reportage

L'Arquebuse, squat historique de Genève, menacé de fermeture

La façade du squat de l'Arquebuse (Sean Macleod).

(De Genève) L'évacuation des squats historiques de Genève se poursuit. Prochain sur la liste : l'immeuble situé au 13, rue de l'Arquebuse, qui doit être vidé en septembre. Un lieu de vie et de création original, dont l'existence est menacée par la pénurie de logements dans la ville.

Dans le bâtiment, situé en plein quartier historique de la presse genevoise, l'ambiance est morose. L'allée est jonchée de canettes de bière et de gobelets en plastique : les restes d'une « teuf » techno. On fait du porte-à-porte pour trouver âme qui vive. Mais une partie des artistes et des locataires a déjà déserté les lieux.

Aurélie, cinéaste et squatteuse (Sean Macleod).Il faut dire que les occupants ont été convoqués par la police en tant qu'auteurs présumés de violation de domicile. Face à la menace d'une procédure pénale, ils ont promis un départ sans opposition. « Nous ne sommes pas d'accord, mais nous n'avons pas le choix » , résume Aurélie, jeune cinéaste française qui a rejoint l'Arquebuse et son association Babylone en 2003.

L'expérience a été « enrichissante, tant du point de vue artistique qu'humain » , dit-elle, mais pas question néanmoins « de se barricader et de prendre des coups de matraque » . Les occupants savent aussi qu'ils ne sont guère soutenus par la population…

Dans les journaux et sur les forums d'Internet, ils ont constaté qu'un partie de l'opinion au moins nourrissait à leur égard de l'incompréhension, voire de l'hostilité. « L'image que nous avons est mauvaise. Je comprends les réactions négatives, le logement est tellement cher… Mais je pense que la plupart des gens ne savent pas ce que ça signifie vivre dans un squat » .

Cohabitation, partage des tâches, gestion des lieux, incertitude, confort spartiate : ainsi va la vie des occupants. Mais dans une ville où la place manque, comme Genève, l'occupation d'appartements n'est plus tolérée.

 » Les squatteurs ont refusé le local proposé par le propriétaire »

Après les squats de la Tour et Rhino, l'Arquebuse est en train de mourir, et ses occupants, une quarantaine de personnes, doivent trouver d'autres solutions pour travailler ou se loger*. Selon la Tribune de Genève du 15 août, le propriétaire a proposé aux squatteurs de l'Arquebuse des appartements et un atelier, en périphérie de la ville. Les occupants ont jugé ces lieux « trop chers, mal situés et pas adaptés pour des expos » , indique ce quotidien.

A ses débuts, l'Arquebuse n'avait pas vocation à loger du monde. Occupé à partir de 1994, l'immeuble sert d'abord à la création d'ateliers. Plasticiens, musiciens, cinéastes, photographes s'y établissent pour un coût minimal : celui du chauffage et de l'électricité.

La cave accueille des groupes de rock. Des fêtes électro sont organisées aux étages. Cours de tango, vernissages éphémères au A-Bar. Le squat vibre d'événements, et on vient y mixer pour retrouver des sensations « différentes » . Tel DJ Sky, 31 ans, rencontré lors d'une soirée de soutien au squat, venu « gratos pour mixer à l'arrache ! “ C'est ainsi qu'il fit ses gammes dans d'autres squats il y a quelques années, à la Boulangerie ou la Terrassière par exemple –des lieux disparus depuis.

Des ateliers d'artistes aux appartements d'habitation

Progressivement, au gré aussi de la crise du logement, l'Arquebuse a commencé à accueillir de véritables habitants. Cela fut le cas pour Aurélie.

‘ J'ai d'abord travaillé ici pour un laboratoire de cinéma indépendant, le Zebralab. Ils ont déménagé, et j'ai pu installer mon atelier dans une cuisine de l'Arquebuse. J'habitais alors à la Ciguë [des logements pour étudiants proposés sur la base de contrats de confiance], mais la villa où je vivais a été rasée. Je suis donc venue dormir ici, dans la cuisine, et je me douchais ailleurs !

