
La gauche doit proposer une politique de l'offre
Le Parti socialiste , comme les autres composantes de la gauche, vont entrer dans une période de débats pour aboutir à des « congrès » ou « assises » qui devraient être ceux d'une refondation.
Nul doute que des motions transversales de grande qualité traiteront des grands thèmes généraux : la position de la gauche face à la mondialisation et ses propositions pour une autre mondialisation, sa réaction face au besoin très généralement exprimé d' » autonomie » , que la droite transforme en individualisme, contraire exact du socialisme, sa position, encore, face aux apparentes » gratuités » qui semblent aujourd'hui à portée de main, et, surtout, sa posture face au risque écologique qui, aujourd'hui, devrait sur-déterminer tout le reste.
Mais, entre temps, la vie politique continue. Entre temps, des débats ont déjà eu lieu et vont avoir lieu dans les prochaines semaines, autour de thèmes économiques très concrets, pour lesquels il est utile de disposer de bases statistiques comparatives avec les autres pays.
On affirme que la France est en déclin ? Comment le mesure-t-on ? Quelles en sont les causes réelles ? Quelles mesures sont susceptibles de contrer ces causes ? Celles que propose aujourd'hui le gouvernement sont-elles de nature à stopper la dégradation ?
Poser ces questions, et les illustrer par des chiffres comparatifs avec les pays homologues, n'est cependant pas seulement nécessaire pour les débats politiques immédiats. Les motions transversales évoquées plus haut ont, dans le passé, trop souvent ignoré le réel. Là est la vraie cause de la faible durabilité politique de la gauche aux affaires : les contrastes entre ses promesses, trop détachées du réel, donc souvent impossibles à tenir, d'origine ou en fonction de l'évolution de la conjoncture mondiale, et les résultats obtenus, génèrent évidemment des frustrations, sur lesquelles la droite comme l'extrême gauche surfent sans la moindre bonne foi.
A défaut de continuer à faire rêver les masses avec des lendemains qui chantent, la gauche doit être capable de bâtir un programme concret fondé sur ses » valeurs » traditionnelles, qui sont celles de la solidarité et de la réduction des inégalités, seules trames solides pour une » vraie » société.
On ne prendra ici qu'un exemple : celui de l'orientation générale de la politique économique. Faut-il continuer, comme on l'a trop souvent fait par le passé, à prôner une politique de la demande, fondée sur des hausses volontaires du pouvoir d'achat, pour relancer la consommation ? C'est là, une illusion dont le candidat de droite à l'élection présidentielle, s'est d'ailleurs habilement servi lui aussi. Les théories keynesiennes ont été bâties, il y a soixante-dix ans, dans un monde encore marqué par l'autarcie relative des divers pays issus des deux guerres.
Aujourd'hui, dans le monde du libre échange, toute relance de la consommation profite autant sinon plus –et même totalement , dans certains secteurs– aux importations et ne relance que faiblement, voire pas du tout, la production et l'emploi nationaux. On peut aisément démontrer qu'au contraire c'est d'une politique de l'offre dont la France a besoin, et qu'il existe une politique de l'offre de gauche, très différente de celle de la droite.
Cette dernière est immédiatement » capitaliste » , en ce qu'elle est fondée sur l'idée qu'enrichis par les baisses d'impôts, les détenteurs de capitaux vont les investir dans les entreprises et y créer des emplois. Vision qui s'adapte peut-être correctement à la culture anglo-saxonne, mais qui s'adapte beaucoup moins bien aux autres cultures, dont la nôtre. Voyez d'ailleurs le » réflexe » apparu dès que le gouvernement a émis l'idée que les capitaux investis dans les entreprises non cotées pouvaient être, jusqu'à 50000€ , exclus de l'assiette de l'impôt sur la fortune ; immédiatement quelques députés ont proposé que la mesure soit » étendue » au placement dans divers fonds, dont on sait qu'ils sont, en fait, des fonds de trésorerie à impact quasi nul sur l'investissement.
La politique de l'offre de gauche passe par l'incitation fiscale directe aux entreprises, et non aux revenus des particuliers, pour qu'elles consacrent une part plus grande de leurs profits aux investissements et à la recherche. Elle passe aussi par la promotion des formes coopératives, dans lesquelles l'avenir de l'emploi des hommes passe après la recherche du profit immédiat. La note jointe, qui sera complétée par la suite, analyse en ce sens le » monde tel qu'il est » , » l'Europe telle qu'elle est » , mais surtout, en détail, avec force statistiques et graphiques, la » France telle qu'elle est » .
