Quand Robert Ménard, de RSF, légitime la torture
Dans une émission de France Culture ( » Contre expertise » , par Xavier De la Porte, émission du jeudi 16 août 2007 de 12h45 à 13h30, La gestion des otages peut-elle être transparente ? ) Robert Ménard a évoqué le cas de l'enlèvement et du meurtre de Daniel Pearl par les extrémistes islamistes.
C'est pour le secrétaire général de Reporters sans frontières l'occasion de tenir des propos très inquiétants à propos de la légitimité, en de tels cas, de l'usage de la torture :
(lire transcription ci-dessous)
Propos d'autant plus inquiétants et ahurissants de la part du président de RSF, une ONG qui se présente comme porte-parole des journalistes.
Les partisans de la torture ont toujours argué qu'il était légitime de tenter d'arracher par tous les moyens des informations d'un coupable, voire d'un présumé coupable, si cela pouvait aider à sauver des vies. Cet argument est la tarte à la crème de l'internationale des tortionnaires, de Bigeard à Bush, en passant par les Videla et Pinochet.
Robert Ménard franchit un pas, puisqu'il se pose » la question » de savoir si, en règle générale, la torture et la liquidation de membres des familles de preneurs d'otage (donc à priori innocents) est, ou non, légitime ! Il précise cependant, dans l'hypothèse où ce serait sa propre fille qui serait victime d'une telle prise d'otage : » Je vous le dis, il n'y aurait aucune limite. »
Le plus étonnant est que ces propos portés à l'antenne n'ont été l'objet d'aucune contestation de la part des interlocuteurs de Robert Ménard. Il reste à espérer que c'est parce que personne n'en a, sur le coup, mesuré toute la portée.
Transcription de » Contre Expertise » , sur France Culture :
(émisson du 16 février 2007, extraits vers la 33e minute du podcast)
Intervenants :
- Xavier de la Porte, animateur de l'émission.
- Laurent Combalbert, directeur de la négociation de crise du groupe GEOS.
- François Sergent, chef du service Monde à Libération.
- Robert Ménard, Secrétaire général de Reporter sans Frontières
Robert Ménard :
Sur la face noire de l'État, il y a pire que ça. Va sortir sur les écrans le film tiré du livre de Mariane Pearl, sur la prise d'otage de Daniel Pearl, du Wall Street Journal.
A un moment donné, et c'est pas un film romancé, c'est dans le livre de Mariane et tout… J'en ai parlé avec elle quand je suis allé aux Etats-Unis pour le lancement du film, il y a quelques semaines. A un moment donné, les Américains savent qui tient Daniel Pearl.
Qu'est ce qu'ils font ? Qu'est ce qu'ils font faire ou sur quoi ils ferment les yeux ? La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d'otages en otage et vont torturer ces familles de preneurs d'otages pour obtenir les renseignements.
Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions…
Où on arrête ? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à… puisqu'on pourrait le faire dans un certain nombre de cas » vous le prenez en otage, on le prend en otage ; vous les malmenez, on les malmène ; vous torturez, on torture… »Qu'est ce qui justifie… Est-ce que pour libérer quelqu'un, on peut aller jusque là ? C'est une vraie question.
Et ça c'est la vie réelle, c'est ça , ce que dit à l'instant François : on n'est plus dans les idées, c'est plus des combats, c'est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu'ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c'était bien de le faire, qu'il fallait faire ça, qu'il fallait sauver son mari ; elle était enceinte… pour le petit qui allait naître, tout était permis.
Et il fallait absolument le sauver et s'il fallait s'en prendre à un certain nombre de gens, on s'en prenait à un certain nombre de gens ; s'en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en en tuer un certain nombre.
Je sais plus, je suis perdu, parce qu'à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu'est-ce qui est acceptable et qu'est ce qui n'est pas acceptable ? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières ; légitimement, moi, si c'était ma fille que l'on prenait en otage, il n'y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis (bis), il n'y aurait aucune limite pour (inaudible)…
Xavier de la Porte :
Donc, autant ne pas savoir vraiment ce qui se passe.Robert Ménard :
Autant ne pas le dire, parce que, qu'est ce que vous voulez ? Qu'on vous raconte des choses comme ça. Vous imaginez les gens qui pensent que… et ils ont raison ; nous on les mobilise à longueur de temps, mais s'ils se disaient : la mobilisation, certes, c'est ça, mais ça passe aussi par des choses aussi cauchemardesque que ce que je viens de vous décrire… On ne sait plus où on en est -le bien, le mal- là dedans…
► Rectifié le 27/8/2007 : « il n'y aurait aucune limite pour (inaudible)… » au lieu de « pour la torture ».
