A chaque disparition, la coutume veut que l'on oublie les zones d'ombre de la vie d'un homme. Pourtant, lorsque celle-ci fut celle, très publique, d'un « grand serviteur de l'Etat », il est nécessaire de ne rien omettre. Le récit de la vie de Pierre Messmer, décédé mercredi à 91 ans, n'échappe pas à la règle. « Soldat » pour La Tribune, « Légionnaire » du gaullisme pour Le Figaro ou encore un « homme de combat » pour Le Monde. Il y a, dans toutes ces expressions, la marque de ce que fut Pierre Messmer, toute sa vie, avec résolution : un soldat de métier. Et ce, dans une période, la guerre froide, qui supposait parfois de mettre de côté certaines convictions humanistes.
Tirailleur, légionnaire, administrateur colonial…
Alsacien d'origine, Pierre Messmer fut soldat bien avant la guerre. Dès 1937, jeune diplômé de l'Ecole nationale de la France d'Outre-mer, il est nommé sous-lieutenant du 12e Régiment de Tirailleurs sénégalais. Quand survient la déroute de l'hiver 1939-40, il fait un choix courageux et minoritaire à l'époque, celui de Londres où il s'engage dans la 13e Demi-brigade de Légion étrangère. Cette unité occupe une place particulière dans la légende gaulliste. Elle est la première à incarner l'espoir de la reconquête contre les troupes du IIIe Reich en partant d'Afrique. Sénégal, Gabon, Libye, Tunisie, Londres à nouveau puis la Normandie et Paris où le capitaine Messmer entre en vainqueur le 25 août 1944.
La suite est moins connue. Promu commandant en janvier 1945, le jeune Messmer -il a alors 29 ans- choisit le front indochinois pour continuer le combat. Le 27 août 1945, il est parachuté sur le Tonkin et immédiatement capturé par le Viet-Minh. Il s'échappe au bout de deux mois de captivité. Une expérience traumatisante, après laquelle il retrouve le chemin de l'administration coloniale. Il passe alors cinq ans en Indochine, à Hanoï dans les arcanes du Haut commissariat. La suite figure dans toutes les biographies, comme celle établie par La Tribune :
« Administrateur du cercle de l'Adrar mauritanien (1950-1952), gouverneur de la Mauritanie (1952-1954), de la Côte d'Ivoire (1954-1956), directeur de cabinet du ministre de la France d'Outre-mer Gaston Defferre (1956), Haut commissaire de la République au Cameroun (1956-1958), en Afrique équatoriale (1958) et en Afrique occidentale française (1958-1959), Pierre Messmer joue un rôle primordial dans le processus de décolonisation douce qui voit la France se séparer sans drame de ses colonies africaines. »
Au Cameroun, la première opération de pacification en Afrique sub-saharienne
Je ne suis pas sûr que l'on puisse parler de « processus de décolonisation douce » en évoquant le passage de Pierre Messmer au Cameroun. Les bribes d'histoire filtrant depuis les pays Bassa et Bamiléké nous disent même exactement le contraire. Depuis 1955, la France fait face dans ce territoire administré sous tutelle de l'ONU à une rébellion de l'Union des populations du Cameroun (UPC) emmenée par Ruben Um Nyobé, fils de sorcier Bassa et syndicaliste proche des communistes. Officiellement interdite depuis un décret de juillet 1955, l'UPC entretient un climat de guérilla dans le pays. Attentats, actions de sabotage, assassinats… Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1956, pour appuyer son mot d'ordre de boycottage aux élections de l'Assemblée territoriale, elle opère une série d'attentats qui coûtent la vie à 96 « valets du colonialisme ». En Sanaga maritime, les opérations de vote sont suspendues, tandis que 80% des électeurs s'abstiennent à Douala.
Le Haut-commissaire Messmer va alors changer de stratégie. Au dialogue politique, il substitue une vaste manoeuvre contre-insurrectionnelle, directement inspirée de la doctrine de la « guerre révolutionnaire » théorisée en Indochine et appliquée en Algérie. A Paris, il rend visite au général de Gaulle, qui est alors en pleine traversée du désert, dans son bureau de la rue de Solférino :
« Je lui expose la situation au Cameroun, écrit Messmer dans ses mémoires, et la politique arrêtée par le gouvernement sur ma proposition. Il m'écoute attentivement et me répond par des généralités car il s'interdit alors de se prononcer sur l'action gouvernementale. Mais je comprends que, sur ce point précis, il n'y est pas hostile. »
Quelle est cette nouvelle politique ? Réponse de l'intéressé :
« Désormais, ma stratégie sera simple : ayant réussi à contenir la révolte de l'UPC dans son berceau du pays bassa, je l'y étoufferai. Et j'y parviendrai, remportant l'un des deux succès français de l'après-guerre contre des insurrections outre-mer (l'autre étant Madagascar). »
Pour mémoire, rappelons que l'insurrection de 1947 fit environ 40 000 morts.
