Pourquoi le système judiciaire refuse de juger les fous
A peine une nouvelle loi est-elle annoncée à propos des délinquants sexuels que du sommet de l'Etat on indique vouloir envisager de juger les personnes considérées comme irresponsables par les psychiatres.
On ne s'arrêtera pas ici sur le fait que l'habitude semble s'installer d'annoncer une nouvelle loi à chaque fois qu'une victime ou des membres de sa famille sont reçus par le chef de l'Etat, bien qu'il soit quelque peu préoccupant de voir que le temps de la réflexion semble dorénavant suivre celui de l'action, la raison semblant pourtant préférer l'inverse.
De quoi s'agit-il ? Il y a dans notre droit (article 122-1 du code pénal) un principe selon lequel » N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes » .
Concrètement, dans notre système juridique, quand une personne a commis une infraction alors que sa pathologie mentale ne lui permettait pas de contrôler ses actes, elle ne peut pas être jugée par une juridiction pénale et relève uniquement de la psychiatrie. Pourquoi un tel système, en vigueur depuis très longtemps ?
Tout simplement parce que pour être jugé coupable d'avoir commis une infraction, et pour qu'une sanction ait un sens, il faut avoir eu pleinement conscience de ce que l'on a fait, et avoir voulu violer la loi. Comprenons nous bien, et pour cela faisons une comparaison.
Si vous conduisez une voiture et qu'en face en arrive une autre, si l'autre conducteur utilise son téléphone portable, ne fait pas attention à la circulation, ne vous voit que tardivement parce que pour répondre à son interlocuteur au téléphone il a regardé un document écrit posé sur le siège passager, et si il vous percute, ce conducteur est pleinement responsable des blessures qu'il vous occasionne parce que c'est en sachant ce qu'il faisait qu'il a pris son téléphone et a consacré une partie de son attention à la conversation plutôt qu'à la route.
Et pour cette imprudence il doit être puni. Mais si la voiture qui arrive en face de vous est conduite par une personne qui fait bien attention et respecte parfaitement le code de la route, mais que soudainement et pour la première fois elle est victime d'un arrêt cardiaque, s'évanouit, et de ce fait perd le contrôle de sa voiture et vient vous percuter, ce conducteur n'a pas voulu l'accident, il n'a commis aucune faute délibérée de conduite ni aucune imprudence d'aucune sorte. Il serait alors absurde de l'envoyer en prison au seul motif… qu'il a eu un malaise et a perdu conscience.
Pour les malades mentaux c'est ce raisonnement qui s'applique. Il est des individus qui agissent sans avoir conscience de ce qu'ils font, qui agissent à cause de graves perturbations mentales, et qui ne peuvent plus être considérés comme ayant consciemment commis une infraction pénale. Comme le conducteur malade, cela n'aurait aucun sens de les déclarer coupables et de les emprisonner. S'ils sont dangereux, la solution passe par un internement en hôpital psychiatrique, pour qu'ils puissent recevoir les soins appropriés. Faut-il changer la loi et faire passer les fous en jugement ?
D'après les médias, le Président de la République a indiqué qu'il faut un procès pour aider les victimes ou leur famille à » faire leur deuil » . Mais cela n'est pas la première raison d'être d'un procès, outre le fait que quand dans une famille, un membre a été sauvagement agressé ou tué, la douleur subsiste bien après le procès, et que cette expression, passée dans le langage populaire, n'a que peu sa place dans le processus judiciaire.
Et puis, pour reprendre notre comparaison, va-t-on demain juger le conducteur victime d'un malaise cardiaque pour aider la famille dont un membre était dans le véhicule qui venait en face du sien uniquement pour apaiser leur douleur ? Evidemment non.
Et à quoi ressemblerait le procès d'un fou ? Il dira à de nombreuses reprises (s'il n'arrive pas à l'audience bourré de médicaments pour être à peu près en état et calme, et est capable de s'exprimer plus ou moins normalement) » je ne sais pas » , » je ne me rappelle pas » , » je ne comprends pas pourquoi j'ai agi ainsi » .
Et ensuite ? Et après qu'une famille ait exprimé sa douleur, que lui apportera la décision de relaxe et d'acquittement inéluctablement prononcée en application de l'article précité ? Voir que l'auteur du drame est jugé mais n'est pas puni sera-t-il aisément supportable ? Vivre ce procès illusoire peut être particulièrement traumatisant pour elle. Est-on certain en proposant un tel système d'agir dans l'intérêt de ceux qui souffrent déjà suffisamment ?
