Tribune 23/08/2007 à 22h43

Tous journalistes ? Un trompe-l'œil dangereux

Philippe Leroyer | auteur & photographe

Tout le monde est-il électricien ? Sous-entendu, tout le monde peut-il se prévaloir de pouvoir faire ce que fait un électricien ? Evidemment non.

Tout le monde est-il chercheur en aéronautique ou en énergie nucléaire ? Sous-entendu, tout le monde est-il capable d’évaluer la qualité du travail fait par l’un de ces chercheurs ? Evidemment non.

Par contre il semblerait aujourd’hui que tout le monde soit journaliste. Tout le monde est donc capable de faire le travail d’un journaliste (dont « l’info à trois voix » est un bon exemple), et tout le monde est capable d’évaluer la qualité du travail effectué par un journaliste.

Voilà l’un des principes de base du politiquement correct de l’ultra-démocratie.

Tout le monde a son mot à dire sur tout et que l’on ne vienne surtout pas remettre cela en cause sous peine d’être taxé de censeur, d’élitiste, ou de partisan de régimes totalitaires. Voilà l’une des dérives de la liberté d’expression (qui n’existe pas réellement chez nous, je suis le premier à le déplorer).

Dérive en ce sens que nous sommes passés de « chacun a le droit de dire ce qu’il pense » (fondamental) à « l’opinion de chacun est pertinente » (faux et dangereux). Chez les journalistes, comme dans tous les domaines d’activité, il y a les bons et les moins bons. Un bon journaliste se prévaut d’une formation (qu’elle soit scolaire ou acquise sur le terrain), suit un « cahier des charges » avant de livrer son information (fiabilité de ses sources, mise en contexte(s), recherches complémentaires, objectivité ou subjectivité clairement annoncée et assumée, explication, etc...), se réfère à une éthique bien précise... Tous ces aspects manquent cruellement dans 95% des cas lorsqu’une « information » est livrée par un non-journaliste.

Cette information n’est donc, le plus souvent, absolument pas fiable. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit obligatoirement mensongère. Elle est juste partiale, partielle, tronquée, etc... Il n’y a qu’à lire la longue suite de messages que suscitent les articles ici. La très grande majorité ne sont que l’expression de points de vue très personnels érigés en vérités fondamentales, défendues bec et ongles, lancées à la face de ceux qui ne sont pas d’accord. Rarement objectifs, souvent étalages d’idées reçues et de préjugés. Ils sont néanmoins importants car il s’agit de l’expression de ce que chacun pense. Mais ils ne sont en rien l’équivalent d’un travail d’information.

L’exemple parfait en sont les réactions aux articles sur le gouvernement en place (pour lequel je n’ai pas voté, il est important de le signaler) : 99% vont toujours dans le même sens, quelle que soit l’info. Le gouvernement se prend les pieds dans le tapis, tout le monde se réjouit, il prend des mesures (quelles qu’elles soient), tout le monde hurle son indignation et exhorte à la vigilance, voire à la désobéissance, des sondages lui sont favorables, ils sont forcément trafiqués... Sans même revenir sur l’absence de débat (pour cela il faut deux parties en présence, ce qui fait cruellement défaut ici) qui est à la base de la démarche démocratique, il est tout de même frappant de voir, sur ce sujet, à quel point toutes les réactions peuvent être partiales, sans une seule once d’objectivité ou, souvent, de bonne foi.

Et tout cela sans même parler du fait que pour se permettre de juger un article au-delà du simple intérêt qu’il aura suscité, il faudrait reprendre tout le travail du journaliste étape par étape afin de pouvoir en évaluer la qualité et la pertinence. Qui le fera ?

Enfin, n’oublions pas un aspect que personne ne soulève jamais. En défendant l’idée qu’il est important que chacun puisse donner son opinion et qu’elle soit prise en considération, l’on prend comme base que chaque voix est équivalente, principe démocratique de base. Or TF1 (tellement critiquée) fait beaucoup plus d’audience qu’Arte. Voici vend beaucoup plus (il me semble) que tout hebdomadaire d’information. Si chacun a son mot à dire sur tout, la majorité l’emporte sur tout, logique. Lorsque tous les médias s’aligneront sur cette politique d’ultra-démocratie, ils s’aligneront de facto sur TF1 et Voici.

Et ceux qui auront tant défendu cette ultra-démocratie au nom de l’amélioration qualitative de l’information (entre autres) n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Je n’ai évidemment (et hélas) pas la solution au problème que pose la qualité (au sens large) de l’information. Mais l’ultra-démocratie est une très mauvaise bonne idée, contre-productive et dangereuse.

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  • Ehim
    Ehim
    http://ehim.over-blog.com
    • Posté à 23h40 le 23/08/2007
    • Internaute 9598
      http://ehim.over-blog.com

    Tout le monde sait que le métier de journaliste est un vrai métier. Mais de nos jours l’information passe partout. On ne sait plus quoi en faire. Chacun se l’approprie, la digère et le recrache avec son interprétation personnelle. Comme vous, mais sans la formation ni le métier.

    Comment allez-vous faire pour vous adapter ?

    Vous avez de la chance : les médias installés ou « officiels » ne sont plus crédibles. Rue 89 a trouvé (ou commencé à trouver) une alternative.

    Accrochez-vous ! On compte sur vous.

