La science explique pourquoi les pauvres sont pauvres

Représentation des industries par conditions de production (DR).


S’il est vrai que la science économique est capable d'apporter quelque éclairage sur la criminalité, le mariage ou le covoiturage –et c’est le cas je crois–, alors d’autres disciplines académiques peuvent sûrement à leur tour nous aider à la compréhension de l’économie.

Le mois dernier, le magazine Science en relatait un exemple qui pourrait bien faire date. Deux physiciens, Cesar Hidalgo et Albert-László Barabási, et deux économistes, Bailey Klinger et Ricardo Hausmann, ont dressé un tableau inédit de l’"espace" économique qui pourrait permettre d’en savoir plus long sur la question fatidique: pourquoi les pays pauvres sont-ils pauvres?

Les explications ne manquent pas, mais certaines sont plus faciles à vérifier que d’autres. L’une des plus plausibles, au moins pour certains pays pauvres, est qu’aucune amélioration progressive de leur situation n’est possible. Ainsi, passer de l’extraction de pétrole à la fabrication de puces en silicium supposerait d’investir simultanément dans l’éducation, l’infrastructure des transports, l’électricité et bien d’autres domaines encore. Un fossé qui semble impossible à combler par la seule initiative privée, sans l’apport d'une coordination venue de l’Etat, décidé à donner un "grand coup de pouce".

C’est une vieille lune de la science économique, qui semble aller de soi, et pourtant l’argument laisse beaucoup à désirer. Pour commencer, même s’il est plausible, il pourrait bien se révéler inexact. Et même s’il était juste, il pourrait l’être beaucoup plus dans certaines situations que dans d’autres. Et s’il était nécessaire, ce grand coup de pouce, comment faudrait-il l’orienter?

Des poires, des pommes, et des cartes

La mise à l’épreuve de l’hypothèse s’est déroulée en trois étapes. Pour commencer, les économistes du Bureau national de recherche économique ont décomposé les exportations de chaque pays en 775 produits distincts.

Ensuite, Hausmann et Klinger se sont servis de ces informations pour évaluer la similarité de ces produits entre eux. Par exemple, si chaque grand exportateur de pommes exporte aussi des poires et que chaque grand exportateur de poires exporte aussi des pommes, alors les chercheurs ont conclu que pommes et poires étaient des produits de nature similaire. On peut supposer que les deux secteurs ont besoin d’un sol fertile, d’agronomes, d’usines d’emballage réfrigérées et de ports.

Troisième étape, Hausmann et Klinger ont fait appel à Hidalgo et Barabási, spécialistes de cartographie et d’analyse des réseaux. Résultat de leur collaboration: une carte des relations entre les différents produits dans un espace économique abstrait (jetez un œil à ces autres cartes: pommes et poires se retrouvent très proches les unes des autres; alors que la production de pétrole, elle, est située fort loin de tout le reste).

"La carte des physiciens montre la place de chaque économie dans ce réseau de produits, en mettant en valeur les produits exportés par chaque pays. Au fil du temps, les économies se déplacent sur la carte au gré des changements dans le contenu de leurs exportations. Les pays riches ont des économies plus grandes, plus diversifiées que les autres, et produisent donc beaucoup de choses –en particulier les produits constituant le cœur dense du réseau.

Les économies de l’Est asiatique ont une tout autre allure, avec deux fortes concentrations, l’une autour du textile et l’autre dans l’industrie électronique, et –contrairement à une légende tenace– peu d’activités communes avec les pays riches. Les pays d’Afrique, pour leur part, tendent à ne produire que peu de marchandises, et sans rapport avec les produits des autres pays."

Les diamants sont uniques, c'est bien le problème

Voici qui peut se révéler gênant. Les cartes montrent que les économies tendent à se développer autour de produits fortement corrélés entre eux. C’est le cas d’un pays comme la Colombie, où les opportunités ne manquent donc pas pour le secteur privé, à condition bien sûr que les autres conditions du business soient réunies.

En revanche, en Afrique du Sud, beaucoup de produits d’exportation –comme les diamants–, ne ressemblent à aucun autre. Si le pays devait se mettre à développer de nouveaux produits, il lui faudrait effectuer un grand saut. Et les statistiques montrent que ce genre de saut n’est pas si courant.