Cette question du traitement des malades mentaux trop fous pour être jugés pénalement responsables vaut sans doute mieux que le souci de satisfaire, à faible coût,la légitime émotion des victimes et de leurs familles. Et ne peut pas se satisfaire de quelques déclarations simplistes sans réflexion préalable. En tous cas, les juges vont commencer à se demander s'ils ne devraient pas suivre l'exemple venu de tout en haut : rendre leurs décisions, puis, ensuite, seulement ensuite, lire les dossiers et réfléchir… Ce serait rigolo, non ?
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De Deborah
19H39 | 24/08/2007 |
A quoi servent les procès ? A dire la justice et le droit, quitte à obtenir des réparations matérielles pour les victimes,
ou bien à pemettre aux victimes de « faire leur deuil » comme vient de dire Nicolas S, auquel cas on n'est plus dans état de droit mais dans un état de psychanalyse (mal digérée d'ailleurs).
Ce président du tout et du n'importe quoi m'est de plus en plus insupportable.
à Deborah
De Ehim
ehim.over-blog.com | 19H57 | 24/08/2007 |
Le drame actuel de ce pays est qu'on s'enfonce de plus en plus dans la dramaturgie feuilletonnesque à deux euro le kilo digne de séries de télé et que la raison raisonnante n'y trouve pas son compte.
On est dans la gestion permanente du spectacle.
Le plus écoeurant est qu'un manipulateur n'hésite pas exploiter la douleur provoquée par de vrais drames comme celui de Pau pour se faire reluire et faire admirer son agitation permanente.
Faire juger des fous pour aider la famille à « faire son deuil » relève de la mascarade et du « foutage de gueule » mais ça émeut le gogo planté devant son écran de télé, et celui qui les manipule le sait.
Au-delà de l'aspect affligeant de cette politique-spectacle, ce qui est le plus regrettable est que les règles de justice précautionneusement élaborées au fil du temps et des expériences vont connaître une effarante régression dont les victimes seront certainement plus nombreuses que celles des malades mentaux. A moins qu'on ne compte dans les malades mentaux les hyperactifs complètement obnubilés par leur image : un seul suffit à faire pas mal de dégâts.
http://ehim.over-blog.com
à Deborah
De Sad Puffin
08H46 | 25/08/2007 |
Je crois bien que ces cinq ans vont être long, mais long…Petite consolation à la fin on pourra peut-être juger le roi des fous.
à Deborah
De gecils
retraitée pas en retrait | 09H47 | 25/08/2007 |
et si Sarkozy voulait remplacer la justice par la vengeance ? vite vite il faut faire quelquechose !
à Deborah
De 39bis
23H00 | 25/08/2007 |
non la paranoia n'est pas du ressort de la justice, mais de la psychiatrie.
De
20H02 | 24/08/2007 |
Oui bien sur, et le premier d'entre eux ! ! ! , en toute urgence ! ! ! ! .
De puerta13
20H12 | 24/08/2007 |
En effet. Quand va-t-on toucher le fond ?
Quand cesseront les déclarations à l'emporte-pièce ?
Qui aura le courage de dire à ce type qu'il est la limite de l'irresponsabilité ?
La France est dirigée par le malade. Qui le jugera ?
Dans le même temps, à Argenteuil, on balance des produits toxiques sur les trottoirs pour faire fuir les SDF.
Les fous, les clodos, tous ça amalgamé, ça devrait rappeler quelques souvenirs historiques.
à puerta13
De
14H13 | 25/08/2007 |
Malheureusement, l'Histoire se répète, avec les mêmes procédés, favorisés par la crise économique. Au lieu de responsabiliser les dingues qui plongent le pays dans un chaos psychologique, écoomique et spirituel, par leurs déraillements politiques, la formule qui marche est de stigmatiser les victimes du système, de les rendre responsable de tous les maux. c'est plus simple et démago que de remettre en cause ce qui ne marche pas ou plus.