  • Nolita
    • Posté à 00h36 le 24/08/2007
    • Internaute 15095

    Tout à fait d’accord avec vous. Je suis une ancienne journaliste, formée à l’ESJ Lille Quand on écrit un papier, on applique des réflexes de professionels : mise en perspective, contexte, sources, objectivité, ethique. Il y a les méthodes d’enquête, de travail, d’écriture. C’est un canevas complexe qui ne peut être confié à un amateur. C’est un peu comme en cuisine. C’est comme de comparer Alain Senderens, et Mémé Jacquotte ; Bon, le raccourci est peut-être sévère. Mais le chef cuistot observe des règles, répond à des objectifs, à une éthique. Heureusement, le journalisme reste un métier, et on trouve encore quelques puristes (rares) pour l’honorer. Quand on écrit, il ne faut penser qu’à son lecteur, rien qu’à son lecteur, et respecter les propos de celui qui confie une information ; C’est la base.
    Rue 89 me paraît un outil d’avenir pour l’information, car la presse française est en train de crever du bureaucratisme et du nombrilisme de ses journalismes : révélations sur des informations vérifiées et fondées, débats de qualité, impertinence, liberté de ton, lectorat interactif, présentation moderne de l’info, mais non ostentatoire.
    Quand on voit ce que Christian de Villeneuve a osé laissé faire au sein de la rédaction de l’Express (Groupe Lagardère), effacement sur une photo de vacances des poignées d’amour de notre président en maillot de bain. A quand Cecilia avec le corps du top brésilien Gisèle Bündchen ?
    La complaisance de certains médias, donc de certains journalistes avec le pouvoir, notamment pour masquer la vérité, peut laisser perplexe et inquiet, à la fois sur leur formation et/ou sur leur degré d’éthique, ou plus grave, sur leur capacité à être corrompu. Ce qui est en totale opposition à la charte du journaliste.

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à Nolita
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 01h03 le 24/08/2007
        éditeur
      • Journaliste 8
        Cofondateur

      Petit rectif : c’est Paris Match qui a diffusé la photo de Sarkozy retouchée (et non de l’Express qui, au contraire, a révélé la supercherie). Pour le reste, les fondateurs de Rue89 ne peuvent que se réjouir de votre commentaire qui résume notre démarche : marier le journalisme professionnel avec la culture participative de l’Internet. Merci !

    • Anonyme répond à Nolita

      Chère demoiselle, merci de noter que l’Express n’appartient pas au groupe Lagardère, dont M.de Villeneuve est bien un des cadres dirigeants. Participativement vôtre.

      • Nolita
        • Posté à 08h48 le 24/08/2007
        • Internaute 15095

        Oups ! Je bat ma coulpe ! L’Express, il est vrai, et onl’espère pourl’avenir, ne serait pas livré à une telle manipulation. Pour avoir travaillé avec un de ses anciens rédacteurs en chef, je peux le confirmer. Mais l’on parlait bien de Christian de Villeneuve, Directeur des Rédactions de Lagardère, cité et interviewé dans Le Parisien d’hier par Marc Pelerin.

      • Nolita
        • Posté à 08h48 le 24/08/2007
        • Internaute 15095

        Oups ! Je bat ma coulpe ! L’Express, il est vrai, et onl’espère pourl’avenir, ne serait pas livré à une telle manipulation. Pour avoir travaillé avec un de ses anciens rédacteurs en chef, je peux le confirmer. Mais l’on parlait bien de Christian de Villeneuve, Directeur des Rédactions de Lagardère, cité et interviewé dans Le Parisien d’hier par Marc Pelerin.

    • Anonyme répond à Nolita

      Votre commentaire me paraît juste. Que chacun puisse s’exprimer est important, mais, en effet, on ne s’improvise pas journaliste, c’est un métier -plus ou moins bien maîtrisé ! Pour faire un parallèle, c’est valable aussi, par exemple, pour le métier d’enseignant. Ce n’est pas parce qu’on est fort en ski, qu’on est forcément capable de l’enseigner.

      • Deborah
        • Posté à 14h42 le 24/08/2007
        • Internaute 3584

        Certes on ne s’improvise pas journaliste. Malheureusement, je parle d’expérience, beaucoup de mes chers confrères sont assez paresseux, et reprennent consciencieusement le contenu des dossiers de presse, voire des agences de communication, parfois au mot près, et parfois même en les ornant de leur signature ... Je n’invente rien. D’ailleurs dans certaines rédactions, il faut toujours reprendre les clichés acccolés à telle ou telle personnalité. Marie-José Perec, par exemple, il était obligatoire, je dis bien obligatoire, d’adjoindre à son nom « la gazelle noire » et tout à l’avenant.

        Cette tribune pourrait ainsi se prolonger, chacun, intervenant et journaliste, rélféchissaént sur son rôle.

         
        • Anonyme répond à Deborah

          n’est il pas rassurant pour certains d’avoir des journalistes peu consciencieux ? Un journaliste trop professionnel ne risque t il pas de déranger ?
          D’ou vient l’argent que reçoivent les journalistes dans l’exercie de leur fonction ?
          Beaucoup de questions et peu de réponses...

        1 autres commentaires
    • Anonyme répond à Nolita

      1)on peut faire de la bonne cuisine et même dela trés grande cuisine sans avoir fait l’école hôteliere.
      2) on peut être journaliste sans avoir fait l’ESJ : Françoise Giroud et plein d’autres en sont de parfaits exemples.

      quelle prétention et quel mépris !

    • A déménagé le 16-1-2012
      • Posté à 23h16 le 25/08/2007
      • Internaute 14163

      voila deux a priori parfaitement imbécile :

      1)on peut faire de la bonne cuisine et même dela trés grande cuisine sans avoir fait l’école hôteliere.