- 15956 visites
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 82557 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

























80
(Pour réagir, connectez-vous)
De
13H38 | 26/08/2007 |
ces propos sont extrèmements graves en effet surtout de la part de RSF.
nous vivons dans un monde empreint d'humanité et cela est très inquiétant.
un article de mon blog sur la torture vue par Bush :
http://www.peuples.net/article-11447094.html
De Deborah
18H34 | 26/08/2007 |
Rappelez-vous le pianiste argentin, Miguel Estrella dont la dictature avait littéralement brisé les doigts et les mains ? …
Bush n'est pas contre la torture, les israéliens non plus (ce sont de grandes démocraties, nous dit-on)
Ce qui me trouble depuis quelques temps, c'est que dans la société du pathos qui est devenue la nôte, on en arrive lentement mais sûrement à trouver normal toutes les ignominies. Les odeurs répulsives contre les SDF (mise à part C. Boutin on n'entend plus les belles âmes d'autrefois). D'abord des effluves nauséabonds et ensuite, le gaz ?
On durcit la loi sur la récidive.
On vire les sans papiers : il ne s'agit même plus de réglementatin, mais de chiffres : Hortefeux a mission d'expulser si j'ai bien compris 25000 personnes par an. .
Quant aux enfants de sans papiers, on chipote pour savoir s'ils ont le droit d'aller à l'école sans être dénoncés, au mépris des Droits de l'Enfant.
Mais qu'on sed rassure le Premier Consul viendra vous consoler dès que vous aurez un drame familial.
Observez bien comment lentement mais sûrement se mettent en place des mécanismes ultra dangereux. Dans un silence (complice) assourdissant.
Vraiment, cette société - mondiale - devient de plus en plus écoeurante et je n'entends pas beaucoup de protestations.
à Deborah
De
19H02 | 26/08/2007 |
Bizarre comme le monde évolue !
expulsion de sans papier, xénophobie croissante, racisme, intolérance…
qu'il est loin le temps de la libre circulation des hommes à travers le monde.
Pourquoi avoir créer des frontières alors que la terre est une ?
ne faudrait il pas arrêter d'accroitre sans cesse notre niveau de confort (source me semble t il de beaucoup de conflits) ?
quelle réponse les démocraties peuvent elles apporter à un niveau de barbarie croissant ?
à Deborah
De
23H16 | 26/08/2007 |
On est plus nombreux que tu le penses. Je crois même qu'on est très nombreux…mais paralysés. Paralysés par l'arrogance, le mépris… je pense que beaucoup d'entre nous se sentent floués : Bush, Poutine, Sharon, Aznar, Chirac, Sarkozy, Berlusconi, Harper, …. toute l'extrême droite proche des multinationales sont là. Il n'y a plus de parti ou de média capable de dire : vous avez tort ! de créer un contre pouvoir… nous sommes tous individuellement sur nos ordinateurs…pour pleurer… presque pire que la télévision. Je pense qu'il y a eu un événement important aussi pour casser des mouvements comme ceux des non globals : le G8 de Gênes où la violence de la police fut telle qu'il y a eu mort d'homme… et pas n'importe comment…
On n'en parle pas aujourd'hui mais Bossi, de la Ligue Nord vient de déclarer prêt à prendre les armes pour libérer la Lombardie…..
à Deborah
De
09H30 | 27/08/2007 |
Deborah, je partage entièrement votre point de vue et chaque jour je vois la cote de Sarkozy monter parallèlement à toutes ces atteintes aux droits fondamentaux. je ne comprends pas que les citoyens ne se mobilisent pas comme lors de garndes manifs type malik oussekine …nous sommes résignés, nous perdons peu à peu notre capacité d'indignation
*Il faut nous ressaisir : il faut quie les jeunes prennent la tête de ce combat pour les libertés, pour les véritables droits de l'homme dans notre société. Pourquoi toute cette lâcheté et ce laisser faire ?