De
20H28 | 24/08/2007 |
Nicolas qui ne sait plus quoi faire pour etre sur la scène médiatique est en train de déraper sérieux dans son acharnement répréssif émotionnel racoleur et populiste … il s'est mis dans la tete de faire des procès aux fous … pour protéger soit disant les victimes … à quand des procès pour les chiens egorgeant des enfants ? on commence à mieux comprendre la philosophie ? animant le bonhomme après ses déclarations sur le caractère inné de la pédophilie … on montre sans arret au peuple les enemis potentiels : les pédophiles , les fous , les homos , les etrangers , on valorise l'uniforme à tous les carrefours et puis on sait comment cela finit … je sens comme un parfum assez rance en France en ce moment
De
20H38 | 24/08/2007 |
Comme l'a précisé le président du syndicat des magistrats, le tribunal n'est pas un lieu pour permettre aux familles des victimes de faire leur deuil, mais pour rendre la justice.
Dans ce cas, si on juge les fous (ah, il va être instructif le procès avec l'audition d'un fou ! et les familles certes vont s'en trouver consoler de l'entendre ! ), pourquoi ne pas faire le procès d'un chien errant qui aurait tué un enfant, ou le procès d'un arbre qui serait tombé sur quelqu'un, ou le procès de la canicule, du soleil ? Eh oui, si l'on veut permettre aux familles des victimes de faire leur deuil ! Tout cela c'est vraiment du grand n'importe quoi.
Mais je crois qu'en vérité Sarko le sait bien, son but était, après avoir perdu quelques points dans les sondages, de reprendre du poil de la bête en revenant sur un terrain qu'il maîtrise bien (le seul peut-être) : celui de la sécurité, en s'appuyant sur un fait divers, désignant un réponsable et en se mettant du côté des victimes, avec son langage qu'il maîtrise par coeur et qui commence généralement par « Mais vous trouvez ça normal que…et bein moi je trouve pas ça normal… ». Mais la ficelle commence a être bien grosse.
De
20H49 | 24/08/2007 |
rien que le fait de se poser le problème et d'en faire une chronique est le signe qu'il ya un malaise de plus en profond en France . Bientot on va poser le problème du rétablissement de la peine de mort et pourquoi pas des éxécutions en public … a force de remuer la m…. Nicolas qui s'amuse et jouit de des propres audaces va continuer de + en + non pas par compassion mais par provoc c'est cela parait il qui le fait jouir devant sa glace tous les matins
De sinclair
20H39 | 24/08/2007 |
C'est fou ! ! a un projet de loi par semaine jusqu'ou ira t on ?
Ah ! ne faudrait il pas juger aussi les animaux ayant commis un crime genre pitbull fou ?
Au moyen age ils etaient juges pourquoi pas aujourd'hui les victimes de ces animaux pourraient mieux « faire leur deuil non ! »
Il y a plein de lois nouvelles a prevoir des maintenant pourquoi attendre ?
Ainsi le crime meteoroligique decoulant d'un dechainement des elements non prevu correctement par les meteorologiste et ayant entraine la mort de un ou plusieurs personnes. Style la mort par la foudre faisons une loi permettant de juger la foudre
Poursuivons aussi Dieu de nos foudres judiciaire pour manque d'attention. Zut je me suis fait doubler par un Croate je crois !
De
21H18 | 24/08/2007 |
C'est marrant (enfin… marrant…) mais on est plusieurs à parler de juger un chien qui défigure ou tue un gosse, cela parce qu'on pense à ce que va vivre la petite fille (si elle survit) défigurée par un molosse.
Ben, Nicolas, il est pas allé la voir…
Surbooké ?
Et pas non plus le petit Yvan.
Pas la bonne victime ?
PMB
De le syndicaliste
21H37 | 24/08/2007 |
le brave homme investi d'une mission divine va se refaire toute la constitution et l'histoire de France à ses caprices et ses frustrations de son enfance.
il les a enfoui dans un petit coin de sa tête en se disant : « vous verrez un jour………. »
IL gouverne avec ses tripes et a laissé ses neurones au placard, un verdict de la justice ne lui plait pas, vite une nouvelle loi qui viendra se superposer aux nombreuses autres qui ne fonctionnaient déjà pas par manque de moyens et de fonctionnaires.
il veut que les familles fassent leur deuil, qu'en sait il de leur souffrance ? c'est SAINT LOUIS sous son arbre ou quoi ?
