La nouvelle suscite un certain émoi. Mère Teresa de Calcutta doutait cruellement de l'existence de Dieu.

Dix ans après la mort de celle-ci, plus de quarante de ses lettres, jusqu'alors tenues secrètes, ont été divulguées. Le grand public devrait en prendre connaissance dans un livre à paraître dès cette semaine aux Etats-Unis, et dont le magazine américain Time vient de donner de larges extraits.
Décédée en 1997, la » Madre » sentait sa foi défaillir : » Je regarde et je ne vois pas ; j'écoute et je n'entends pas. » Elle écrivit un jour :
» Où est ma foi ? Tout au fond de moi, où il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité… Je n'ai pas la foi. »
Béatifiée en 2002, Mère Teresa pourrait être canonisée comme grand mystique. Le postulateur de la cause, le Père Brian Kolodiejchuk, a été profondément troublé par ces lettres. Il était lui-même un proche de la religieuse et ne se serait jamais douté, pas même un instant, de ses tourments. » Je n'ai jamais lu la vie d'un saint où le saint vivait dans une obscurité spirituelle si intense » , confie-t-il à Time.
Ces révélations ne s'opposent pas pour autant à l'avancée de la cause de Mère Teresa. En effet, des doutes lancinants, même aussi intenses, ne constituent pas un péché puisqu'ils ne sont pas volontaires, enseigne la théologie romaine. Au contraire, ils sont souvent considérés comme l'expression redoutable d'une épreuve mystique propre à des âmes vraiment exceptionnelles et très avancées dans la vie spirituelle.
On peut évoquer la nuit de la foi de Saint Jean de la Croix (1542-1591) ou de Thérèse d'Avila. On peut également songer à la petite Thérèse de Lisieux, qui était convaincue d'avoir perdu la foi, et qui est aujourd'hui docteur de l'Eglise !
Les tourments secrets de la Mère de Calcutta ne rassureront pas les fidèles, mais sont comme un camouflet à ceux qui présentent la foi de façon trop arrogante.
» Si un jour je deviens une sainte, je serai sûrement celle des ténèbres »
L'avancée de la cause de Mère Teresa peut rencontrer d'autres obstacles. Il existe en effet à Rome un soupçon selon lequel la religieuse albanaise aurait considéré les autres religions comme canaux de grâce et de salut, et aurait minimisé le caractère exclusif de la vérité chrétienne.
Du vivant même de la religieuse, le cardinal Pietro Palazzini, qui avait justement été préfet de la Congrégation pour les causes des saints, ne faisait pas mystère de ses réticences.
Si cela se confirme, une accusation de » relativisme » au sujet des religions non chrétiennes pourrait lui valoir bien plus d'ennuis post mortem que l'évocation de ses doutes. Il faut savoir que la Curie romaine s'opposa toujours avec la dernière énergie à l'élévation au cardinalat de Monseigneur Henry D'Souza, archevêque de Calcutta et proche ami de la religieuse, accusé de relativisme dans le champ interreligieux.
En tout cas, Mère Teresa écrivait en 1982 :
» Si un jour je deviens une sainte, je serai sûrement celle des ténèbres, je serai continuellement absente du paradis. »
Plus que de simples moments de doute, un malaise récurrent
La quarantaine de lettres, dans lesquelles la religieuse ouvre son coeur, permettent d'exclure la simple crise spirituelle passagère, la simple dépression face aux difficultés et aux tensions que traversait son ordre des Filles de la charité. Mère Teresa était torturée par le doute de façon récurrente, sinon continue.
Ce sont des lettres que la religieuse n'aurait pas voulu voir diffusées au grand jour. Elle avait en effet demandé la destruction de sa correspondance. L'autorité ecclésiastique s'y est opposée, sans doute justement en prévision du procès en canonisation.
Ces lettres établissent que durant au moins un demi-siècle de sa longue vie, Mère Teresa ne ressentait plus la présence de Dieu. Dieu était absent et laissait la place au grand vide. Aussi bien dans son coeur que dans l'eucharistie.