De
18H57 | 04/09/2007 |
N'exagérons rien, les sondages donnant 70 % favorable à Sarkozy étant produite par des société de conseil multinationales (dites pudiquement instituts de sondage), comme celle de Parisot, patronne du MEDEF, on ne peut que se mefier de leur partialité.
Personnellement autour de moins, je ne vois que très peu de personnes favorables à Sarkozy, je doit les compter sur les doigts de la main, et encore parce qu'ils ne croient que ce qui est dit dans les grands medias, ne vont pas verifier leur sources. Bien sur, beaucoup de gens font ce type d'erreur, mais la tendance en baisse de l'information de masse télévisée devrait j'espere aider à corriger au moins partiellement le problème.
De
21H48 | 26/08/2007 |
Il semble que nous n'ayions pas entendu la même chose sur cette bande, perso, je ne jetterai pas la pierre sur RSF, d'abord, parce que ce sont les propos d'une personne et non d'une ONG, ensuite, parce que il n'est pas en train de justifier la torture, mais plutot de s'interroger sur son comportement dans l'hypothese où il serait concerné par ce type d'evenement. L'éthique de situation, c'est bien joli, mais la véritable intelligence réside, selon moi, chez celui qui est capable de s'interroger, plutot que chez celui qui, enterré dans un dogmatisme aveuble, se permet de critiquer le premier.
Le journal Le Monde avait, il y a quelques années, publié un test, mettant le lecteur dans diverses situation, et lui demandant « dans cette situation, vous sentez vous capable de justifier ce comportement », et le degré de violence va crescendo, de meme que l'atrocité des situation. J'ai, recemment, pu voir les resultats de ce test dans une promotion d'etudiants en droit penal, qui se prononcaient tous bien sur contre la torture au premier abrd, et qui finissaient par justifier l'usage d'une gegene, afin de savoir ou etait cachée une bombe susceptible de tuer plusieurs centaines d'enfants…
Se poser la question est donc our moi une preuve d'intelligence plus qu'une preuve de cruauté, maintenant, ceci n'est que mon avis ^^
De
22H32 | 26/08/2007 |
Complètement d'accord avec cette prise de position. Il est plus facile de tirer à vue que de réfléchir. Bourdieu avait raison lorsqu'il refusait de participer à des émissions publiques. La moindre parole entraîne des raisonnements que l'on n'a pas voulus. Ce n'est pas une justification de la torture dans un état. Il me semble qu'il s'agit plus ici d'une réaction épidermique d'un homme qui se pose la question de savoir ce qu'il ferait qu'il était confronté PERSONNELLEMENT à ce genre de situation. Trop facile de le bazooker non ?
Cela n'empêche pas de se poser la question de l'abolition de la torture officellen évidemment !
Vincent3m : http://lalesiondhonneur.canalblog.com/
De
01H40 | 27/08/2007 |
Je ne suis pas du tout d'accord avec vous deux !
Mr. Ménard commence à poser la question de la justification de la torture (ce qui en soit est déjà un début de légitimité), puis il se justifie en prenant pour exemple le cas où il serait directement touché. C'est une imposture !
Ainsi moi, je suis résolument contre la peine de mort mais si je tenais l'éventuel assassin d'un proche….
Une prise de position est toujours une question d'éthique qui ne se prend qu'en dehors de toute pression, même supposée.
JPL
De
09H13 | 27/08/2007 |
« je suis contre la peine de mort mais si je tenais l'éventuel assassin d'un proche… » Oui, ceci est parfaitement humain et il est fort appréciable de le reconnaître soi-même.
Ceci étant, c'est la différence classique entre la justice et la vengeance…
La justice est toujours représentée avec les yeux bandés, c'est un symbole tel le glaive et la balance.
Seulement, notre président actuel (qu'en j'y repense, quelle honte de la part des français) préfère faire appel à l'affectif et enlever le bandeau et la balance pour ne conserver que le glaive (et encore, il y aurait mieux qu'un glaive…).
« et la victime, vous avez pensé à la victime “
C'est la manière de légitimer les peines les plus odieuses…
Désolé M. Niocolae De Nagy-Bosca ce n'est pas ça la justice.
De
12H27 | 27/08/2007 |
Merci de cette précision. Je le pense bien ainsi.
JPL
De
00H34 | 28/08/2007 |
vous dites « Niocolae De Nagy-Bosca “…cela ne serait pas une pointe de petit racisme bien franchouillard ..hein le gaucho-gaulois ?