Quadrillage et recensement
La suite ? Rien moins que la première opération de pacification lancée en Afrique sub-saharienne, selon les principes de la « guerre révolutionnaire ». Les manoeuvres sont racontées -un peu- par Messmer, mais surtout par un mémoire du commandant Jean Le Guillou, stagiaire de la 73e promotion de l'Ecole supérieure de guerre, « Une pacification réussie : la réduction de la rébellion upéciste en Sanaga maritime (Cameroun 1957-1958). » Le 9 décembre 1957 est créée la Zone de pacification du Cameroun (Zopac) : 7 000 km2 contrôlés par sept compagnies d'infanterie qui vont quadriller l'espace. « Ce découpage, écrit le commandant Le Guillou, s'adapte à peu près à celui des rebelles tel qu'on le connaît alors et se conforme naturellement à l'ossature du terrain. »
Le tout est articulé à un puissant appareil de renseignement mixte civilo-militaire, mêlant policiers, gendarmes et soldats, français et camerounais. Sans oublier des patrouilles de bons citoyens. L'état-major mixte a donc prévu, dans un premier temps, de séparer l'eau du poisson. Autrement dit, d'éloigner la population des principaux foyers de la rébellion. Pour cela, les soldats regroupent tous les habitants de la région autour des axes routiers dont l'armée est sûre de garder le contrôle. Ces villages sont gardés, entourés de palissades avec un mirador et pourvus d'une équipe de surveillance chargée d'alerter la troupe en cas d'attaque nocturne. A l'entrée, une liste des habitants recensés, quartier par quartier, foyer par foyer, liste tenue par les chefs traditionnels. Régulièrement, de nuit comme de jour, l'autorité fait l'appel des habitants, exactement comme dans n'importe quel camp de prisonniers. Dans certains villages, ils reçoivent une carte de recensement avec photographie qui sert à la fois de carte d'identité et de permis de circulation.
Traque et ralliement
A partir du 1er avril 1958, le remède devient une cure de choc. Le but : « Pourchasser inlassablement les formations rebelles, tandis qu'une action particulière de propagande incitera les maquisards à se rallier. »
La traque aux rebelles dans la forêt se déroule comme une partie de chasse : quatre à six hommes, un officier et un pisteur local. L'objectif consiste à désorganiser les liaisons de l'ennemi et surtout à créer un climat d'insécurité qui incite les séparatistes à abandonner la lutte armée. Dès le 7 juin 1958, le général Nyobé Pandjock, chef militaire de l'UPC, est abattu au « cours d'un raid monté sur renseignement ». Le 13 septembre, Ruben Um Nyobé est victime d'une opération similaire, son corps est immédiatement coulé dans un bloc de béton pour éviter d'avoir un martyr. Commence alors la phase de « ralliement » : journal destiné au milieux ruraux, « agents de propagande » dans les villages et séances de rééducation concoctées par les officiers de l'action psychologique.
Combien de victimes derrière cette ultime réaction du pouvoir colonial ? Dans un témoignage non démenti, Max Bardet (« OK Cargo ! “, Editions Grasset, 1988), ancien pilote d'hélicoptère français présent au Cameroun entre 1962 et 1964, avance comme bilan des bombardements au napalm effectués cette fois-ci en pays Bamiléké le chiffre de 300 000 à 400 000 morts. Tous les Camerounais savent que pendant les années 1960 et 1970, on exposait sur les marchés de la région les têtes coupées des maquisards de l'UPC. L'histoire reste donc à écrire.
Pierre Messmer ne verra pas la fin des massacres. Dès l'automne 1958, il a été promu à Brazzaville, Haut-commissaire pour l'Afrique équatoriale française. Il continue son ascension vers les sommets du pouvoir : ministre des Armées (neuf ans, un record sous la Ve République), Premier ministre (deux ans) et enfin, l'immortalité de l'Académie française.
La pacification camerounaise fut une politique d'Etat, et Messmer n'en est certainement pas le seul architecte. Mais si l'on évoque la figure de l'autorité, n'oublions pas sa face la plus dure, celle de l'exercice de la violence légitime de l'Etat. Violence dont tout homme d'Etat doit pouvoir un jour rendre compte devant l'Histoire.


























89
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De Ehim
21H03 | 30/08/2007 |
Vous avez oublié, dans votre historique de la 13ème DBLE l'épisode de Narvik. Mais ce n'est q'un détail de l'histoire. Messmer y était-il ?