Pendant un demi-siècle, la religieuse a vécu dans un état intense et tragique de déréliction spirituelle, et même de vraie détresse. Elle parle volontiers de » torture » intérieure. Elle compare son expérience à celle de l'enfer et se sent gagnée par l'inquiétude, au point de ne plus croire au ciel, ni même à Dieu. Son sourire, dit-elle, n'est qu'un » masque » . Plus encore, elle se sent hypocrite, n'éprouvant aucun amour pour Dieu. L'historien jésuite James Martin, spécialiste éminent de la vie des saints est lui-même étonné et déclare n'avoir jamais lu l'histoire d'un saint avec de tels tourments intérieurs, et sur une si longue durée.
Une forme particulière d'auto-destruction narcissique
Le Père Brian Kolodiejchuk, postulateur de la cause, aussi bien que le Père James Martin notent que le fait de ne pas sentir la présence du Christ ni l'amour à son endroit ne veut pas dire qu'il ne soit pas présent et qu'on ne l'aime pas. Au contraire, cette sécheresse intérieure si douloureuse est le signe d'une vie mystique intense et donc de sa présence mystérieuse.
Des psychanalystes devinent en elle une forme particulière d'auto-destruction narcissique contre-balancée avec un certain succès par son contraire : une offrande positive et » affirmative » aux autres lui assurant une survie à long terme mais sans lui éviter un déchirement épouvantable. Les plus chrétiens parlent d'une humilité inconsciente. D'autant plus que son succès médiatique et sa notoriété mettaient cette humilité à fort rude épreuve.
Son tourment connut une parenthèse plus sereine de cinq semaines en 1958, comme une pause miséricordieuse accordée par le Seigneur avant de nouveaux tourments.
Le Docteur Richard Gottlieb, professeur à la société de psychanalyse de New York, livre une analyse assez fine et convaincante de la personnalité de mère Teresa. Il y avait en elle une profonde tendance à la démesure : » Je veux aimer Jésus comme personne ne l'a jamais aimé auparavant. » Une sorte d'incapacité à accepter ses propres limites et ses propres faiblesses empêchait Mère Teresa de trouver la paix. Il y avait en elle une sorte de déséquilibre, de perfectionnisme absolu, qui lui rendait impossible un chemin d'acceptation de soi et explique les oscillations entre des ambitions exaltées sans limites et des crises de profond découragement, de désespoir et de haine de soi (comment accepter sa propre humanité dans une telle perspective ? ). Si cette analyse se révèle juste, c'est une pierre jetée dans le jardin de la théologie spirituelle.
Un certain dédoublement de la personnalité
Il y a certainement des figures spirituelles humainement épanouies, mais un sens de la perfection qui ne serait pas tempéré fait de la vie intérieure d'une personne un tourment intérieur parfois dévastateur. Cette névrose de perfection surdétermine la rhétorique chrétienne de la culpabilité et de la faute, de l'humilité et de l'humiliation.
Paradoxalement, elle n'empêche pas des fruits extérieurs multiples et admirables, mais au prix d'un certain dédoublement de la personnalité, entre une face offerte à tous, souriante et sereine, et un arrière-fond douloureux et même perpétuellement crucifié. Elle était en permanence obsédée par le péché et les ténèbres. Cet aspect indubitablement névrotique (de grands saints ont été névrosés, à commencer par Thérèse de Lisieux ! ) n'explique cependant pas tout : nous entrons de plain-pied dans une dimension » théologale » qui va bien au-delà de ce qu'un état spirituel peut avoir de profondément malsain.
La lumière de la foi relève sans doute d'un clair-obscur plus que d'un éblouissement. L'entrelacs subtil et mouvant qui tisse l'expérience spirituelle peut sans doute associer des éléments très contrastés et sans doute contradictoires à bien des égards. Cette complexité de l'esprit humain, surtout lorsqu'il s'agit de personnalités d'exception comme l'était sans l'ombre d'un doute Mère Teresa, nous interdit tout jugement rapide, tout diagnostic simpliste, tout portrait superficiel. La coexistence en nous d'opposés est peut-être ce qu'il y a en nous de plus humain.

A lire :
Les manques de jugement d'une sainte
Retour sur la pensée tourmentée de Mère Teresa.


