‘(qu'en j'y repense, quelle honte de la part des français)
heureusement ont vous demande pas de penser… !
De
04H22 | 28/08/2007 |
Tout à fait d'accord sur la notion de doute et du quid ? face à la mise en situation personelle.
cf : « Je sais plus, je suis perdu »
De
14H02 | 26/08/2007 |
« Les choses ont trouvé moyen d » echapper à la dialectique du sens, qui les ennuyait : c'est de proliferer à l » infini, de se potentialiser, de surencherir sur leur essence, dans une montée aux extremes, dans une obscénité qui tient lieu désormais de finalité immanente, et de raison insensée. »
Baudrillard n'est pas mort et Ménard n'est rien .
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 15H20 | 26/08/2007 |
Mouais. Ce n'est pas parce que la torture est immorale/inéfficace qu'il est interdit de s'interroger sur la légitimité de son recours. Il serait aussi hypocrite de dire que ceux qui sont affectés par le terrorisme n'ont pas le droit de reviser leurs jugements sur la torture.
Camus a dit plus ou moins la meme chose :
« J'ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément dans les rues d'Alger, et qui, un jour, peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice. »
Par contre, ce qui m'emm***e dans ce que dit Ménard, c'est qu'il parle a la place de la veuve de Richard Pearl avec des propos qui ne refletent pas forcement ce que cette personne pense des boureaux de son mari. C'est moyen comme attitude.
à ThomasLefebvre
De David Servenay
8946
Rue89 | 20H13 | 26/08/2007 |
@ Thomas Lefebvre.
Je trouve votre référence à Camus et Alger très intéressante, parce que le débat sur l'utilité de la torture en France, dans le cadre de la guerre moderne, date précisément de cette période et de la controverse qui se développa pendant la bataille d'Alger (1957).
A l'époque, la justification de la torture par les parachutistes des services spéciaux s'est faite selon les mêmes arguments que ceux employés par Robert Ménard. Pour lutter efficacement contre un ennemi, il faut savoir retourner contre lui les armes qu'il emploie. Y compris les plus horribles. C'est un discours de justification.
Seulement voilà, les vrais professionnels de cette « guerre moderne », pour reprendre l'expression du colonel Trinquier (maître d'oeuvre du Dispositif de Protection Urbaine, le DPU, à Alger) savent bien que la finalité de la torture est très rarement le renseignement opérationnel.
Un vrai réseau clandestin (de type guérilla) se démantèle très vite, dès que l'un de ses courriers se fait prendre par l'ennemi. Autrement dit, pour remonter une cellule clandestine, vous n'avez que quelques heures devant vous. Dans la plupart des cas, la torture n'a alors aucune utilité. En dehors de l'effet de terreur qu'elle provoque sur la population. C'est aussi pour cela que le FLN coupait le nez des « collabos » et exposait les corps mutilés de tout ceux qu'il estimait vendus aux Français. D'un côté comme de l'autre, la terreur.
Dernier point : en lisant les déclarations de Robert Ménard, me sont revenus en mémoire les propos tenus par le général Aussaresses à la sortie de la salle d'audience où il était jugé pour « complicité d'apologie de crimes de guerre ». Nous étions en novembre 2001, le 11 septembre était dans toutes les têtes. Et voici que le « capitaine O » se lance dans une longue justification de ces « méthodes que nous réprouvons » en prenant l'exemple suivant : « Si vous aviez entre vos mains un membre du commando qui va prendre un des avions en otage pour le lancer sur une tour où se trouve un membre de votre famille, que feriez-vous ? Vous ne seriez pas prêt à employer la torture ? Moi, si ».
L'argument était frappant, mais parfaitement décalé. Et à voir le sourire provocateur de Paul Aussaresses, je compris qu'il n'était pas dupe de la duplicité de son exemple. Visiblement, c'est aussi le contexte du 11 septembre qui a emporté Robert Ménard dans le flot de l'émotion…
à David Servenay
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 20H48 | 26/08/2007 |
@ David Servenay,
Je suis d'accord avec tout votre post. J'ai du mal m'exprimer. Ce que je voulais dire, c'est qu'il est tres facile pour des « non-victimes » d'etre contre la torture par principe et de condamner des victimes qui legitiment la torture. En effet, etre victime doit alterer la capacité a raisonner posément. C'est tout ce que je voulais dire en citant Camus et je pense que c'est le sens de sa citation.