Cela dit, voilà un beau parcours gaulliste qui montre aux nostalgiques du Grand Con comment se sont construites la grandeur et la décadence de l'Empire.
http://ehim.over-blog.com
à Ehim
De compte supprimé 13
21H12 | 30/08/2007 |
Messmer n'était pas à Narvik (13av40). Il n'est entré à la 13e qu'après avoir rejoint Londres en détournant un cargo.
C'était un soldat. L'Histoire jugera.
à compte supprimé 13
De
08H35 | 31/08/2007 |
Bravo9 Rue 89. Assez de cette presse à reluire (Libé inclus) ! Il faut voir comment Libé a ciré les pompes du meilleur économiste de France défenseur du collabo Papon.
à Ehim
De
07H03 | 31/08/2007 |
Le « Grand Con » vous a évité d'être un nazi ou un communiste monsieur Ehim.
Alviano
De Ehim
09H49 | 31/08/2007 |
Encore une erreur de jugement, Alviano. Une de plus.
Si la Résistance n'avait pas existé, nous serions sous domination américaine ou la France serait devenue une colonie anglaise. Mais certainement pas nazie ni communiste.
Et puis cessez de commenter les commentaires des uns ou des autres pour les embarquer dans d'interminables polémiques stériles qui n'intéressent personne. Les gens sont assez grands pour juger sans vous de la valeur des commentaires. Et ils peuvent voter pour ou contre.
Si vous tenez absolument à vous faire remarquer, essayez de le faire de manière intelligente. Commentez plutôt les articles, ou essayez …
à Ehim
De
10H17 | 31/08/2007 |
Petit prétentieux. Ca aussi c'est stérile mais ça fait du bien.
à Ehim
De
10H31 | 31/08/2007 |
Je vous dispense bien volontiers de me prodiguer vos conseils monsieur Ehim, je ferais comme je l'entends.
Si ça vous plait tant mieux si ça ne vous plait pas tant pis.
Il est hors de question de laisser qualifier Charles De Gaulle de « grand con » sans réaction, je suppose que vous considérez que c'est un commentaire d'article « intelligent », moi je considère que c'est assez « petit » - sans mauvais jeu de mot.
Alviano
De
09H54 | 31/08/2007 |
Un nazi ou un communiste ? Ou pourquoi pas un islamiste ? Ou pire un sarkozyste !
De
10H32 | 31/08/2007 |
Pourquoi pas n'importe quoi ?
Alviano
De
11H02 | 31/08/2007 |
Je me posais la question de savoir jusqu'à quand pourrait durer la discussion ( si on peut appeler çà une discussion, pour moi traiter le Général de « grand con » est un phénomène de mimétisme par rapport à celui qui l'a dit) sans qu'un maniaque vienne la ramener avec Sarko ! Vraiment cette manie de le mêler à n'importe quoi ! Est-ce une nouvelle maladie que cette sarkomania ? Pendant ce quinquenat, les psychiâtres auront du boulot ! Et si le quinquenat double, alors là, les asiles seront pleins !
Mon-Al
à Ehim
De
10H48 | 31/08/2007 |
ARTE et la Télévision suisse Romande ont récemment produit un documentaire éloquent sur ce sujet : « l'assassinat de Félix Moumié, l'Afrique sous contrôle » réalisé par Frank Garbély.
Moumié, leader de l'UPC a été empoisonné à Genève en 1960 par les services secrets français. Le réalisateur interroge des témoins de l'époque (dont Mesmer) et évoque la répression et la mise au pas au Cameroun (où il est désormais interdit de séjour).
A voir. Plus à la TV malheureusement vu qu'il a été diffusé une fois l'année dernière vers minuit.
De
17H01 | 31/08/2007 |
Cameroun, Gabon, Togo… tous ces pays qui doivent tant à nos hommes politiques, hauts fonctionnaires et serviteurs de l´Etat… promis à une si brillante carrière.
www.lyonenfrance.blogspot.com
De
18H53 | 31/08/2007 |
A propos, ce Charles Debbasch, père du recteur de Lyon… est ce qu´on peut savoir si il a été poursuivi pour ses actions au Togo, si il est définitivement condamné dans l´affaire Vasarely ? En fait rien n´est très clair parce qu´il semble écrire beaucoup et sa biographie est régulièrement épurée et fait l´objet d´une polémique sur Wikipedia.
De
21H13 | 30/08/2007 |
Merci !
De
21H16 | 30/08/2007 |
Un exemple du rôle positif de la colonisation ?
De
21H27 | 30/08/2007 |
Putain, entre l'article sur mère térésa et celui sur messmer, vous faites fort ! ça change de la presse chiante. merci ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
De Gérard Gastaud
Photographe à Paris | 21H22 | 30/08/2007 |
Il serait bien d'evoquer le role de Messmer dans les essais nucleaires, au Sahara. De nombreux appeles qui ont ete malades a cause des radiations, ont tente par la suite d'amener en vain, ce scandale devant la justice.