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De
18H14 | 30/08/2007 |
Paix à son âme
De
18H17 | 30/08/2007 |
Pourquoi faire écrire Golias sur Rue 89 ? Vous nous aviez habitués à moins de partis pris. C'est dommage.
De Pascal Riché 7
Rue89 | 21H11 | 30/08/2007 |
Golias, c'est « l'empêcheur de croire en rond », une approche qui nous plaît plutôt. Même si notre rue est 100% laïque, l'actualité de la religion nous intéresse.
(Lorsqu'on demandait à Maurice Clavel si des athées pouvaient s'intéresser à la religion, il répondait avec justesse, et drôlerie : « pas besoin d'être un cheval pour jouer au tiercé »).
à Pascal Riché
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 06H52 | 01/09/2007 |
Un vrai chrétien devrait faire le bien et fermer sa gueule.
http://www.nouvellesociete.org/5116.html
Pierre JC Allard
à Pascal Riché
De
14H00 | 05/09/2007 |
Golias, plus qu'un « empêcheur de croire en rond », c'est surtout la figure médiatique de l'insider qui débine, quelqu'un qui « fait église »… tout seul. Une figure qui plait beaucoup, que ce soit dans l'Eglise ou en politique. Quand le membre d'un « camp » commence à dauber sur les siens, les medias trouvent ses propos si intéressants…
Arrive-t-il seulement à Golias et à son directeur de se montrer positifs ? On ne les entend que lorsqu'ils remuent la boue…
Au passage, Christian Terras pourrait faire l'effort de se référer au véritable texte de Mère Teresa, même si la presse l'a bêtement tronqué.
Voir l'article de Time, et sa traduction.
« If I ever become a Saint — I will surely be one of “darkness.” I will continually be absent from Heaven — to [light] the light of those in darkness on earth, »
« Si un jour, je deviens une sainte, je serai sûrement celle des “ténèbres”, je serai continuellement absente du paradis pour éclairer la lumière de ceux qui sont dans l'obscurité sur la Terre »
Les lettres étant inédites à ce jour et Time étant le premier à en publier des extraits, la recherche eût été judicieuse, car elle apporte du sens. Je n'ai toujours pas été convaincu, à ce jour, que ce soit véritablement la motivation de Christian Terras.
De lucky_luke
informaticien | 18H27 | 30/08/2007 |
Une grande névrosée dont l'amour pour les hommes n'était pas très catholique ?
« Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance. » disait-elle ! ! !
De même elle prenait parti contre la « théologie de la libération »
Voir l'article qui suit :
http://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/HITCHENS/7400
à lucky_luke
De jul.f
20H10 | 30/08/2007 |
>« Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance. » disait-elle ! ! !
cette jolie phrase resume bien (une partie) de ce qui ne va pas dans le catholiscisme
à lucky_luke
De
07H44 | 31/08/2007 |
« Des psychanalystes devinent en elle une forme particulière d'auto-destruction narcissique contre-balancée avec un certain succès par son contraire : une offrande positive et “affirmative” aux autres lui assurant une survie à long terme mais sans lui éviter un déchirement épouvantable. »
…des psychanalystes qui « devinent » ? c'est assez intéressant aussi ! non ?
…Le Christ aurait été également « deviné » comme un sujet auto-destructeur ?
…Ne pouvons-nous pas à la fois « espérer » , « donner » , et « douter » ? Il me semble intéressant de souligner que le doute peut amener vers une espérance , qu'elle soit Christique ou Bouddhiste …. Aussi , qu'est-ce que le Nirvana ? la destruction de la « flamme » …
Destruction…les pratiquants Bouddistes seraient ils tous « atteints » par l'auto-destruction ?
Ou bien , le « pratiquant » cherche-t-il tout simplement une voie de mieux-être ? pour lui même et pour l'humanité ?
Alors , Mère Térésa était elle en chemin ? avec ses propres doutes , ses peurs , sans doute…
Je n'aime pas ces clichés de « psy » qui ne font pas avancer la réflexion.
jean-yves METAYER
MEMBRE DU CONSEIL DE L ASSOCIATION EUROPEENNE DE PSYCHANALYSE
De
09H57 | 31/08/2007 |
que des questions et pas une seule affirmation - sauf celle qui dit que tu n'aimes qu'on parle de toi : pas de doute, tu es bien psychanalyste !