      2) on peut être un grand journaliste sans avoir fait l’ESJ : Françoise Giroud et plein d’autres en sont de parfaits exemples.

      quelle prétention et quel mépris !

  • Koomo
    Koomo
    Tokyo
    • Posté à 01h43 le 24/08/2007
    • Internaute 13793
      Tokyo

    Ah...enfin une vrai parole sur les derives de Rue89.
    Au tout debut, je m’en suis felicite, moi-meme fervent partisan de l’open-source (sur lequel est monte ce canard) et le participatif.
    Mais il n’y a qu’a lire les commentaires haineux, les debats sans fondement et inconstructif, pour se demander ce que sera Rue89 dans quelques mois.

    Retirer l’anonyme, limiterais les abuts.

    Bref tout ceci est bien irrespecteux pour les vrai journaliste...ce que je ne suis pas d’ailleurs.

    • Deborah
      Deborah répond à Koomo
      • Posté à 08h56 le 24/08/2007
      • Internaute 3584

      Ce ne sont pas les dérives de « Rue 89 ». (Et avec un peu de jugeotte on n’est pas obligé de prendre pour des analyses journalistiques les commentaires des intervenants)

      Ce sont les dérives des participants. Pour surfer sur les forums du Net et donc des journaux en ligne, jesuis effarée de ce qu’on y trouve. L’inculture, les attaques personnelles, le racisme, les injures les plus grossières. Ca ouvre des horizons...

      Cela posé, si on décide de canaliser ces discours ou de les supprimer, il va falloir aussi revoir le droit de vote, puisque ce sont les discours de citoyens en exercice.

      • Anonyme répond à Deborah

        « les faits sont sacrés, les commentaires sont libres »
        encore faudrait il que les faits soient effectivement sacrés c’est un autre problème...
        Ici, ne sommes nous pas dans le commentaire des faits. dans quelle mesure peut on alors dire que tel ou tel commentaire n’est pas recevable. n’est on pas dans la sphère personnelle de la seule émotion ?
        Qui sommes nous pour nous permettre de juger les autres ? Sommes nous donc si sur que notre mode de fonctionnement soit le bon pour juger les actions ou les pensées de chacun ?
        et la tolérance bordel ?

         
        • Anonyme

          La tolérance ? Mais il y a des maisons pour cela, monsieur !
           : -)
          (plus sérieux, je suis bien d’accord avec vous...)

          • Anonyme

            attention l’intégriste de la tolérance (que je suis) mis à part mon aversion de l’intélorance ne supporte que très difficilement l’humour noir.
             : -()

        2 autres commentaires
    • Deborah
      Deborah répond à Koomo
      • Posté à 17h17 le 24/08/2007
      • Internaute 3584

      C’est de bonne guerre que de parler de « la dérive » de rue 89. Après tout, quand on vous ouvre tribune, il faut en profiter, même et surtout pour dénigrer, ça défoule.

      Je ne vous donnerai pas les noms de ces directeurs de la Rédaction, toujours bien verts malgré les ans, et qui disaient à leur équipe : « Moi, je suis un homme de marketing » et encore « Je suis un préfet ». Pas des rédactions mineures. Ils n’ont pas changé, s’ils ont changé de groupe.

      Mais les lecteurs n’en savent rien, ça leur évite de nourrir les tribunes et les courriers des lecteurs.

    • Anonyme répond à Koomo

      Est ce que cela pourra être pire que les commentaires sur Libération ?

      Une bonne moitié sont violents et affreusements réactionnaires. Est-ce vraiment le reflet de ses lecteurs ?

      J’aimerais bien une enquête journalistique sur les forums internet ; sont-ils vraiment investits par des lobbys ?

  • flaneur
    • Posté à 02h05 le 24/08/2007
    • Internaute 14194

    Mais c’ est très bien Rue89 . Informations + débats éventuels , et on sait faire la part des choses , entre professionnels et lecteurs - débateurs ; pas le même niveau ; en participant au débat , on ne supplée pas les journalistes , etc ...

  • Frédéric Guihéry
    • Posté à 03h55 le 24/08/2007
    • Internaute 12657

    Le fait que chacun puisse donner son opinion n’est pas nécessairement un mal, à partir du moment où l’on sait qui a écrit le message. Quand je lis un article ou un commentaire, je regarde toujours la fonction (quand elle est indiquée) de l’auteur. Est-ce un journaliste ? un scientifique ? un militant ? un boulanger ? A partir de cette information, je peux alors juger de la pertinence des propos, et adapter mon esprit critique en conséquence. Je suis donc plus critique pour un journaliste s’il ne suis pas les règles de bases (comme celles que vous énoncez : sources, mise en contexte, etc.), mais je lui concède quelques approximations sur le fond (enfin pas toujours). Pour un expert, au contraire je ne lui fait pas ce cadeau, mais je serais plus souple sur la forme de l’article.

    On arrive donc au second point, qui me semble essentiel, concernant la connaissance du sujet traité. Quand je lis des articles de journalistes destinés au grand public (et même dans la presse spécialisée) sur des domaines que je connais bien, je tombe sur beaucoup d’erreurs, beaucoup d’approximations qui me font mal, car elles altèrent la véritable information (la charge utile, si l’ont peut dire :). De temps en temps, sur des sujets pointus, le journaliste propage même une fausse idée, une fausse information. Un mélange de journalistes et d’experts est donc à mon avis très important. Rue89 propose une alternative vraiment intéressante avec son info à 3 voix, et je suis impatient de voir ce que ça deviendra dans l’avenir !