Un musicien du squat part pour Berlin ? Aurélie s'installe dans son appartement. Pour vivre, elle officie comme projectionniste au cinéma Le Spoutnik. Et tourne avec moins de 600 euros par mois, bénéficiant à l'Arquebuse d'un atelier et d'un lieu de vie. On ne paye pas les loyers, on n'en a pas les moyens ! , lance-t-elle. Elle vient de trouver un job et un appartement en colocation.

Mais la situation se révèle nettement plus difficile pour une autre partie des occupants de l'Arquebuse. C'est le cas d'un étranger âgé d'une cinquantaine d'années rencontré dans l'allée du squat et qui ne veut pas qu'on en dise plus à son sujet. Ici, on m'a aidé, même financièrement, et on m'a écouté’ , dit-il, sans savoir où il ira loger demain.

Cette population vit un autre destin et Aurélie ne l'ignore pas.

” C'est évidemment plus dur pour ces gens, qui sont sans parole. Il sont coincés. C'est pour cette raison que nous avons envoyé un dossier à l'ONU sur les conditions de l'évacuation du squat. »

Discussions de dernière minute avec les autorités

Le procureur de Genève, M. Zappelli, a décidé une évacuation à partir du 4 septembre. La semaine passée, artistes et habitants du squat ont été reçus par Patrice Mugny, conseiller administratif de la ville de Genève en charge de la culture. Les squatteurs, qui ont dû saborder leur ancienne association, Babylone, déclarée illégale, estiment que « la porte n'a pas été fermée » .

Jeudi, la mairie indiquait qu'elle avait demandé un sursis au procureur, et qu'elle cherchait un site à proposer aux artistes. « Il serait dommage de déloger ces gens si on peut leur proposer une solution de rechange quelques semaines plus tard » , a expliqué le maire à la Tribune de Genève.

Les occupants de l'Arquebuse demandent aux autorités un espace d'environ 500 mètres carrés, qui serait dédié au logement et la création contemporaine. Car la chasse aux squatteurs menée par le canton crée un vide. Aurélie insiste :

 » On évacue des lieux comme celui-ci et on n'en crée pas de nouveaux. Des gens partent dans d'autres villes, car vivre et créer à Genève avec peu d'argent, c'est impossible. »

En arrivant en Suisse, elle n'avait pas imaginé la possibilité de squatter. Dans son Auvergne natale, il n'y avait pas de structures de ce type. La métropole suisse pourrait bientôt être dans le même cas.

► Le blog de Stéphane Herzog.

17 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

15H44 | 24/08/2007 | Permalien

L'art passe après le reste au regard de la société. Pour des squats comme chez Rhino etc l'Arquebuse, c'est triste que ça se finisse ainsi. Une page d'histoire se tourne. Oui c'est dommage et ça montre à quel point nos sociétés sont de droite, conservatrice, « urgentistes », sans sensibilité… bref on peut résister, contester. Mais l'art, les arts, ne s'accrochent pas à des institutions. De tels lieux sont dits historiques, ils constituent un quasi patrimoine. Le jeu du chat et de la souris peut reprendre. On te chasse, tu fuis, tu retrouves une place ailleurs, un lieu qui n'était pas occupé, bref tu occupes le lieu, tu le transformes, il te transforme. T'es un artiste, pas un showman, pas un être du lieu, pas un propriétaire, tu peux pas dire Ce lieu est à nous. Enfin, tu peux le dire, mais ce sera comme ça, l'Etat, les pouvoirs publics, auront plus de poids que toi, surtout à nos époques, mais surtout en fait c'est faux, c'est toujours ainsi. Donc, on ne doit pas être triste ou révolté par habitude. A vrai dire, on les « emmerde », on aura d'autres lieux. Les artistes ne meurent pas ainsi, pas parce qu'on leur pique leur squat, leur atelier. Fuck l'état, le système, pas juvénilement, ni par contestation, mais parce qu'on est ailleurs, toujours un étranger, toujours orphelin, etc. Chacun joue son rôle, rien n'est conciliable, il n'y a pas de compromis car la contradiction n'existe pas. Ni le devoir être, ni le confort de la vie « underground », décalée, non bourgeoise. Il y aura d'autres lieux, peut être pas à Genève, peut-être qu'on sera sur l'eau, peut-être qu'on sera mort, nous n'avons pas de droits à défendre, pas de patrimoine culture, nous sommes êtres de fuite, de révolte, la souris, le loup, le chien errant, le marin des troittoirs pluvieux.