Il ne faut pas conclure de tout ceci que les autres conditions du développement –un financement adéquat, la lutte contre la corruption et la bureaucratie, et la limitation des barrières douanières– ne servent à rien. Il ne s'agit pas non plus de justifier une politique industrielle caricaturale. Klinger met d’ailleurs en garde: "Il serait facile de pousser trop loin le jeu de la politique économique et de s'imaginer qu'il n'y a qu'à choisir les produits pour se positionner mieux sur la carte."

Mais c’est déjà un grand pas en avant. Les politiques devraient en prendre note, et les économistes aussi.

Traduction: Catherine Segal

En partenariat avec


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Courageux anonyme
12H01 19/08/2007

Hier, c'était "J'ai testé la chaise électrique, les footballeurs aussi".

Quand on veut faire passer des idéologies dangereuses et rétrogrades, le plus sûr est de les envelopper dans un bla bla scientifique.

"Science sans conscience..." on connaît la suite.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
16H05 19/08/2007

Vous avez raison, le déguisement scientifique cache assez souvent des produits frelatés. Mais sans la Science est ses petits pas que serions-nous !

À vous lire on a l'impression que vous rejetez les choix des journalistes même. Ôtez-moi d'un doute !

Il me semble intéressant d'avoir des informations sur ces sujets, sinon je ne serais pas là, et il m'est agréable de parler, parfois plaisanter, sur ce forum où le plus souvent chacun prend le temps d'écrire (c'est agréable de lire celui qui a fait l'effort de présenter son point de vue au mieux) et se montre courtois.

Je ne sais pas ce que vaut cette nouvelle étude de la pauvreté mais a priori il me paraît pertinent de vouloir mieux comprendre les inégalités entre pays car tant que l'Homme n'aura pas réglé LA question de savoir si son assiette sera pleine ou pas, il y aura des guerres …… pour paraphraser une phrase connue.

 
Courageux anonyme
18H17 19/08/2007

Ce qui est symptômatique de ce genre d'études, c'est qu'elles arrivent à vous faire croire que tout ça est abstrait et que la pauvreté peut être expliquée ou résumée en quelques diagrammes.

La raison de survivre de l'être humain ne se résumerait qu'à des échanges de marchandises, ce qui est révélateur d'une manière anglophone de penser le monde, comme à une épicerie géante où on aurait des bons ou des mauvais chefs de rayon selon le lieu et l'époque, et où la survie de chacun ne dépendrait que de son aptitude à vendre ou à se vendre.

Ce qui embraye directement sur la responsabilité personnelle du mauvais gestionnaire qui ne sait pas gérer son bazar, ou à la responsabilité collective des peuples qui, comme le dit Sarkozy, n'arrivent pas à s'inscrire dans l'Histoire, pour expliquer que certains s'enrichissent pendant que d'autres s'appauvrissent quoi qu'il arrive.

Et on se retrouve automatiquement avec de mauvais élèves qui devraient s'appliquer et qui se font sanctionner par le FMI, la Banque Mondiale, évidemment dirigés par les riches, et des maîtres à penser qui puisent sans vergogne dans les matières premières que les pauvres sont obligés de leur brader pour rembourser leurs dettes.

Bref, ce genre d'études a de quoi laisser sceptiques ceux qui ont une autre vision du monde que celle qui réduit l'homme à des chiffres de productivité, de rentabilité, et tout ce qu'il y a d'humain à des valeurs marchandes.

http//ehim.over-blog.com

 
Ehim | ehim.over-blog.com
18H53 19/08/2007

Ce qui est symptômatique de ce genre d'études, c'est qu'elles arrivent à vous faire croire que tout ça est abstrait et que la pauvreté peut être expliquée ou résumée en quelques diagrammes.

La raison de survivre de l'être humain ne se résumerait qu'à des échanges de marchandises, ce qui est révélateur d'une manière anglophone de penser le monde, comme à une épicerie géante où on aurait des bons ou des mauvais chefs de rayon selon le lieu et l'époque, et où la survie de chacun ne dépendrait que de son aptitude à vendre ou à se vendre.

Ce qui embraye directement sur la responsabilité personnelle du mauvais gestionnaire qui ne sait pas gérer son bazar, ou à la responsabilité collective des peuples qui, comme le dit Sarkozy, n'arrivent pas à s'inscrire dans l'Histoire, pour expliquer que certains s'enrichissent pendant que d'autres s'appauvrissent quoi qu'il arrive.

