La RATP est discrète sur les « accidents graves de voyageurs », mais les collisions peuvent traumatiser les conducteurs de rame.

Lundi, 9h45, ligne 9. Le métro s'arrête, le courant est coupé. La voix du conducteur retentit : « En raison d'un accident grave de voyageur, vous êtes priés de descendre immédiatement de la rame. » Quelques grommellements parmi les personnes présentes, mais la plupart ont la mine inquiète. “Accident grave”, cela veut dire que quelqu'un est tombé sur les voies. Peut-être un suicide. Les voyageurs ont l'habitude.
Ce jour là, personne n'a été heurté. En arrivant à la station Voltaire, le conducteur de la rame a eu le temps de voir quelqu'un tomber sur les voies, de faire couper le courant et stopper le métro. L'issue est rarement aussi heureuse.
Le sujet est tabou, comme en témoigne le nombre de nos interlocuteurs qui ont désiré rester anonymes. Et il est difficile d'avoir des statistiques ou des informations sur ces « accidents de personne ». Le point en quatre questions.
Combien de suicides ?
Derrière l'expression « accident grave de voyageur », se cachent plusieurs réalités dont on parle peu. Il peut s'agir d'un voyageur qui tombe accidentellement, d'un inconscient qui tente de traverser les voies ou qui descend ramasser un objet. Fréquemment toutefois, c'est une tentative de suicide.
Tentative, car près de la moitié des personnes percutées survivraient, mais toujours avec des séquelles très importantes. Comme l'explique brutalement un représentant de la CGT-RATP : « Les gens ne meurent pas sur le coup. Ils ont les membres écrasés par la rame, mais avec la chaleur des voies, les plaies sont aussitôt cautérisés. »
Difficile de recueillir des témoignages sur ces événements : délicats pour la RATP, susceptibles d'encourager les suicides selon les psychiatres. « On sait que le métro et la Tour Eiffel sont deux lieux parisiens privilégiés pour les tentatives de suicide », précise-t-on à l'hôpital Saint-Anne. « Mais il est très délicat d'en parler, car on redoute les conséquences les jours suivants. »
Les chiffres, eux aussi, sont rares. A la RATP, on évoque 70 « accidents graves » en 2006, une paille comparés “aux 2,8 milliards d'utilisateurs sur la même période. Et la proportion de suicides est plus faible qu'on ne le croit”. Aucun chiffre précis n'est avancé.
Au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), les chiffres sont tout autres : 189 accidents sur voies en 2005, 149 en 2006. Les chiffres auraient la même source : la RATP. « Et les suicides représentent une grosse part », témoigne Michaël Bignotti, élu CHSCT. « Après les fêtes, après les vacances, il y a beaucoup plus 'd'accidents'. »
Quelles personnes se jettent sur les voies ?
A notre connaissance, il n'existe pas, en France, de rapports sur le type de personne qui choisit le métro pour tenter de mettre fin à ses jours. C’est au Canada que l’on trouve quelques études, comme celle-ci, datant de 1996.
On y décèle une proportion importante de personnes vivant en institution médicale, ou soignées pour des « problèmes de santé mentale ». Un relevé de la situation à Montréal qui semblerait correspondre à Paris, selon les agents RATP : « La station Corvisart, proche de l’hôpital Sainte-Anne, est régulièrement un lieu de drames. »
L'étude canadienne relève que les suicidés du métro ont, plus souvent que les autres, consommé de l'alcool ou des drogues avant de passer à l'acte. Il s'agit souvent de personnes en situation « marginale ». Cependant, pour les personnes en état d’ébriété ou vivant dans le métro, il est parfois difficile de distinguer l’accident du suicide.
Quels traumatismes pour les témoins ?
Suicides ou accidents, les témoins se disent tous traumatisés. Les voyageurs, dont on trouve sur Internet quelques récits, mais surtout les conducteurs de rame. On estime qu'en moyenne, un conducteur assiste à une tentative de suicide dans sa carrière.