Que propose t'il alors pour les familles qui ont un membre schizophrène ? ou sont les structures ? ou est il le budget de la recherche ? Mettons les en prison ? elle est belle la solution, bravo la modernité………
A se laisser guider par ses seuls émotions, on finit par ne plus savoir se servir de sa raison et c'est bien inquiétant lorsqu'on est en charge d'une Nation……..
pathétique présidence shooté à l'audimat, tu avais révé d'être un artiste ?
De gargamelle
22H08 | 24/08/2007 |
Mais pourquoi tant de haine ?
C'est bien une petite phrase que sarko reprenait régulièrement lorsque tous ces salauds de gauchos criaient « attention ce type est dangereux »
Et bien oui ce type est malade, dangereux, omnubilé par sa grandeur qu'il lui faut impérativement prouver chaque jour.
Mais jusqu'où peut-il aller ? et là je commence sérieusement à me poser des questions…..parceque tel que c'est parti on a pas fini de « rigoler ».
Je ne sais plus quand, mais sur un de vos sujets j'avais prédit que compte tenu des difficultés qu'il allait rencontrer maintenant à la rentrée ( économie social…) il pêterait les boulons. Et bien voilà, nous y sommes, c'est un début. Nous verrons poindre bientôt le début de sa folie il ne pourra pas se tenir. Ce type est un malade !
Notre avenir proche s'annonce Kafkaïen.
De
22H46 | 24/08/2007 |
Ajouter des procès tout aussi coûteux qu'inutiles… Ce n'est pas encore ce gouvernement qui va régler le problème des déficits publics. Quelle déception !
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H03 | 25/08/2007 |
Je viens de lire les commentaires des deux articles sur le sujet des « fous » et je vois que tout le monde est d'accord.
Mais où sont donc passés les 53% ?
Je sais bien que rue89 n'est pas leur tasse de thé mais il en rôde, comme le colosse, toujours quelques uns.
à Servais-Jean
De
14H59 | 25/08/2007 |
les 53% de votants qui sont moins de 50% des Français s'en foutent.
Ils voulaient Nicolas parce qu'ils en avaient marre de ces assistés de tout poil (selon eux et Nicolas bien sûr) alors ils ont gobé tout ce qu'il leur a dit et ne veulent pas admettre qu'ils ont fait l'erreur (pour rester poli…) du siècle.
Moi qui ne l'ai pas choisi, ça me fait beaucoup moins rire… et 5 ans c'est long
à Servais-Jean
De
09H59 | 26/08/2007 |
Vous êtes loin du compte les gars : aujourd'hui c'est 69% de satisfaits : voilà l'état de notre peuple français bien aimé. C'est tragique ! ! !
Sarko carresse dans le sens du poil nos concitoyens les plus abrutis par la télé et ceux qu'il espère qu'ils l'admettrons dans leur monde friqué. Combien d'entre-nous rêvent de les rejoindre ? Entre les beaufs et les capteurs de richesses, que reste-il à ceux qui veulent réfléchir et comprendre ?
Ils vont s'attaquer aussi à la culture, je crains le pire.
Aujourd'hui le réseau éducation sans frontière m'a informée de la situation d'une enfant de 2 ans qui a passé un mois du 24/7 au 24/8 en centre de rétention avec sa mère laquelle est aujourd'hui en taule pour refus d'embarquer et l'enfant à la ddass. Tout le monde est content, c'est bien. Vive la France D.Martin
De domnuldid
07H22 | 27/08/2007 |
C'est même 71% ! ! ! dixit REUTER : « L'action de Nicolas Sarkozy jugée positive par 71% des Français 27.08.07 | 07h08 »
5 ans c'est long, mais il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas 10 !
à domnuldid
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 13H48 | 27/08/2007 |
C'est à partir de 150 % que la France sera EN FÊTE et fera l'objet de l'admiration du monde entier ! ! !
De Bonobo35
01H07 | 25/08/2007 |
Au fou ! Au fou !
Le président est irresponsable !
…Et c'est nous qui sommes sous tutelle ! ! !
à Bonobo35
De
08H42 | 25/08/2007 |
En peu de mot, vous résumez clairement la situation !
Voila où nous mène la démocratie « représentative »… dans ses excès !
Marcel.
De
01H23 | 25/08/2007 |
C'est vrai que c'est très explicite, l'image du malaise au volant.
Mais je crois que pour pouvoir faire vraiment faire le deuil de cette « proposition de loi » (ahem ! ), le plus simple serait de demander combien de fonctionnaires il va falloir embaucher pour l'appliquer, non ?