Et on se retrouve automatiquement avec de mauvais élèves qui devraient s'appliquer et qui se font sanctionner par le FMI, la Banque Mondiale, évidemment dirigés par les riches, et des maîtres à penser qui puisent sans vergogne dans les matières premières que les pauvres sont obligés de leur brader pour rembourser leurs dettes.

Bref, ce genre d'études a de quoi laisser sceptiques ceux qui ont une autre vision du monde que celle qui réduit l'homme à des chiffres de productivité, de rentabilité, et tout ce qu'il y a d'humain à des valeurs marchandes.

http://ehim.over-blog.com

J'avais oublié de me logger avant de poster.

 
Naya | Professeur contractuel
12H29 19/08/2007

La différence fondamentale perçue à la lecture de cette étude est que dans les pays dits pauvres les produits à grande valeur économique proviennent des sous-sol et la valeur ajoutée à ces produits, soit la transformation, se déroule à l'étranger et non dans le pays producteur. Il faudrait donc une réelle volonté de la part des pays économiquement développés d'une aide au développemnt par un refus de pillage des sols et une mise en place d'un commerce èquitable avec un encouragement au traitement du produit sur place de façon à ce que sa valeur ajoutée ainsi produite revienne au pays producteur. Il n'y a pas de fatalité mais des choix politiques dont les situations actuelles sont héritières, les combats d'aujourd'hui traceront la carte économique de demain.

 
Courageux anonyme
13H02 19/08/2007

Tout est là, on laisse s'appauvrir ces pays dits "pauvres" en leur prenant toutes leurs matières premières, et ensuite on trouverait une explication scientifique???

Ah ces pauvres, et prenons l'exemple de ces pauvres Africains qui ne savent pas prendre en main leur destin...
Vous êtes pauvres car j'ai une formule, une explication scientifique.

Vive les contradictions, les absurdités et autres paradoxes: l'article dit qu'un revirement d'un quelconque pays serait impossible SAUF avec un coup de pouce de l'état en question.
Que ferait-on sans l'état c'est sûr... Que feraient-ILS sans les dictatures qu'ILS laissent en place.

Le bon sens deviendrait-il une absurdité dans l'esprit de certains?

A quand le gêne officiel du pauvre?

Du foutage de gueule pour une perte de temps cette étude, il ne s'agit que de choix c'est vrai: Laisser mourir ces pays, ou les aider. Mais pour les aider, il faudra arrêter le pillage... allez faisons une autre étude...

David

 
Courageux anonyme
14H12 19/08/2007

Le jour où des scientifiques - ces scientifiques! - découvriront le gène officiel du pauvre, une nouvelle Amérique se dessinera: alors les riches auront bien du plaisir...

 
Courageux anonyme
17H19 19/08/2007

Il y a dejà eu le gene du juif , de l'homosexuel , du tsigane , du noir , ce qui a justifié les camps d'extermination de la période hitlerienne ; maintenant ,on va trouver le gene et l inexorabilité de la pauvrete et de l immobilisme du paysan africain qui regarde chaque jour le ciel (coome ont dit MM SARKOZY et GUAINO).
Mais , il y a aussi le pillage des richesses des pauvres par les riches (y compris dans le cadre de l'impot et de la TVA en France ) et l'instabilité ou la dictature recherchées dans les pays pauvres pour pouvoir vendre ces produits de 1ére necessite : les armes.