Portrait de Nas

De Nas

17H03 | 24/08/2007 | Permalien

En effet avant l'art il y a le droit !

C'est ce qui vous protège, tachez de vous en rappeler !

Portrait de Courageux anonyme

à Nas Portrait de Nas De mènaxéne

19H54 | 24/08/2007 | Permalien

« Tachez de vous en rappeler » : c'est la phrase de la milice de l'Internet ? Les nazillons se sont réveillés depuis les élections, c'est hallucinant.

La loi ne nous protège que de ce qu'elle a engendré. Il n'y a aucun contrat social passé implicitement entre les citoyens et les gouvernants. Je n'ai pas troqué ma liberté contre un peu de sécurité, ou le sentiment d'être un brave petit cabot de la société.

Nous parlons de squat ici, les artistes sont ils une menace pour la société ? Philosophiquement, vous pouvez nous rendre une copie dans deux semaines, on en reparlera. Je pense que ce sont les gouvernants qui sont une menace pour la paix civile.

Portrait de Simius

De Simius

from France | 14H29 | 25/08/2007 | Permalien

nazillons, fachos etc etc ….
Et si on parlait des révolutionnaires de 1789 ? : p

Portrait de Courageux anonyme

à Simius Portrait de Simius De

20H40 | 25/08/2007 | Permalien

Eux… oui parlons-en si voulez, mais comme on ne sait pas ce que vous voulez dire par là, autant commencez, monsieur, plutôt que de laisser sous entendre que les « révolutionnaires de 1789 » étaient des nazis et des fachos, ce qui seraient complètement idiot, mais je pense que vous voulez dire quelque chose. (je précise que j'écris en CA, comme pour le premier message de ce sujet, mais que mon pseudo est Mènaxéne (un livre d'ailleurs que je recommande, même s'il ne touche pas le sujet).

Portrait de Courageux anonyme

à Simius Portrait de Simius De

16H20 | 26/08/2007 | Permalien

Et c'est reparti pour un tour ! Où se cachent donc les fachos et les nazillons là-dedans ? Les squatts sont démolis non parce ils sont « Un lieu de vie et de création original, dont l'existence est menacée par la pénurie de logements dans la ville », mais par la nécessité de construire des logements, ces lieux sont d'après l'article, laissés à l'abandon, jonchés de détritus, etc… Un peu de bon sens, voyons !

Mon-Al

Portrait de Courageux anonyme

De mènaxéne

17H10 | 26/08/2007 | Permalien

Alors puisque vous prenez mon intervention au premier degré, je vais vous répondre de façon la plus rationnelle qui soit (cherchez l'erreur). Lorsque je qualifie une intervention du type « la loi c'est la loi, il faut la respecter, c'est ce qui vous protège, l'art après la loi… », je trouve que nous avons en face de notre capacité de jugement (le fameux bon sens auquel vous faites référence monsieur) un exemple de dérive, d'une apparence de raison : on maquille l'amour de la loi ou la volonté de servir, d'obéir (ceux qui commandent ne commentent pas les textes de Rue89) par un pseudo (mensonge donc) raisonnement. Je dis pseudo parce que dire que le droit est avant l'art est un jugement, une opinion. Dire que le droit nous protège est une autre opinion. Toutes deux non pas tant fausses (enfin la seconde si, clairement) mais surtout le signe d'une façon de pensée, d'un rapport à la vie.