…et le titre ronflant en majuscule ? t'en déduis quoi ?
De
18H33 | 30/08/2007 |
Les Cathares avaient sans doute raison.
Eux qui disaient : comment un ETRE de bonté a t » il put créer le mal ? .
Pourquoi, ne parle t » il pas ? .
De
19H19 | 30/08/2007 |
De T.Flaman, Montréal
Il parle, c'est clair qu'il parle.
Mieux : il nous fait parler. Mais, savons-nous seulement percevoir et distinguer sa voix de notre inextricable imbroglio acoustique ? Et une fois que nous avons entendu, quel choix faisons-nous et pourquoi ?
Ma réponse peut vous paraître vague. Mais j'ai l'impression que de divulguer ma foi dans notre contexte socitéale passe toujours pour du prosélytisme malvenu.
De
08H53 | 31/08/2007 |
Je suis, monsieur, un homme de foi et qui doute. Mon doute vient beaucoup de ceux et de celles qui parlent en Son nom. Alors, s'Il parle, si c'est clair c'est bien Lui qui parle il ferait mieux de fermer sa gueule.
De
13H34 | 31/08/2007 |
Votre réaction est un peu étrange. Comme une sorte de piège. « Pourquoi ne parle-t-il pas ? Ah oui, il parle ? Hé bien, qu'il ferme sa gueule ! ».
Vous dites que votre doute vient de ceux et celles qui parlent en Son nom, mais vous terminez en disant que Lui devrait fermer sa gueule. Honnêtement, ce n'est pas d'une cohérence absolue. Qu'en pensez-vous ?
Êtes-vous fâché avec Dieu ?
De
16H35 | 31/08/2007 |
Ce n'est pas à moi que vous posez la question mais j'y réponds quand même : oh oui, Il parle mais Il parle bas pour que nous tendions l'oreille.
Je vous assure qu'Il parle, et ça fait (tant pis si l'on se moque) comme un petit grelot joyeux à l'intérieur de soi. Mais après Il dit que l'entendre ne suffit pas : il faut que l'on agisse, même humblement selon nos capacités, un sourire, un geste… et puis, à force de s'exercer…
Un peu comme le tennis, en somme. Nous ne serons pas tous des Noah mais on peut devenir de bons joueurs du dimanche. Il faut s'exercer.
De
21H20 | 31/08/2007 |
le petit grelot intérieur et joyeux me fait bien rire. En tout cas elle ne l'entendait pas souvent semble-t-il, elle qui fréquentait plutôt des enfants grelottant de faim tristement dans ses ténèbres à elle.
« Je vous assure qu'Il parle, et ça fait (tant pis si l'on se moque) comme un petit grelot joyeux à l'intérieur de soi. Mais après Il dit que l'entendre ne suffit pas : il faut que l'on agisse, même humblement selon nos capacités, un sourire, un geste… et puis, à force de s'exercer… »
C'est exactement ce genre de phrase qui me fait douter de l'existence d'un Être capable de créer « à son image » ( ! ) des hommes s'exprimant de la sorte.
C'est Cioran qui disait « Dieu doit tout à Jean Sebastien Bach ». C'est sûr.
De JRCW
07H16 | 31/08/2007 |
Je ne peux qu'approuver ces questions et j'aimerais avoir des réponses.
à JRCW
De
08H01 | 04/09/2007 |
Des réponses, à quoi exactement ? Puis-je vous aider ?
Il y a 2 jours j'ai rencontré un homme dans mon quartier qui voulait des réponses à certaines questions spirituelles. Mon plaisir et surtout mon devoir de donner les réponses qui se trouvent dans la Bible, aucun mots de mes pensées ou déductions. L'ajoute que oui, il faut faire comme on entend.
De Rayves
Retraité en Provence | 18H40 | 30/08/2007 |
Les papes, engoncés dans leurs certitudes et repus dans l'opulence de leurs palais, sont sans doute moins sujets au scepticisme. Ils sont l'antithèse des mère Theresa et des abbé Pierre et la honte de l'église.
à Rayves
De JRCW
07H26 | 31/08/2007 |
Entièrement d'accord avec vous.