 
Julien Dodeler | 35 ans, Paris
18H20 21/08/2007

Parler de l'impôt en France comme d'un "pillage" est relativement malvenu, dans le sens où les impôts directs (Impôt sur le revenu et Impôt sur les sociétés) qui sont progressifs représentent près d'un tiers des recettes de l'Etat ; et on ne peut considérer la TVA comme un "pillage" des "richesses des pauvres" :
- les pauvres n'ont pas de richesses, ils ont des besoins vitaux, afin de survivre ; peu à piller ici.
- la TVA touche de la même manière l'ensemble des individus consommant.
- elle sert, en France, à financer les dépenses de fonctionnement du service public, qui, comme son nom l'indique, est en charges de missions gratuites ou non commerciales qui s'adresse à l'ensemble de nos concitoyens.
En revanche, on peut regretter :
- que la TVA ne soit pas modulable en fonction du revenu de chacun, mais l'application d'un tel principe est impossible matériellement - cela nécessiterait d'embaucher des milliers de fonctionnaires pour vérifier le bien fondé des taux pratiqués, ce qui, admettons le, n'est plus dans l'air du temps (d'aucuns le déplorerons d'ailleurs) ;
- que les mesures fiscales actuelles favorisent en priorité les classes aisées et les détenteurs de patrimoine qui, effectivement, ne sont pas pauvres ;
- qu'il ne soit envisagé, pour équilibrer les comptes publics, que d'augmenter la TVA (par le biais de la TVA dite "sociale"), ce qui est effectivement une mesure plutôt anti-sociale (le poids de la TVA dans le coût d'un achat étant mieux supporté par un consommateur aisé, l'impôt indirect étant marginal pour celui-ci, que pour un consommateur "pauvre", c'est à dire limité dans ses moyens.

Par ailleurs, cette formule renvoie aux jérémiades des privilégiés qui se plaignent systématiquement de payer "trop" d'impôt, alors que celui-ci est globalement indolore en termes de train de vie dès que vous dépassez 45K€ / an.

Sur cette étude, présentée comme "scientifique" : foutaises, ou comment théoriser sur l'inexorabilité de la pauvreté (et le meilleur moyen pour justifier de ne pas s'en préoccuper).

 
Courageux anonyme
17H57 19/08/2007

Le "gène" de la pauvreté ? Mais au XIXè siècle on n' était pas loin de l'avoir trouvé. Et les pauvres étaient bien surveillés.
De nos jours, il se pourrait que ledit gène revienne sur le plateau, vu les théories de Sarkozy sur les gens qui se suicident.

 
19H08 19/08/2007

Il y a des pauvres dans tous les pays c'est un faites, mais si l'on regarde la carte mondiale des pays ou sévices la pauvreté ou le sous développement (qui sont liés d'ailleurs)on retrouve les même continents, et de perpétuelle guerre, et l'absence de démocratie, il faut arréter d'accuser toujours ceux qui réussissent,chaque pays est responsable de lui même,chaque peuple est responsable de celui qu'il soutient. Même si on peut critiquer nos démocratie, ce que je peux observer c'est que c'est dans ces pays ou l'on trouve du travail, ou on trouve la liberté, et une sécurité, preuve en est regardez ou se font les migration des gens les plus pauvres.
D'un autre côté on peut constater que trop de liberté détruit la liberté, un pays qui n'est pas régi par des lois, des principes est en décadence .Pays riches vous étes aussi responsable de la pauvreté car vous l'alimenté en soutenant des dirigeants corrompu. chaque nation doit se prendre en main

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
06H19 20/08/2007

Aujourd'hui détermine demain, mais c'est hier qui détermine aujourd'hui. Ceux qui n'ont pas le pouvoir n'ont pas celui de le prendre. Pour le cas de l'Afrique, voir le lien ci-dessous:

http://www.nouvellesociete.org/414.html

Pierre JC Allard

 
12H30 19/08/2007

Juste pour signaler une erreur dans la traduction: En France, on ne fabrique pas des puces en silicone mais bien en silicium malgré que les 2 se disent silicon en anglais ;) .

 
Pierre Haski | Rue89
13H01 19/08/2007

toucé! vous avez raison. On corrige.

 
Courageux anonyme
14H16 19/08/2007

juste pour signaler une erreur de langage (français) : on dit "bien que, quoique,...", mais on ne dit pas " malgré que les 2 se disent silicon en anglais "; plutôt " malgré le fait que les 2 ..."
signé coco la science

 
Courageux anonyme
14H59 19/08/2007

Encore un scientifique!

La concession s'exprime par "quoique", "quoi que", "bien que"... mais, ne nous trouvant pas seulement entre gens de lettres (j'en vois peu qui signent Vaugelas), pourquoy ne diroit-on point "malgré que les 2 se disent"? Au nom du Roy? Au nom de quoi?