Elle ne se veut en aucun cas la base d'une quelconque » motion » , mais un outil à la fois pour les débats de politique économique immédiats et pour fonder dans le réel les réflexions sur la refondation de la gauche.
A télécharger, en PDF : Pour une refonte idéologique de la gauche, par Jean Matouk.
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De Philippe Tixier
Citoyen | 15H17 | 21/08/2007 |
personnellement, je trouve que la gauche n'aurait pas du prendre de vacances et occuper le terrain médiatique à fond, en propositions, idées, sondages pourquoi pas, … Je crains que$ soit un communicateur trop professionnel pour laisser s'exprimer cette nouvelle gauche qu'on attend tous, il a l'avantage du terrain et des pratique pas toujours licites mais rappelons nous que mittérand y a cédé aussi, alors !
à Philippe Tixier
De
09H03 | 22/08/2007 |
Mais elle l'occupe le terrain médiatique !
Notre chère Ségolène a déjeuné hier au soir dans un grand restaurant, avec un de ses conseils de campagne et son épouse : Le pseudo philosophe milliardaire de gauche BHL et son épouse la belle Arielle Dombasle.
Assurément notre candidate montre là tout l'attachement qu'elle a pour ce peuple qui souffre.
à Philippe Tixier
De
09H10 | 22/08/2007 |
Mais elle l'occupe le terrain médiatique !
Notre chère Ségolène a déjeuné hier au soir dans un grand restaurant, avec un de ses conseils de campagne et son épouse : Le pseudo philosophe milliardaire de gauche BHL et son épouse la belle Arielle Dombasle.
Assurément notre candidate montre là tout Mais elle l'occupe le terrain médiatique !
l'attachement qu'elle a pour ce peuple qui souffre.
De Mimi92
16H16 | 21/08/2007 |
Je vais faire preuvre de mauvais esprit mais je pose quand même la question : vous êtes sûr que le parti socialiste mérite encore le qualificatif de « parti de gauche » ?
Mais sinon, tout à fait d'accord pour parler chiffres, montrer des statistiques et faire des comparaisons entre pays.
J'aimerais bien comprendre (et non subir) des phrases comme « on peut aisément démontrer que c'est d'une politique de l'offre dont la France à besoin » (je ne suis pas du tout économiste). En quoi les cadeaux fiscaux aux entreprises permettent-elles d'améliorer l'offre ? comment fait-on pour savoir que les dirigeants ne se mettent pas le pognon dans la poche ? (j'ai cru lire de ci de là des histoires d'entreprises qui se sont délocalisées bien qu'ayant reçu moult argent d'une région ou d'un département pour conserver leur activité en un lieu).
(Je ne cherche pas à dénigrer ce qui est dit, juste à préciser que ce qui a l'air clair pour l'auteur ne me parait pas évident…)
à Mimi92
De
16H08 | 22/08/2007 |
Bonjour Mimi
C'est l'auteur qui répond
La politique de la demande ,ou encore la relance de l'économie par la demande, consiste à distribuer du pouvoir d'achat pour que les gens consomment plus, puis que, du coup, les entreprises investissent et créent des emplois
Ca marchait dans les années 60-80 parce que à cette époque, les importations représentaient environ 10% de tout ce qui était acheté dans un pays comme la France.
Aujourd'hui, du fait de l'ouverture des frontières, c'est 30% ( 50% dans certains pays). Et, pour certains biens ( les appareils et matériels photos par exemple) c'est 100%
Donc toute relance par la demande conduit à augmenter les importations , ce qui fait diminuer la production nationale et les emplois.
Il faut donc inventer, innover trouver de nouveaux produits, de nouvelles techniques, et les exporter pour pouvoir, justement , importer les bien s qui sont aujourd'hui vendus aux pays développés par la Chine ou le Brésil, lesquels ainsi se développet et nous achète(ront) nos techniques, et nos biens de luxe ou technologique, ou encore viendront visiter nos sites qui constituent un patrimoine inestimable.
C'est celà la politique de l'offre. Relancer l'emploi en France, et le pouvoir d'achat, en innovant et en investissant, en créant des capacités de production nouvelles.
Mais la droite prétend le faire simplement en donnant plus d'argent encore à ceux qui en ont, dans le fallacieux espoir qu'ils vont investir ce bonus dans des entreprises en France. C'est une illusion … qu'elle tente d'imposer pour justifier les cadeaux fiscaux qu'elle fait à ses électeurs. La gauche, qui doit bien constater que les nationalisations des entreprises ont échoué à peu près partout, doit mener une politique de l'offre directement par action sur les entreprises privées , donc en aidant fiscalement celles qui cherchent et investissent vraiment mais aussi et surtout en développant les formes d'entreprieses coopératives ou les travailleurs sont les maîtres de leurs entreprises et de leur destin.