à Gérard Gastaud
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 22H10 | 30/08/2007 |
D'accord avec vous, l'affaire des irradiés du Sahara est passionnante à bien des égards. Nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir, car elle vaut plus qu'une simple mention.
à David Servenay
De
17H47 | 01/09/2007 |
Et le fait qu'il est détalé comme un lapin, et ai laissé s'irradier nos hommes. (voir excellent reportage sur la 5ème)
Un fils de militaire irradié !
De
21H33 | 30/08/2007 |
Un article loin de publi presse de Stephem Smith ….
Le Cameroun deviendra indépendant en 1960 comme la majorité des pays d'Afrique francophone apres que la France ait nettoyée ceux-ci des intellectuels (en majorité gauchiste a l'époque) pour y mettre a leur tete leur hommes parfois sans aucune volonté. d'emancipation D'ailleurs les anglais en ont fait pareil avec les panafricains le Ghana avec Kwame Nkrumah étant l'exception.
La suite on la connait avec les officines, Foccart, le Mitterand, etc …..et maintenant.
De Olhiver
22H02 | 30/08/2007 |
Effarant.
Merci pour la remise à l'heure.
De
22H04 | 30/08/2007 |
Puisque nous en sommes aux rappels, souvenons-nous aussi que Pierre Messmer fut l'artisant de la caldochisation massive de la Nouvelle-Calédonie, c'est-à-dire de l'intensification dans ce pays d'une colonie française de peuplement, afin de rendre les Kanaks minoritaires dans leur pays et d'empêcher l'indépendance.
Les Kanaks aussi se souviennent de Messmer !
De
22H27 | 30/08/2007 |
Pourquoi ne pas parler du drame des Harkis désarmés sur ses ordres, des Pieds-Noirs massacrés à Oran le 05/07/62 devant l'armée française qui ne bougeait pas ? Et des officiers français punis pour avoir ramené des harkis et leurs familles en métropole… Les zônes d'ombres sont trop nombreuses chez ce personnage entré par chantage politique à l'Académie Française
De
00H14 | 31/08/2007 |
Vous confirmez ce que je viens d'entendre dans mon cercle familial à propos d'un certain Pierre Mesmer qui aurait ordonné de renvoyer en Algérie les harkis (combien ? ) qui étaient parvenus à Marseille en compagnie des troupes françaises rapatriées. Cet homme était d'une grande d'humanité.
De
07H00 | 31/08/2007 |
Merci de soulever les vraies questions, ce personnage
merite qu'on s'attarde sur une tache qui souille la France, les H A R K I S, des français valeureux.
De
22H36 | 30/08/2007 |
A propos des essais nucléaires au Sahara et en Polynésie, un certain nombre de dossiers archivés auraient été « rachetés » par P.Messmer.
Si la loi Française autorise cette pratique, c'est en tout cas une excellente manière de faire disparaître des preuves compromettantes.
De David Servenay (auteur)
Rue89 | 22H56 | 30/08/2007 |
Pouvez-vous sourcer cette information ? Que signifie des dossiers « rachetés » ? Je n'ai jamais eu vent de ce genre de pratique, surtout que l'armée a jusqu'à l'an dernier soigneusement opposé le secret-défense sur toutes les données médicales des 150 000 militaires et civils ayant eu un contact avec les sites nucléaires, au Sahara et en Polynésie.
Dans ces conditions, je ne vois pas bien l'utilité de faire disparaître des « preuves compromettantes ». Si vous souhaitez nous en dire plus, hors forum, utilisez le formulaire contact@rue89.com
Merci.
à David Servenay
De moanaura walker
07H49 | 31/08/2007 |
j'ai eu cette information lors d'une conférence donnée il y a 10 ans par mr Jean-Marc Régnault professeur d'histoire à l'université de Polynésie, le thème portait sur le transfert des essais nucléaires vers le pacifique suite à l'accession de l'algérie à son indépendance, ce monsieur a également écrit quelques livres sur la situation politique en Polynésie française.
De par les postes de ministre qu'il occupait vers les années 60-70, P.Messmer était l'un des artisans de l'installation du CEP (centre d'expérimentation du pacifique).
mais je suis désolé de ne pouvoir en dire plus sur cette curieuse procedure d'achat d'archives à titre personnel.
De puerta13
22H48 | 30/08/2007 |
R89 ! Si tu savais comme je t'aime…
De galeazzo
22H50 | 30/08/2007 |
Bonsoir,
Serait-il possible que Rue89, en temps utile, nous dise si l'ambassadeur du Cameroun a assisté à l'enterrement du sus-dit ?