Enfin, j'en viens à votre propre intervention, monsieur Mon-Al qui semblez aimer « le bon sens » dont chacun pense en être si bien pourvu que ceux là même, etc. Premièrement, je lis votre « c'est reparti », comme si dénoncer les esprits fascisants (non pas en référence à l'histoire des fascistes, mais au devenir fasciste, si vous voulez qu'on en débatte, « c'est parti », je suis là) était lassant. Ca vous ennuie peut-être, moi ça m'énerve, mais en ce moment, il y a du boulot. Peut-être que vous trouvez cela bien loin de la réalité, à cela je vous répondrais : voyez ce que vous voyez, mais vous dépendez bien trop de votre myopie. Je pourrais faire le malin en disant que je devine plus encore dans votre foi en ce qui est écrit par les institutions : ces lieux sont laissés à l'abandon… d'où votre appel à la raison (le bon sens ou la puissance de bien juger, monsieur)… et je vous dis tout simplement : je connais ces lieux parce que je les vois, encore ce week-end je vais m'y rendre. Vous ne semblez pas les connaître (sinon vous ne feriez pas appel à l'article) et je vous dis : c'est une belle connerie que ce jugement, ces lieux sont des lieux de création artistique, j'ai même failli y dormir moi-même. Donc, je vous retourne votre conseil : un peu de bon sens, voyons, mais cette fois ne confondez pas sens commun, opinion immédiate avec la raison.
Mènaxéne

Portrait de billou

à Nas Portrait de Nas De billou

12H04 | 25/08/2007 | Permalien

Tout à fait et c'est pour cela que tous les maires qui ne respectent pas la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) sont condamés.

Portrait de Courageux anonyme

De

18H03 | 24/08/2007 | Permalien

Nas, si tu venais à Genève tu te rendrais compte que le droit « protège » peut-être les gens en virant les squatters, mais le droit ne fait RIEN pour empêcher les loyers exorbitants (à côté se loger au centre de Paris c'est facile), et si je te dis que le taux de logements libres est au dessous de 0.7%, tu te rendras compte qu'il n'y a pas de choix. En Suisse c'est de plus en plus « sois riche ou crève ! ». Le droit c'est merveilleux, mais la Ville de Genève avait un intérêt par ses contrastes, des squats autonomes à 2 pas des plus grandes banques et de toute la richesse du monde, l'alternatif et l'autogestion cotoyait le fric et les multinationales, et c'est ça qui faisait l'intérêt et la richesse de cette ville, dans laquelle je suis né et où j'ai toujours aimé vivre, mais si on nous enlève ces ilôts de liberté, tout va exploser parce qu'il sera impossible de trouver un bar avec des boissons pas chères ou des concerts audacieux et non-lucratifs. Bref, la mort des squats c'est la mort de la culture. Et je préfèrerais toujours la diversité culturelle à l'application intransigeante du droit. Merci à RUE89 de publier cet article intéressant sur cette partie de ma ville que j'aimais tant, et qui disparaît !

Portrait de Courageux anonyme

De

20H56 | 25/08/2007 | Permalien

C'est mieux qu'il reste chez lui…

Portrait de Courageux anonyme

De

13H22 | 27/08/2007 | Permalien

On a vu se dérouler ce week-end une nouvelle occupation : un immeuble commercial au centre de Genève. Elle aura duré trente heures. Avant l'expulsion par la police, qui s'est déroulée sans heurts.

Les squatters genevois ont semble-t-il de la suite dans les idées, et il est probable que d'autres occupations auront lieu. La seule politique du « on vide » ne peut suffire, là où il existe un besoin pour des lieux « différents ».