    • Le Moscovite
      • Posté à 10h36 le 24/08/2007
      • Internaute 15140

      Je crois, Frédéric, que vous mettez le doigt sur un point tout a fait important : le niveau d’expertise des journalistes. Il est évident que l’on ne peut pas exiger des journalistes qu’ils soient experts dans toutes les matières ; cependant, compte tenu, aujourd’hui, de la complexité de l’information, qu’elle soit de nature économique, juridique ou scientifique, il est difficile de l’appréhender sans disposer des connaissances suffisantes, et donc d’un niveau de formation approprié. J’exerce moi-même une profession spécialisée et je dois reconnaître que je rencontre, moi aussi, très souvent des approximations, des erreurs, voire de fausses informations relatives à mon domaine de compétence, et ceci dans des publications dont on ne peut a priori douter de la qualité. La formation des journalistes telle qu’on l’a connaît aujourd’hui doit nécessairement évoluer, sans pour autant perdre les bases, c’est à dire une méthode propre à la rigueur journalistique.

      • Anonyme répond à Le Moscovite

        Cher Moscovite, comme Mr Guihéry (excusez si j’écorche l’orthographe de votre nom, je ne l’ai plus sous les yeux...), vous faites, à mon sens, une erreur sur ce qu’est un journaliste et son travail. Il ne peut, comme vous le dites, être expert dans de multiples matières. Pourtant, il doit être capable de parler de choses diverses et variées. Par quel « miracle » ?
        C’est tout bête : en posant des questions... Lorsque un bon journaliste doit faire un papier, disons sur la jurisprudence du cacao à Moscou (exemple choisi presque au hasard...), il va décrocher son téléphone et appeler, par exemple, Le Moscovite. Et lui demander de lui expliquer le pourquoi du comment de la chose. Et il réitèrera avec d’autres spécialistes ou experts du domaine afin de croiser ses sources. En n’hésitant pas à dire à son interlocuteur : « je n’ai pas compris cette assertion, pouvez-vous me l’expliquer de nouveau ? ».
        C’est ce qui, à la finale, permet de réaliser un article correct (entre autres choses) sur un sujet dont on ne connaît rien à la base. Un journaliste n’est pas là pour tout connaître mais pour trouver des informations, les agréger, les synthétiser, les décrypter et les retransmettre de manière compréhensible au commun des mortels.

        Maintenant, il est vrai que ce que je viens de décrire n’est pas toujours le mode de fonctionnement le plus courant. Et c’est bien cela qui est regrettable. Par manque de formation ? En partie peut-être. Mais aussi et surtout par manque de temps et de moyens (les rédactions sont de moins en moins nombreuses et de plus en plus soumises à des cadences effrénées). Et par jem’enfoutisme d’une partie de la corporation, hélas.

        Précisons enfin que, si je suis journaliste (dans une presse dite « technique »), je n’interviens pas ici en tant que tel mais uniquement au même titre que n’importe quel commentateur.

        Otto Naumme

         
        • Frédéric Guihéry
          • Posté à 15h28 le 24/08/2007
          • Internaute 12657

          Nous sommes d’accord. Si le journaliste effectue cette démarche, il aura gagné mon respect. Je suis conscient qu’il y a des journalistes qui font correctement leur métier, pour ceux là je n’ai aucun reproche à leur faire. En revanche, je m’inquiète pour ceux qui se laissent entraîner par des dérives ou des facilités, comme vous le signaler, et même parfois malgré eux (manque de moyens).

          Assez souvent, j’ai quand même l’impression de lire un article qui paraphrase un communiqué de presse ou une dépêche Reuteurs. La preuve est que certaines informations semblent traitées de la même manière sur chaque chaîne ou chaque journal. Cette unicité me gène, et je dois aller sur des sites à audience plus modeste pour en trouver un contre-poids, avec des analyses et des approches différentes.

          Enfin, je me dis que si l’auteur fait des approximations limites dans les domaines que je connaît, il risque d’en faire tout autant dans d’autres domaines. Et là, je suis sans défense.

        • Le Moscovite
          • Posté à 18h38 le 26/08/2007
          • Internaute 15140

          Cher Otto Naume, je dois reconnaître adhérer pour partie à votre analyse. Cependant, s’il est vrai que la profession de journaliste ne se résume pas à la seule connaissance des sujets traités, il est des domaines qui recquierent une formation sans laquelle le traitement de toute information s’y référant ne peut donner lieu qu’à une compréhension superficielle. Et c’est ici que se trouve le danger, aussi bien pour le journaliste que pour le lecteur. Je perçois le sens de la description que vous faîtes de cette profession : il’ s’agit d’un lien entre l’information brute et le profane, le journalite a vocation à mettre en oeuvre une méthode appropriée pour que le lecteur puisse comprendre cette information. Or, la seule mise en oeuvre de ladite méthode ne permet pas toujours d’atteindre l’objectif recherché, il faut comme pré-requit détenir les clefs permettant d’appréhender l’information. Les recherches et les questions s’avèrent insuffisantes. Par ailleurs, la spécialisation soulevée dans ma précédente intervention est déjà en partie une réalité. Nombre de journalistes politiques sont diplomés en science politique et sortent pour la plupart de l’IEP de Paris.

        2 autres commentaires
    • belzaza
      belzaza répond à Frédéric Guihéry
      conseillère municipale
      • Posté à 19h37 le 24/08/2007
      • Internaute 9507
        conseillère municipale

      Bonjour à tous,
      Je suis intéressée par la lecture des réactions quand elles ne sont pas anonymes. Dire « d’où on parle » quand on est amateur c’est plus instructif pour le lecteur (s’il fait gaffe à ses préjugés)

      Mais dites-moi Rue 89, comment je peux justement changer mon profil quand il est obsolète ?

      belzaza, maintenant téléprospectrice mais toujours passionnée de littérature...

