendant la campagne… (La position qu'il soutenait, alors que le pire était encore à venir, me semblait pas très « productif » : à l'entendre, on aurait dit qu'entre NS et SR, il n'y avait pas à choisir - bonnet blanc et blanc bonnet.)
Mais je crois que son essai (que vous citez) ferait bien d'être lu par les ténors - aujourd'hui aphones - du parti socialistes, s'ils veulent s'aviser de ce dont ils ne se sont manifestement pas aperçus depuis 1981 : être de gauche, c'est ne pas accepter de voir déteindre le linge de la subversion dans les couleurs bleuâtres du confort parlementaire.