Les puristes ont les mains pures, mais ils n'ont pas de main.
Littré "dixit":
Malgré que, loc. conj. signifiant quoique et usitée seulement avec le verbe avoir, de cette façon: "malgré que j'en aie", "malgré qu'il en ait", etc. (en dépit de moi, en dépit de lui) [...]
Rem. - Malgré que, dans tout autre emploi que celui qui est indiqué ci-dessus, serait une faute; et l'on ne peut dire: malgré qu'il ait agi ainsi, pour quoiqu'il ait agi ainsi. La raison en est que malgré que veut dire mauvais gré que, "quelque mauvais gré que".

Ce serait une faute, sous la plume de Littré, est assez croustillant...
signé Raymond La Science.

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
06H27 20/08/2007

"MALGRÉ les erreurs commises, le texte n'en demeure pas moins compréhensible" Comment s'insère cette application de "malgré" dans la règle suscitée qui suppose un "mauvais gré" ?

PJCA

 
Catherine Segal | Rue89
15H32 19/08/2007

oops. Une vraie étourderie, vous avez raison. Merci d'avoir rectifié.
Mais cette vision, l'espace d'un instant, de puces Mae West n'a-t-elle pas éclairé votre dimanche d'août? Le mien si! ;-)

 
Courageux anonyme
17H37 19/08/2007

et on dit pas "malgré que" non mais sans blague ! C'est "bien que" ou "malgré" + un nom.

 
Courageux anonyme
12H40 19/08/2007

Article certes intéressant, mais faites quand même attention quand vous vous « inspirez » d’un article en anglais. Je doute que les implants mammaires soit dans le futur dotés de puces en Silicone, étant donné qu’il s’agit de « puce en silicium » en français. Un peu de culture électronique ne vous ferait pas de mal.

 
Courageux anonyme
15H11 19/08/2007

Vous insinuez qu'il y a trop de sots de puce dans la Rue?

 
Courageux anonyme
17H23 19/08/2007

Mais non , ce sont les puces en silicium qui vont avoir besoin d'implants mammaires en silicone pour prendre plus d'importance dans l analyse de ce qu'est la pauvrete.

 
Courageux anonyme
12H45 19/08/2007

Après avoir lu l'article, on ne peut s'empêcher de penser que le titre grandiloquent "La science explique pourquoi les pauvres sont pauvres" est une tromperie sur la marchandise: c'est pire que de se faire avoir sur les prix!

Voilà en effet un article qui fait tout un "why" scientiste, à coup de cartes high-tech et de mandala positivistes, pour modéliser un ensemble de transactions export-import (la balance commerciale) dont on nous dit: voici les "richesses" du pays (les sorties), en laissant entendre que la pauvreté n'est liée qu'à un défaut de sorties (pas assez, en quantité, mais surtout en nature des produits - qualité, diversité - autant dire le catéchisme traditionnel).

Comment la pauvreté est-elle représentée, ici? Sous la forme de blanc, de vide, de rareté: c'est un creux, c'est un manque. Drôle de statique. Si elle apparaît, c'est par comparaison et par contraste, avec les pays riches, par une densité plus richement marquée, ou plus chichement.
Nouvelle physiognomonie à l'usage de marchands de tapis, comme si la richesse était liée à la production! Dans une grosse boîte d'un pays du Nord, le plus riche n'est pas celui qui produit le plus - même s'il se fait appelé Stakhanov. Le plus riche n'est pas non plus celui qui sue le plus; c'est celui qui bénéficie le plus, par son capital, son héritage, son patrimoine, ses manoeuvres, ses coups de force, du travail de ses serviteurs. Plus la spéculation: facteur qu'on appelle pudiquement dans le milieu "prise de risque", mais qui n'est qu'une façon de jouer de la surenchère aux dépens du chaland.
Voilà ce qu'on appelle la Croissance: faire gonfler le gâteau, pour que, ceux-là même qui ont le couteau (les uns manche dans la main, les autres lame sous la gorge), se taillent la part encore plus belle, en faisant croire que le "travail" (dans le milieu, un travail est un chantage) profite à tous.

Qui plus est, même dans les pays du Sud, les pauvres ne sont pas tous pauvres. La pauvreté est un rapport relatif, c'est une notion relationnelle - non pas une essence fixe dans le ciel: on est pauvre par rapport à d'autres qui sont riches (pays, ou individus). Surtout, il n'y a pas homogénéité réelle dans la population, contrairement à ce que montrent des nuages ou des constellations de ce style.