Dans les années 1990, les pouvoirs publics avaient développé la doctrine suivante : pas d'évacuation pour des lieux occupés, mais qui restent sans autorisation de construire. Aujourd'hui, il n'y pas vraiment de ligne politique qui se dégage. Tout est plein, sauf les locaux commerciaux. Et la lutte pour trouver un appartement provoque un rejet des squatters. Mais cela pourrait évoluer.

Portrait de Stéphane Herzog

De Stéphane Herzog (auteur)

Journaliste freelance | 15H42 | 27/08/2007 | Permalien

Je partage (un peu) votre sentiment : un pan de la vie genevoise tombe si on supprime les lieux alternatifs. Le problème est ques les autorités du canton et les médias, sauf Le Courrier, approuvent le principe des évacuations parce qu'elles concernent des lieux pour lesquels il existe des projets de logements.

Mais dans les cas de Rhino et de l'Arquebuse, c'est plutôt un consensus politique un peu mou, voire un cafouillage, qui a permis l'évacuation … et non pas uniquement les autorisations de construire, qui sont bien antérieures à l'action du Procureur Zappelli.

Les autorités de la Ville, elles, sont un peu gênées par cette politique pure et dure d'éradication des squats. Elles ont d'ailleurs demandé un sursis pour l'Arquebuse, le temps de traiter la demandes des squatters, qui cherchent 500m2 d'ateliers, et des logements.

C'est le signe que Genève ne reste pas complètement sourde à la culture alternative. Mais il faudra peut-être offrir un sonotone aux élus du gouvernement du canton !

Portrait de df

De df

17H39 | 25/08/2007 | Permalien

Nous vivons dans une société de comptables, et Genève est complètement intoxiquée par cet esprit.

Portrait de B33P3R

De B33P3R

Artiste/Chercheur | 11H27 | 27/08/2007 | Permalien

Je pense que le vrai problème qui se pose en ce moment est beaucoup plus grave qu'un squat qui ferme ses portes.

Bien entendu, il est important de prendre conscience d'un lieu de création qui « cesse ses activités », mais le vrai problème qui se pose est beaucoup plus profond et grave à mon avis : il s'agit du statut plus en plus précaire de l'intellectualisme dans la société contemporaine.

Ainsi, juste pour vous citer un exemple concret, je peux vous parler de mon cas : j'ai fait 5 ans d'études dans une école d'art, pour me retrouver sans un véritable statut social au final.

« Vous n'avez qu'à vous inscrire à la Maison des Artistes » me diriez-vous.

Mais sachez que si je ne gagne pas plus de 15.000€ par an, je n'ai aucune raison de le faire, puisque je perds de l'argent en le faisant et étant un plasticien fraîchement diplômé, je vous assure que je suis loin de cette somme annuelle en vendant mes oeuvres.

Peut-être que les graphistes, les stylistes, les architectes d'intérieur, les designers atteignent cette somme après un certain temps en « appliquant » leurs arts, et les plasticiens ?

Pourtant, au cours de ces 5 ans d'études supérieures, on nous apprend pleins de choses très intéressantes sur la culture générale, la philosophie, la sociologie, la sémiotique, etc.

Mais n'ayant pas un CDI, ou du moins un statut « compréhensible » et « prometteur » dans la vie quotidienne, j'ai du mal, ne serait-ce que pour trouver un logement par exemple, même en ayant les moyens - eh oui, heureusement j'ai quelques économies de côté grâce aux boulots que j'ai pu faire, qui n'ont pourtant pas de rapport direct avec mon parcours.

L'artiste est un intellectuel, ou du moins il devrait l'être, et peut-être que pour Aron, l'intellectuel est un « créateur d'idées », ou encore pour Sartre « quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas », mais essayez d'expliquer l'importance que cela représente dans la société contemporaine à un agent immobilier.

Je me demande parfois quel intérêt cela présente de faire des études longues (5 ans - niveau Master) si après coup on se retrouve presque à la rue ?

Mais je me reprends tout de suite après, et comme disait l'autre, je me dis - comme pour me rassurer : « Non ! Rien de rien - Non ! Je ne regrette rien ».

