
A l’appel de la Centrale unitaire des travailleurs et de dix-huit autres syndicats, plusieurs centaines de milliers de personnes à travers tout le pays ont tenté de manifester mercredi pour protester contre le modèle économique néolibéral suivie par la présidente socialiste Michelle Bachelet.
Mais les défilés ont été sévèrement réprimés par les forces de l’ordre, qui n’ont pas hésité à utiliser gaz lacrymogènes et canons à eau pour disperser la foule, pourtant pacifique, des manifestants.
Le sénateur socialiste Alejandro Navarro, présent auprès des manifestants Plaza Italia, à l’entrée du centre de Santiago, a notamment été frappé par un policier sur la nuque avec » un objet contendant » , alors qu’il discutait avec des syndicalistes. Alejandro Navarro a été attaqué par derrière, comme l’a montré des images diffusées par la télévision chilienne. (Voir la vidéo.)
L’auteur de cette agression a été identifié, grâce à ces images. Le sénateur a demandé l’ouverture d’une enquête. Le visage en sang, il a expliqué :
» C’est lamentable. La violence ne vient ni des manifestants ni des syndicats. Le gouvernement a fait une erreur en ne donnant pas d’autorisation pour cette journée de protestation. Les gens ont gagné le droit de manifester en luttant contre la dictature. »
Récemment, la Présidente a expliqué qu’elle » ne comprenait pas que l’on puisse questionner la vocation sociale de son gouvernement, ni les avancées qu’elle a dores et déjà obtenues » . Mais le refus des autorités de permettre ces marches pacifiques laisse perplexe, alors que le propre parti de la Présidente (le parti socialiste) soutenait les manifestations.
Manuel, 35 ans, présent Plaza Italia lors du rassemblement, a voté pour Bachelet, comme l’immense majorité des manifestants. » On a voté pour elle, et elle ne nous laisse pas manifester. Pire, elle nous envoie les carabiniers et leurs canons à eau. »
Les mouvements populaires sont systématiquement réprimés par la police. Carlos Alvarez, journaliste, explique ainsi le comportement du gouvernement :
» Le traumatisme des années 70 et du mouvement populaire de l’époque est encore très présent, et les ‘gouvernements de la Concertation’ ont peur des manifestations. »
Paradoxe de taille dans ce pays qui n’en est plus à une contradiction : la Présidente, socialiste, est critiquée par ses propres électeurs, qui lui reprochent de maintenir » un modèle économique dévastateur » , selon une manifestante.
Un salaire minimum éthique, de 350 euros (contre 200 euros actuellement), une assurance chômage, une réforme du droit du travail et des négociations plus équilibrées avec les entreprises : les revendications sont multiples.
Les manifestants demandent ainsi la création d’un Etat plus juste, plus social. Et une remise en cause du modèle néolibéral. » On ne peut plus accepter que lors d’une grève, le patron ait le droit d’embaucher des travailleurs remplaçants pour prendre la place des grévistes » , tonne un dirigeant syndical.
En fin de journée, on dénombrait plus de 500 000 personnes dans les rues du Chili, et près de 650 manifestants arrêtés, dont quatre d’entre eux seulement seront poursuivis par la justice.










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@ Courageux anonyme de 20h57
Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre comme conneries (à propose de Mai 68) !
Franchement, vous n’êtes pas fatigué de les sortir, ces pauvres clichés éculés, rabâchés à l’envie (« révolution de bourgeois », « émeutes de sales gosses » …) ?
M’étonnerait que vous y ayez participé, vous, à Mai 68. Moi, oui. Et vous pouvez aussi aller voir ça, à l’occasion.
« Revolution de bourgeois », pfff… il y a des fessées qui se perdent !
Merci Yéti,vous avez calmé mes grincements de dents!(même si je n’avais que 9 ans en 68)
quand des élu(e)s qui se réclame du socialisme font une politique de droite, ça coince. On connait, non ? L’importance de la réponse, c’est juste une question de degré par rapport aux difficultés du pays et de l’espoir créé par cette élection. Chez nous, les membres du PS ont compris et nous sabrent même l’espoir.
Car quand on nous présente la sociale démocratie (2 mots galvaudés d’ailleurs) comme seule alternative à gauche, ça bloque au niveau de ceux qui ont besoin d’une véritable alternative politique à celle du marché, de la précarisation (même matinée de mesurettes trompe l’oeil) , de caste.
C’est un gouvernement socialiste qui le premier a envoyé les CRS sur les Infirmières en grève…
Un autre monde devrait être possible, non ?
Margaret Thatcher a engendré Tony Blair, qui a plus fait en 10 ans pour détruire la sociale démocratie et l’Europe des peuples, qu’aucun homme de droite avant lui. Pinochet nous donne Michelle Bachelet, présidente socialiste, paraît il, du Chili.