Explications bien confuses, qui en disent trop ou pas assez. Comment apparaissent les fortunes colossales qu'on trouve dans un Etat du Sud, fut-il au 36e dessous? Ne pas rendre visible la grandeur de ces déséquilibres, du Nord au Sud, mais aussi à l'intérieur d'un même Sud ou d'un même Nord, c'est faire des graphiques explicatifs en trompe l'oeil.

 
Courageux anonyme
12H50 19/08/2007

une fois de plus on parle de "La science" comme on parlerait de Dieu (unique bien sûr). Ce shéma fait partie pour moi de l'idéologie "laïque et obligatoire" qui n'a aucun sens de la relativité du savoir et des études faites en son nom.

Ce modèle est très intéressant, mais ne pas oublier que des étudiants trop intelligents et donc contestataires, ne peuvent rentrer "au pays", car ils savent que le panier à salade les attendra à l'aéroport (ça fait une grosse déperdition de cerveaux qui pourraient avoir l'idée de monter des entreprises à grosse valeur ajoutée.
Ce qui finit par nuire à l'efficacité, vous en conviendrez.
Ne pas oublier que les chefs d'état à qui on reproche leur inertie et leur corruption ont été soutenus (violemment s'il le fallait) par l'armée française depuis la soi-disant "décolonisation". Et qu'à chef d'état corrompu, système corrompu des pieds à la tête (ce qui finit par nuire à l'efficacité, vous en conviendrez.
Ne pas oublier que si certains exploitants pétroliers ne paie pas ce qu'ils doivent aux gouvernements (et ça leur arrive, quand ils ont envie de faire pression) - les fonctionnaires ne sont plus payés...
Ce qui finit par nuir à l'efficacité, vous en conviendrez !
etc...etc...

 
Courageux anonyme
12H52 19/08/2007

Cette même armée française ne semblant pas concernée par contre par les attaques illégales de la pêche internationale contre les côtes des mêmes pays, ce qui entraine encore leur appauvrissement et leur mal nutrition.

 
harpo59130 | enseignant à Lomme
12H52 19/08/2007

Les pauvres sont pauvres parce qu'ils sont nés dans des familles de pauvres.
C'est une évidence statistique ! Le reste est de la connerie en boite !

 
Courageux anonyme
13H31 19/08/2007

Sauf qu'il faut distinguer entre les bons pauvres et les mauvais pauvres; ceux qui veulent travailler, et ceux qui n'ont pas compris que le travail c'est la santé. Mais peut-être qu'il faut incliner à penser que tout cela est dû aux gènes dans les familles fauchées, car il y en a où les enfants sont sages, tandis qu'il y en a d'autres où les enfants tournent dès l'âge de 3 ans à des formes de gauchisme incurables...

 
PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris
17H30 19/08/2007

Mais non voyons, vous n'y entendez rien. La seule dichotomie qui tienne c'est bien connu, c'est que le monde se divise en deux catégories : ceux qui peuvent pas manger et ceux qui peuvent pas dormir. :)

De qui ça déjà ?

 
Courageux anonyme
13H30 20/08/2007

Le monde se divisen en deux catégories : ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent...

Toi tu creuses...

 
Courageux anonyme
12H53 19/08/2007

Je viens de lire attentivement l'article, mais je n'ai rien compris.

Et puis, pourquoi réfléchir alors qu'il suffit de reprendre le discours de notre "grand président" à Dakar. Il y a bien quelques gauchos d'intellectuels qui ne sont pas d'accord...

Mais, lui il sait, il est plus fort que la science. Alors ?

 
Courageux anonyme
19H19 19/08/2007

Ah ! Je ne suis donc pas le seul... D'après le titre je croyais apprendre quelque chose et puis, comment il disait l'"autre" ? Ah oui, "PFUITTTT...!"

 
Le Yéti | yetiblog.org
13H24 19/08/2007

« Un fossé qui semble impossible à combler par la seule initiative privée, sans l’apport d'une coordination venue de l’Etat, décidé à donner un "grand coup de pouce". »

Eh oui, en une petite phrase l'article de Slate vient, bien involontairement, de pulvériser toute justification du système économique néo-libérale. Son incapacité "scientifiquement" prouvé à combler le fossé entre pauvres et riches. Sans "l'apport d'une coordination venue de l'Etat", les populations du monde ne peuvent s'en remettre qu'à la fatalité et aux humeurs d'une caste mafieuse n'agissant que selon ses intérêts égoïstes.