Ou alors, il faudrait privatiser les tribunaux et sous-traiter ? Aïe ! Non ! Il ne faut surtout pas que l'autre Crétin de Neuilly (une dégénérence génétique récemment identifiée qui, à la différence du crétinisme des alpes qui donnait un goître, donnerait des bourrelets disgracieux au dessus du short quand le malade fait du canöe sur le lac Winnipesauke) lise cette phrase. Il serait capable de mettre cette idée à l'ordre du jour de la Chambre d'Enregistrement… Euh ! … de l'Assemblée Nationale.
De
18H17 | 27/08/2007 |
Et d'ailleurs, en parlant d'accidents de voitures, pourquoi ne pas interdire les Clios après qu'une Clio ait écrasé une grand-mère ou les 307 après qu'une d'entre elle ait tué une petite fille ? Ca devient n'importe quoi !
De
01H24 | 25/08/2007 |
Juger les fous ?
En Allemagne les « fous » qui commettent des actes grâves sont jugés. Et - étant magistrat - je trouve que c'est une bonne chose. Car il est préférable, que toute mesure privative des libertés se fasse « en plein jour », au vu et su du public et sous la responsabilité de la justice, plutôt qu'en catimi dans quelque cabinet obscure.
Le code pénal allemand connait donc déja depuis des décennies des mesures qui sont vaguement comparables au projet de Sarkozy.
Lorsque un délit à été commis dans un état de responsabilitée pénale diminuée ou d'irresponsabilité totale par un individu sous l'emprise d'une impulsion due à une affectation psychiatrique grave ou sous l'influence d'un trouble du comportement d'une nature de gravité comparable le tribunal peut recourir à des mesures de sûreté dont la finalité est justement à la fois la protection de la société et le rétablissement de la santé de l'auteur du délit. Ces mesures s'attachant à prévenir le risque qui résulte de la dangerosité objective du délinquant, elles peuvent être prononcées soit cumulativement avec une peine ou lorsqu'aucune peine ne peut être infligée à l'auteur de l'infraction, celle-ci ne lui étant pas subjectivement imputable (§ 72).
Il s'agit de mesures qui sont prononcées sur avis d'un expert psychiatre au terme d'une audience pénale tout à fait normale (qui peut s'assimiler aux débats d » une cour d'assises ). Lexpert aura suivi les débats depuis le debut et doit normalement présenter son expertise en public et notamment en présence du prevenu (et de la victime, si elle le souhaite). Si elle s'est constituée en partie civile elle peut évidemment poser des questions et demander des explications sur le fondement de l'avis de l'expert. La même chose vaut pour le prevenu. Cette procédure présente à mon avis l'avantage d'une plus grande transparence et elle contribue à faciliter la comprehension de la nature et l'origine des troubles qui ont conduit le prevenu à des actes souvent difficilement acceptables et pour le prevenu et pour la victime.
Le § 64 concerne les cas d'alcolisme et d'autres cas de dépendence à des substances. Il s'agit d'une cure de desintoxication suivie d'une thérapie. La durée est normalement de 9 mois à un an et demi et ne peut exceder deux ans. Le temps passé en internement est compté jusqu'au deux tièrs d'une peine qui à été prononcée pour les mêmes faits. La détention est automatiquement suivie d'un sursis conditionel pour une durée 5 ans. Pendant ce temps la personne reste sous le contrôle d'un travailleur social spécialisée dont la mission est de l'aider à se réintégrer et de vérifier, si il continue son traitement. En cas de manquement aux obligations, qui accompagnent le surcis celui-ci peut être révoqué par le tribunal.
Le § 63 se refère à tous les autres troubles psychiatriques, psychologiques ou neurologiques qui peuvent rendre un individu dangereux. Cette mesure ne peut être ordonnée exclusivement par un collège de juges et d'assesseurs civiles du tribunal de grande instance comparable à la cour d'assises.
La durée de la mesure n'est pas déterminée. Elle dépend entièrement des progrès obtenus par le traitement. Si aucune amelioration est obtenue l'internement peut donc conduire a une incarceration à vie. Néamoins, le principe de la proportionalité reste applicable et doit être respecté par le tribunal. La décision, si le détenu doit être liberé ou non revient également à un tribunal (une chambre spécialisée du tribunal de grande instance) sur avis d'un expert qui doit être consulté à des intervalls réguliers en présence du détenu et de son avocat. La libération se fait généralement sous de bonnes conditions. C'est à dire : Le détenu aura trouvé un logement ou une place dans un foyer spécialisée, souvent un travail ou du moins une occupation . On se sera occupé de prendre contact avec sa famille, les psychiatres ou les psychologues qui prendront le relais … .