      • Sygus
        Sygus répond à belzaza
        • Posté à 01h43 le 25/08/2007
        • Internaute 9899

        Bonjour,
        Pour changer de profil, il vous suffit de cliquer sur votre nom et d’aller dans Editer / Votre Profil / Situation.

      • Anonyme répond à belzaza

        Bonjour Belzaza. Vous savez, je suis un « Courageux Anonyme » par choix : comme un autre intervenant ici, Macab’ pour ne pas le nommer, je ne vois guère l’intérêt de m’inscrire, d’autant que je n’ai pas trop envie de voir des données me concernant figurer dans une base de données en ligne, avec une adresse mail qui plus est (je sais bien qu’il y a bien pire que la BdD de Rue89 comme fichage, mais bon...).
        C’est un choix, donc. Est-ce à dire que, pour vous, mes petites contributions sont disqualifiées d’office ?
        Et en quoi mon « anonymat » est-il plus « anonyme » que, au hasard, Concombre Vert ou Belzaza ?

        Otto Naumme

  • Anonyme

    journaliste, ha ! ha ! ha ! ha ! voila se que m’inspire cette profession. Vite passons à l’auto défense intellectuel.

    • Anonyme

      je partage votre hilarité.
      une personne peut avoir sa carte de presse en trois mois. J’ai eu la mienne en écrivant dans un hebdo de gros seins (eh oui faut bien commencer !) à faire des critiques de films de serie Z ou de livres de gare...

      Alors quand je lis Rue89 (pas trop souvent car les sujets varient peu et le fond encore moins) je me sens fier de mes débuts.

      Ne parlons pas de la « caste », qui se construit par filiation, religion ou politique, car cela nous entraînerait à un rire qui deviendrait démesuré.

  • Pharisien
    Pharisien
    Pas bien situé
    • Posté à 06h17 le 24/08/2007
    • Internaute 10799
      Pas bien situé

    C’est bien de taper sur tf1, il faudrait plutôt se demander pourquoi les gens zappent vers cette chaîne. Il y a dans cet article une volonté de normer qui fait froid dans le dos. Les journalistes professionnels profèrent assez souvent des inexactitudes techniques, relaient les campagnes de promotion commerciales, présentent comme vérité des points de vue partisans. L’intervenant lambda ne fait ni mieux ni pire. De plus être confronté à des opinions chocantes aide plus à comprendre le monde où nous vivons que des commentaires trop convenus. Enfin, ce n’est qu’un point de vue non-autorisé !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 08h13 le 24/08/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    L’article de Philippe Leroyer me paraît confondre journalistes et commentateurs.

    Le journaliste transmet une information, rend compte d’une réalité. Il est clair que cela requiert un professionnalisme et que tout un chacun ne peut se prétendre journaliste.

    Mais chacun a parfaitement droit, selon moi, d’émettre son opinion, serait-ce sur l’information que le journaliste lui a communiquée. Lier le droit à l’expression à la connaissance technique relève d’un élitisme un peu désagréable. Il est vrai que certains commentaires montrent un net défaut de maîtrise du sujet évoqué. Qu’importe ! Ils sont riches d’enseignement sur la façon dont les informations journalistiques sont reçues.

    Pour ma part, je ne me prive pas de commenter les informations que je reçois, mais je ne revendique en rien le titre de journaliste.

    La confusion entre journalistes et commentateurs vient du fait que nous avons à faire, en France du moins, à une presse essentiellement d’opinion. L’opinion finit par y prendre le pas sur l’information elle-même. Dans nos chers médias, une grande majorité d’articles relèvent plus de la chronique ou de l’édito que de la relation de faits.

    L’originalité de Rue 89 vient de ce que ce support lie les deux fonctions : informations et commentaires. D’où son succès.

    Sans doute gagnerait-il à mieux distinguer les deux fonctions.

    Un autres travers (la rançon du succès !) y est l’expression anonyme qui permet toutes les dérives. Et Rue 89 n’y échappe pas, qui voit s’allonger la liste des commentaires dont certains relèvent plus de l’interjection haineuse (ou stupidement idolâtre) que de l’avis argumenté.

    Ceux-ci sont-ils révélateurs d’un état d’esprit de l’opinion ? Même pas. Dans la foule des anonymes, il n’y a que les cracheurs qui crachent. Mais à n’essuyer, à ne lire que les crachats, c’est la foule entière qu’on identifie à tort à une foule de cracheurs.

    Je suis contre tout anonymat. J’utilise un pseudonyme pour raisons professionnelles mais n’importe qui peut très facilement m’identifier ou me trouver via mon blog et le mail qui y figure.

    Rue 89 gagnerait, je crois, à ne publier les commentaires que de ceux qui se sont dûment enregistrés, avec un identifiant (nom ou pseudo) et une adresse mail de contact (non rendue publique bien sûr, mais par laquelle ils confirmeraient leur enregistrement). Après tout, dans une réunion publique, on se présente.

    Faute de quoi, comme le souligne justement Philippe Leroyer, la dérive peut à terme noyer cette intéressante initiative journalistique.

    • Anonyme répond à Le Yéti

      Rue89 n’est faites QUE d’opinions, pas d’information. Le choix même des sujets traités est la manifestation de cette opinion.