L'article me paraît pourtant accréditer l'inéluctabilité de la fatalité. Pauvres pauvres !

 
Pierre Haski | Rue89
14H06 19/08/2007

Je suis d'accord avec vous sur l'interprétation de cette phrase, qui n'accrédite en rien l'ineluctabilité de la fatalité. De toutes les manières, il ne faut pas attribuer à cet article plus que ce qu'il est, c'est à dire un jeu intellectuel autour des idées de science économique. Nous sommes le 19 août après tout...

 
adaunis | Artiste en pintouille, scribouille et re...
12H57 19/08/2007

Excusez moi mais je pousse mon petit cris de colère.
C'est un "Sujet" traité éventuellement intéressant. Je l'ai lu, il est argumenté et mérite un débat.
Mais votre titre est : "La science explique pourquoi les pauvres sont pauvres".
Moi j'appelle ça, un "foutage de gueules".
Entre la question de savoir pourquoi dans les pays pauvres les pauvres sont pauvres (alors qu'il y a quelques riches) et annoncer pourquoi les pauvres sont pauvres alors que nous sommes dans un pays riche, il y a une sacrée différence.
Alors posez la vrai question.
Pourquoi les pauvres sont pauvres dans les pays riches ou bien dans les pays pauvres ! ce qui est différent;
CQFD

 
Pierre Haski | Rue89
14H07 19/08/2007

Un peud d'humour que diable, nous sommes le dimanche 19 août! Si vous avez lu a première phrase en dessous, qui vous parle du covoiturage, vous aurez compris que le sujet est traité avec humour et distance. La théorie scientifique qui expliquera la pauvreté n'existe pas. Il s'agit avant tout d'un jeu intellectuel.

 
adaunis | Artiste en pintouille, scribouille et re...
14H37 19/08/2007

Toucé que diable, zé comprend, touzour est-il que zé ne souis pas de bonne "hummoeur" alors ;
C'est là l'explicatione, mes zescuses et continuez !

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
16H28 19/08/2007

le 19 Aout , j'ai failli oublier la journée internationale de la godriole , et la kermesse de la rue 89 !!

Viendez tous !!

A pied , à rollers , en planche à voile, en caisse à savon et fers à repasser (sans fil),ou à ski!

Mais revenons aux choses sérieuses,la pauvreté n'a rien d'économique !

Elle est génétique !

Les travaux des génétitiens zaméricains ( les plus forts du monde , après mon papa !),de l'université de l'Elismoi, et du Maskachossett,
on isolé le géne du pauvre et ses incidences comportementales.

Le géne du riche est recéssif , comme celui des yeux bleus ou celui des cheveux blonds !

Le pauvre peut toujours porter des lentilles et passer chez Régicolor , il sera toujours pauvre.

Par contre , le pauvre est moche , il pue , va à Leader Price , lime Bobonne pour toucher les allocations et la prime de rentrée scolaire,va au bistrot ,au Pmu, et se gratte le Tac au Tac.

Le pauvre est grégaire, manifestement.

Il se tasse dans des gradins inconfortables aux matchs de foot , aux manifs de la Cgt,fait la queue à l'AnPe., aux zagences dintérim ...

Le Riche reste riche , fonde des dynasties,et illumine l'histoire du monde.

Sauvons les riches , bordel !!

 
18H18 19/08/2007

Excellent !! ça au moins c'est de la génétique et de la sociologie !! De la science pure quoi et quelle concision !!
Y a bal du 19 août à rue89 ?

 
AMAD | dessinateur
17H05 19/08/2007

Dont acte pour le rectificatif, mais ça n'est pas vraiment clair quand on lit l'article.