La détention est automatiquement suivie d'un sursis conditionel pour une durée 5 ans. Pendant ce temps la personne reste sous le contrôle d'un travailleur social spécialisée dont la mission est de l'aider à se réintégrer et de vérifier, si il continue son traitement. En cas de manquement aux obligations, qui accompagnent le surcis celui-ci peut être révoqué par le tribunal.
§ 63 Internement pénal dans un hospitâl psychiatrique
Si une infraction à une disposition du code pénal a été commise par un auteur qui se trouvait au moment des faits dans un état de irresponsabilité pénale (§ 20) ou de responsabilité reduite (§21), le tribunal peut ordonner son internement dans un hospitâl psychiatrique, si au vue de la personne de l'auteur du délit et de son fait il est établit que il se trouve dans un état qui laisse craindre d'autres délits grâves des sa part et qu » il est donc susceptible de constituer un danger pour la société.
Pour plus d'info, consultez : http://www.forensik.de/recht/systematik.html et
http://de.wikipedia.org/wiki/Maßregelvollzug
De Philippe Leroyer
auteur & photographe | 02H04 | 25/08/2007 |
Merci.
J'ai donné une note de 5 à l'article d'ouverture, et 5 à votre intervention, pourtant contradictoire.
Tout simplement parce que ces deux textes exposent clairement la complexité d'une information qui va hélas être traitée avec le coeur plus que la raison.
Vos deux textes illustrent parfaitement que l'angle d'approche du sujet est primordiale.
Si l'on aborde le problème sous l'angle annoncé « d'aider au deuil des familles de victimes », il est évident (et ici consensuel apparemment) que c'est absurde et sort du domaine de la justice.
De même que la volonté de vouloir responsabiliser l'irresponsable par volonté de trouver pour tout un coupable à punir.
Par contre, si l'on aborde le problème sous l'angle que vous présentez de transparence et cohérence judiciaire, sans vouloir responsabiliser l'irresponsable, cela devient tout à fait défendable.
Evidemment, la chose ayant été proposée par Nicolas Sarkozy, la majorité des gens de gauche vont monter au créneau par principe, sans chercher plus loin.
La gauche aurait proposé une telle mesure, que les gens de droite auraient fait de même.
Réflexe primaire.
Alors encore merci d'avoir pris la peine de rédiger ce long commentaire qui met en lumière une autre dimension du dossier et pousse à une réflexion plus approfondie que les simples réflexes partisans.
à Philippe Leroyer
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 02H17 | 25/08/2007 |
Merci pour votre réaction et pour votre synthèse que je partage également.
à Philippe Leroyer
De
08H59 | 25/08/2007 |
Bravo pour votre position, ce dont nous avons de plus en plus besoin c'est d'ouvrir les yeux, d'avoir des éléments nous permettant de nous faire une opinion et non pas d'une politique spectacle trop relayée par l'ensemble de la presse.
Plutôt que de se gausser des poignées d'amour ne vaudrait-il pas mieux s'interroger sur le pourquoi de ce type d'information qui ne fait qu'endormir un peu plus l'opinion.
Nous avons besoin d'une vrai presse politique et non de tabloïds, mais est-ce possible quand on dépend de la publicité ?
Grandpakiki
à Philippe Leroyer
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 22H45 | 26/08/2007 |
>« Evidemment, la chose ayant été proposée par Nicolas Sarkozy, la majorité des gens de gauche vont monter au créneau par principe, sans chercher plus loin.
La gauche aurait proposé une telle mesure, que les gens de droite auraient fait de même.
Réflexe primaire. »
D'accord avec toute votre prose sauf cette phrase. Pour deux raisons :
1) Il n'est pas tout fait illégitime de tenir compte de la personnalité de l'auteur d'un propos dans l'analyse de ce propos.
2) Mais surtout, c'est précisément NS qui a présenté les choses sous le mauvais angle dont vous parlez. Ce faisant, il me semble indiscutable qu'il justifie les réactions que vous tenez pour primaires et qui, pour le coup, ne le sont peut-être pas tant que ça.