      Votre proposition sur « l’anonymat » (ne publier que les enregistrés) ne peut fonctionner

      Rue89 a besoin du nombre (il faut vivre donc vendre...),
      un pseudo et un nom (même une boite) ne veulent rien dire : je peux m’ouvrir une boite au nom de cendrillon et prétendre que mon nom est Karine alors que je me nomme peut-être Vladimir Illyitch.

      • Le Yéti
        Le Yéti
        yetiblog.org
        • Posté à 09h59 le 24/08/2007
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        « je peux m’ouvrir une boite au nom de cendrillon et prétendre ... »

        Ben, allez-y mon vieux, si vous avez autant de temps à perdre. Mais je doute que ce soit le cas de tous les anonymes. Et je suis même sûr que vous vous lasserez rapidement vous-même.

         
        • Anonyme répond à Le Yéti

          non justement comme vous le dites je n’ai pas de temps à perdre.
          je suis déjà las de ce site où je ne viens plus qu’épisodiquement, sachant par avance ce que je vais y lire.
          la révolution c’est faire un tour complet pour revenir à la même place...

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Bonjour,

    ARRETEZ !
    Un journaliste pour moi chercherrai a savoir :
    - a qui appartient le cargo arraisonné en manche.
    - a qui appartient la cargaison
    - qui assure ce navire
    - ou a été chargée la cargaison
    - a qui est destinée la cargaison
    - qui a embauché l’équipage
    - ect ect ...
    Et me faire un compte rendu de ces données avec l’explication des pavillons de complaisance et la complaisance des politiques.

    Le reste, les larmes de crocodile je n’en ai pas besoin.

    MAIS ! Reste t’il de VRAI JOURNAUX et de VRAI JOURNALISTES . J’en doute.

    • RobinMaster
      • Posté à 13h29 le 24/08/2007
      • Internaute 15148

      Ce que vous décrivez s’appelle du journalisme d’investigation. Malheureusement, ce dernier n’est que trop peu présent dans les journaux quotidiens qu’ils soient écrits, parlé, ou télévisuels (sans pour autant en faire 4 pages ou un 52 minutes). Pourtant, vous avez raison, la vraie information me semble celle que vous décrivez.

  • Anonyme

    Que penser en effet de journalistes ne posant pas les questions nécessaires à la compréhension, lors de la dernière campagne présidentielle ? , là est peut être une part des commentaires en sens unique, il est vrai, que d’autres courants de pensée s’expriment .

    Je n’ai par exemple, jamais entendu ou lu, sur le crédit d’impôt, que cela était anticonstitutionnel, ce que tout le monde savait, il n’existe en France de cas de loi rétroactive . Les bourrelés de sarko, ce n’est pas moi qui les ai gommés ? , je n’achète pas d’ailleurs ce genre de livre .

    Je pense au dopage sur le tour de France, où en sont les enquêtes ? .

    Des bons journalistes intègres, il s’en
    trouve, leur travail n’est pas facile, dangereux, ils sont toujours, un jour ou l’autre écartés c’est une certitude .

    • delavergne
      delavergne
      journaliste
      • Posté à 11h38 le 24/08/2007
      • Journaliste 15106
        journaliste

      Oui, il en reste bcp plus que vs ne l’imaginez.

  • Daniel R
    Daniel R
    Visiteur d'entreprise
    • Posté à 08h40 le 24/08/2007
    • Internaute 6667
      Visiteur d'entreprise

    Votre corporatisme me fait bien rire. Il n’y a qu’à se référer à la production des journalistes qui suivent en cortège organisé et financés, les déplacements de Sarko.

    Comparer des électriciens et des journalistes est un peu osé.

    Les électriciens travaillent dans un cadre technique contraignant et leur responsabilité est personnellement engagée en cas d’accident. Cela n’empêche pas pour autant qu’il y ait des mauvais électricien et de bons amateurs.

    Comme il y a de bons journalistes et de mauvais amateurs. Cependant considérez la pauvreté de l’information, là où il y a beaucoup de journalistes, dans le médias le plus regardé, le télévisuel. L’exemple le plus typique et l’un des plus suivi, c’est Pernot, sur la une à 13 H. 4 faits divers et hop, direction la France profonde et son pinard.

    Il n’y a pas de démocratie sans éducation des citoyens. Mais lorsque le citoyen rentre exténué du travail, qu’il s’est occupé de sa famille, il s’écroule devant le JT de la une parce que c’est la chaîne qui apparait quand on allume la télé. Et la une, de son propre aveu, n’a pas pour mission d’éduquer mais de vendre du temps de cerveau disponible pour Coca Cola.

  • stefan.agemian
    • Posté à 09h01 le 24/08/2007
    • Internaute 11105

    Nous sommes le répondant a l’article que vous écrivez ,je ne lis pas Rue 89 (j’ais plaisir à lire)de la même maniére que le canard enchâiné dont il fît mes 1° pas en politique, il est mon bréviaire . En lisant les articles des journeaux sur le WEB je réagis plus promptement , malgrés tout je suis sensible à vos articles et je ne vous cacherez pas que je hais tous les exploiteurs et les menteurs qui agisse sur des êtres incrédules et ils sont une grande majorités dans ce magnique Pays .AH ! je félicites les journalistes qui on de la personnalitée .IL vaut mieux un petit chez soi et être libre que d’avoir un grand chez les autres ,car l’être libre n’est pas un cocu psychiquement .

  • Anonyme

    M. Leroyer
    votre démonstration pourrait être intéressante s’il n’y manquait les composantes : ligne éditoriale, hiérarchie de l’information, économie.