Il me semble que l'argument le plus fort contre la torture est celui de Massu, dont on connait tous le passif, qui reconnaissait que la torture n'était pas efficace. Du coup, d'accord avec vous, la torture est plus un acte de revanche et de terreur qu'un outil rationel pour l'obtention de renseignements.
Le vrai probleme avec Menard vient de la taille de ses mollets. Tres bon travail sur la liberté de la presse, j'applaudis. Mais s'identifier a la veuve de Robert Pearl, c'est un peu déplacé.
à ThomasLefebvre
De
20H59 | 26/08/2007 |
Normal, il avait des arguments Massu.
(oui, bon, c'est pas de bon goût…)
Otto Naumme (qui a jamais resisté à un mauvais jeu de mots, désolé…)
à David Servenay
De compte supprimé 13
21H20 | 26/08/2007 |
M. Servenay, je me permets de recommander « La question » de Henri Alleg (1958 - Lausanne).
A noter aussi que la torture a (malheureusement) progressé : la « gégèné » ou la « baignoire » ont été remplacées par les privations sensorielles, le chimique et autres manip mentales.
De compte supprimé 13
15H03 | 26/08/2007 |
sans vouloir jouer les pyromanes, je me pose la question de savoir si ce monsieur, en plus de proférer les horreurs dont vous nous rendez compte, ne serait pas raciste.
car, on évoque ici l'enlèvement d'un occidental, le bien, forcément, par des éléments du mal.
Quelles seraient les réactions de M. Ménard si un groupuscule américain (par exemple) enlevait un arabe ? Faudrait-il - selon lui - torturer les familles américaines ?
à compte supprimé 13
De Laurencek
12H11 | 28/08/2007 |
Pardon d'intervenir mais quand même c'est trop fort. Chère madame Ira avez vous lu les propos de monsieur Ménard transcris ici même ? Si oui peut-être y verriez vous plus clair si vous allumiez quelques allumettes mais faites attention quand même à ne pas mettre le feu à l'appartement.
De Infovite 8783
Plébéien. | 15H03 | 26/08/2007 |
Cet article nous interpelle à plus d'un titre.
D'une part, il parait indéniable que de demeurer un homme avec des principes moraux surtout dans des situations extrêmes peut devenir un véritable combat.
Lutte dont l'issue positive est malheureusement loin d'être certaine.
Avoir la lucidité et la franchise de le reconnaître ne semble pas être un moyen direct ou indirect de légitimer le mal mais plutôt l'aveu d'une faille possible pouvant contaminer indistinctement la plupart d'entre nous, ce qui n'excuse rien.
D'autre part, l'actualité nous démontre chaque jour que les états ne se posent eux aucune question relative à l'utilisation de la torture dans le cadre de la lutte contre l'axe du Mal qui étrangement est suivant les intérêts géostratégiques du moment à géométrie variable. Alors que la conscience et la responsabilité morales des politiques sont modulables à l'infini celles du simple citoyen se doivent de demeurer intangibles.
Intangibilité que nous nous devons d'étendre quand le vote démocratique le permet à nos représentants choisis sur des valeurs humanistes qui devraient être le fondement de toutes les politiques nationales et internationales.
Enfin, la prise de position du représentant de RSF, témoigne de ce que disaient les philosophes du 18ième à savoir que l'homme est perfectible.
Et cela nous concerne tous !
à Infovite
De Servais-Jean
4591
Retraité | 00H54 | 27/08/2007 |
Entièrement d'accord avec Infovite .
J'ai connu pas mal d'anciens d'Algérie et ce que j'en ai retiré c'est que sans une valeur morale sans faille, nous pouvons tous plonger dans cette abomination qu'est la torture.
C'est cela que voulait dire A. Camus.
Cette valeur morale je l'ai vue chez certains sous-officiers et ils souffrent encore de ce qu'ils ont vu.
Cette rigueur est bien le moins que nous pouvons attendre d'un dirigeant de RSF.
De
15H04 | 26/08/2007 |
« On ne sait plus où on en est - le bien, le mal - là dedans… »
Ce témoignage d'un ancien bourreau pourrait aider l'inénarrable Ménard à retrouver quelques repères :
http://www.telquel-online.com/230/couverture_230_1.shtml
(Éloignez les enfants de l'écran et assurez-vous que votre digestion est bien terminée.)