Depuis huit ans, l'Institut d'accompagnement psychologique et de ressources (l'IAPR), accueille sur demande les agents RATP qui en ressentent le besoin. Mais tous n'y vont pas. « Il est encore trop répandu que cela fait partie du métier, que le conducteur s'y habituera », annalyse Jacques Rondeleux, directeur général de l'IAPR. Pourtant, les conséquences d'un tel traumatisme peuvent être graves. Une des psychologues cliniciennes nous fait part de ses observations :
« Le traumatisme peut apparaître longtemps après. Le patient ne dort plus, il est hanté par l'image du choc, ou parfois par le bruit, l'odeur. Le degré de traumatisme peut aussi dépendre du contact qu'a eu le conducteur avec la victime. Si leur regard se sont croisés, s'il lui a tenu la main en attendant les secours, les conséquences psychologiques peuvent être plus importantes. Certains patients viennent nous voir dans un état grave, parce qu'ils ont attendu le deuxième ou troisième accident avant de venir nous en parler. »
Aux dires d'agents de la RATP, certains ne parviennent plus à conduire. Ni métro, ni voiture. Ni même passer dans la station où a eu lieu l'accident. Michaël Bignotti, du CHSCT-Métro, décrit les conditions de freinage à bord d'une rame, et les conséquences qui en résultent, même quand le drame est évité :
Le traumatisme peut aussi apparaître lors de l'enquête qui, bien qu'acceptée, est parfois considérée comme culpabilisante :
Quelles préventions ?
Pour éviter les accidents, les conducteurs ont pris l'habitude de s'entraider : « Il nous arrive quotidiennement de prévenir un collègue arrivant en face qu’on a repéré, sur son prochain quai, un homme louche. Et qu’il convient de réduire la vitesse par sécurité », raconte l’un d’eux.
Sur la ligne 4, réputée dangereuse car rapide, des « fosses anti-suicides’ ont été construites, petits abris creusés sous les quais, le long des voies. Efficacité “relative” selon la RATP, ‘avérée » selon les agents CGT : « Les victimes sont ainsi poussées par le train, mais ensuite éjectées dans les fosses au lieu d’être écrasées ».
Mais pour l’administration de la RATP, le danger majeur vient des intrusions trop fréquentes sur les rails. Taggeurs, toxicomanes cachés dans les couloirs, fêtards éméchés qui traversent entre deux rames... Des barrières de séparation des voies, récemment installées, auraient ainsi joué sur la légère baisse observée l’an dernier.
Il est un aménagement plus efficace encore. Les portes palières, installées sur les quais de la ligne 14 et dont la ligne 1 devrait se doter d’ici 2011. Comme dans le métro de Lille, elles ne s’ouvrent que pour laisser les voyageurs monter dans la rame. Les chiffres sont éloquents : sur la ligne 14, aucun accident n’a été recensé l’an dernier.
Mais en cas de problème, impossible de compter sur une intervention humaine : les rames sont pilotées automatiquement. Si bien que, comme le remarque avec philosophie un agent affilié CGT : « S’il n’y a pas d’accident, il y a encore moins de traumatisme, vu qu’il n’y a plus de chauffeur !
Photo : dans le métro parisien (Audrey Cerdan/Rue89)














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Les sucides faits dans une station de métro sont fréquents; pas seulement dans le métro parisien, mais aussi partout dans le monde. Que peut-on en dire? C’est triste et boulversant. La technologie ne permet pas encore de freiner immédiatement quand un chauffeur repère souhainement un personne sur les rails. Et, comme Ophélie a dit, si c’est possible, c’est vraiment une situation miraculeuse! Je pense que côté prévention, il n’y pas une infinité de solutions; à mon avis, l’aménagment de portes palières est la seule solution qui vaut le coup… mais je partage le même avis qu’Ophélie, que faire en cas de problème à ce moment-là?
Il est bien facile de dire ceci. On peut essayer d’aider ceux à la rue, mais ceux ayant des problème de famille, ou des tout simplement des problèmes qui ne regardent qu’eux, on ne peut pas y faire grand chose. On essaye de rendre les stations de métros moins « dangereuses ».