    On pourrait comparer la production de Rue89 à un bombardemet intensif, un matraquage sans nuance .
    Cela vient-il des journalistes ? En partie seulement.
    Il faut capturer le public et lui donner ce qu’il veut entendre comme l’a dit Lénine. Pourquoi Rue89 produit-il autant d’articles contre Sarkozy, l’état, le gouvernement, la police ?

    Parce que ses leceurs (99%) ne demandent que cela.
    La logique est la même que celle de TF1 !

    Objectivité, précision, sont inutiles... Les lecteurs n’attendent qu’une chose : lire ce qu’ils pensent déjà et ne pas prendre de recul.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 10h09 le 24/08/2007
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    L’Info à 3 voix véritable chant polyphonique sur une mélodie de décrocratie participative avec comme mesure la liberté d’expression.

    Bonne écoute et bonne production,chers voisins et voisines.
    Et,avant la musique...

    • Anonyme répond à Infovite

      démocratie

      • Anonyme

        Démocratie ou Démo-Crassie

        nouveau das le dictionnaire : pédagogie de sortie sa crasse, et Dieu sait s’il y en a !

    • Anonyme répond à Infovite

      L’Info à 3 voix véritable chant polyphonique sur une mélodie de démocratie participative avec comme mesure la liberté d’expression.

      Bonne écoute et bonne production,chers voisins et voisines.
      Et,en avant la musique...

      Deuxième version pour les mélomanes.

  • Anonyme

    J’apprécie les propos précédents :

    Ecrire un article, ça n’est pas jeter un non’os et voir les réactions, alors que le sujet est seulement abordé, avec une « orientation » personnelle de l’auteur(e) = partialité ? .

    - lancer un pavé dans la mare donne quelques vaguelettes, et parfois des tsunamis !

    - lancer un boomerang, c’est aussi en avoir le retour quitte à être assomé(e)

    Depuis trois mois, je suis rue89. Déjà censuré (alors que les propos n’était pas particulièrement offensifs, ni dérangeant, ni blasphématoires ou insultants)

    Je suis surpris de ne pas voir « certaines coupures » de propos insultant, et « raciste ». D’autant que certains sujets ne sont pas très « suivis », dans le sens où, seuls les anonymes (comme moi) se débattent pour y apporter leur petite graine (savoirs ou expériences), quand elles ont du sens !
    Cete « tribune » a encore quelques progrès à accomplir pour atteindre les objectifs espérés.

  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 10h43 le 24/08/2007
    • Internaute 4302
      Informaticien dans le Lot

    Oui, c’est vrai, il semble bien que Rue89 n’apprécie pas énormément N. Sarkozy et bon nombre d’articles produits ici sont loin de vanter ses mérites. Cependant même si un zeste acide de partialité existe ici, il y a une louche d’aromates pour adoucir la sauce : c’est NOUS !
    Oui, toi qui lit cette réaction, rien ne t’empêche si tu penses que notre ami Sarko va sauver le monde de le crier haut et fort et d’argumenter.
    Et peut être que ceux qui liront ta prose pèseront le pour et le contre et prendrons un instant de réflexion. Rue 89 a au moins ce mérite que je trouve immense : permettre à tous de réfléchir.
    C’est quand même mieux que la soupe télévisuelle du JT de 20h00 qu’on ingère comme des oies !
    Histoire de provoquer qqs réactions, j’aimerais avoir votre avis :
    Prenons une classe de maternelle composée d’une vingtaine de bambins aussi adorables qu’innocents.
    Sur le bureau de la maitresse, on pose une barquette de Fraises Tagada (vous savez les bonbons rouge vif) et une barquette de vraies fraises. On les fait voter pour savoir quel sera le dessert du repas de midi. Résultat, tous les enfants vont bouffer du colorant et du E324.
    N’atteint on pas ici les limites de la démocratie ?
    Lorsqu’on demande à tous les Français de choisir leur Président, sommes nous tous capables de faire le bon choix ? sommes nous tous capables d’être journaliste, électricien... ? ?

  • Anonyme

    Pardonnez-moi mais vous vous bercez d’illusion.
    la « sauce » comme vous dites n’est pas adoucie par les commentaires. les intervenants ne critiquent pas mais se défoulent.
    La réflexion passe au second plan, on vient là pour « casser du Sarko », l’insulter, le villipender, encouragé par Rue89 qui chaque jour ressert la soupe pour alimenter la fréqnetation.
    Journalisme ? C’est quoi ?
    Avez-vous lu un article parlant de la Bande de Gaza et de ce qui s’y est réellement passé, des Tamouls, des prisons de la CIA, de l’Afghanistan du Pakistan... la liste serait longue.
    Le nombril mon cher c’est ce qui intéresse, donner à ce « peuple heureux rotant tout seul dans sa mangeoire » la bouillie qu’il réclame et la bonne conscience qui doit l’habiter

    • Thorgal46
      Thorgal46
      Informaticien dans le Lot
      • Posté à 11h21 le 24/08/2007
      • Internaute 4302
        Informaticien dans le Lot

      Vous avez sans doute raison, mais je compte sur des gens comme vous, cultivés et à l’esprit critique affuté pour venir nous aider à mieux comprendre le monde si complexe qui nous entoure.
      Si vous êtes un expert du conflit israelo-palestinien, c’est génial, expliquez nous...
      Il n’empeche que je pense qu’il y a un peu trop d’articles autour de Sarkozy ! Il y a beaucoup d’autres sujets plus interessants !

  • Philippe Leroyer
    Philippe Leroyer
    Auteur(e) de l'article auteur & photographe
    • Posté à 12h01 le 24/08/2007
    • Internaute 3582
      auteur & photographe

    Après avoir lu vos réactions, j’aimerais revenir (rapidement, ah ah ah) sur ce qu’il en ressort.