Tout ce que je peux vous demander, c'est d'aller voir plus d'expositions, lire plus de livres, aller plus au cinéma, en somme être un brin plus curieux.

Tout le monde sera gagnant au final - vous verrez - je reste optimiste puisque l'on est pas des malheureux, juste des « roseaux pensant ».

Portrait de Courageux anonyme

De

14H42 | 27/08/2007 | Permalien

je suis triste qu'une culture alternative riche, une contre-culture importante pour une ville comme Genève disparaisse.
Aujourd'hui, les autorités se rencentrent sur les thème de la sécurité, la protection du droit à la propriété en oubliant tout le reste.
L'histoire de la mouvance squat à Genève est d'une richesse que beaucoup n'ont pas conscience. Elle a permis d'apporter des expéreiences culturelles et de vie nouvelles. Des lieux qui offraient une liberté d'expression et de vie qu'on ne trouvait pas ailleurs. Evacuer tous les squats de la ville entrainera la fin d'une création artistique unique.
Ce qui me rend le plus triste, c'est qu'on oublie, ou qu'on veut passer sous silence, toutes les revendications et attentes qui se cachent ces occupations. Dans le domaine du logement, la volonté de créer des espaces de vie communautaire et autonomes, a loyers modérés avec des espaces artistiques sont des revendications intéressantes. Ce qui me désole c'est qu'on arrive pas a voir que d'autres alternatives au modèle dominant puissent exister. La fin des squats entrainera quoi qu'il en soit un vide énorme pour la scène alternative genevoise. Et au final, se sera une ville morte ou pour se divertir on pourra aller voir un concert a l'Arena a 60.-
Quelle diversité ! ! ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

13H25 | 29/08/2007 | Permalien

La culture doit-elle être sale ?
Je vis en voisine de l'Arquebuse depuis plus de 7 ans. Et quand je dis voisine, mes fenêtres donnent dessus. Je n'ai pas de rancoeur à payer un loyer quand d'autres ne le font pas. J'ai conscience que nous ne vivons pas dans le même confort. Je suis pour les lieux de culture, et contre les centres ville déserts car occupés par des entreprises qui partent le soir venu. J'ai l'habitude du bruit, je m'en fous pas mal, là ou je suis née, c'était pire. Et je n'appelle pas la police, je me déplace.
Mais la proximité de l'Arquebuse, c'est aussi la vie dans la saleté, les gens qui pissent dans le parking derrière (devenu un urinoir géant), les gobelets et les bouteilles, les meubles dont on ne veut plus, les capotes.. La faune des gens qui ne savent pas dire bonjour. Et depuis la fermeture du Rhino, les concerts tous les WE qui durent la nuit et la journée. A fond.
Même moi qui m'en foutais, j'en ai marre. Le respect ne coûte rien, faut pas venir dire qu'on a pas les moyens. Une de mes amies travaille dans un atelier vers la jonction : petit loyer, super organisation. C'est propre, c'est agréable, les gens sourient. Donc en dehors de toute considération politique, messieurs (et mesdames)les squatteurs, un minimum serait bienvenu. Parce qu'entre l'intolérance politique et le prétexte intellectuel, les voisins devraient pouvoir cohabiter harmonieusement. Au moins jusqu'au 4 septembre. Et nécessairement si après.

Lili

Portrait de Courageux anonyme

De

16H59 | 29/08/2007 | Permalien

j'ai rencontre par hasard les squateurs de l'arquebuse a geneve,lors d'une soiree electro.venant pour ma part de france (savoie),j'ai ete charmé par cette culture,cette energie et ce bouillon de creativitée qui n'existe malheureusement pas de l'autre coté de la frontière. je pense que la suisse,en fermant les squatts,se prive de la poesie et de la force créative que représente cette contre-culture.j'espère sincèrement que cette politique ne transformera pas genève en ville aseptisée comme l'est malheureusement Paris aujourd'hui.

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