 
Courageux anonyme
17H32 19/08/2007

D'après ce que j'ai compris , que ce soit dans les pays pauvres , ou dans les pays riches , les pauvres sont pauvres parcequ'ils achetent des pommes ,des poires ou des ingredients de base , et n'ont pas les moyens de s'acheter du caviar ou des diamants , ou des puces en silicium , ou des implants mammaires en silicone et que , en plus , l'etat ne les aide pas pour qu'ils puissent un jour en acheter. Bref , les pauvres sont pauvre parce qu'ils n'ont pas les moyens , et ils resteront pauvres , sauf , si une petite solidatité se met en place pour que les riches ne prennent pas tout. ..... Alors , à quand la révolution ?

 
zagor | formateur
13H07 19/08/2007

25% (1/4)de la population mondiale consomme 75% (3/4)des ressources énergétique.
Imaginons 1000 UE (unités énergétique) les européens et amerloques(qui sont 1/4 de la population) consomme 750 UE.
Pour que Le reste du monde soit à leur niveau de vie les 3/4 doivent consommer ([750 UE] *3)=2250 UE donc en tout sur terre il faut:
2250 UE +750 UE= 3000 UE
Il y a 1000 UE sur terre pour que tous les terriens vivent au même niveau il faut 3 fois plus d'énergie ce qui est impossible actuellement puisque les ressources énergétiques non seulement ne peuvent pas offrir autant mais qu'elles s'amenuisent. Ce système perverse s'effondra je ne jure de rien de ce qui pourrait se passer plus tard.

 
cmoi69 (non vérifié)
13H12 19/08/2007

Monsieur Balkany, saurai peu étre l'expliquer aussi..

http://www.dailymotion.com/video/x1aq5_balkany

A quand une étude scientifique sur l'homopoliticus.
Cela pourrai étre bien plus interressant.

 
Courageux anonyme
13H40 19/08/2007

Question : comment justifier la suprématie d'une entité (civilisations, nations, races, appartenances sociales, que sais-je encore,...) sur une autre ? Réponse : en commandant à tour de bras, études, analyses, enquêtes estampillées du label "scientifique" afin que tout le monde approuve la validité de celles-ci et ne la remettent surtout pas en cause.

Tout ceci, ne cache-t-il pas une vaste manoeuvre ultra-libérale qui ne dit pas son nom et qui cherche à masquer les vrais enjeux de l'exploitation, de la répartition et de la distribution des richesses à l'échelle de la planète ?

Non seulement, les pays du sud sont pauvres et condamnés à le rester, mais on en remet une couche en la justifiant et en rendant les pauvres responsables de leur condition.

Décidément, on achète vraiment bien les cerveaux !

 
Courageux anonyme
14H49 19/08/2007

Dommage j'ai pas trouvé la carte concernant la France !!!?

http://www.nd.edu/~networks/productspace/country.htm

D'autre part :
- Ils prennent en compte Importations et Exportations... mais pas du déficit global de chaque nation, ni des profits qui ont bien augmentés les PIB des pays "riches" et ce, depuis des milliers d'années.

Intéressant, mais à améliorer par la prise en compte de multiples paramètres qui, il me semble, seraient incommensurable pour finaliser une telle étude...

Tout a un prix : l'esclavage, la maladie, l'accidentologie, la météorologie ....

 
Courageux anonyme
15H20 19/08/2007

Si la France a été radiée de la carte, c'est qu'il n'y a plus de pauvres en France.
Et d'ailleurs ça suffit ces manies idéologiques de regarder les minima sociaux! Il faut regarder la France qui gagne, celle de la yacht bourgeoisie, celle qui se lève avec une pêche de jogger le matin, aide la main invisible à coup de peps, participe à la Croissance à coup de 40-42 heures, même pendant les jours fériés (c'est vrai, il y en a encore trop!) et plus encore pendant les vacances (trop de vacances en France).

Votre Oncle d'Amérique.

 
puerta13 | Intermittent chomiste
15H26 19/08/2007

OUFFF...

L'eusses-tu cru que mon coeur fût là, peint...

... De garenne ...

 
adaunis | Artiste en pintouille, scribouille et re...
15H33 19/08/2007

Là mon vieux (oh pardon, mon jeûne), tu as soulevé un lièvre.

 
Courageux anonyme
15H39 19/08/2007

Il pesait combien, à vue d'oeil?

 
adaunis | Artiste en pintouille, scribouille et re...
16H42 19/08/2007

Pourquoi voulez vous savoir, pour "six clopes" j'vous l'dit, et pour un paquet vous l'avez à l'oeil!

 
Courageux anonyme
18H31 19/08/2007

le lièvre a été soulevé: traité d'économie et d'haltérophilie.
(Un livre d'Adaunis, préfacé par Polyphème, aux Editions de Lascaux, août 2007.)