    - Tout d’abord je fais parfaitement le distingo entre commentateurs et journalistes.
    Mon « article » (qui est plus un billet d’humeur ceci dit) était en premier lieu une forme de réponse à celui-ci :
    Lien
    dans lequel il est question de faire noter les papiers des journalistes par les lecteurs.
    Ceci étant lorsque l’on annonce « l’info à 3 voix », la distinction n’est pas faite. Ou alors cela devient « l’info à 2 voix + vos réactions » (ce qui est plus juste d’ailleurs au vu du fonctionnement de Rue89, heureusement).

    - Beaucoup de vos réactions prennent comme argument de départ « Il n’y a pas/plus de bons journalistes qui fassent leur métier comme il se doit » - ils ne sont pas indépendants, pas honnêtes, ne maitrisent pas leurs sujets, ne vont pas chercher la vraie information...
    Peut-être.
    Peut-être pas.
    Mais cela ne donne pas à chacun, en retour automatique, les compétences pour être « rapporteur d’information ».
    Le journalisme fait face aujourd’hui à cette problématique de par la facilité qu’offre un outil comme internet.
    Si vous n’avez aucune confiance dans le BTP, vous n’allez tout de même pas vous mettre à construire vous-même votre maison. Tout simplement parce que cela demande énormément de temps, de moyens, de connaissances, que c’est physiquement dur...
    Alors que si vous pensez pouvoir mieux faire que les journalistes, il vous suffit aujourd’hui d’avoir un accès à internet et des doigts, et de prendre 5 minutes pour faire le boulot à leur place.
    On peut déguiser la démarche sous une foule d’arguments plus ou moins pertinents, la base reste la facilité. Or la facilité, si elle est une chance, une opportunité, n’est pas un gage de compétence.

    - Il est de ces personnes pour qui certains types de métiers seront toujours du vent. « Le journalisme ? ? Ah, ce n’est pas quantifiable, pas qualifiable, pas vérifiable. C’est pas un métier ça. Plombier, ça, c’est un métier. Si le gars fait mal son boulot, ça se voit tout de suite. Commercial, ça aussi c’est un métier sérieux, ça touche à l’argent, si le gars se plante ça se compte tout de suite. » Mais journaliste, tout comme écrivain, photographe, scénariste, dessinateur, réalisateur... ce ne sont pas de vrais métiers.
    Le travail d’un journaliste est qualifiable, quantifiable, vérifiable. Il encourt des conséquences négatives en cas de mauvais boulot.
    Cet argument n’est que de la bêtise crasse.

    - Enfin, l’argument de l’élitisme, du corporatisme, et de la liberté d’expression.
    La liberté d’expression est un fondamental.
    Mais comme je l’écrivais plus haut, « chacun à le droit de dire ce qu’il pense » ne doit pas devenir « l’opinion de chacun est pertinente ». C’est un glissement totalement erroné et dangereux.
    Il est effectivement politiquement correct de dire et faire croire que chaque avis compte. C’est brosser les gens dans le sens du poil. Pure démagogie. Donner la sensation illusoire à chacun qu’il est important quelque soit le domaine, au centre de tout.
    Personnellement je n’y connais rien en économie internationale. Mon avis ne compte absolument pas sur cette question. Ce qui ne me dérange pas. Au contraire, cela me rassure.
    (Par contre, l’avis de chacun compte en terme de morale d’une société... mais c’est un autre débat.)
    Ouvrir le champ d’activité d’un domaine professionnel à tous aboutit à deux choses :
    quelques rares bonnes surprises
    un nivèlement général de grande ampleur vers le bas.
    Tout simplement parce que tout le monde ne peut pas savoir tout faire.

    - L’anonymat sur internet... ça c’est une grande blague. N’importe qui peut en effet se donner n’importe quel nom. C’est invérifiable, ingérable.
    Et puis l’anonymat n’est pas forcément signe de « mauvais participant ».

    - Juste une petite précision : je ne me suis pas permis de critiquer TF1 (ni Voici). J’ai fait un constat de chiffres. Et mis cela en comparaison avec nombre de réactions.
    Ces deux médias proposent un produit et chacun est libre de le consommer ou non. Une majorité le fait. Point. Et cela devrait faire réfléchir plutôt que réagir à chaud en fonction de ses convictions propres.

    La formule de rue89 (et de bien d’autres sites d’informations aujourd’hui) est à l’image d’un immense comptoir de bar :
    Les journaux d’information y sont disponibles et lus/parcourus par certains - ici les articles.
    Tout le monde est libre de commenter, critiquer, se réjouir, s’offusquer, éclairer, invectiver, avec ses connaissances comme ses idées reçues au sein d’un grand brouhaha dans lequel se mêlent réflexions brillantes et bêtise profonde - ici la section des commentaires.
    Mais la distinction est primordiale : d’un côté l’information (professionnelle, bonne ou mauvaise) et de l’autre le débat de comptoir (sans que cela soit péjoratif).

    L’image des fraises utilisée par Thorgal46 est très juste. Et ne s’applique pas qu’aux enfants ni aux fraises. Tout est affaire d’éducation.
    Mais on ne peut éduquer tout le monde dans tous les domaines. Il est à chacun d’accepter de ne pas être en mesure de tout maitriser.
    Accepter que si l’on peut tout à fait avoir un avis sur le travail des journalistes et qu’il est important qu’on puisse l’exprimer, cela reste un avis et ne fait pas de soi-même un (bon) journaliste.
    C’est juste le mien... d’avis.

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