PS. Pas besoin de faire votre pub, cher Courageux Anonyme, sur vigicitoyen… on en voit assez de votre pub, avec tout le respect que je vous dois. Nous sommes ici pour trouver des solutions et non pas d’aller sur d’autres sites.
Oh mais on peut plus parler de rien alors!
Patience, l’article sur la Lybie arrivera sans doute dans la semaine…
Je sens que cet article vous a fait du mal. Ces malheureux ! ces choses cisaillées mais cautérisées ! Oui votre vie est si dure. Tout n’est pas rose.
Et bien sûr, votre doudou présidentiel vous manque. Allongez-vous, soyez patient, il va reviendre. Vous avez un crédit d’utilisation de cinq années. Soit plus de 1 800 jours. Vous savez qu’on va vous envier !
Des personnes qui se suicident, il n’y en a malheureusement pas que dans le metro, et le seul » traitement » des suicides dans le metro ne presente pas une info digne de faire la une, heu, je suis dans quelle rubrique deja, enfin bref, releve du fait d’hivers ou de la depeche en ce qui me concerne…
C’est malheureux, personne ne dira le contraire mais tout de suite maintenant avec les infos que vous nous avez donné, il est difficle de réagir autrement que de dire c’est malheureux… Et peut etre qu’avec des portes automatiques… faudrait en discuter avec la ratp… L’important n’est pas vraimet de savoir a notre niveau comment les gens se suicident…mais POURQUOI ils se suicident… et un article de fond sur la question serait bcoup plus interessant et judicieux que le simple rappel des suicides dans le metro qui n’est pas representatif il me semble de l’emsemble des suicides…
Bon d’accord il y a le traumatisme des conducteurs mais ceci est un tout autre sujet… Et le traumatisme des passagers sur la rame, et le traumastisme des temoins d’accidents de la route… et le traumatisme… Des traumatismes ont en a tous vecu et on en vivra d’autres… What’s the point ????
Votre point de vue est respectable. Mais le pourquoi du pourquoi on s’autolyse n’est pas si intéressant que ça.
En fait chacun sait « pourquoi » il appuierait sur le bouton. Sauf quelques optimistes chroniques incurables. On a peut-être une Nadia qui nous manque trop ou bien on a marre d’avoir les pieds plats, c’est bête comme ses pieds d’avoir la voûte plantaire raplapla ! Avez-vous constaté que très peu de gens avaient les pieds plats. Devinez pourquoi !
Contrairement à ce que vous affirmez on doit s’en foutre d’être représentatif dans ces moments-là. Vous imaginez le candidat au départ « Mes motifs sont-ils de bons motifs? » ou bien « Suis-je dans la moyenne des suicidés ? » C’est qu’on risque d’être montré du doigt. Tout le monde n’est pas iconoclaste ou rebelle ou amateur de camemberts très coulants.
La seule question se doit être le comment. Et franchement le choix du métro ne fait que souligner ce que ce choix a de désespéré !
Beaucoup à dire sur le comment. Dire d’abord qu’on ne parle pas de ça. Les malheureux sont des malheureux. Qu’ils le restent et qu’ils restent. Si tous les malheureux nous quittaient, on se sentiraient peut-être moins heureux, et de nouveaux volontaires surgiraient, et de proche en proche, un cycle infernal, véritable rouleau compresseur, avalerait toute l’humanité.
Où se renseigner ? Que Choisir a-t-il fait un N° spécial ? Et 50 millions d’amis ? Delarue ou FOG ont-ils fait un talk show ? Dans les films d’espionnage, on croque du cyanure et hop ! Dans certains films on se reVolverise et après on n’a plus jamais mal aux dents ! Mais comment se procurer ces accessoires de cinéma ? Faut-il devenir acteur ou espion ou chasseur ?
Ami désespéré. Pas sous le métro !
Cela fait mal à trop de gens en même temps.
