focus 30/08/2007 à 18h48

Les multiples dérapages d'une « sainte »




Rares sont ceux qui doutent de la sainteté de Mère Teresa, morte il y a presque dix ans. Pourtant, son bilan, à bien des titres impressionnants, a aussi ses zones d'ombre. Mère Teresa a souvent manqué de discernement. Ou du moins, pris des positions contestables et accumulé des gaffes. Quelques exemples suggestifs, parmi de nombreux autres possibles, suffiront (pour en savoir plus, voir « La Face cachée de Mère Teresa », publié aux éditions Golias).

En novembre 1995, l'Irlande, seul pays à maintenir cette interdiction, était invité à abroger l'interdiction du divorce. La plupart des partis irlandais appelèrent à voter « oui » au référendum. Le scrutin promettait d'être très serré (en définitive, le « oui » l'emporta par 50,3% des suffrages). Mère Teresa, qui n'est pas irlandaise, appela à voter « non ».

En 1981 déjà, Mère Teresa reçut à Haïti la plus haute distinction du pays des mains de la famille Duvalier, qu'elle remercia par un discours enthousiaste, expliquant que le dictateur Jean-Claude Duvalier -« Bébé Doc“- et sa femme Michèle non seulement ‘aimaient les pauvres’, mais étaient ‘adorés d'eux’.

Quelques années plus tard, en 1990, en Albanie, elle déposa une couronne de fleurs sur la tombe de l'ancien dirigeant stalinien totalitaire, sanguinaire et inhumain, Enver Hodja, ce qui heurta profondément de nombreux albanais.

En 1992, elle intervint lors du procès de Charles Keating, l'un des plus redoutables escrocs américains du siècle écoulé. Le milliardaire s'était enrichi aux dépens des petits épargnants. Catholique intégriste, il menait une croisade contre la pornographie et tenta en particulier de faire condamner Larry Flint (voir le film de Milos Forman qui lui est consacré). Il avait donc droit, dans l'esprit de Mère Teresa, à toutes les excuses ! Elle abhorrait les ‘hérésies progressistes’

On a souvent déploré les risques graves favorisés par le développement précaire des techniques de soin dans les établissements inspirés par Mère Teresa. Parfois, cela était inévitable en raison de la pauvreté de moyens, financiers et autres ; d'autres fois il semble qu'il y ait eu un parti pris ‘providentialiste’. En outre, une part importante de l'argent reçu servait à financer des couvents de l'ordre fondé par Mère Teresa, alors que ces fonds auraient sans doute été plus utiles dans les cliniques.

Mère Teresa a condamné sans relâche non seulement l'avortement mais encore la contraception. Pour elle, l'interruption de grossesse constituait ‘le principal danger qui menace la paix mondiale’. Elle refusait toute approche critique nuancée de la question, et se contentait d'affirmer : ‘Il n'y aura jamais trop de bébés, parce qu'il n'y a jamais trop de fleurs ou d'étoiles.’

Cette ‘mère des pauvres’ se prononça pourtant de façon très dure contre la théologie de la libération, et les autres ‘hérésies progressistes’ qu'elle abhorrait. Aux arguments opposés, par exemple, la souffrance des misérables, elle n'hésita pas à dire : ‘Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance.’

Est-ce vraiment chrétien ?

A lire :
Les crises de foi de Mère Teresa
La ‘Madre’ de Calcutta doutait cruellement de l'existence de Dieu.


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  • Anonyme

    Elle avait tout intérêt à ce qu'il y ait des pauvres, des enfants non désirés puisque c'était son bizness.

    • Anonyme

      triste comentaire que le vôtre. Que soeur Thérésa ait eu des doutes quant à sa foi en Dieu, rien de plus normal quand on sait que Jésus lui-même s'écria sur la croix « Père pourquoi m'as-tu abandonné ». Il n'y a que ceux qui doutent qui sont intéressants. Les autres sont simplement des prétentieux.. Colmar

  • Anonyme

    Où comment quand plus on doute de sa foi,plus on est intolérantrabbique...un peu comme le député anti-gay qui se fait prendre en raccolant dsans les chiottes.Il n'y a rien de pire qu'un ancien fumeur.

  • alzaz
    • Posté à 11h52 le 31/08/2007

    Bref, elle était fasciste.

  • Yémanja
    Yémanja
    Dans l'eau
    • Posté à 15h22 le 31/08/2007
    • Internaute
      Dans l'eau

    Rien de neuf pour ceux qui cherchaient a en savoir plus sur une « sainte » vendue par JP2.
    Vu à Calcutat : le refus absolu de donner des anti-douleurs aux malades car « la souffrance rapproche de dieu » !
    Pour moi ce n'était qu'une icone médiatique au service de l'obscurantisme et en aucun cas une bienfaitrice de l'humanité.
    C'est bien que l'article en parle.
    Merci Golias et Rue 89

  • Anonyme

    « A bas la calotte et vive la sociale »

  • Anonyme

    elle était juste cohérente en tant que catho
    les divorcés sont toujours, je crois, excommuniés et n'ont plus le droit de s'approcher de la sainte table !
    (ça explique sans doute une partie du succès du boudhisme)