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Bertrand Burgalat : « J'ai toujours fait des disques déconcertants »

Entre deux écoutes décevantes (une reprise bossa d'un tube New Wave et l'énième sensation rock New Yorkaise) se niche parfois un de ces disques irrésistibles dont, dès les premières notes, on ne doute pas un seul instant du potentiel addictif. C'est le cas de « Chéri B.B. », troisième et nouvel album solo de Bertrand Burgalat.

BB : ces initiales mythiques ont marqué de leur sceau, la culture pop de ces 40 dernières années. Brigitte Bardot, les Beach Boys, Burt Bacharach et… Bertrand Burgalat. La petite quarantaine, musicien, producteur et fondateur du label Tricatel, Burgalat pourrait en effet finir par s'offrir le luxe d'accoler son nom à cette sainte trinité de la vénérable « chapelle sixties ».

Des comptines pop désarmantes de sincérité et de virtuosité

En l'espace de 14 titres, « Chéri B.B. » parvient à redorer le blason d'une variété française trop souvent moutonnière. Difficile, en effet, de ne pas fondre pour ces comptines pop, désarmantes de sincérité et de virtuosité. Un album qui, de surcroît, signe le retour de Robert Wyatt (Soft Machine) sur le titre « This Summer Night », ne pouvait être foncièrement mauvais.

Et si Burgalat lorgne toujours vers les sixties, à grand renfort d'orgues vintages et de basses chaloupées, on est loin de l'image d'ambassadeur easy-listening fleurant bon la pop française du Golf-Drouot dont on l'a souvent affublé. Easy ? Au contraire, sous l'apparente légèreté des mélodies se cache une production pointue, des arrangements luxuriants et une multitude de trouvailles electro qui font souffler un vent de fraîcheur sur les plages de ce disque.

Un manque de reconnaissance… et d'argent

« Chéri B.B. » est un album long en bouche qu'il faut prendre le temps d'apprécier. Un grand millésime, qui restera l'un des secrets les mieux et injustement gardés de la rentrée. Ce nouvel opus risque de sortir une fois de plus dans la confidentialité.

Pourtant célébré comme une référence musicale hexagonale par la critique grâce à ses arrangements sur les albums d'April March, Valérie Lemercier, Michel Houellebecq ou Christophe Willem, l'homme à la mèche bien peignée et aux lunettes hypertrophiées reste méconnu du grand public en tant que compositeur/interprète.

Il confesse, d'ailleurs, avoir failli mettre la clé sous la porte suite à l'échec commercial de son précèdent disque, « Portrait Robot », en 2005. Plus que le manque de reconnaissance, l'argent est un frein à sa boulimie musicale. Les labels, majors comme indépendants, ne sont pas tous vertueux et Burgalat de comparer malicieusement l'industrie du disque « au secteur sidérurgique, il y a vingt-cinq ans ».

Lucidité, franchise et modestie, Bertrand Burgalat est décidément un oiseau rare dans le monde de la musique.

Chéri B.B.de Bertrand Burgalat - Tricatel - disponible sur iTune, sortie le 13 septembre

Vidéo : Arnaud Ducome et Julien Deschamps.

10 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

18H00 | 02/09/2007 | Permalien

Bonne chance BB. Continue. C'est pas facile de raisonner avec son coeur dans l'industrie de la musique. Les notes qu'on entend sonnent bien. Fabrika

Portrait de Courageux anonyme

De

18H52 | 02/09/2007 | Permalien

Il faut être assez peu connaisseur d'autre musique que du rock pour parler du « retour » de Robert Wyatt, qui participe et signe depuis des années des disques avec la fine fleur du jazz européen et autres (Elise Caron, Gilad Atzmon, Fred Frith…)

Portrait de Courageux anonyme

De

19H02 | 02/09/2007 | Permalien

BB leçon du passé
le son du present
c'est toujours aussi bon et plaisant a l'oreille
c'est le plus grand rocker vintage du monde

Portrait de Courageux anonyme

De

06H15 | 03/09/2007 | Permalien

« Portrait Robot » était excellent. (Il contenait d'ailleurs déjà une collaboration indirecte avec Robert Wyatt, puisque Alfreda Benge, sa compagne, signait les textes de deux titres de cet album).

J'ai écouté intégralement « chéri B.B. » sur le site de Tricatel, il me semble tout aussi réussi, quoi que dans un genre un peu moins personnel et gentiment foutraque. C'est de la superbe pop millimétrée.

On ne peut que conseiller à Burgalat de persister… C'est sûr qu'il vendra toujours moins que les pop stars de l'industrie du disque, mais il arrive néanmoins que des artistes dans son genre (cf. Philippe Katerine) finissent par trouver une forme de reconnaissance auprès du grand public.

Portrait de Courageux anonyme

De

11H22 | 03/09/2007 | Permalien

Bravo !

Portrait de Courageux anonyme

De

20H26 | 03/09/2007 | Permalien

Mais non ils sont pas mort au contraire ! ! !
Dommage que les branchouilles n'aient pas plus écouté les disques et surtout ne les aie acheté au lieu de se ballader boire des coups-
Sinon, Bertrand Burgalat restera dans le temps et in-fine s'exportera (il le fait déjà) dans le monde- Alors qu'un Cali n'est qu'une gloire locale inexportable hors francophonie qui disparaitra-
Tricatel est un label qui peux voyager dans le monde et le temps - tout le monde ne peux pas en dire autant et comme disais un quidam lors de l'incendie de Rome par Néron, « l'histoire jugera“-
Nul n'est prophète..etc..
Bref on se bouge et on achète les productions Tricatel sur itune ou bientôt sur le site du label ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

13H21 | 04/09/2007 | Permalien

Comment peut-on écouter la musique de ce mec qui a été (entre autre) secrétaire general du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire de Malliarakis ? ? ? ?

Portrait de telex0102

De telex0102

13H36 | 04/09/2007 | Permalien

C'est vrai, il faudrait aussi s'empêcher de lire du Céline ou du Lovecraft…mais je n'en ai pas envie.

Portrait de etrun

De etrun

09H17 | 05/09/2007 | Permalien

Ah bon ? C'est vrai ? Un ex faf ?

Portrait de Courageux anonyme

De

16H11 | 16/10/2007 | Permalien

…Et alors les gens n'ont pas le droit d'évoluer ? ? ! ! ! Une connerie de jeunesse doit-elle forcément te coller à la peau ad vitam aeternam ? ?
A ce train là l'ex -décoré de la francisque vichyste Mitterrand n'aurait jamais été secrétaire général du PS, ni président de la république…

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