Lorsque la sociale démocratie perd tout sens des réalités économiques et sociales, rien ne la différencie de la droite, même pas le fait d’inderdire les manifestations des salariés!
Salavador Allende doit se retourner dans sa tombe, quelle honte pour tous les modernes sociaux démocrates de Giddens à Mendelsohn le corrompu, de P. Lamy au futur Directeur général du FMI DSK, qui aura tout loisir de poursuivre la mise en place de la mondialisation libérale: le choâge au nord et la réapparition de la pauvreté, la misère exploitée sans limite au Sud, une poignée de dirigeants actionnaires et leurs hommes politiques qui s’enrichissent de manière éhonté au Sud comme au Nord, ah qu’elle est laide la mondialisation heureuse de Minc le petit.
Jean Bachèlerie
Comme quoi il ne suffit pas à Bachelet de chanter « les corons » pour séduire le peuple !
Elle aurait du tenter avec: »Eh ! Manuel ! »:
« …Mélodie d’amour chaannteu le corps des manuels … » , les ouvriers auraient mieux appréciés !
Et si, et si… et si on pouvait refaire l’histoire? (Comme dans nos manuels scolaires)
Moi je métonnait du silence de Royal, pendant la campagne, sur la politique de Bachelet…
tu m’etonne comme le silence sur les relations internationnales concernant l’affrique qui de droite comme de gauche snt pouries jusqu’à la moelle ^^
Je souhaite bon courage aux chilliens avec l’espoir que les pays « riche » ne soutiendront pas (comme dans bien des cas) la dictature pour des pitoyables interet économiques ^^
C’est que cela et le doit sur une situation qu’on vit mais qui est loin d’être aussi extrême… Que voulez vous ? Aucun parti n’est parfait, le PS peut être même moins que les autres ^^
Un vent socialiste fort souffle en Amérique Latine. Une présidente se réclamant du socialisme ne peut l’ignorer. Si elle envoie la police contre des manifestant pourtant pacifiste, l’explication la plus logique est qu’elle a les mains liés par les rennes de l’économie.
Le mot « politique » renvoie ethymologiquement aux « affaires de la cité ». Elle a été élue sur un programme socialiste dont elle ne respecte pas certains fondamentaux. Est ce une usurpatrice? une marionnette?
Le peuple peut et doit avoir le dernier mot.
500000 personnes qui s’expriment ça pese dans un pays non?
La question que je me pose enfin est: En France, y aura t’il encore des mobilisations significatives pour faire pencher la balance en faveur du peuple? Ou la désinformation, le noyautage et l’intoxication nous priveront ils de cet ultime contre pouvoir?
Hasta la victoria siempre y claro
Cher courageux anonyme de 15h43,
Les troubles sociaux qui se produisent au Chili sont surtout lié a l’extrème précarité dans laquelle se trouve une immense majorité du peuple chilien aujourd’hui. Et la proposition de quasiment doubler le salaire minimum, qui vient non pas d’un bastion du communisme mais de l’Eglise chilienne, se situe plus sur un plan moral que économique. Comment tolérer que les gens travaillent pour un salaire qui ne leur permet pas de nourir leur famille ? Il n’y a rien d’absurde dans cette proposition, au contraire, l’augmentation des salaires pourrait relancer l’économie interne et faire en sorte que le Chili n’aille pas bien que macro économiquement, mais aussi micro économiquement.
Pour le droit de grève, je vous laisse à vos lubies (le pic-nic ?), en espérant que vous n’aurez jamais besoin de faire grève dans un pays comme le Chili. Alors seulement peut-être comprendrez vous l’importance d’une loi du travail qui empèche le remplacement des grévistes. A-t-on tout oublié depuis Germinal ? Le droit de grève est un acquis du peuple, et ce ne sont pas des patrons voyous, que seul la richesse motive, qui auront le droit de le supprimer.
Arrêter de tout mettre sur le dos du libéralisme ? Mais comment, alors que c’est ce système qui broie l’homme ? Venez au Chili vous en rendre compte…
Bien à vous
Cher lecteur,
Je vous invite à lire les premiers papiers de Chili Papers pour vous rendre compte que si cette fois-ci l’article est critique envers le gouvernement Bachelet, d’autres ont été bien plus favorables. Les avancées de Bachelet sont réelles, surtout vu sa marge de manoeuvre (très étroite). Merci de les citer. Je rajouterais à cette liste les droits de l’Homme, domaine dans lequel la Présidente a vraiment fait bouger les choses. La réouverture prochaine des commissions de Vérité Rettig et Valech feront d’ailleurs l’objet d’un article prochainement.
Bien à vous