Vu la tronche de certaines personnes le matin, je ne croie pas que les miroirs soient la solution idéale. Mais, remettre du personnel humain qui soit là physiquement pour accompagner les usagés. Les seuls personnes que l’on voit, sont des controleurs ou la police, c’est bien qu’ils soient là, mais question « écoute » on as déja fait beaucoup mieux. Avant, il y avait un chef de station qui était responsable du lieu, maintenant, c’est des caméras ( Bonjour BIG BROTHER)
qui surveillent l’ensemble du réseau; On déshumanise les transports et aprés on voudrait que les gens ne commettent pas des actes inhumains. Pouvoir dire bonjour à quelqu’un que l’on voit tous les jours même sans le connaitre rempli une petite partie de la journée. C’est tout ça qui crée un tissus social et qui nous fait avancer. Alors arrétons avec tous ces mécanismes froids et austères simplement pour des raisons financières. La RATP commencera à s’inquièter du problème quand des usagers traumatisés par un suicide se retournera contre elle pour dépression et séquelles traumatisantes chaque fois qu’ils prennent le métro. Alors seulement là, les choses commenceront à bouger pour ne pas salir l’image bien propre de la régie.
Question : Un agent de la régie qui se suicide sur les voie est-il compter antant qu’usager ou comme accident de travail reconnu ?
On as bien vu chez les constructeurs d’automobiles la reconnaissance des suicides en AT.
comme si un agent RATP sur un quai bomdé de monde changera quelque chose. Quand était la dernière fois que vous avez discuté de la pluie et du beau temps avec un agent RATP/SNCF etc…
Humaniser une station de métro en y mettant un chef de quai (….) est une belle utopie que seuls ceux qui habitent loin des heures de pointe acceptent comme une réalité
Je suis d accord avec vous,une enquète avait rèvélè qu il y avait dans la population en errance dans le metro plus de 60% de personnes psychotique en rupture de soins qui peuvent étre dangereuses pour elles et pour les autres ,ayant travaillè en psy je me suis toujours demandèe pourquoi les equipes de soins ne travaillaient pas dans les lieux(gare etc..) ou sont les patients et d une façon mobile.
C’est claire qu’il y a beaucoup de suicides sur les rails; il suffit de discuter avec des conducteurs de trains ou de métros : ils ont tous une expérience douloureuse à compter.
En fait ds une grande aglomération, il y a forcément, statistiquement, beaucoup de suicides.
Un jour, sur les lieus d’un drame (un noyé ds la Seine) je discutais avec un pompier : il me disait qu’il n’y avait pas un jour de l’année où l’on ne repéchait pas un noyé dans la Seine; ce à cause des meurtres et des suicides.
L’aspect sordide des grandes aglomération…
Si non, sur le sujet des portes automatique, cela à le grand mérite d’éviter les accidents, ou les débiles qui seraient tenter de pousser quelqu’un qd la rame arrive…
de vivre !!!
Au sujet de la ligne 14 je cite l’article:
« S’il n’y a pas d’accident, il y a encore moins de traumatisme, vu qu’il n’y a plus de chauffeur! »
Mais si on automatise de plus en plus de ligne, il y aura de moins en moins de conducteurs de rames.
Ces derniers pourrons toujours se jeter sous les trains sncf dégoutés qu’ils seront d’avoir perdu leur job.
Je sais, l’humour noir c’est pas toujours très propre mais ça fait refléchir…
Bonjour,
pour répondre à CA de 17H14, il n’y a pas plus de morts par suicide que par accidents de la route en france, sauf pour les jeunes.
Ensuite, sauf votre respect, le débat n’est pas déplacé puisque le sujet de l’article est « les suicides du métro » qui traumatisent les chauffeurs et les autres usagers. Je suis parfaitement d’accord avec vous sur le fait qu’empêcher les gens de se suicider sous les rames du métro ne fera que retarder l’échéance mais le débat n’est certainement pas « déplacé ».
A part ça je suis complètement pour le fait qu’il faille s’interroger sur les façons de lutter contre la dépression et le suicide.