Amicalement
De
18H49 | 30/08/2007 |
Explication hagiographique d'un côté (le doute comme ultime épreuve d'un saint), psychologique de l'autre….
Et si mère Thérésa n'était pas tout simplement devenue athée au fil des années… son malaise était peut-être alors dû à sa difficulté de l'accepter, du fait de ses origines culturelles, de sa stature sociale et médiatique. De ses attentes vis-à-vis d'elle même, des attentes des autres telles qu'elle se les représentaient.
De leo.artaud
21H25 | 30/08/2007 |
On ne devient pas… On naît athée !
Au mieux, dans sa vie, on retrouve la raison.
à leo.artaud
De
21H50 | 30/08/2007 |
Alors là, je ne suis pas du tout convaincue de l'innéisme de l'athéisme !
J'ai dans l'idée que le plus fervent athéisme nait d'une volonté de croire en Dieu qui à force de s'exercer et de vouloir se manifester dans l'action, se heurte à la raison : « Hors de l'homme, point de Salut » !
Ena
De
09H49 | 31/08/2007 |
donc un athé croit en dieu, c'est ça ?
quelles circonvolutions !
De
12H54 | 31/08/2007 |
Pfff…je ne connais pas grand monde qui n'ait pas voulu croire un jour en Dieu.
Bon bref : plus on agit (concrêtement) au nom du Bien, plus on a la possibilité de réaliser que l'on agit qu'en son nom propre !
Et ça c'est juste mon propre avis personnel à moi…c'est pas une vérité !
Ceci dit, ça veut dire quoi circonvolutions ?
à leo.artaud
De
10H43 | 31/08/2007 |
Curieux d'allier l'irrationnel a la raison …..serait ce celle du plus fort ?
De
14H58 | 31/08/2007 |
Sans oublier que le doute est la plus grande source de création. Merci de votre réponse nuancée offerte à tous !
De
19H00 | 30/08/2007 |
Jesus lui meme n'a t il pas dit
« Pere pourquoi m'as tu abandonné »
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H17 | 30/08/2007 |
Jésus lui même n'a t'il pas dit
« Père pourquoi m'as tu abandonné ? ».
A ce qu'il parait , son pater n'a pas apprécié du tout les paroles du fiston.
Illico presto , il a fait rédiger un nouveau testament !
à Charles Mouloud
De ena22
22H01 | 30/08/2007 |
C'est bien joli de faire le …Malin !
Pouvez vous nous donner le nom de son nouvel héritier ?
Ceci dit, je vous salue, Charles Mouloud… ; ))
De sumacel
18H52 | 30/08/2007 |
Pourquoi faudrait-il s'émouvoir de ces doutes ? Il me paraît parfaitement sain, lorsque l'on est plein d'une absolue certitude, d'en douter parfois, voire souvent, afin de considérer cette certitude sous un angle nouveau. C'est une démarche scientifique. Mais la foi, pourra-t-on objecter, ne s'appuie sur rien de scientifique. Soit. Mais alors ? L'histoire comme l'enseignement catholiques (puisque c'est de catholicisme qu'il s'agit), regorge de personnages ayant douté de leur foi, à un moment ou l'autre, et de manière plus ou moins intense, voire durable. Jésus lui-même, avant d'accepter son sort, s'en est pris à Dieu (qu'il est par ailleurs lui-même dans la doctrine chrétienne) : « Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
Ceci posé, il faut bien admettre que s'il est une doctrine particulièrement propice à générer le doute, c'est bien le catholicisme, ses dogmes absurdes et ses croyances imbittables.
Il est déjà bien difficile de croire en Dieu, alors y ajouter des concepts aussi peu abordables que le dieu en trois personnes (dont les deux dernières apparaissent tout d'un coup d'un seul, au milieu de l'histoire), d'un pape infaillible qui ne fait rien d'autre, à travers les siècles, que contredire son prédécesseur, de l'immaculée conception d'une vierge qui enfante, et j'en passe, ce n'est tout de même pas très malin. En tous les cas, douter, en l'occurrence, reflète une certaine clairvoyance d'esprit.
Décidemment, Mère Térésa était quelqu'un de bien.