On y trouve beaucoup de chose : de l'obéissance bureaucratique aussi aveugle que forcée qui vous transforme un fonctionnaire en loque humaine, à l'explication de « l'utilité » de l'humiliation sexuelle dans la pratique de la chose —hello Abu Ghaïb ! —, en passant par la mise à disposition d'un « interrogateur » fourni à… la France des 70's ! (On regrette de n'en pas savoir plus…)
Aussi, il y a ceci qui met les choses en perspectives, et rappelle qui sont les donneurs d'ordres :
http://www.liberation.fr/rebonds/271959.FR.php
// « ce fut sous Reagan, dans les années 80, que les restitutions devinrent une arme reconnue contre les terroristes ». Et que le terme entre alors dans le « lexique officiel pour désigner l'action de capturer et de ramener aux Etats-Unis toute personne soupçonnée de crime ».
Bill Clinton, lui, systématise les « restitutions extraordinaires » et la possible « externalisation de la torture », rappelle l'auteur. //
De Nas
20H08 | 26/08/2007 |
Whaouuuu…..
L'interview de Telquel est renversant…
Comment des hommes peuvent t'ils faire cela ? ? ?
à Nas
De
23H16 | 26/08/2007 |
// Comment des hommes peuvent t'ils faire cela ? ? ? //
Le gars le dit : par obéissance à la hiérarchie (la même chose fut dite à Nuremberg) :
// — Y avait-il une formation à suivre, avant de « s'occuper » des prisonniers politiques ?
— Non, nous étions choisis comme ça… Il fallait juste faire preuve de discipline et d'une fidélité à toute épreuve, être bien bâti physiquement et, surtout, ne pas avoir de mauvaises fréquentations. Une fois dans le bain, on apprenait vite. //
// […] Et puis je vous jure que nous, nous ne faisions qu'obéir aux ordres. Qu'est-ce qu'on pouvait faire, à l'époque ? Si on refusait de faire descendre quelqu'un, on descendait à sa place !
— C'est déjà arrivé ?
— [Il ferme les yeux, secoue la tête vigoureusement] Non, non, je ne veux pas en parler ! //
Le texte est tellement insoutenable, qu'à chaque fois que je le relis je trouve des trucs que mes yeux avaient sauté la fois précédente…
Voir aussi, vers la fin, l'encadré : « L'avis du psy », qui rappelle que le but ce n'était pas de l'info mais bien d'instaurer un climat de terreur généralisé dans tout le pays…
Le coup de la « Ticking Bomb » (ou de l'otage) c'est du total bullshit pour nous faire avaler le truc.
* * *
Alors, souvenons-nous bien : il faut travailler plusse pour gagner plusse, et restaurer les valeurs de l'Autorité, de l'Obéissance et du Travail, mises à mal par l'esprit néfaste de Mais 68…
(Moi, j'vous dis mon truc : j'accumule les mauvaise fréquentations, et je me tiens trèèèès loin de tout concours public ; -)
Bonjour chez vous.
De
17H09 | 26/08/2007 |
Menard serait pret à torturer (jusqu'à la mort)des innocents pour sauver la vie de sa fille ?
Que lui reste-il de légitimité pour représenter RSF ?
De
00H48 | 27/08/2007 |
il ne lui reste pas grands choses sinon que de faire parti d un gouvernement de facho chose qu il est …. c est con a dire mais depuis vos elections…« je ne suis plus français “ je n aimai pas la france donc je me suis cassé sur les conseil de votre président et vu de loin ce qui ce passe chez vous me rapelle une certaine odeur celle de la merde….je vous laisse boire de l eau.. celle de vichy vous vas a merveille
De
18H13 | 26/08/2007 |
Très bonne tribune.
De
18H43 | 26/08/2007 |
Il est humainement compréhensible que la détention par un groupe de terroriste d'un proche provoque une réaction , pouvant aller juqu'à la torture , pour libérer l'otage.
Cette empathie pour les familles des victimes,
« et si c'était votre fillle , votre fils que feriez vous ? » est toujours l'argument qui légimerait l'usage de la torture(voir BUSH).
Que dans des situations extremes des gouvernements utilisent des procédés qui sont à la limite de la légalité est acceptable.
Mais que des actes de torture soient LEGITIMES , c'est une le porte ouverte à tous les exces
( Abu -graib)
Bien sur Robert Menard n'est pas un responsable politique mais il est secretaire de Reporter
sans frontieres et pas un citoyen lambda.