Voila tout ce que j'ai voulu dire.
De Humtoks
19H34 | 21/08/2007 |
La gauche… (laquelle ? )
La gauche doit trouver une cohérence… C'est pourquoi je pose la question : « quelle gauche ? ». Celle de Strauss-Kahn, de Royal, de Mélenchon, de Bové, de Besancenot ?
Quitte à perdre toutes les élections à venir (parce qu'elle ne serait pas assez à droite ou au centre…), il s'agirait pour la gauche d'être représentative… de trouver une cohérence… de permettre à ses électeurs de sentir qu'ils peuvent défendre collectivement ne serait-ce qu'une idée majeure.
La cohérence associée à de réelles qualités de Communication permettrait à la gauche d'être un vrai parti (mouvement ? ) d'opposition, de proposition et de retrouver peut-être le chemin des responsabilités nationales…
(au niveau régional, elle est déjà bien servie, non ? ).
Toute idée bonne ne pèsera rien tant que « Cohérence » et « Communication » ne seront pas de la partie.
De
17H20 | 21/08/2007 |
actuellement, je ne pense par manque didée mais par manque de leader consensuel au sein du parti.
http://www.peuples.net/
De
19H20 | 21/08/2007 |
Interessant point de vue.
Il est vrai que la Gauche, au-delà des concepts à mettre à jour et à refonder, aura un va-tout sérieux en se penchant sur l'économie. L'économie à venir, j'entends.
La droite n'est pas partie pour révolutionner le système économique. Cela se saurait.
La Droite va se dépatouiller…
La Force possible de la Gauche est la créativité.
Dans les concepts. Y compris économiques.
Et au-delà de l'Europe, il est bon d'aller chercher des idées ailleurs également.
L'économie à venir devra se plier à la démographie mondiale. Non au tout profit.
Et se détacher de la bulle opaque, de la haute finance.
A moins que cette finance ne se décide à se clarifier d'elle-même.
Mais j'ai arrêté de croire au Père Noël…
De Infovite 8783
Plébéien. | 21H00 | 21/08/2007 |
Cette critique constructive, qui au départ souligne fort justement les contrastes entre des promesses détachées du réel et les résultats obtenus, finit par mettre sur le même plan de la mauvaise foi la droite et… l'extrême gauche qui en profiteraient pour surfer sur la déception ainsi crée !
Les chemins de l'analyse économique trouvent ici leurs limites.
A mon avis de non-spécialiste, la gauche au pouvoir a perdu toute crédibilité chaque fois qu'elle s'est mise à gérer le réel au détriment de ses idéaux.
« La politique de l'offre de gauche » passera par une dynamique au service des plus humbles où l'économie n'est qu'un outil de la politique et non l'inverse ou alors « NON PASSERA » !
De gargamelle
15H21 | 22/08/2007 |
POURTANT AVEC UN PEU DE COURAGE…….
et c'est là ou je ne les suit plus…..
L'économie (mondiale) nous propulse droit dans le mur…. Il est temps maintenant de penser autrement mais véritablement autrement. Croyez vous que le ps (très heureux quand même d'éxister au même titre que l'ump) sera-t'elle véritablement une opposition efficace ? Mêmes mecs, mêmes astuces, mêmes mensonges. Les petites différences sociales qu'ils vont proposeront seront elles à la hauteur des enjeux réels ? Bougez, mais au delà des lignes, c'est impératif ! C'est désolant, mais les politiques ne font que leur beurre, rien d'autre, juste de temps à autres quelques petits plaisirs pour leur électorat. Mais que faire ?
De gargamelle
15H22 | 22/08/2007 |
pardon pour les fautes d'orthographe, j'ai envoyé un peu vite mon comentaire. Pitié, excusez-moi !
De
16H03 | 22/08/2007 |
La gauche et notamment le PS doit s'appuyer sur ses élus (nombreux) locaux. Il faut qu'il se ressaisisse pour ne pas démoraliser et mettre en difficulté tous ses élus de terrains. C'est sur eux qu'il doit s'appuyer pour se rénover.
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 20H34 | 22/08/2007 |
Cet article va dans le bon sens, et il met bien en lumière la politique absurde de l'actuel gouvernement. On va dans le mur, pas à cause de la mondialisation, mais parce que la stratégie française pour en profiter (et je dis bien en profiter) est lamentable.